Paperblog

jeudi 21 septembre 2017

Déboulonner Colbert, esclavagiste. Et pourquoi pas Napoléon ?

Le "Tres de Mayo", les massacres de Napoléon en Espagne

C’est une polémique qui certes n’empêche pas beaucoup de français de dormir, mais qui trouve un certain écho dans les media.
Colbert, Jean-Baptiste, 1619-1683, a été LE ministre des Finances de Louis XIV. Son job : Trouver des sous pour que le roi soleil brille. Et comme les français étaient un peu mou du genou pour créer des entreprises, Colbert eut cette idée géniale: L’Etat allait créer des manufactures avec monopole pour transformer les matières premières et les exporter avec une forte plus value. L’Etat entrepreneur cela ne remonte pas à Mélenchon mais à Colbert. Et il n’a pas fait que ça : Créer un marine puissante, introduire les droits de douane, fonder l’Académie des Sciences, etc... Et parmi les etc... le Code noir qui règlementait l’esclavage dans les colonies françaises. En gros, avant, on pouvait écorcher, mutiler, égorger un nègre rien que pour s’amuser - avec le Code noir, il y avait des règles: Les esclaves étant considérés comme des meubles - oui comme une armoire Ikéa - il ne fallait pas les abimer sinon sur le Bon coin de l’époque, ils perdaient de la valeur. Bref, une horreur qui ne prit fin qu’avec la Révolution française.
Alors, exit Colbert, les statues, les rues, les lycées qui portent son nom.
Mais, et Napoléon ? Qui rétablit l’esclavage en 1802. Qui envoya 20 000 soldats pour tenter de vaincre les esclaves haïtiens qui refusaient de redevenir esclaves, mauvais esprits, va ! Et qui en Europe, mena une guerre d’expansion qui provoqua des millions de morts. Demandez donc aux espagnols ce qu’ils pensent de notre grand homme !
Et Gallieni, responsable du massacre de centaines de milliers de malgaches ? Et Bugeaud, le grand conquérant de l’Algérie, qui y sema la terreur, multiplia les massacres et écrivait : « Je brûlerai vos villages et vos moissons » ?
Ce qui est un peu surprenant c’est que cette attaque contre Colbert soit (re)lancée un mois après les émeutes de Charlottesville aux Etats-Unis. Là-bas il s’agissait de déboulonner la une statue d’un général sudiste. Rappelons que les Etats-Unis ont été fondés avec et sur l’esclavage, que Washington était propriétaire d’esclaves et que dans le Sud des Etats-Unis l’apartheid ne prit vraiment fin que dans les années 60, 1960.
Dommage donc d’aller chercher nos modèles chez les américains. Dommage de ne pas s’inspirer de ceux parmi nos compatriotes qui n’ont pas attendu pour remettre « le Nègre debout ». Comme Aimé Césaire, poète, normalien, il y a 80 ans déjà, à une époque où les noirs américains n’avaient même pas le droit d’aller à l’Université. Député-Maire de Fort-de-France, il fit non pas enlever mais déplacer la statue de l’Impératrice Joséphine. Auparavant, elle était au centre de la Place de la Savane. Aujourd’hui elle se trouve dans une allée latérale. Se souvenir qu’une martiniquaise devint impératrice des français, oui. Mais honorer la mémoire de la fille de colons qui oeuvra pour le rétablissement de l’esclavage, non.
Aujourd’hui, nous connaissons mieux l’histoire de Martin Luther King, de Malcom X ou de Mandela - merci Hollywood - que celles de Toussaint-Louverture, de Louis Delgrès ou encore de Danton qui déclara au moment du vote de la première abolition de l’esclavage en 1794.
« Représentants du peuple français, jusqu’ici nous n’avions décrété la liberté qu’en égoïstes et pour nous seuls. Mais aujourd’hui nous proclamons à la face de l’univers, et les générations futures trouveront leur gloire dans ce décret, nous proclamons la liberté universelle ». 


mardi 19 septembre 2017

Tempête sur la Caraïbe: Mais à quoi sert France Ô ?

Dommage qu'à Paris, France Télévisions ait zappé ses rédactions en Guadeloupe

Il existe une chaine de France Télévisions qui répond au doux nom de France Ô. Notez bien l’accent circonflexe sur le O. C’est pour signifier que ce n’est pas France zéro mais France Outre-Mer. La vitrine des cultures de l’Outre-Mer, la fenêtre en métropole des stations qui se déclinent en : Guyane 1ère, Martinique 1ère, Guadeloupe 1 ère, etc... C’est la chaîne de la « diversité » ( ?), avec des diffusions de concerts d’artistes antillais, africains, ou encore des séries tv orientées « public tropical », plus ou moins réussies. Ainsi « Luther » ou « Racines » côtoient des séries cliché sur des colons français à Cuba ou sur les secrets de famille de planteurs à la Réunion. Tout cela mélangé avec « Famille d’accueil » ou « Louis la Brocante », bref les fonds de tiroir de France Télévisions.
Les noctambules ou les lèves-tôt peuvent aussi y suivre en rediff les JT de la Réunion ou de la Guyane. Ce qui n’est jamais inintéressant ;
Avec les cyclones sur les Antilles, on se dit: Allons voir sur France Ô. Et là consternation: On pensait y voir les dernières nouvelles de Guadeloupe et l’on tombe sur « la Smala s’en mêle ».
Aucun cyclone n’est passé sur France Ô à Paris, donc leur direction n’a pas été inondée. Sur place en Guadeloupe, leur rédaction continue d’ailleurs à fonctionner puisqu’on peut les suivre en direct sur Facebook, et partager ainsi en pleine nuit les appels et les témoignages des habitants barricadés chez eux. Sur Twitter, on a également pu suivre la progression du cyclone, notamment sur la Dominique dont le Premier Ministre a décrit en direct comment tout était détruit, lui-même devant être secouru dans sa maison dévastée.
Dans de telles circonstances, une chaîne de télé normale « casse » sa programmation, « mobilise »  son antenne pour remplir ainsi sa mission d’information pour tous ceux qui en métropole ont de la famille, des proches, des amis aux Antilles.

Sinon, à quoi sert FranceÔ ? 

lundi 18 septembre 2017

La légion a sauté sur Saint-Martin. Et après ?

Après le temps de la compassion et de la légion, quel avenir pour Saint-Martin ? 

Ça y est: 150 légionnaires de Guyane ont été « projetés » à Saint-Martin.
Ils rejoignent 1500 hommes, pompiers, gendarmes, GIGN. En attendant le Tonnerre, parti de Toulon avec 1 000 tonnes de matériel, etc.
Tout cela pour 35 000 habitants. Ne parlons pas des 7000 habitants de Saint-Barth, les maisons de milliardaires ayant mieux résisté - tiens comme c’est bizarre – que les cases en tôles de Sandy ground.
Certes, cette aide est indispensable pour les sinistrés de toutes ces îles - car il n’y a pas eu que Saint-Martin - qui ont été ravagées par le cyclone Irma. Ils ont vécu des heures épouvantables, dont nous n’avons en Europe aucune idée. Des rafales de vent de plus de 300 km/h... La végétation hachée menue, comme passée aux lance-flammes, des vies entières noyées sous des trombes d’eau.
Mais Saint-Martin était déjà sinistrée avant le passage du cyclone. Derrière une vitrine de bronze-culs pour touristes, c’était prostitution, trafics en tout genre, bidonvilles, immigration clandestine. Un quart de la population au RSA, contre 7 % en Ile-de-France. Une délinquance et une violence terribles: 3,5 vols avec armes pour 1 000 habitants contre 0,6 en métropole.
En Guyane, 1500 kilomètres plus au sud, il n’y a ni cyclone, ni tremblement de terre, ni volcan. Pourtant la situation des 250 000 guyanais est souvent pire que celle des habitants de Saint-Martin.
On ne pourra jamais éviter les colères de la nature. Mais elles frappent d’abord les plus pauvres. En 2010, le tremblement de terre en Haïti avait fait 300 000 morts. En 2016, un séisme de même magnitude au Japon a fait ... 50 victimes.
Ce ne sont pas que des maisons qu’Irma a fait voler en éclat, mais l’illusion d’un développement de l’Outre-Mer français. Et l’on ne voit pas pourquoi cela changerait. En dehors du tourisme pour les Antilles, d’Ariane et de l’or pour la Guyane, quoi ? Un avenir fait de chômage, d’aides sociales et de subventions ? Il faudrait un vrai projet...
Tristes tropiques. 

jeudi 14 septembre 2017

JO Paris: En 2024 finis les soucis!

Paris 2024: Made for sharing? 

Quelle joie ! NOUS avons les Jeux Olympiques. 
C’est une chance pour la Seine-Saint-Denis, le département le plus pauvre d’Île de France. Avec la construction de la piscine olympique, les enfants de Saint-Denis deviendront de futurs Mauresmo, avec le village olympique, le centre de presse, autant de futurs logements qui élimineront le mal-logement. Et puis seront construites de nouvelles infrastructures qui serviront les parisiennes et les parisiens: Comme ce super RER pour relier l’aéroport Charles-De-Gaulle, pour 30 euros, ce qui permettra aux hommes d’affaires de ne plus se farcir les matins glauques dans des RER B bondés. Et puis tellement d’emplois. On parle de 250 000 emplois créés. Dont profiteront évidemment les jeunes depuis Bac – 2 jusqu’à Bac + 5. Qui sont, comme on sait, la main d’oeuvre recrutée en priorité par les grands chantiers du BTP. Bien sûr ne parlons pas des questions qui inquiètent comme la sécurité. Y penser toujours en parler jamais. 
Et puis surtout les JO vont booster l’attractivité de Paris. C’est vraiment utile, car notre capitale est peu connue, certains la confondent même avec une ville du Texas. ( petite référence cinéphile à nos amis allemands et le film de Wim Wenders Paris-Texas ). Et forcément ils sont déçus. Ils s’attendent à voir des cow-boys dans les rues et ils errent au milieu de migrants qui dorment sous la pluie, ils pensent voir Montmartre et ils croisent des rats, et des parisiens, comment dit-on à Marseille ou à Lyon ? Tête de chiens. Donc pas si magiques que ça. 
Ce qui explique que derrière les chiffres : Paris première destination touristique, la France première destination du monde, se cachent d’autres chiffres: Moins de recettes touristiques que l’Espagne ou les Etats-Unis, des séjours très courts, on traverse la France mais on va faire ses courses à Londres et la fête à Barcelone. 
Mais en 2024, grâce aux JO, ce sera l’inverse. C’est magique. Comme Paris.

lundi 4 septembre 2017

Le débat Merkel – Schulz à la télé allemande moins nul que le match France - Luxembourg.

Le combat Merkel - Schulz, vu par la presse allemande.
Hier soir, il n’y avait rien à la télé. Ah ! si, un match de foot, mais c’était une rediff puisque l’équipe de France comme en 1988 contre Chypre, ou en 1998 contre l’Islande, était tenue en échec par la 136 ème équipe au classement FIFA. Un match, comment dit-on nul en luxembourgeois ?: Nul ou Null comme en allemand.
Null ou presque : C’est le mot qui convient à un autre match très suivi - 22 millions de téléspectateurs -  le TV-Duell , entre, à ma droite Angela Merkel, candidate pour un 4 ème mandat, à ma gauche, Martin Schulz, le candidat des sociaux-démocrates. Pas simple pour lui : Depuis 4 ans, son parti est allié avec celui de Merkel. Schulz est tellement outsider, que tout le monde pense qu’il est déjà out.
Donc Angela va remporter les élections. Plus exactement son parti, crédité de 38- 39 % des voix dans les sondages. 
Mais elle devra constituer une coalition. Comme en 2013 où il avait fallu deux mois de négociations pour former un gouvernement.
Cette année l’incertitude porte sur les « petits partis », de gauche, d’extrême-droite, du centre, des Verts. Même si l’Allemagne ne ressemble pas à la caricature qu’en font les Insoumis - Pauvreté et inégalités beaucoup moins fortes qu’en France quoiqu’en disent certains chiffres, quasi plein emploi, déficit budgétaire qui accumule les excédents - tout cela a été obtenu au prix d’énormes sacrifices imposés aux générations les plus âgées. Sans parler des migrants: 1 million en un an ? Les petits partis pourraient donc grapiller ici et là les votes des déçus de Merkel. 
Et cela rendrait les lendemains de la victoire pas si chantants que ça. Et cela rendrait notre automne pas si chantant que ça. Car, et c’est la conviction et l’engagement du Président Macron, notre pays ne peut avancer sans marcher main dans la main avec l’Allemagne, alors si demain l’Allemagne n’a pas de main....
En définitive, Merkel-Schulz, c’était donc plus intéressant que France-Luxembourg, et il y a eu un vainqueur: La Chancelière.

vendredi 1 septembre 2017

Macron, l'ami des bêtes.

Partout où il y a un malheureux, Dieu envoie un chien ( Lamartine)

Ouf ! Nous voilà rassurés: Notre Président aime les bêtes. Et comme ses prédécesseurs, sauf De Gaulle - mais imagine-t-on le Général etc, etc...- il a désormais un chien.
Depuis 100 jours, ça manquait. Et nul doute que cette absence canine explique sa baisse estivale dans les sondages de popularité.
Car aimer les bêtes, c’est aimer les gens. C’est aimer celles et ceux qui dans une gare «  ne sont rien » pour reprendre l’expression du Président dans son discours du 29 juin pour l’inauguration de la Station F de Xavier Niel, Xavier Niel qui lui n’est pas rien. A partir du minitel rose, il est devenu une sorte de Bill Gates français, propriétaire de Free, co-propriétaire du Monde, du Nouvel Obs, de Rue 89.
Nemo - pas le capitaine, ni le poisson, le nouveau chien présidentiel – est un labrador croisé griffon, un métis, un oublié adopté à la SPA. Difficile de passer à côté, car il est sur toutes photos officielles. S’il bouscule le protocole, c’est parce qu’il est jeune, un peu chien fou, un défaut qui disparaît avec l’âge. On ne sait pas encore s’il va bénéficier d’un statut ou d’une charte. Après tout un chien ça coûte et qui va payer ? Et pourquoi la transparence ne concernerait pas aussi les animaux qui sont des êtres vivants comme nous.
En attendant, Nemo ne quitte pas son nouveau maître d’une semelle. Pour accueillir le Président du Niger. Ou le ministre allemand des affaires Etrangères. Un peu surpris sur le coup, Sigmar Gabriel y est quand même allé de sa caresse. Il est vrai que l’Allemagne est en pleine campagne électorale.
Mais nous avons évité le pire et là on reconnait bien la patte de la nouvelle com’ de l’Elysée. Imaginez qu’au lieu d’un labrador, la SPA ait proposé un berger allemand. Mélenchon et les insoumis auraient aboyé : « C’est l’illustration de la soumission de Macron aux diktats de Merkel ». « Allez les gens déferlons contre les allemands, même bergers ». Ça aurait été bête !




jeudi 31 août 2017

Faut-il brûler le Franc (CFA ) ?

Le Franc CFA symbole du néocolonialisme français ? 

C’est une affaire qui fait grand bruit en Afrique, ou du moins en Afrique francophone. 
Le 19 août dernier, Kémi Seba, souvent présenté comme un « polémiste » franco-béninois, a brûlé en public un billet de 5000 Francs CFA ( pas de panique, cela représente moins de 8 euros). Il a été arrêté et jugé en flagrant délit par un Tribunal de Dakar. Quel délit ? En France, contrairement à une idée reçue, brûler un billet de banque n’est pas, n’est plus un délit. Mais beaucoup ont encore en tête Serge Gainsbourg en 1984 brûlant un billet sur le plateau de TF1 pour montrer que chaque fois qu’il gagnait 500 Francs, le fisc lui en prenait la moitié.
Mais le Sénégal n’est pas la France, et curieusement, la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest est apparemment moins souple. L’incendiaire a été relaxé, mais qu’importe : Il a fait le buzz autour de son combat contre le néo-colonialisme français, symbolisé selon lui par le maintien du Franc CFA, cette monnaie commune, créée au moment des indépendances de l’Afrique francophone.
Dans sa lutte qu’il compare à celle de Rosa Parks au temps de la ségrégation aux Etats-Unis – excusez du peu, il faudrait peut-être lui rappeler le sort des noirs pendus aux branches des arbres par le Ku Klux Klan -  il a été soutenu par de nombreuses personnalités, journalistes, artistes, comme le chanteur Alpha Blondy.
Il surfe ainsi sur une accusation de plus en populaire en Afrique de l’Ouest : Le Franc CFA maintient une situation de domination coloniale, et la Banque de France qui garantit la stabilité et la convertibilité du Franc, se ferait ainsi payer une sorte d’impôt colonial. C’est faux, mais cela a l’apparence d’une vérité, ne serait-ce qu’à cause du nom de cette monnaie qui renvoie à l’histoire coloniale.
Personne à Paris ni à la Banque de France, ni à l’Elysée ne défendra un instant le Franc CFA. Le nouveau Président l’a annoncé: La Françafrique ne rapporte rien à notre pays, si ce n’est des problèmes qui handicapent l’établissement de relations décomplexées entre nos pays. Ce n’est pas cela qui permettra à Bolloré ou à Orange de remporter plus de contrats face aux entreprises chinoises, américaines ou marocaines.
En revanche, faire du Franc CFA la source de tous les maux africains a l’avantage d’éviter que l’on pose des questions compliquées:
Chacun de ces pays doit-il avoir sa propre monnaie ? Quelle doit être la politique monétaire du Sénégal ou de la Côte d’Ivoire ? Quid de l‘indépendance monétaire réelle pour des pays moins dynamiques comme le Burkina ou le Mali ? Quel est le « bon » niveau du Franc CFA ? Est-il trop cher ? Sa stabilité est-elle un avantage ou bien un handicap pour le développement ?
Quand on voit les errements de certains pays d’Amérique Latine de l’Argentine au Venezuela en passant par le Brésil, on peut craindre que l’instabilité monétaire, l’utilisation de la planche à billets, l’hyperinflation, ne pénalisent d’abord les plus pauvres, les plus riches plaçant eux leur argent en dollars ou en euros à Miami ou dans les Iles Vierges. Sans parler du Congo Kinshasa, dont le Franc, autrefois Zaïre, qui n’est lié ni au Franc CFA, ni à la Banque de France, s’effondre face au dollar, alors que l’inflation explose. On estime que les congolais ont perdu 20 % de leur pouvoir d’achat en un an.
Mais il y a une question encore plus gênante qui n’est pas posée par le billet brûlé: Quelle est la responsabilité des dirigeants africains dans l’explosion de la pauvreté et des inégalités dans leurs pays alors même que certains de ces pays connaissent des taux de croissance spectaculaires ?


PS : Et puis pour rappeler aux combattants anti-colonialistes d’aujourd’hui ce qu’était l’Amérique de Rosa Parks, on peut réécouter « Strange Fruits » de Billy Holliday repris récemment par Kanye West dans « New Slaves » et dont le refrain dit : I see blood on the leaves ; Je vois le sang des noirs pendus aux branches des arbres qui coule sur les feuilles.

dimanche 27 août 2017

Vélos à Paris : C’est bien pour les bobos mais pour les pauvres on fait quoi ?

Vélib Station Barbès: Ça donne envie, non ?  
Le vélo à Paris c’est top ! Car aujourd’hui il y a des pistes cyclables partout. Bien sûr il faut mettre ces mots «pistes cyclables » entre parenthèses.
Car il y a d’abord celles qui ont été conçues par des personnes qui n’ont jamais roulé en vélo à Paris. Prenez les tronçons Boulevard Saint-Marcel, boulevard de Port-Royal, boulevard du Montparnasse. Vous zigzagez à gauche puis à droite, puis au milieu des boulevards avec une montée dans un couloir réservé vélo+taxi+bus, entouré de murets de béton en sentant derrière vous le souffle d’un bus qui vous colle aux fesses. Grand moment !
Il y a aussi les rues à contre sens, qui vous offrent gratos des montées d’adrénaline lorsque vous voyez approcher à toute allure une camionnette aussi large que la rue.
Il y aussi toutes ces pistes cyclables aménagées dans des rues ou sur des trottoirs tellement bondés de monde qu’elles sont squattées en permanence par les piétons, souvent sourds car en train d’écouter leurs playlists. Tentez l’expérience d’une traversée boulevard Magenta, boulevard Barbès: Si vous y survivez, c’est que vous êtes prêts pour le grand trail.
Et puis dis moi où tu habites et je te dirai comment j’entretiens ta station vélib. Ah ! c’est sûr que du côté du Canal Saint-Martin, de l’Hôtel de Ville ou de Bastille, les stations sont nickels, réapprovisionnées régulièrement en vélos. Normal, les cyclistes sont habillés en Philippe Plein et votent « bien ».
En revanche, faîtes un tour à Barbès. La station y est comment dire ? A l’image du quartier ? Oui, à l’image du traitement irrespectueux d’un des quartiers les plus densément peuplés, d’un des plus populaires aussi. Et des plus touristiques. Au pied de la Butte Montmartre, c’est une super bonne publicité pour l'attractivité de la France, un spectacle affligeant que donne ainsi la Ville de Paris. Qui apparemment a trouvé plus urgent d’aménager la rue de Rivoli, les Places du Panthéon ou de la Bastille. 
Ségrégation ? 

samedi 26 août 2017

Emmanuel Macron : Les dangers d’une Présidence sans fard.

Imaginerait-on le Général? Oui, même De Gaulle avait accepté d'être maquillé

26 000 euros de maquillage en 3 mois. On s’étrangle. C’est donc pour ça qu’il parait encore si jeune, si frais au petit déjeuner, comme confiait récemment Brigitte Macron dans Elle ?
Après le coiffeur de François Hollande, à 9895 euros par mois la calvitie, maintenant le maquillage d’Emmanuel Macron: ils sont vraiment tous les mêmes, ces puissants : Une fois élus, après nous avoir promis le changement, ils se gobergent à l’Elysée.
Sauf que, plaçons-nous de l’autre côté, côté travailleurs, pas celles ou ceux qui touchent des retraites de sénateurs, mais celles et ceux qui bossent comme maquilleuses par exemple: Vous les payez combien par jour ? Dans les medias - et les journalistes pourraient peut-être se renseigner un peu plus - c’est minimum 300 €/jour, 27 000 € en 3 mois. Mais sans compter les déplacements, la disponibilité 24 heures sur 24, le travail nuit et week-end.
Et puis les mêmes journalistes qui ont fait ce formidable travail d’investigation sur le maquillage présidentiel auraient pu aussi « contextualiser » ces chiffres de dépenses «beauté». Avant la présidentielle de 2007, Ségolène Royal avait dépensé 51 000 € en maquillage et coiffure; Nicolas Sarkozy, 34 000 €. Et si l’on remonte à Chirac ou à Mitterrand...
Mais là évidemment ce serait moins croustillant et surtout moins démago.
Bien sûr, on peut toujours dire que les Présidents surtout jeunes n’ont pas besoin de maquillage. Mais, à ce moment-là, mettez donc Delahousse, Nikos, Anne-Sophie Lapix, sans maquillage et sans coiffeur à l’antenne, ce serait - quelque soit leur beauté naturelle -  Bonjour le bal des vampires.
Au fait, avec 80 000 € de salaire par jour, il pourrait s’en payer combien de maquilleuses, Neymar Jr ? Oui mais lui c’est pas pareil. C’est Neymar. Qui a infiniment plus de responsabilités sur la marche du monde et de notre pays qu’Emmanuel Macron. 
Qui paie peut-être le fait d’avoir annoncé une Présidence sans fard.



mercredi 23 août 2017

Dangereux en France, mais bon pour la Guyane: La méga-mine Montagne d’or

Imaginerait-on Nicolas Hulot autoriser un tel projet en métropole ? 

« Montagne d’or » : Rien que le nom, ça fait rêver. 
Et il y a de quoi car les chiffres donnés par le consortium russo-canadien pour démarrer l’exploitation d’une méga-mine d’or à 150 kilomètres à l’intérieur de la forêt guyanaise donnent le tournis.
Il s’agirait du plus grand projet minier en France: 6,7 tonnes d’or extraits sur 12 ans à partir de 2022. Au prix du marché 3 milliards d’euros, avec toutes les retombées fiscales que l’on imagine. Ca c’est côté pile. 
Côté face, ce sont les retombées « spatiales et écologiques » qui seraient d’une ampleur inconnue. Dixit une note interministérielle obtenue par l’AFP et citée par le Monde.
En clair: Creusement d’une fosse de 2,5 kilomètres de long, 500 mètres de large, 400 mètres de profondeur, deux collines de déchets de plus de 100 mètres de haut, et surtout un lac de retenue pour 54 millions de tonnes de boues polluées au cyanure.
Bien sûr les investisseurs garantissent toutes les protections imaginables, après leur passage tout sera reforesté, ce sera même plus beau qu’avant, avec en prime des centaines d’emplois créés.
Mais si à Paris on a la mémoire courte, en Guyane on sait que cela fait 500 ans que les européens fantasment sur l’Amazonie où les conquistadors situaient le fameux Eldorado qu’ils n’ont jamais trouvé. L’histoire du pays est celui d’une succession de projets mirobolants qui se sont tous cassés la figure.
En théorie, la moitié sud de la Guyane a été classée Parc national d’Amazonie*. Seules les populations tribales amérindiennes et bushinengé peuvent y vivre librement sur leurs terres coutumières.
La réalité est toute autre, liée à l’or justement. Des milliers de clandestins, venus surtout du Brésil, pratiquent l’orpaillage sauvage, détruisant la forêt, et surtout polluant au mercure les « criques », les ruisseaux en amont des rivières. Main d’œuvre misérable, ils ont importé une violence inconnue jusque là.
Là où il y a 30 ans encore, l’on pouvait boire, se laver, jouer, pêcher dans l’eau, le mercure s’est infiltré partout, dans la chaîne alimentaire et les poissons sont devenus poison.
L’emploi ? - Dans un département où le taux de chômage des jeunes est de ... Non il vaudrait mieux parler du taux d’emploi des jeunes: 25 %, 30 % ? à peine -  quel chantage et quelle plaisanterie ! La construction du centre spatial de Kourou, du barrage de Petit-Saut, des routes, des ponts, des lotissements immobiliers a surtout attiré une main d’œuvre du Brésil, de Guyana, d’Haïti, par dizaines de milliers. Parce que même clandestins et exploités, les conditions de travail et de vie en Guyane sont sans comparaison par rapport à leurs pays d’origine.
Sur ce plan, c’est vrai, la Guyane est un vrai Eldorado.
Alors, en France, pardon en métropole, on bloque la construction de centre de vacances pour protéger quelques hectares de zone humide à Roybon en Isère, on campe sur le tracé des pistes d’un futur aéroport à Notre-Dame-des-Landes, on interdit les recherches de gaz de schiste par fracturation en Ardèche, mais protéger ce qui fait la vraie richesse de la Guyane, son biotope qui est un des derniers d’Amérique Latine, du monde ? a être intact, là il n’y a plus personne. Emmanuel Macron, ministre, s’était prononcé pour ce projet. Quant à Nicolas Hulot... C’est silence radio. Ushuaia ne répond plus !
Une pétition a été lancée, contre ce projet de méga-mine. Mais on en parle beaucoup moins que du statut de Brigitte Macron. C’est bien dommage, mais pas étonnant: La Guyane, loin des yeux, loin du cœur.

* Le Parc amazonien de Guyane :


Pétition :

Le projet présenté sur Youtube par la société russe Norgold : https://youtu.be/FUIE1Lbf9vg







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