Paperblog

samedi 20 octobre 2018

Entre Johnny et Mélenchon, nous sommes coincés…

No comment...
Nous sommes coincés : web, radio, télé, nous sommes abreuvés jusqu’à plus soif, par les spéciales, les exclusifs, les directs, consacrés à 2 infos : À ma droite Johnny, à ma gauche Mélenchon. Comme s’il ne se passait que cela dans notre vaste monde.
Attention, il ne s’agit ni de kc le souvenir de Johnny l’artiste, ni de négliger la sortie de son album posthume. Pour ceux qui sont fans et apparemment ils sont nombreux, c’est bien. Mais pour ceux et apparemment ils sont encore plus nombreux qui trouvent que Johnny c’est bien, mais qu’il n’est pas non plus ni Michael Jackson, ni Aretha Franklin, ni même peut-être non plus Charles Aznavour, l’air est devenu étouffant. Matraquage ? Vous avez dit matraquage ? En tout cas, impossible de passer à côté à moins de franchir une de nos frontières et de prendre pour quelque temps refuge en Espagne ou en Allemagne. On nous dit que son disque est déjà disque d’or, mais c’est l’inverse qui aurait été une info, avec une telle saturation de l’espace, bravo la maison de disques, bravo les producteurs, chapeau Laetitia. 
Et quand on cherche autre chose, on tombe sur … Mélenchon. E là ce n’est pas pour kc ni la France Insoumise, ni les idées de gauche (? c’est quoi au fait des idées de gauche ?) mais là aussi brusquement on étouffe. On hésite entre le fou rire et la consternation. Et d’ailleurs en matière de consternation, on hésite aussi. Qu’est-ce qui est le plus consternant : Mélenchon hurlant sur ce juge, sur ces policiers stoïques sous les injures, éructant : « Ne me touchez pas, JE suis la République ». Et l’on parle de cailleras dans des banlieues qui seraient perdues pour la République ? Et l’on s’inquiète des violences contre la police, de la montée des incivilités ? Mais l’exemple ne vient-il pas de haut ? On attend avec impatience les prochains contrôles policiers où des jeunes hurleront « Nous sommes tous des Mélenchon ». 
Ou plus consternant encore peut-être, cette manière d’humilier avec un mépris qu’autrefois on aurait qualifié de classe, telle journaliste pour son accent, tel autre pour sa question. Là Mélenchon, c’est Trump en français dans le texte, comme lorsque le Président américain ironise sur un journaliste handicapé, ou répète à longueur de tweets : « Fake news et Presse pourrie ». 
On cherche d’autres nouvelles et l’on tombe sur … l’affaire Khashoggi, ce journaliste saoudien « disparu », en fait torturé puis découpé à la scie dans le consulat de son pays à Istanbul. Et là on se pince : Et ce pays est notre meilleur allié ? le meilleur allié des Etats-Unis, d’Israël au Proche-Orient ?
Du coup on étouffe. On éteint tout. Give me a break. Heureusement qu’il fait beau (enfin, du moins là où le ciel semble ne pas avoir voulu déverser toutes les larmes du monde, on pense à l’Aude), on peut sortir respirer. Et l’on se dit : Pourtant que la montagne est belle. Comment peut-on s'imaginer. En voyant un vol d'hirondelles. Que l'automne vient d'arriver ?
Enfin jusqu’à quand ? Avec le changement climatique, la sécheresse ou les inondations, la fonte des glaciers ou les tornades… Nous sommes coincés…

samedi 13 octobre 2018

La chancelière Angela Merkel passera-t-elle la fête de la bière ?

 
A boire avec modération... Merkel prête à tout pour sauver la Bavière ?
Oui, Angela Merkel va survivre à la fête de la bière. Tout simplement parce que celle-ci est déjà terminée. 
L’Oktober Fest est à Munich un peu ce que le carnaval est à Rio de Janeiro, 6 millions de visiteurs, 7 millions de litres de bière, avec une nuance quand même, le « Schuhplattler » bavarois n’est pas une danse aussi – comment écrire – légère ? élégante ? sensuelle ? que le samba brésilien . 
En revanche côté politique, les prochaines élections en Bavière risquent de ressembler au récent premier tour des Présidentielles au Brésil. Avec notamment une poussée de l’extrême-droite. Non que les nazis soient de retour en Allemagne. S’il y a bien un pays au monde où la « confrontation avec l’Histoire » vaccine contre ce genre de danger, c’est bien l’Allemagne. Contrairement à la France, par exemple, où tout récemment des graffitis anti sémites ont tagué des salles de cours de la grande école HEC ou au Brésil pays de tous les métissages mais également de tous les préjugés racistes. Ainsi, Jair Bolsonaro peut déclarer que ses fils ne sortiraient jamais avec des femmes noires « parce qu’ils avaient été bien éduqués » et obtenir 46 % des votes au premier tour des élections, être soutenu par des stars - noires- du football comme Ronaldinho, dans un pays où la moitié de la population est noire ou métisse. 
Non, en Allemagne arborer des symboles nazis ou se revendiquer du nazisme peut- fort heureusement – vous envoyer en prison. En revanche l’AfD, l’Alliance pour l’Allemagne bouleverse effectivement le jeu politique traditionnel, grignotant sur la droite et même la gauche, les grands partis. Eurosceptique, et aujourd’hui migrants sceptique, il attire 13 % ? 15 ? 19 % ? des électeurs. Trop peu pour arriver au pouvoir, mais avec la proportionnelle, suffisant pour empêcher par exemple Angela Merkel de gouverner de manière stable. Gagnante des dernières élections de 2017 avec 33 % des suffrages, elle a dû batailler pour former une coalition gouvernementale, bien fragile et à la merci du raidissement de son allié bavarois la CSU. Et c’est là où interviennent les élections du 14 octobre en Bavière. 
Si les chrétiens bavarois qui depuis 70 ans dirigent ce Land, le plus riche d’Allemagne, se prennent une raclée à cause de l’extrême-droite, alors Merkel ne passera pas l’automne. Mais d’autres scenarii sont possibles, comme une poussée des Verts, et une coalition entre conservateurs bavarois et écolos. Du jamais vu ! Décidément il n’y a pas que la bière qui fait tourner les têtes en Allemagne…


dimanche 7 octobre 2018

Elections au Brésil : Samba, futebol et eleições

Le candidat d'extrême-droite enlève de la devise du Brésil le mot progrès pour ne garder que ordre ( ©-Romée-de-Saint-Céran-pour-LIncorrect)

Samba ! foot ! Rio ! Copacabana ! Sur le Brésil nous n’avons le plus souvent que des clichés. Pas forcément négatifs, mais complètement folkloriques. Comme ceux selon lesquels au Brésil, la misère serait moins triste parce qu’au soleil ! Ou qu’il suffirait d’un match de futebol, un air de samba ou les courbes d’une moça au corpo dorado pour qu’ils oublient leurs soucis. Un peuple joyeux et futile, quoi !
Mais, bidon, bidon, bidonville, vivre là-dedans c’est coton, comme chantait Nougaro. Après avoir eu l’illusion qu’ils allaient tourner la page du sous-développement, les brésiliens sont allés de désillusions en désillusions. La pauvreté est toujours là ; Les favelas sont tout sauf des destinations touristiques ; Et la violence fait plus de 54 000 morts par an, c’est le record du monde. Tous les facteurs sont réunis pour arriver à cette violence qui pourrit la vie quotidienne. Les mafias et les narcos, bien sûr, les inégalités criantes, le racisme encore - Au fait combien de noirs au gouvernement dans un pays où la moitié de la population est noire : zéro ! - mais aussi la corruption généralisée dans la police, l’administration, les affaires. C’est un des principaux freins au développement du pays. Mis en évidence par les chantiers de la Coupe du monde et des JO qui ont été l’occasion de détournements colossaux. 
Mais c’est ce que n’accepte plus la population. Et c’est cela le grand changement. Le Brésil a plus changé en 30 ans qu’en un siècle. Bien sûr la démocratie brésilienne est imparfaite, clientéliste, corrompue, contestée, mais elle a apporté les libertés, de la presse, de la Justice. Et les juges ne s’en sont pas privés pour mener l’opération « lava jato », nettoyage express, et tenter de nettoyer la classe politique et les milieux d’affaires. Même l’ancien Président Lula dort en prison, et combien d’anciens ministres ou députés … Et puis, même si beaucoup ont le sentiment de perdre à nouveau pied socialement, il y a eu quand même l’émergence des classes moyennes, l’espoir nouveau pour des dizaines de millions de brésiliens que leurs enfants fassent des études, sortent de la pauvreté : Les brésiliens d’aujourd’hui ne sont plus prêts à tout accepter sans broncher. 
Cela les conduira-t-il à choisir un candidat caricatural comme Jair Bolsonaro, le Trump tropical ? Ce n’est pas sûr, même si Fernando Haddad l’autre candidat qui devrait également arriver au second tour dans 3 semaines, n’a ni le charisme, ni la popularité de l’ancien Président Lula - empêché car en prison - dont il est l’ersatz, la marionnette diront certains. 
En fait, les brésiliens sont plutôt desafinados, désenchantés. Déjà il y a 50 ans, Antônio Carlos Jobim chantait à propos du carnaval : La tristesse n’a pas de fin, le bonheur si ! Le bonheur du pauvre est la grande illusion du carnaval(…). 
L’hymne national brésilien proclame : Géant par ta propre nature,(…)  ton avenir reflète cette grandeur
Beaucoup de brésiliens trouvent qu’il serait temps que le présent, leur présent reflète la grandeur de leur pays. 




lundi 1 octobre 2018

Pour en finir avec …les clashs

Têtes à clash ou têtes à claques ? 
C’était quoi, c’étai(en)t qui le dernier clash ? Charles Consigny ? Yann Moix ? Qui déclarait que les policiers n’ont pas de couilles ? Eric Zemmour ? Qui rebaptisait Hapsatou, Corinne ? Laurent Wauquiez qui clashait le Premier Ministre Edouard Philippe : « Vous avez un problème avec les chiffres » et l’autre de lui retourner : « Et vous, vous avez un problème avec la réalité ». T’as vu la punchline ? KC ! Dans ta gueule !
Bon, pour être honnête, entre Wauquiez et Philippe le clash reste soft. Rappelons-le : il y a moins de deux ans, ils étaient encore camarades de parti. Aujourd‘hui ils veulent nous faire croire qu’ils sont Booba et Kaaris, alors qu’on ne les a pas vu se frapper à coups de flacons de parfum, juste nous endormir en 3 heures d’émission, dont on a retenu que quelques petites phrases, ce clash. Repris en extrait, en boucle. 
Voilà ce que devient l’information: Pour exister, il faut qu’il y ait de la reprise. Terminées les grand-messes où tout le monde suivait la même émission au même moment. Aujourd’hui, nous regardons à la carte, en replay, et en tranches, souvent sur Facebook, Twitter ou Instagram. Et pour capter notre attention au milieu du tsunami de sollicitations que nous recevons, les media se sentent obligés d’être racoleurs. 
Autrefois les titres courts qui claquaient, qui provoquaient étaient l’panage de la seule presse, dont les journaux « sérieux » disaient autrefois qu’elle était de caniveau, anglaise ou allemande, comme le Sun ou Bild. Aujourd’hui, tous les media s’y sont mis. C’est la dictature, l’envers de la médaille de l’info en continu. Tout est mis sur le même niveau. Tout devient «énorme», «historique». Un clash chasse l’autre. Et comme les clashs doivent claquer, pour exister, les politiques, journalistes, artistes se transforment en têtes à claques. 
Tout cela n’ayant qu’une seule et même finalité. Faire du buzz. Et faire vendre. Et ça marche. Qui connaissait le rappeur qui chante « Massacrez les bébés blancs » ? En dehors de sa mère et de sa voisine ? Personne. Et aujourd’hui il est le sujet de débats sur BFM ou LCI. 
Et ça marche. Le dernier livre de Zemmour est classé n°1 des ventes devant « Les prénoms épicennes » d’Amélie Nothomb, pourtant beau titre, belle plume. Stupeur et tremblements ! 


Demain : Pour en finir avec le buzz ( le bad buzz)


jeudi 27 septembre 2018

Pour en finir avec …la disruption !

Karl Marx était-il disruptif sans le savoir ? 

Ah ! si Karl Marx avait connu le mot disruptif… il aurait été « content manager » ou professeur de marketing ou publicitaire ou même Président de la République. 
Ainsi pendant sa campagne, Emmanuel Macron avait présenté son programme comme disruptif. Et il a été élu. L’aurait-il été s’il s’était présenté comme révolutionnaire ou simplement réformateur ? 
Aujourd’hui les PDG des grandes entreprises expliquent qu’ils vont disrupter leurs secteurs. Les media lancent des « concepts » d’émissions disruptifs. Des invités ou des chroniqueurs comme Charles Consigny ou Eric Zemmour sont présentés comme disruptifs
Si l’on regarde dans le dico, on lit que le premier sens de disruption signifie "rupture" ou "fracture". Très utilisée en géologie. Et c’est là que les gourous du marketing interviennent et notamment le Président d’une des plus grandes agences mondiales de pub. Il est le premier à avoir publié un livre définitif sur la disruption. Et en 1992, de manière très classique et peu disruptive, il a même pris la précaution de déposer la marque. 
Même si l’on ne comprend pas trop ce que veut dire disrupter, c’est-à-dire  "fracasser » la grande distribution ou la vente de pizza, tout le monde emploie le terme. Bien sûr, on va vous expliquer que la « disruption » est un concept novateur, qui décrit une « stratégie d’innovation par la remise en question des formes généralement pratiquées sur un marché, pour accoucher d’une « vision », créatrice de produits ou de services radicalement innovants » (cf Jean-Marie Dru, le publicitaire mentionné plus haut). C’est un peu du charabia pour simplement expliquer que tout bouleversement technologique - et internet, le web, le numérique, la réalité virtuelle, l’intelligence artificielle etc… en sont - , modifie en profondeur les habitudes de pensée, les relations aux autres, les modes de production. C’est aussi bête que la découverte du feu, de l’imprimerie, ou du chemin de fer.
Mais soyez crédibles, dîtes disruption, et non bouleversement ou révolution. Car force est de constater que le marketing et les médias ont imposé ce mot qui peut être désormais utilisé dans n'importe quel contexte au lieu de "changer" ou "transformer".
Comme toute mode, celle de la disruption passera, et l’on en reviendra aux fondamentaux. Et l’on redécouvrira qu’avant d’être « disruptif », de « penser différemment », il faudrait commencer par penser.

lundi 24 septembre 2018

Pour en finir avec …le storytelling

Le Petit Chaperon Rouge: Quel storytelling !
Faute d’avoir de nouvelles idées, nous avons des concepts. « C’est quoi ton concept, coco ? ». En cherchant dans le dico, à concept on trouve « idée générale ». Mais essayez donc de vendre en annonçant : « L’idée générale, c’est… ». Alors qu’avec « concept » vous faîtes a priori sérieux. Et si en plus votre concept s’habille derrière une expression en anglais, ou plutôt en américain business, alors là, vous devenez crédible. Le but, c’est de faire croire que vous avez inventé l’eau tiède ou le fil à couper le beurre. Bien sûr que c’est faux : vous proposez simplement d’utiliser une vieille recette qui a fait ses preuves, et que vous rhabillez au goût du jour. Mais ce ne serait pas vendeur. Alors annoncez un concept, en anglais. 
Ainsi pour « storytelling ». En matière de communication, de communication par la vidéo, c’est incontournable. Pas besoin d’avoir étudié à Oxford, ou à Harvard, pour traduire ce que cela veut dire. Raconter une histoire. Dit en français, c’est moins « impactant ». Raconter une histoire, cela fait professeur des écoles. Raconter des histoires, cela aussi peut prêter à confusion : « Raconte pas d’histoires ! ».
Alors que storytelling, cela fait 3.0, jeune, innovant, adapté aux réseaux sociaux et aux nouveaux media. 
Et ne dîtes pas que c’est vieux comme l’humanité, comme les récits de déluge et d’Arche de Noé, comme Platon et la caverne. Les grecs anciens, quels formidables conteurs, quels storytellers
Et les contes et légendes ? Le Petit Chaperon Rouge, pour mettre en garde contre la pédophilie, Cendrillon, contre la maltraitance ?  Les frères Grimm ou Charles Perrault aujourd’hui, seraient les rois du digital marketing.
Le storytelling, c’est vieux comme le fait de savoir raconter une histoire pour expliquer quelque chose, pour faire passer un message. Mais surtout ne l’avouez jamais. Vous ne racontez pas d’histoires, vous faîtes du storytelling.

Demain : Pour en finir avec ... la disruption.

mardi 18 septembre 2018

Mais de quoi Eric (Zemmour) est-il le prénom ?

Eric Zemmour: Plus il dit d'énormités, plus il vend de livres

Il est malin Zemmour. Plus il raconte d’énormités, plus on l’invite dans les media. C’est pas « Pas pipi à Paris » la fameuse vidéo de la Mairie de Paris contre une des formes d’incivilités, c’est « caca dans les media ». Et de jouer à la victime, et de se plaindre d’être un pestiféré, et de prétendre que, lui au moins, il nomme les choses, que, lui au moins, ne participe pas à la pensée unique. « Moi Môssieur, je défends la France, la vraie ». Et ça marche, Zemmour fait le buzz.
Ainsi, cette histoire de prénom qui l’agite et agite les réseaux sociaux. Il prétend que ne pas choisir un prénom du « calendrier », c’est un signe de refus de l’intégration. Mais alors, quid de Yves Montand, qui s’est appelé toute sa vie Ivo Livi, un mauvais français ? Ou de Lino Ventura, qui, lui en plus, a toujours conservé sa nationalité italienne, tout en étant une des icônes du cinéma français, et des films aux répliques cultes de Georges Lautner. Et Gao Xingjian, Vous ne le connaissez pas ? Dommage, c’est un de nos prix Nobel, Prix Nobel de littérature en l’an 2000. Naturalisé français, il n’a pas jugé bon de se choisir un prénom français. Mais il est vrai qu’il a un prénom chinois, pas arabe, et c’est bien cela l’obsession de Zemmour. Et il est vrai qu’il n’est que Prix Nobel, alors que Zemmour, lui, se prend pour un écrivain voire un historien. 
Ainsi quand il ressort l’histoire de Pétain et de De Gaulle: Comme si cela était nouveau et original de rappeler leurs proximités idéologiques, sociales, familiales même, puisque Pétain était le parrain d’un des fils De Gaulle. Or ce qui est admirable chez De Gaulle et minable chez Pétain, c’est que, issu de la bourgeoisie conservatrice, catholique, militaire, De Gaulle s’était inscrit dans la modernité, qu’il avait su dans des moments décisifs s’affranchir de son milieu, de sa hiérarchie pour défendre les vraies valeurs de la France. 
Nous sommes décidément un bien curieux pays. Tous à nous revendiquer de l’héritage gaulliste, même l’extrême-droite - quand on pense à la haine que l’extrême-droite vouait à De Gaulle, Le Pen en tête, qui avait surnommé le général « la Grande Zohra » pour lui reprocher « l’abandon » de l’Algérie, on se pince – et en même temps tous à acheter le dernier pamphlet de Zemmour. 
De quoi Zemmour est-il le prénom ? Du pétainisme rampant contre lequel même De Gaulle n’a pas réussi à nous vacciner. 
Et pour paraphraser l’italien Lino Ventura dans les Tontons flingueurs : " Les cons ça ose tout ! C'est même à ça qu'on les reconnaît.

mardi 11 septembre 2018

Emmanuel Macron : ATD Quart Monde et en même temps Richard Ferrand.

Le Président chez AtD: On verra dans 3 jours si cette visite a servi à quelque chose.
En cette rentrée de septembre, le Président envoie des signaux contradictoires qui empêchent de savoir si l’on est en marche et si oui, vers quoi.
Prenez la nomination – élection de Richard Ferrand comme Président de l’Assemblée Nationale. Bon, sur le papier c’est un poste important. En fait, ce poste est plus prestigieux qu’important, et l’Hôtel de Lassay, la résidence du Président de l’Assemblée, c’est beaucoup mieux qu’un appart de fonction Quai Branly ou un immeuble de bureaux au Mans. On dit que cette élection était souhaitée par Emmanuel Macron pour récompenser un fidèle. Mais ce ne sont que des on dit, parce que ce qui agace beaucoup de journalistes, c’est que pour l’instant, le petit cercle ayant accès aux confidences présidentielles, c’est terminé, comme d’ailleurs les « fuites » émanant de tels ou tels collaborateurs. 
Mais admettons. Est-ce si choquant ? Vous vouliez quoi ? Que le Président ne s’entoure que de personnes qu’il ne connaîtrait pas, avec lesquelles il n’aurait jamais travaillé ? Qu’il évite soigneusement de faire appel à des fidèles ? 
Donc Richard Ferrand. Mais en même temps espérons qu’Emmanuel Macron est sûr de son coup. Parce que si au moment où l’Assemblée se prépare à débattre de réformes compliquées, Richard Ferrand devait trainer l’histoire de l’immeuble des Mutuelles de Bretagne, comme des boulets, ce serait vraiment une bêtise. 
Bien sûr le parquet de Brest a classé l’affaire sans suite. Mais Anticor ayant déposé une nouvelle plainte, une nouvelle instruction a été ouverte. On appelle ça, une épée de Damoclès. C’est sans doute injuste, tout le monde devant être présumé innocent, mais cela n’empêche pas les commentaires, genre : Ah ! c’est beau ce nouveau monde qui ressemble tant à l’ancien. Et on récompense les copains, voir les coquins. Président des riches, va !
Et puis on apprend qu’au même moment, Emmanuel Macron passait l’après-midi dans un centre d’hébergement d’ATD Quart-Monde. Auprès des plus pauvres. Histoire de s’afficher ? Pas du tout. Sans prévenir les media, pas de petites phrases, ni d’éléments de langage. Il est allé rencontrer, discuter. Dans 3 jours, doit être annoncé un plan de lutte contre la pauvreté. On verra bien alors si cette visite a été d’une quelconque utilité. 
Macron-Ferrand, Macron-AtD Quart Monde : Lequel est le bon ? 

lundi 10 septembre 2018

Élections en Suède : Schack och pat ! Échec et pat !

La partie d'échecs mortelle du "Sceptième sceau", d'Ingmar Bergman
Aux échecs, on appelle cette situation le « pat ». En suédois, schack och pat :  Echec et pat.
Même si l’un des joueurs a dominé la partie, le jeu est bloqué, aucun coup n’est encore possible, mais personne n’est « mat », il n’y a ni vaincu, ni vainqueur. 
En Suède, l’extrême-droite annonçait un raz-de marée historique. « Entre 20 et 30 %, je serai satisfait », claironnait son leader. Et un peu partout en Europe, de Salvini à Le Pen, on se préparait à emboucher les trompettes de la renommée. 
Caramba, encore raté. 
Même s’ils progressent les S.D, démocrates suédois, qui n’ont de démocrates que le nom, obtiendraient 17 %. Les démocrates, les vrais, respirent mieux. A gauche, au centre, à droite, ils ont répété qu’ils maintiendraient un cordon sanitaire. Un peu comme en France - pour l’instant - à l’égard du Front, pardon, du Rassemblement national. Jusqu’à preuve du contraire, il n’y aura donc aucune alliance avec l’extrême-droite, et la Suède se retrouve donc … sans majorité. 
Là, elle démontre qu’elle n’est pas l’Italie. En Italie, le mouvement 5 étoiles, plutôt extrême-gauche, anar, écolo s’est allié avec les fascistes. 3 mois plus tard, il se fait manger la laine sur le dos par un Matteo Salvini, ministre de l’intérieur, tellement présent qu’on le croit Président, et qui la joue comme Trump, tweets et provocs à tous les étages, avec le même résultat, une majorité d’italiens adorent.
Mais si l’on y regarde de plus près, le résultat de l’extrême-droite en Suède n’est pas si mauvais que ça : Meilleur que la ligue de Salvini aux dernières élections en Italie. Et son pouvoir de nuisance va être grand. Un peu comme en Allemagne, ou l’AfD a fait baisser les partis traditionnels, et a empêché Angela Merkel de former autre chose qu’une Xième grande coalition. L’Allemagne justement, montre que les grandes coalitions qui sur le court terme, peuvent apparaître comme inspirées par l’esprit de compromis et de concertation, sont en fait des mortes lentes. 
Dans le film d’Ingmar Bergman ( tant qu’à faire de parler de la Suède, évoquons les plus grands !) Le Septième sceau, un chevalier revenant de la guerre rencontre sur son chemin La mort. Avec laquelle il entame une partie d’échecs. Au début, il pense lui tenir tête, mais à la fin : Schack och tråkigt ! Échec et mat ! la mort l’emporte. 

mercredi 5 septembre 2018

Allemagne-manifs racistes: Et si Matteo Salvini balayait devant sa porte.

 
Angela Merkel, tête de turc du ministre italien de l'intérieur.
Matteo Salvini, le Président italien – non pardon, le ministre de l’intérieur, il n’est que ministre de l’intérieur, mais on a l’impression que c’est lui qui dirige l’Italie-  accuse donc en direct live sur la télé allemande la chancelière Merkel d’être responsable des violences anti-étrangers de Chemnitz. 
Selon Salvini, Chemnitz, une ville industrielle, un peu paumée dans le sud-est de l’Allemagne, se réveillerait brusquement raciste, à cause de Merkel et des migrants … Allons donc ! 
Il y a 30 ans, quand la ville s’appelait encore Karl-Marx Stadt, il ne faisait déjà pas bon se promener dans les rues sinistres du centre-ville entre la Tour de l’Interhotel Kongress et le restaurant Sputnik, quand on était quelque peu bronzé ou basané…  A l’époque, les allemands excusaient : Karl-Marx Stadt, c’est la « Tal der Ahnungslosen », la vallée de ceux qui sont ignorants. Parce que la région était un des rares coins de l’ancienne RDA où il n’était pas possible de capter la télévision de l’Ouest. Et qui donc n’était pas au courant de ce qui se passait dans le vaste monde. 
Et puis il y eut Rostock, toujours à l’Est, en 1992. Un foyer de travailleurs vietnamiens ( oui, ni syriens, ni somaliens)attaqué pendant 2 nuits par des casseurs d’extrême-droite, la police dépassée, et des familles vietnamiennes qui n’échappèrent à l’incendie de leur bâtiment que par la présence d’esprit d’une équipe de télévision qui arriva à les exfiltrer. 
Et puis il y eut Solingen en 1993, l’incendie d’un foyer d’immigrés par des extrémistes de droite : 6 morts donc 5 enfants. Quelques jours plus tard, des millions d’allemands étaient dans les rues, souvent en larmes, scandant « Plus jamais ça », et s’inquiétant : Mais qu’est-ce qui ne va pas avec nous les allemands, pourquoi cette violence chez nous ?
Le racisme en Allemagne n’est donc pas un phénomène récent, plus à l’Est d’ailleurs qu’à l’Ouest, et l’accueil d’un million et de demi de migrants en 2 ou 3 ans, n’a pas amélioré la situation. Et aujourd’hui beaucoup ne croient plus dans le « wir schaffen das » » on va y arriver » d’Angela Merkel à propos de leur intégration. 
Mais ce qui différencie les allemands, des autrichiens à coup sûr, des français sans doute, des italiens également, c’est qu’ils ont une conscience historique, une mémoire enseignée depuis les premières classes à l’école, ce que l’on appelle la « Vergangenheitsbewältigung » la confrontation avec l’Histoire. Dans leur grande majorité, ils restent très vigilants et méfiants à l’égard des démagogues et des populistes. Il faut dire aussi qu’avec Hitler et le nazisme, l’Histoire allemande a de quoi faire réfléchir. 
Apparemment en Italie, Matteo Salvini ne tire pas les mêmes leçons à propos du passé fasciste et de Mussolini. 
Or ce qui attend son pays dans les mois qui viennent, est inquiétant.
Pas les migrants - cela fait deux ans que l’Italie n’est plus la porte d’entrée de l’Europe -, ni les « diktats » de Merkel – pauvre Angela, elle vit son mandat de chancelière de trop -, mais l’asphyxie de son économie, la troisième d’Europe. Le poids des dettes, le risque d’effondrement des banques, la baisse de la population : moins 100 000 habitants l’an dernier, le manque de main d’œuvre pour payer retraites et protection sociale. Avec tous ces problèmes à venir, on comprend mieux pourquoi Matteo Salvini attaque les migrants ou l’Allemagne ou la France ou Bruxelles. Il se cherche des têtes de turcs. 

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