BLOGODO NOVO
TOUT ET RIEN SUR RIEN ET TOUT LE BLOG DE PIERRE M. THIVOLET
mercredi 15 février 2012
BLOGODO NOVO: Toussaint-Louverture sur France2 : Eloge du zappin...
BLOGODO NOVO: Toussaint-Louverture sur France2 : Eloge du zappin...: Heureusement que nous avons la touche « zapping » sur nos télécommandes. Cela nous permet d’éviter l’accident vasculo-cérébral...
Toussaint-Louverture sur France2 : Eloge du zapping.
Heureusement que nous avons la
touche « zapping » sur nos télécommandes. Cela nous permet d’éviter
l’accident vasculo-cérébral en tombant sur des émissions ridicules. Le ridicule
peut tuer.
Sans doute parce que cela figure
dans le cahier des charges du service public, on nous a donc infligé une
reconstitution historique d’un des grands moments de l’histoire du combat pour
les libertés et l’égalité dans le monde, la révolte des esclaves de
Saint-Domingue, l’indépendance d’Haïti, «première République
noire », autour d’une figure historique considérable celle de Toussaint-Louverture.
Sur le principe, l’intention est
louable. Mais le chemin qui mène à l’enfer est pavé de bonnes intentions. Et en
l’occurrence, la folklorisation de cette page d’histoire était d’un grotesque
fini. La folklorisation ("doudou-isation") mène à la dévalorisation, au racisme; La palme revenait à la mise en scène de la cérémonie de Bois-Caïman, où
tous les clichés sur la religion vaudou étaient réunis; Avec ce côté voyeur à l’égard
des phénomènes de transes et de possessions, qui ne sont pourtant pas propres
au seul vaudou, mais que l’on retrouve par exemple chez protestants américains,
les « Quaker ».
La révolution haïtienne est sœur
de la révolution française de 1789. Bois-Caïman, c’est la prise de la Bastille.
Et parmi les révolutionnaires haïtiens, il y a des figures comparables à celles
de Mirabeau, Danton, Robespierre, Napoléon. Ce sont Toussaint-Louverture, mais aussi Dessalines, Pétion, Christophe. Leurs débats, leurs oppositions,
leurs luttes sont du même ordre: Luttes pour le pouvoir, intérêts
personnels, oppositions idéologiques: "Pas de liberté pour les ennemis de la Liberté", Girondins contre Montagnards. Avec les mêmes grandeurs, les mêmes horreurs, les mêmes erreurs.
Il est dommage que France Télévision n’ait pas pensé
faire appel aux grands textes déjà écrits sur la révolution haïtienne,
Toussaint Louverture ou d’autres.
Il y a eu Victor Hugo, le grand
écrivain cubain Alejo Carpentier, plus récemment Aimé Césaire, Aimé Césaire
dont la pièce « La Tragédie du Roi Christophe », inscrite au répertoire
de la Comédie-Française, décrit en fait la tragédie d’Haïti, première
République noire, mise au banc des nations pendant près d’un siècle. Il y a
aussi les textes des haïtiens eux-mêmes, sur eux-mêmes: «Gouverneur de la Rosée »
de Jacques Roumain, ou
«Romancero aux étoiles » de Jacques-Stephen Alexis. Parce que les haïtiens depuis deux cents ans parlent et écrivent sur
leur Histoire, avec un grand H, mieux que nous, et dans notre langue. C’est
dingue, non ?
Alors un conseil, allez chercher
ces grands auteurs, et écoutez en boucle une des chansons de l’actrice et
chanteuse Toto Bissainthe: « Ayiti, sé Manman libétè. Si’l tonbé , l’al lévé » « Haïti
est mère de la Liberté. Même si Haïti tombe à terre, elle finira par se relever ».
Nous vivons une e-poque
formidable
samedi 11 février 2012
Ce n’est pas MERKEL qui nous menace, c’est plutôt ALZHEIMER…
![]() |
| Georges Clémenceau |
![]() |
| Jules Ferry |
«Quels sont les premiers signes de la maladie
d’Alzheimer ?
- Euh! Je ne m’en souviens plus.
- Eh! bien, ça commence comme ça !»
Cette vanne rappelle que la
perte de mémoire est une des premières manifestations de la maladie
d’Alzheimer…
Or, aujourd’hui, Il semble que
l’absence de mémoire guette nos politiques, de droite comme de gauche.
Ce n’est pas donc pas Merkel,
mais plutôt Alzheimer qui menace la France…
Ainsi, prenez le texte suivant :
( Merci à mon ami de toujours, Alex,
professeur d’Histoire-Géo à Cayenne 1, qui me l’envoie).
C’est un extrait d’un échange à l’Assemblée Nationale 2 :
Orateur n°1 : « Messieurs,
il faut parler plus haut et plus vrai ! … Il faut dire ouvertement qu’en
effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures ... Je
répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir
pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures... »
Réponse orateur n°2 :
« Races
supérieures ! Races inférieures ! C’est bientôt dit. Pour ma part,
j’en rabats singulièrement depuis que j’ai vu des savants allemands démontrer
scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre
franco-allemande, parce que le Français est d’une race inférieure à l’Allemand.
Depuis ce temps, je l’avoue, j’y regarde à deux fois avant de me retourner vers
un homme et vers une civilisation et de prononcer : homme ou civilisation
inférieure ! [...] . L’histoire de France depuis la Révolution est
une vivante protestation contre cette unique prétention. C’est le génie même de
la race française que d’avoir généralisé la théorie du droit et de la justice,
d’avoir compris que le problème de la civilisation était d’éliminer la violence
des rapports des hommes entre eux dans une même société et de tendre à éliminer
la violence, pour un avenir que nous ne connaissons pas, des rapports des
nations entre elles. [...] Regardez l’histoire de la conquête de ces peuples
que vous dites barbares et vous y verrez la violence, tous les crimes
déchaînés, l’oppression, le sang coulant à flots, le faible opprimé, tyrannisé
par le vainqueur ! Voilà l’histoire de votre civilisation ! [...]
Combien de crimes atroces, effroyables ont été commis au nom de la justice et
de la civilisation.»
Qui
débat ainsi ? Qui est l’orateur numéro 1 ? Un Claude Guéant ? Une Marine Le
Pen ? Non, il s’agit d’une des icones de notre République, une des icones
de notre gauche actuelle. Il s’agit de Jules Ferry, qui en juillet 1985,
justifiait la politique d’expansion coloniale de la France, la guerre au
Tonkin, au nom des devoirs des civilisations supérieures.
Et qui est l’orateur
n°2 qui lui répond à l’Assemblée Nationale? Il s’agit du futur père de la
victoire de 1918, Georges Clémenceau.
Jules Ferry n'était pas d'extrême-droite. Il a été au contraire l'un des artisans de l'enracinement des valeurs républicaines "Liberté, Egalité, Fraternité" dans notre éducation. Et pourtant cela ne l'a pas empêché d'écrire, de dire beaucoup de ... bêtises, comme d'ailleurs un certain nombre de grands noms, de grands intellectuels de son époque, qui aveuglés par la toute puissance de l'Europe à la fin du XIXème siècle pensaient que la civilisation européenne était supérieure aux autres.
Sans être "nazis", ils préparèrent la voie aux nazis qui, eux, mirent ces idées en action, non plus "Outre-mer" mais en Europe.
Et cela n'était propre aux français, mais bien à tous les européens. Comme les anglais par exemple, qui portés par un poème du grand William Shakespeare, se voyaient comme "This happy breed of men, this little world, this precious stone set in the silver sea": Une sorte de race élue, partie de sa petite île pour dominer le monde... Shakespeare, nazi ?
Mais tout cela, c'est-à-dire comment ces petits glissements de la pensée européenne ont préparé la grande catastrophe de la civilisation qu'a été le nazisme, cela Aimé Césaire l'avait magistralement écrit dans "Discours sur le colonialisme" en 1955.
Quant aux débats Ferry-Clémenceau, c'était en juillet 1885…
Jules Ferry n'était pas d'extrême-droite. Il a été au contraire l'un des artisans de l'enracinement des valeurs républicaines "Liberté, Egalité, Fraternité" dans notre éducation. Et pourtant cela ne l'a pas empêché d'écrire, de dire beaucoup de ... bêtises, comme d'ailleurs un certain nombre de grands noms, de grands intellectuels de son époque, qui aveuglés par la toute puissance de l'Europe à la fin du XIXème siècle pensaient que la civilisation européenne était supérieure aux autres.
Sans être "nazis", ils préparèrent la voie aux nazis qui, eux, mirent ces idées en action, non plus "Outre-mer" mais en Europe.
Et cela n'était propre aux français, mais bien à tous les européens. Comme les anglais par exemple, qui portés par un poème du grand William Shakespeare, se voyaient comme "This happy breed of men, this little world, this precious stone set in the silver sea": Une sorte de race élue, partie de sa petite île pour dominer le monde... Shakespeare, nazi ?
Mais tout cela, c'est-à-dire comment ces petits glissements de la pensée européenne ont préparé la grande catastrophe de la civilisation qu'a été le nazisme, cela Aimé Césaire l'avait magistralement écrit dans "Discours sur le colonialisme" en 1955.
Quant aux débats Ferry-Clémenceau, c'était en juillet 1885…
1955...1885… N'avons-nous donc aucune mémoire ? N’avons-nous donc rien
appris ?
Nous vivons une e-poque
formidable !
1 (Eh !oui, il y a même des guyanais profs
d’Histoire, c’est fou, ça non ! Ca aussi, c’est une vanne, comme dirait… Driss-Omar Sy)
lundi 6 février 2012
D.S.K: Après l’affaire, le film. Un poisson d’Avril en plein février ?
Il n’y a
vraiment plus de saisons.
Ainsi, alors que ces derniers jours-ci nous suivions avec angoisse l'avancée du froid sibérien du «Moscou-Paris», est tombée cette nouvelle, torride et new-yorkaise: « Urgent :
Affaire DSK. Un film va être tourné avec Gérard Depardieu dans le rôle titre et
… Isabelle Adjani dans celui d’Anne Sinclair ».
Franchement sur le coup,
j’ai cru à une erreur de la claviste (celle ou celui qui tape les nouvelles qui
passent en « scroll » au bas de vos écrans). Ou bien encore, à un
nouvel épisode du "complot", celui ourdi depuis l'Elysée contre la gauche. Vous savez: Sarko et/ou ses éminences grises seraient allé chercher Nafissatou Diallo pour qu’elle piège le candidat
putatif des socialistes dans une suite du Sofitel de New York. Et, aujourd'hui, Sarko aurait payé des producteurs de cinéma pour, avec ce projet à mourir de rire, torpiller la candidature Hollande.
Mais il paraît que c'est Eva Joly qui s'en charge déjà. De torpiller Hollande.
Donc, j'ai plutôt penché pour le bug de ma T.N.T, le gel bloquant ma télé sur un gros canular, un gros poisson d'Avril en plein février.
Car franchement, ça ne
tient pas du poisson d’avril ? Depardieu jouant
Strauss-Kahn? Je me pince.
Bien sûr, après Raspoutine, quel rôle "historique"à sa taille peut encore trouver notre Gérard national ? Mandela ? ça paraît compliqué? Mao-Tsé-Toung? Idem. Napoléon? Le rôle lui est déjà passé sous le nez: Il faut dire que, même en faisant appel à
son immense talent de composition, Gérard Depardieu aurait été difficilement crédible, sur le
plan physique s’entend. Et puis l’Amérique, il connaît, puisque il l’a même
découverte. En 1492, lorsqu’il était Christophe Colomb.
Donc, Depardiou, why not ?
Mais Adjani en Sinclair... là on se demande dans quel registre notre autre monstre sacré devra
piocher : Adèle H ? Camille Claudel ? Pas la Reine Margot, quand
même. Les producteurs ont sans doute plutôt pensé à la journée de la jupe, à l'Adjani battante, Adjani la militante.
En attendant, je préfère me préparer pour la prochaine cérémonie des Oscars où j'espère très fort que seront récompensés Dujardin, The Artist and co. Ca au moins , c'est tout sauf ridicule!
Nous vivons une e-poque
formidable !
samedi 4 février 2012
Bernard Arnault : Quel luxe !
Décidément, « on » (c’est-à-dire : je) zappe beaucoup ces jours-ci.
Est-ce parce que je suis d’avance fatigué par ces débats d’avant-campagne ? Fatigué parce je sais que je ne vais rien y apprendre. Ni sur les programmes, absents, ni sur les impétrants, présents certes, mais depuis tellement longtemps qu’ils sont sans surprise… ?
Est-ce la faute à nos consœurs-frères journalistes, eux aussi tellement sans surprise, ou bien est-ce la situation, tellement morose? Toujours est-il, que, pour moi, ces soirs-ci, les débats à la télé, ça me saoûle. Mais alors, se rabattre sur quoi ? Sur un programme « light » ? Distractif ? Mais ils ne sont que des resucées des années 80, 90, 2000 , des best-off de bêtisiers, de gags, de « grands du rire » ! C’est fou quand même ce manque d’imagination, d’inventivité, ces jeunes qui sont vieux avant l’âge alors que le monde des médias explose sous le choc d’internet!
Donc, l’autre soir après n’avoir pas résisté à plus de 5 minutes d’Alice Nevers, ni à 10 minutes de Murielle Robin, et encore moins à Hanouna, après avoir été écoeuré par « Qui veut gagner des millions ? » où Enrico Macias et 95 % du public se sont lamentablement vautrés en répondant Dubai à la question « Où va ouvrir le prochain Louvre, Dubai ou Abu Dhabi ? » alors qu’il s’agit d’Abu Dhabi. Evidemment. (Explications du sympathique Enrico : « Dubai, parce que c’est le luxe, la folie des grandeurs »… Comme si culture signifiait démesure… **)
Bref, un coup de zappette, et je suis tombé sur « Empreintes » sur France5.
A priori, rien pour me retenir et tout pour me faire fuir: Le portrait du roi du luxe, Bernard Arnault avec le commentaire et la voix de Guillaume Durand… Et pourtant, je suis resté, resté avec « B.A » dans sa tour face au nouveau Shanghai, où il venait d’épater la Chine avec Dior, Vuitton et autres « marques » ; sur les traces de son passé : A Roubaix, dans les bureaux de Férinel, sa première société, dans la piscine de la ville, transformée aujourd’hui en remarquable musée, à New York, pour évoquer son « exil » après la victoire de la gauche en 1981, puis son retour en France et aux affaires, grâce à la gauche et le « Enrichissez-vous » du Mitterrand d’après 1983… (Tiens, tiens… Serait-ce ce qui nous attend : Deux ans de démagogie pour faire « social » et ensuite, barre à droite toute pour se sortir de la faillite et alors, tant pis pour les laissés pour compte ? ).
Et « on » se laisse, je me suis laissé, séduire.
Et on croit Bernard Arnault quand il nous explique que sa fierté, c’est moins celle de sa réussite personnelle ( Je vous rassure, yachts, hélicos, châteaux, il a, mais, il ne montre pas, il ne montre SURTOUT pas !) que celle d’avoir su construire le premier groupe mondial du luxe, et quelque part de défendre ainsi ce produit, ces produits de la culture française. Quand on y réfléchit, c’est vrai que LVMH fait infiniment plus pour notre cocorico national (et nos emplois) que les « tous aux abris derrière la ligne Maginot » d’une Marine Le Pen ou les « ne touchez pas aux acquis sociaux de 1945» d’un J.L Mélenchon».
Et puis comment ne pas en avoir plein les yeux quand on parcourt avec lui les vignes de Château-Yquem, ou le chantier de la fondation Louis Vuitton construite par Franck Gehry dans le bois de Boulogne. Comment ne pas en avoir plein les oreilles quand il nous explique le génie d’un John Galliano, lui dessinant sur un coin de son bureau en 10 mn, les 50 robes imaginées pour Dior. Mais comment il n’avait pas hésité une seconde à licencier le même Galliano après ses pétages de plombs anti-sémites d’il y a un an.
Et puis, le final est superbe. Au piano, physiquement, puisque le richissime roi du luxe semble avoir tous les talents (excellent joueur de tennis, de golf, musicien etc…) et cette conclusion, sur son sens de la famille, son attachement à son père : « On ne se remet jamais complètement de la mort d’un père ». Touché !
Alors bravo Empreintes, bravo France 5 *. Bravo et merci parce que j’en ai tiré plus d’enseignements sur notre pays, notre situation mais aussi notre génie, que toutes ces émissions de précampagne que je fuyais plus haut.
Nous vivons une e-poque formidable !
* Telerama n’a pas aimé à cause de Guillaume Durand qui co-signe ce documentaire. Pourtant, une fois n’est pas coutume, Guillaume Durand n’est jamais envahissant, résistant à cette tendance horripilante de tous ces confrères qui ne peuvent s’empêcher de se mettre en avant et en scène aux côtés de leur « sujet ».
C’est oublier aussi que le réalisateur de cet excellent portrait ( ok : Tout n’est pas dit, ni montré, blablabla…) est Gilles de Maistre, et en matière de réalisation, Gilles, c’est une garantie de finesse et de qualité , la qualité France… comme celle de LVMH, LOL !
** Et pour ceux qui l'ignoreraient, ci-dessous le Louvre Abu Dhabi (architecte Jean Nouvel)
lundi 30 janvier 2012
Présidentielles 2012: Moi je vote… Youssou N’Dour !
![]() |
| Me and Youssou... |
Ainsi donc, hier soir, vous avez été plus de 15 millions à
regarder « En direct du bureau
ovale » dans sa version française.
J’insiste sur le « vous »,
car moi j’ai zappé. J’attendais « Braquage à l’italienne »,
film d’action programmé sur TF1 et où je ne joue pas Carla Bruni, ou bien
encore « Le serpent », sur
France 2, où je ne joue pas Nicolas Sarkozy. J’ai glissé sur Arte, et sa
« France sauvage » (Sauvage ? non mais, sauvages,
vous-mêmes ?), puis sur « Crimes
à Oxford » sur France 4. J’aurais préféré « ENA, petits meurtres entre amis » mais ça n’existe pas encore,
et j’ai donc fini sur France 0 et le journal Afrique.
On y apprenait que la démocratie continuait de reculer à grands
pas au Sénégal, qui compte presque autant d’habitants que de français devant
Nicolas Sarkozy hier soir.
Contrairement à notre Président qui a fait limiter à 2 le nombre
de mandats présidentiels successifs, le Président sortant du Sénégal se
présente pour un troisième mandat alors que jusqu’à présent la Constitution du
Sénégal l’interdisait.
Contrairement à notre Président qui vient de fêter ses 57
printemps, Abdoulaye Wade va fêter ses … 87 ans ! Un vrai beau symbole
dans un pays, où contrairement à la France, la moitié de la population à moins
de 25 ans…
Depuis des mois, les jeunes sénégalais sont dans la rue pour
défendre la démocratie. Mais Washington (merci
Barack !) leur demande de respecter la « Constitution »…
Quant à l’Union européenne et la France, c’est profil bas. Il est vrai que
Abdoulaye Wade a fait ses classes chez nous, il a commencé socialiste, son
parti le PDS est membre de l’Union « libérale »… bref, il est gênant
qu’un de nos grands amis pète les plombs sur le tard et conduise tout droit vers
le chaos un pays longtemps présenté comme un modèle.
Il ne faudra pas s’étonner si un jour les fondamentalistes
islamistes apparaissent comme un recours.
Alors moi je vote Youssou N’Dour, le chanteur.
Bien sûr, il n’est sans doute pas le seul type bien au Sénégal,
mais il fait partie de ceux qui ont fait beaucoup pour l’image de leur pays. Il
a investi chez lui. Et , comme
j’ai eu le privilège de le rencontrer (si, si, j’en suis fier), je peux
témoigner que c’est un homme d’expérience et de bon sens. Bon sens : c’est
une bonne qualité pour un Président, non, et pas seulement au Sénégal… ?
Au fait, évidemment que je ne peux pas voter pour Youssou :
D’abord parce que je ne suis pas sénégalais, ensuite et surtout parce que sa
candidature a été rejetée…
Nous vivons une e-poque formidable.
mercredi 25 janvier 2012
Désormais, le Brésil et la France, à travers la Guyane, sont unis…
Belle photo de ce bel ouvrage
qui relie le Brésil et… la France , par la Guyane.
Côté guyanais : Saint-Georges
de l’Oyapock, et la RN2- (Nationale 2) qui par Régina rejoint Cayenne, 180
kilomètres plus loin....
Côté Brésil, il y a …
euh !... ??? Oiapoque, c’est-à-dire rien, ou presque, et puis près de
600 kilomètres de routes-pistes non
achevées jusqu'à Macapa, capitale de l'Etat de l'Amapa, le plus pauvre du
Brésil. Etat qui n'est séparé du
reste du pays que par, excusez du peu, l'estuaire de l'Amazone....
La
Manche à côté de cet estuaire, c’est comme la Seine par rapport à l’Amazone, ou
bien encore le Quiévrain par rapport au Rhin, ou encore la Bidassoa par rapport
au Rhône. Enfin bref c’est « big »…
Bien
sûr, ce pont est un symbole sympa.
Pas
très utile en tout cas à court terme, mais sympa.
Coûteux,
mais sympa....
Nous vivons une e-poque
formidable et sympa…
Liens
(critiques… parce que ce n’est pas LE pont de Sarkozy) :
dimanche 22 janvier 2012
Salauds d’allemands : Le retour de Bismarck. Ou plutôt celui du Général Boulanger ?
Ainsi donc, les allemands
seraient « revanchistes ». Ils voudraient l’Europe à leur image. Ils
voudraient nous dicter notre politique. Salauds d’allemands : Ils se sont
serrés la ceinture pendant toutes ces années, et maintenant que ça va un peu
mieux, enfin un peu moins mal chez eux, ils ne veulent pas payer pour nous.
C’est vraiment dégueulasse ! Mais ça y est : Ils montrent leur vrai
visage : arrogants et dominateurs : Ach ! so, Gestapo ! Schnell ! Raus !
Avec son « retour de Bismarck », Arnaud
Montebourg a allégrement franchi le mur du çon, comme on dit au « Canard
Enchaîné ». Mais il n’est pas le seul, loin de là. « Sachez Môssieur que nous, nous sommes la
France, la « Grande Nation » et que nous allons montrer au monde
entier, qui nous envie, et aux allemands en particulier, la voie, le chemin,
celui de la démondialisation ». C’est, à peu près, ce que disent, et
tant pis pour l’amalgame, Le Pen, Mélenchon, et pas mal d’autres, qui à gauche
comme à droite, ne connaissent de l’Allemagne que « La Grande Vadrouille » et « Nuit et brouillard ». Utiliser l’épouvantail allemand est bien
pratique pour cacher leur manque de courage politique, leur démagogie qui
depuis vingt ans ( trente ans ? Quarante ans ?) nous ont fait rater
la modernisation de notre économie, de notre système de protection sociale, de
notre système fiscal… A force de reculer, nous voilà au pied du mur et nous
savons tous que ça va faire mal. Plus mal, que, si comme les allemands, nous
nous y étions mis, il y a 20 ans.
Et à propos de Bismarck, savons-nous que c’est lui qui
instaura la sécurité sociale en Allemagne, 75 ans avant que nous français nous
ne le fassions ? Sait-on que ce sont justement ces lois sociales de
Bismarck qui ont été réformées par les gouvernements socialistes ces 20
dernières années en Allemagne ? Comme la fameuse
« Ladenschlussgesetz » qui interdisait l’ouverture des magasins après
18 heures et tout le week end ? Un vrai tabou et qui a pourtant été
sacrifié sur l’autel des plans de rigueur allemandsl
Si nous voulons en appeler à l’histoire pour nous dresser
sur nos ergots de coq gaulois, nous devrions nous souvenir qu’à l’époque de
Bismarck, en France, c’était le difficile accouchement d’une troisième
République attaquée par l’extrême-droite, le racisme et la démagogie…
C’était l’affaire Dreyfus. C’était le temps des succès
électoraux du Général Boulanger qui faillirent emporter notre fragile
démocratie. « Boulanger ? C’est
qui ça ? J’sui trop jeune, j’ai pas connu » : Pas de panique:
Relisez vos cours d’Histoire ou cliquez sur wikipedia. Et vous vérifierez que, décidément,
au lieu de vouloir donner des leçons aux autres, nous ferions bien d’en prendre !
Nous vivons une e-poque
formidable
mardi 3 janvier 2012
Les personnalités préférées des français: Pommes, poires et scoubidou, bidou, ah…
![]() |
| Omar Sy en Zorro... On aime! |
Ainsi donc, avec le Nouvel an, est arrivé le
sondage-classement « Les
personnalités préférées des français ».
Il paraît que c’est un sondage sérieux puisqu’il a été
réalisé par l’IFOP, institut dont les sondages vont nous accompagner jusqu’à la
porte des bureaux de vote des prochaines présidentielles.
Dans ce classement, il y en a qui monte, d’autre qui
baisse, d’autre qui sorte, d’autre qui entre.
50 « personnalités »…
Ah ! Bon ? c’est quoi être une personnalité à l’heure de « Secret Story » et de « Incroyable talent ».
Zidane est un des plus grands joueurs de foot de tous les
temps. Mais comme sportif, je préfère Usain Bolt… Zut, c’est vrai, Bolt est
sprinter et jamaïcain et souriant et showman.
Yannick Noah est très sympa. Il a été un tennisman hors
pair. Comme chanteur, il est…bof… Gentillet ? Je lui préfère par exemple
un Ben l’Oncle soul, mais bon ! à chacun son mauvais goût, n’est-ce
pas ?
Et puis comment comparer la préférence que nous portons,
que je porte à un comédien charismatique et talentueux et sympathique (Omar Sy)
avec la non-préférence que nous portons, que je porte à l’égard de responsables
politiques qui, pour l’instant, semblent dépassés par la crise, les
crises ? Ainsi, Chirac, nous l’adorons, et qu’est-ce qu’il est sympa, et
drôle et touchant… Mais surtout depuis qu’il n’est plus aux affaires.
Et, est-ce bien sérieux de tout mettre sur le même plan,
de tout mélanger ? Comme ces émissions qui nous demandent de choisir les plus
grands français de l’Histoire, et la liste proposée va de Vercingétorix à Claude
François en passant par Jeanne D’Arc, De Gaulle et Michel Drucker ? Et qui
ne sont que des déclinaisons de « concepts » d’émissions
anglo-saxonnes « Les plus grands anglais », « Les plus grands
américains »… Il y a même eu « Les plus grands belges ». Merci
de ne pas rire … ( Je pousse un peu, c’est juste pour faire rire, car il y
a évidemment plein de très grands belges, et je ne pense pas à Johnny.)
Que restera-t-il de toutes ces « personnalités »
une fois retombée cette notoriété gonflée aux hormones de la téléréalité et des
intérêts économiques des instituts de sondage, qui sont avant tout des
entreprises cherchant à faire un maximum de profits ? Des personnalités qui nous sont
présentées en vrac comme dans des paniers de pommes de poires et de scoubidou,
bidou, ah…
Au fait, qui chantait cette chanson qui faisait fureur, dans
les années 50, 1950, c’est-à-dire, il y a une éternité ? Qui ? Sacha
Distel ? Sacha Distel ! Lui aussi à son époque, il a dû être en tête
des personnalités préférées…On est bien peu de choses, mon pauvre
meussieu !
Nous vivons une e-poque formidable…
dimanche 18 décembre 2011
Sarkozy et Merkel vendent la liqueur portugaise "Beirao"
La marque de liqueur portugaise Beirao détourne l'actualité et pour sa campagne publicitaire de fin d'année met en scène Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, perçus comme le père et la mère fouettards d'un Portugal surendetté et contraint à une caure d'austérité réclamée par les deux dirigeants européens.
Tous deux présentent une bouteille de Beirao, avec les mots: « Le Portugal fait de son mieux ».
Il paraît que l'ambassadeur d'Allemagne à Lisbonne a trouvé cela tellement drôle qu'il va en faire sa carte de voeux cette année. Il paraît que le gouvernement français a moins d'humour...
lundi 12 décembre 2011
L'impromptu de Berlin... pastiche
Je ne sais qui est l'auteur de ce pastiche, tout à fait dans le style de feu l'Almanach Vermot, ou du Canard. Mais c'est très fin...
Voici donc ce texte, envoyé sur et par le web!
vendredi 9 décembre 2011
Bar à tapas…Tapes au faciès ?
J’ai été témoin d’une bien curieuse histoire que je m’en
vais vous conter car elle m’en a retourné l’estomac …
Il était
une fois dans une petite rue d’un quartier à la mode du centre de Paris - le
Marais entre l’Eglise Saint-Paul et la Place des Vosges - un petit restaurant
qui périclitait. Puis ses lumières s’éteignirent et il mourut. Devanture
fermée. Porte condamnée.
Et puis
le printemps dernier, comme une montée de sève printanière ou mieux un coup de
baguette magique :Voilà qu’on s’agite, qu’on repeint, qu’on rafraichit,
qu’on relooke… Yes ! Un bar à tapas ouvre ses portes, ce qui n’a rien de
très original dans ce quartier branchouille, mais tenu par un type sympa,
chaleureux, et ça, ça fait toute la différence.
Ainsi
donc, nous, travailleurs et travailleuses du voisinage, avons pris l’habitude
d’y venir boire un verre autour d’une assiette de tapas, voire même d’y manger
un plat.
Le type
sympa et chaleureux, le patron, celui qui a réveillé cet ancien restau n’est
pas né avec une cuillère en argent dans la bouche, il n’est pas le fils de … ni
l’amant de … et n’a pas passé son enfance à tisser des liens avec de
« bonnes relations » (sociales s’entend). Il ne connaît personne à la
Mairie de Paris, ne paye pas des pots aux policiers du quartier. Il vient de
Grenoble, pardon de Voiron, dans les terres froides, ceux qui connaissent,
compatiront. Enfin, bref, c’est un dauphinois monté à Paris. On imagine donc quel a pu être son parcours,
un parcours méritant, semé d’embuches, d’autorisations, de licences IV ou V, de
contrôles, de réglementations, d’URSSAF et d’impôts… et on se doute que cette
histoire ne va pas être un conte de fées !
Vint d’abord
le succès. Et avec le succès, la jalousie… et les plaintes: D’abord cet été,
celles de certains voisins: « Des clients en terrasse faisaient du bruit
après 10 heures ». On comprend les voisins: Ils avaient choisi ce
quartier, le Marais, pour vivre au calme, autant qu’à Neuilly-Auteuil-Passy, un
quartier aussi calme qu’un cimetière. Un calme éternel ! Et un bar à tapa,
c’est forcément plus bruyant qu’un magasin de fringues ou qu’une succursale de
banque.
Puis ce
fût l’hygiène. Puis l’autre soir, la répression des fraudes, sous la forme de
deux officiers faisant des heures sup, avant leurs RTT.
Venant
en civil établir le flagrant « délit » : Le délit ?
Certains clients consommaient sans
manger. C’est vrai que c’est pas bien, c’est pas réglo. C’est vrai aussi qu’on
voit mal le patron qui vient d’ouvrir son bar à tapas, qui est étranglé à la
banque, et qui joue sa vie sur ce coup-là, dire aux consommateurs :
« Tu manges ou tu te casses, pov con ! ».
Alors,
en cascade, c’est: Amende, menaces de fermeture, convocation au poste,
obligation d’acheter une licence IV
ou V (entre 12 000 et 15 000 €).
Bien
sûr, c’est la loi, ce sont les décrets. Mais tout est dans l’application de ces
lois.
Dans une
période où l’on déplore que les petites entreprises aient tant de mal. Où l’on
s’inquiète d’une jeunesse qui ne serait capable que de trafics, d’économie
parallèle et de « black », ce genre de sévérité ne fait que leur
mettre la tête sous l’eau, et bien profond.
Il en a pleuré le patron sympa. Et nous tous aussi,
atterrés, désemparés, parce que nous ne connaissons personne, nous ne savions
pas quoi faire, quoi conseiller, comment aider. C’est rageant vraiment.
Alors si quelqu’un connaît quelqu’un… Peut faire quelque chose…
peut conseiller. Ceci est une bouteille jetée à la mer des tracasseries
administratives, grande spécialité française.
Nous vivons une e-poque
formidable.
PS : Ah ! oui, au fait: Le patron sympa, le dauphinois des terres froides, il est
« issu de la diversité » comme on dit, il est « noir »…
Mais ceci n’a certainement rien à voir avec ce qui lui arrive. Non rien. Impossible !
Vraiment ? Rien à voir ? Je dois avoir l’esprit mal tourné.
mercredi 30 novembre 2011
Débâcle économique: Vérité en deça des Pyrénées, erreur au-delà !
Comment dit-on « ils ont la mémoire courte » en espagnol ? On dit « Zapatera » ! C’était quand encore ? Oh! tout juste 5 ans, avant les dernières élections présidentielles ( chez nous ) : Que nous avait-on cité l’Espagne socialiste en exemple : Chez eux, tout était mieux. Les immigrés mieux traités, les illégaux légalisés, l’argent redistribué, les allocs augmentés, et la candidate socialiste de poser bras dessus bras dessous avec le Président socialiste du gouvernement espagnol. C’étaient Zapatero et Zapatera ! Mais quand Zapatero tombe à l’eau, et pas seulement à cause de la crise, mais bien parce qu’il a mené les espagnols en bateau, que reste-t-il ? Zapatera ? Non, elle semble s’être volatilisée, et avec elle, tous ceux qui faisaient le pèlerinage à Madrid : Quels ingrats !
Les immigrés ?: L’Espagne a rétabli en catastrophe, toutes les barrières, tous les contrôles, même les visas pour les latino-américains qui depuis deux siècles n’en n’avaient jamais eu besoin. L’âge de la retraite ? 67 ans. Les allocations chômage ? Une misère. Le droit au logement ? Le droit surtout d’habiter chez ses parents.
Bien sûr l’Espagne va rebondir, parce que son potentiel est énorme, sa modernisation a été spectaculaire, le surendettement de l’Etat et des collectivités s’est aussi traduit en d’énormes investissements en infrastructures modernes, en équipements collectifs de pointe. Et cela restera et ne sera pas que des châteaux de sable. On peut d'ailleurs dire la même chose du Portugal ou même de la Grèce. quand on pense à la métamorphose du pays, de ses routes, d'Athènes en 20 ans: Il n'y a pas que de la corruption, mais bien des infrastructures qui serviront.
Mais il y a 5 ans au lieu de distribuer l’argent du mirage ( et non du miracle) économique espagnol, Zapatero aurait dû prévenir le retournement de situation. Il aurait dû conforter l’économie espagnole, traquer la spéculation immobilière, prévoir la fragilité du tourisme et des services. Il y a 5 ans, la crise espagnole avait commencé avant la crise. De ce côté-ci des Pyrénées nous ferions bien d’en retenir la leçon.
Nous vivons une e-poque formidable
mardi 29 novembre 2011
Présidentielles : blablablablabla
Quelle époque ! Pardon, quelle « séquence » ! Comme diraient nos confrères et consœurs journalistes politiques qui, ce n’est pas la crise pour tout le monde, multiplient les émissions de débat, de décryptage, de commentaires, de gloses quoi ! sur la- à venir-campagne électorale.
Attention : « Je n’ai que des ami(e)s dans la profession » Et à mes mots, j’ajoute naturellement ce geste de la main qui mime, quoi déjà… ? Ah! oui, le coup de poignard dans le dos.
Donc je ne vise ni untel, ni untelle, mais ce débat l’autre soir sur une chaîne d’infos en continu, animé par l’excellent Biiiiiip et où le passionnant Tuuuuuuut laissa tomber d’un air savant : « La séquence actuelle pourrait se résumer à la question de la synchronisation entre le candidat et le parti ». Et autour de lui, tout le monde d’opiner du chef (ce qui en français veut aussi dire, de la tête).
Alors là, ça m’a réveillé. Putain, mais c’est bien sûr. On n’y aurait jamais pensé: Pour qu’un candidat gagne, il vaut mieux qu’il soit soutenu par ses partisans. Heureusement qu’il y a des experts ( oh ! celui-là, il a au moins dû faire Sciences Po) pour nous remettre les idées en place.
Et quand je pense que la campagne n’a même pas commencé, cela nous promet quelques beaux florilèges de portes ouvertes enfoncées !
Nous vivons une e-poque formidable
jeudi 11 août 2011
Haïti : A la mémoire de Jean-Claude Bajeux
Haïti : Cérémonie d’adieu à la mémoire de Jean-Claude Bajeux ce 10 août
mercredi 10 août 2011
Une cérémonie d’adieu a lieu à la mémoire de Jean-Claude Bajeux, écrivain, poète, critique littéraire, fondateur du Centre OEcuménique des Droits Humains (CEDH), ex-Ministre de la Culture, ce 10 août 2011 à Port-au-Prince.
Elle se déroule à l’Ange Bleu (angle rue José Marti et Jean-Paul II) à 9:00 am, tandis que la famille reçoit à partir de 7:30 am
AlterPresse reprend le texte contenu dans le feuillet-programme de la cérémonie, qui est une lettre de Pierre Bonin, « vieil ami » canadien de Jean-Claude Bajeux à tous ceux qui étaient proches du défunt.
Chers ami-e-s de Jean-Claude et Sylvie Bajeux,
J’apprends à l’instant que Jean-Claude s’est envolé durant la journée vers une grande lumière, un espace de vérité, de justice et d’amour. Pour moi, c’est un prophète toujours en quête de justice, marchant sans relâche, alertant les humains de tous horizons, à l’instar des prophètes de l’ancien Testament.
Nul ne peut servir deux maîtres était le titre de sa dénonciation d’Aristide en janvier 2001 :
« … le mensonge officiel se trouve lié à la conviction insolente que le pouvoir appartient « nèt ale » à un « petit reste », mais contrairement au sens biblique attaché au mot « anawim », « les pauvres de Yahvé », le petit reste ici, ce sont les « plus malins », analogue au petit groupe de dirigeants décrit par Dostoïevski dans la Légende du Grand Inquisiteur, qui avaient trouvé plus intelligent d’accepter les offres du démon pensant que Jésus avait été bien sot d’avoir refusé. »
« … le mensonge officiel se trouve lié à la conviction insolente que le pouvoir appartient « nèt ale » à un « petit reste », mais contrairement au sens biblique attaché au mot « anawim », « les pauvres de Yahvé », le petit reste ici, ce sont les « plus malins », analogue au petit groupe de dirigeants décrit par Dostoïevski dans la Légende du Grand Inquisiteur, qui avaient trouvé plus intelligent d’accepter les offres du démon pensant que Jésus avait été bien sot d’avoir refusé. »
Dix ans plus tard, Jean-Claude tonne encore
« A moins que tous et chacun décidions de nous opposer à ce bal de ripoux et qu’on montre en clair, selon la loi, comment l’illégalité et l’impunité transforment en coquins de jeunes représentants et serviteurs de l’Etat et qu’avant toute chose, on proclame le réveil de la dignité, l’épiphanie de l’aube. »
Jean-Claude Bajeux, Ces fruits amers de l’illégalité, 7 janvier 2011
« A moins que tous et chacun décidions de nous opposer à ce bal de ripoux et qu’on montre en clair, selon la loi, comment l’illégalité et l’impunité transforment en coquins de jeunes représentants et serviteurs de l’Etat et qu’avant toute chose, on proclame le réveil de la dignité, l’épiphanie de l’aube. »
Jean-Claude Bajeux, Ces fruits amers de l’illégalité, 7 janvier 2011
Avec une compagne exceptionnelle comme Sylvie, ils demeureront dans notre esprit un couple vivant, debout, persévérant au delà de tous les obstacles. Votre engagement nous redonnait courage, pour surmonter des multiples défaites et ne jamais se décourager. Un homme aimable, chaleureux, d’une générosité sans bornes. Un intellectuel exigeant, d’une immense culture, à la plume incisive certes, mais aussi un guide accueillant.
« …la boussole qui me guidait dans l’activité tumultueuse du CEDH est restée la même dans ce crépuscule infertile. Toujours et encore, on y rencontre l’humanisme chrétien du personnalisme, la recherche de la paix et la justice, et la Constitution haïtienne du 28 mars 1987 qui a proclamé, de façon réelle et prophétique, les obligations de l’Etat et des gouvernements de respecter la loi, les droits des citoyennes et des citoyens, de donner accès à tous « san pas pou ki » aux services communautaires, leur assurant santé et savoir. »
Jean-Claude Bajeux, idem, 7 janvier 2011
« …la boussole qui me guidait dans l’activité tumultueuse du CEDH est restée la même dans ce crépuscule infertile. Toujours et encore, on y rencontre l’humanisme chrétien du personnalisme, la recherche de la paix et la justice, et la Constitution haïtienne du 28 mars 1987 qui a proclamé, de façon réelle et prophétique, les obligations de l’Etat et des gouvernements de respecter la loi, les droits des citoyennes et des citoyens, de donner accès à tous « san pas pou ki » aux services communautaires, leur assurant santé et savoir. »
Jean-Claude Bajeux, idem, 7 janvier 2011
Jean-Claude était un homme de paix, un ferme opposant à la violence :
« La refondation de 1804 ne peut se faire qu’en faisant le contraire de ce qui avait été nécessaire en 1804 : il faut abandonner le chemin des armes, il faut enterrer les armes et leur dire adieu, il faut instaurer la grève de la violence. Il faut que la justice prononce ses verdicts et par là rendre inutile le recours aux armes. Il faut dire le crime par son nom et appeler les voleurs, les menteurs, les incendiaires, les assassins et les violeurs par leurs noms, tels qu’ils sont énumérés dans les articles du code pénal. Il faut donc sanctionner aujourd’hui ces fusillades qui ont emporté tant de monde depuis 1804, Capois-la Mort et Dessalines y compris. Ce n’est plus le temps de couper les têtes, c’est au contraire, le moment de remettre les têtes en place ; ce n’est plus l’heure de mettre le feu, car, pour notre survie, il est venu le temps de planter et de construire un nouveau monde, en soumettant ce monde-là, ces hommes, ces femmes, à l’ordre du plan, de la raison, de l’écriture ».
Jean-Claude Bajeux, Les crucifiés de l’histoire, Pâques 2004.
« La refondation de 1804 ne peut se faire qu’en faisant le contraire de ce qui avait été nécessaire en 1804 : il faut abandonner le chemin des armes, il faut enterrer les armes et leur dire adieu, il faut instaurer la grève de la violence. Il faut que la justice prononce ses verdicts et par là rendre inutile le recours aux armes. Il faut dire le crime par son nom et appeler les voleurs, les menteurs, les incendiaires, les assassins et les violeurs par leurs noms, tels qu’ils sont énumérés dans les articles du code pénal. Il faut donc sanctionner aujourd’hui ces fusillades qui ont emporté tant de monde depuis 1804, Capois-la Mort et Dessalines y compris. Ce n’est plus le temps de couper les têtes, c’est au contraire, le moment de remettre les têtes en place ; ce n’est plus l’heure de mettre le feu, car, pour notre survie, il est venu le temps de planter et de construire un nouveau monde, en soumettant ce monde-là, ces hommes, ces femmes, à l’ordre du plan, de la raison, de l’écriture ».
Jean-Claude Bajeux, Les crucifiés de l’histoire, Pâques 2004.
Partisan d’une « vision globale et intégrante de la justice »…JC Bajeux nous dit que
« …pour exercer cette justice, au niveau où elle veut être servie, il faut regarder, en même temps, au-delà de ce monde, le spectre lumineux d’une justice qui devient, est devenue, se doit de devenir, le moteur d’une société civilisée, la conscience d’une société humaine, et le centre d’un immense réseau de services publics. C’est de cette réalité que nous parlons, quand nous parlons d’une vision intégrale de la justice. »
JC Bajeux : « Pour une vision intégrale de la justice ». Discours d’ouverture du 11e Forum citoyen pour la réforme de la justice, 5 septembre 2009.
« …pour exercer cette justice, au niveau où elle veut être servie, il faut regarder, en même temps, au-delà de ce monde, le spectre lumineux d’une justice qui devient, est devenue, se doit de devenir, le moteur d’une société civilisée, la conscience d’une société humaine, et le centre d’un immense réseau de services publics. C’est de cette réalité que nous parlons, quand nous parlons d’une vision intégrale de la justice. »
JC Bajeux : « Pour une vision intégrale de la justice ». Discours d’ouverture du 11e Forum citoyen pour la réforme de la justice, 5 septembre 2009.
Convaincu que l’Etat de droit et la construction démocratique nécessitent prioritairement la réforme de la justice, Jean-Claude Bajeux mettra toutes ses dernières énergies à la relance du Forum citoyen.
Jean-Claude nous guidera encore longtemps, il y a tant à découvrir dans ses écrits militants :
« Cet arrachement du marécage où nous sommes englués demande, de manière antinomique, l’adhésion collective à une constellation de valeurs qui devrait nous qualifier comme société civile. Des valeurs à vivre et à réaliser et j’en cite cinq : l’égalité, la loi, la dignité humaine, le savoir, la solidarité. Et de ces cinq, je salue la loi dans un monde dont la justice serait la clé, la porte, le seuil et la lumière »
JC Bajeux, intervention pour le secteur des Droits Humains à la présentation des travaux pour un Nouveau Contrat Social , organisé par le groupe des 184, le 15 janvier 2005 au Karibe.
« Cet arrachement du marécage où nous sommes englués demande, de manière antinomique, l’adhésion collective à une constellation de valeurs qui devrait nous qualifier comme société civile. Des valeurs à vivre et à réaliser et j’en cite cinq : l’égalité, la loi, la dignité humaine, le savoir, la solidarité. Et de ces cinq, je salue la loi dans un monde dont la justice serait la clé, la porte, le seuil et la lumière »
JC Bajeux, intervention pour le secteur des Droits Humains à la présentation des travaux pour un Nouveau Contrat Social , organisé par le groupe des 184, le 15 janvier 2005 au Karibe.
Salut mon vieil ami Jean-Claude
Pierre Bonin
Laval, Québec, 5 août 2011
Laval, Québec, 5 août 2011
| |
dimanche 24 juillet 2011
Norvège: Attentat, préjugés et conclusions hâtives…
L’horreur : Que dire face à la boucherie de Vendredi à Oslo ?
L’énormité de ce qu’a fait ce type, même éventuellement aidé par des comparses, ce type dont je n’ai nulle envie de mémoriser le nom, nous laisse incrédule: « On » cherche à comprendre. Même par haine de l’autre, des autres, qui ne sont pas blonds aux yeux bleus, des autres qui ne sont pas chrétiens, même par haine hystérique, peut-on faire ça ?
« On » croyait que cette violence aveugle ne pouvait être que réservée à des « barbares, à des sous-développés, à des fous d’Al-Qaida, à des intégristes musulmans ».
Et d’ailleurs, qu’elle a été la première réaction des médias, je ne sais pas dans le monde, mais en tout cas, en France, en apprenant les attentats d’Oslo ? Explorer les pistes « islamistes ». Nous avons ainsi vu défiler les « experts » habituels, qui , avec plus ou moins de prudence, ont énuméré les raisons qui « faisaient de la Norvège une cible » pour les terroristes d’Al-Qaida and co: Participation à la guerre en Afghanistan, à la guerre en Libye, affaire des caricatures islamistes, ou même le fait qu’Oslo soit la capitale où est décernée le Prix Nobel de la Paix…
Qu’importe que les caricatures aient été l’œuvre d’un danois et non d’un norvégien, ou que la participation à l’offensive en Libye se limite à 6 avions stationnés en Crête et qu’Oslo ait déjà annoncé son retrait de la coalition! Une telle barbarie ne pouvait être l’œuvre que de barbares, or chez nous le barbare « c’est pas moi, c’est les autres ».
Personne n’a songé à ces illuminés d’extrême-droite, qui en avril 1995 ont fait sauter un bâtiment fédéral à Oklahoma City aux Etats-Unis (168 morts), ou bien encore en août 1980, la gare de Bologne en Italie (85 morts). Ou sans doute ont également assassiné le premier ministre suédois Olof Palme en février 1986.
Dans « Discours sur le colonialisme », en 1955, Aimé Césaire écrivait que la plus grande barbarie, le nazisme, était justement apparue en Allemagne, le pays qui au début du XXème siècle semblait être le phare de culture européenne, qui elle-même se prenait pour le summum de la civilisation puisqu’elle dominait le monde.
Toutes proportions gardées, Vendredi, en cherchant immédiatement le musulman avec le couteau entre les dents derrière les attentats, en tirant des conclusions hâtives, nous journalistes, nous avons cultivé les préjugés, alimenté la paranoïa, avant que les premières informations de la police norvégienne nous dirigent vers le ou les vrais responsables.
L’Islam n’a donc pas le monopole des fous furieux qui au nom de telle ou telle foi, de telle ou telle croisade, sont prêts à tous nous massacrer… mais il n’était nul besoin de la boucherie d’Oslo pour nous en souvenir.
Nous vivons une e-poque formidable
Inscription à :
Messages (Atom)












