Paperblog

mercredi 20 juin 2018

Europe et migrants : E la nave va !

Dans le film "Et vogue le navire!", Fellini met en scène une Europe qui va sombrer. 
Et vogue le navire ! E la nave va ! En 1983, Federico Fellini signait un de ses derniers films, comme toujours superbe, baroque, bouillonnant, excessif, tellement italien - dans notre idée de l’Italie du moins - c’est-à-dire comediante-tragediante : Et vogue le navire
Au début du XX ème siècle, peu avant le déclenchement de la Première guerre mondiale, dans le port de Naples, un groupe de privilégiés, aristocrates, artistes, politiciens, divas, accompagnés d’un rhinocéros ! embarquent pour une croisière de quelques jours. Mais le navire ne va pas voguer comme prévu. Des réfugiés ( serbes) sont recueillis en mer. Un bateau de guerre (autrichien !) les stoppe et exige qu’on les rende. Un terroriste (!) finit par tout faire sauter. Et le navire sombre. 
Sommes-nous comme ces passagers de Vogue le navire ! Allons-nous tous couler dans un –joyeux- bordel ? 
Certains diront : C’est la faute de tous ces migrants qui nous menacent. D’autres penseront : C’est notre aveuglement et notre égoïsme. 
En tout cas, nous allons être vite fixés, car l’embarquement a commencé. 
En Italie, qui est avec le Japon, le pays dont la population est la plus âgée du monde, et qui perd chaque année 200 000 habitants : on verra vite si les italiens pourront se passer d’immigration. 
En Hongrie ou en Pologne qui semblent oublier les avantages d’une Europe qui a su se montrer solidaire – Vous vous souvenez de la peur du plombier polonais ? -. 
Aux Etats-Unis, qui veulent être « first », en oubliant qu’ils ne sont pas seuls au monde et que s’ils peuvent s’asseoir sur les intérêts du Luxembourg, et même sur ceux de la France ou de l’Allemagne, avec la Chine, cela devient vraiment plus compliqué. Et déjà leurs entreprises, leurs agriculteurs et les marchés financiers commencent à rire jaune 🤭😁.
Si ceux qui pensent que le bonheur de leurs peuples est dans le repli sur leur pré carré ou leur hexagone ont raison, nous le saurons donc très vite. 
S’ils ont tort, nous boirons tous la tasse. Espérons qu’alors leurs électeurs leur présenteront la note. Comme par exemple aux Etats-Unis pour les élections de mid-term en novembre. 
En attendant, un peu partout voguent les navires.

mercredi 13 juin 2018

Les dessous de la « love affair » entre Trump et Kim.

Meilleurs amis ? 😂😂😂

Et maintenant Donald Trump trouve que Kim Jong-Un est « very smart », très intelligent et qu’il est drôle, et il va même venir le voir aux Etats-Unis. Pour jouer au golf, ou pour discuter de la paix dans le monde et des droits de l’homme ?
On se pince. Notamment au Canada devenu le pire ennemi des américains. Il est vrai qu’avec ses 36 millions d’habitants, dont les ¾ habitent dans une bande de 150 kilomètres de large le long de la frontière des Etats-Unis, ce pays est une vraie menace pour l’économie américaine !  Et qu’il ne faut pas oublier la guerre de 1812. « N'est-ce pas vous qui avez brûlé la Maison-Blanche ?», a même lancé Donald Trump à Justin Trudeau. Reprocher aux canadiens l’invasion de Washington par les troupes anglaises il y a deux siècles, alors que le Canada n’existait pas encore, et que les ancêtres de Trudeau était plutôt au Québec, annexé par les anglais, c’est comme si le Mexique réclamait la Floride, le Texas, le Nouveau Mexique, la Californie aux américains ; Ou que les espagnols reprochent aux Etats-Unis la guerre et la perte de Cuba, de Porto-Rico et des Philippines. Ou les chinois, la canonnière du Yang Tsé. 
En Europe, au lieu de nous disputer pour savoir si le contrôle de nos frontières commence au col de Tende ou en Méditerranée, nous ferions mieux de nous préparer à assurer nous-mêmes notre avenir et de ne plus compter sur notre « allié » américain qui désormais préfère maltraiter ses amis pour traiter avec ses ennemis. Hélas, apparemment, il va nous falloir beaucoup d’humiliations pour que nous commencions à comprendre. 
Ah ! au fait, le secret de Kim aux yeux de Trump ?  Il n’a pas de pellicules ! 
C’est la seule explication plausible : On se souvient du geste du Président américain – entre paternaliste et humiliant- , époussetant l’épaule du costume du Président français, lors de leur dernière rencontre à Washington. Et deux jours après, vlan: Les sanctions !

lundi 11 juin 2018

Trump-vs Le Monde: Match très nul au G7

Le Canada, en guerre contre les Etats-Unis? Les Simpsons l'avaient imaginé, mais c'était pour rire!

« Soyons sérieux et dignes de nos peuples. Nous nous engageons et nous tenons ». 
Emmanuel Macron a bien raison : Après l’humiliant match-nul 1-1 France-Etats-Unis, il vaut mieux rester digne en partant au mondial de foot en Russie. Parce que l’équipe US de foot, ce n’est pas le Pérou. Dans tous les sens de l'expression - et d’ailleurs la rencontre France-Pérou, ce sera le 21 juin. On s’attendait à un score honorable, genre 7 à 0 pour les bleus. Eh ! bien non. Match nul, et même, il s’en est failli de 10 mn pour que les américains ne battent l’équipe de France. 
« Soyons sérieux ».
C’est comme pour le sommet du G7. Les 6, Macron en tête annonçaient au pire un communiqué final filandreux et bien diplo, avec des formules tellement alambiquées qu’on n’y comprend rien, mais c’est fait pour. Et là, d’un tweet, tacle de Donald Trump. Un mauvais tacle, bien vicieux, glissé. Qui mériterait au moins une pénalité, un carton rouge. Mais le problème c’est qu’il n’y a plus d’arbitre sur la scène internationale. 
La Russie rigole. A chaque croche-pied de Trump contre ses « alliés européens », c’est un peu plus de Crimée annexée, et le prix du pétrole qui grimpe. 
La Chine se frotte les mains. Et à 1 milliard 300 millions de chinois, cela fait beaucoup de mains qui se frottent. A chaque nouvel embargo contre l’Iran, c’est un peu plus de pétrole pas cher et un nouveau marché qui s’ouvre. 
Les canadiens croient vivre un mauvais épisode des « Simpsons » qui, c’était prémonitoire, imaginaient déjà une guerre entre le Canada et les Etats-Unis. Quant aux européens, il se demandent encore si c’est mieux d’être tout seul dans le vaste monde ou à 2, à 3, à 6, ou à 25… 
Et pendant ce temps-là, Donald Trump va faire ami-ami avec rocket-man, son ex-pire ennemi. Peut-être que dans 6 mois, le Président américain ira se recueillir au mausolée de l’ayatollah Khomeiny ? 
Décidément par les temps qui courent, avec Trump, mieux vaut être son ennemi que de ses amis. 
" Restons dignes ": Allez, bon mondial en Russie, que nous boycottons depuis 3 ans !


vendredi 8 juin 2018

G7 : L’Amérique et l’Europe sont dans un bateau. Trump pousse tout le monde à l’eau. Qu’est-ce qui reste ? La Chine.

G7 il y a un an: Déjà ils faisaient tous la gueule !

Avec Donald Trump, mieux vaut être son ennemi que de ses amis. «L’Amérique d’abord», le slogan flatte ses électeurs, et ses électeurs sont pour beaucoup l’Amérique profonde, pas celle des Clinton et Obama, celle qui considère que la Floride c’est déjà l’Amérique latine, New-York, c’est bobos et compagnie et San Francisco, Sodome et Gomorrhe. Alors pour cette Amérique-là, l’Europe…c’est quoi, c’est où ? L’Europe c’est combien de divisions ? Hélas, pour nous, l’Europe c’est peu de divisions (militaires) et beaucoup de divisions sur le plan politique. Quand on entend ici et là, les obsédés des « diktats » de Bruxelles, les partisans du «Tout sauf l’Union », les bonimenteurs qui se font élire sur des slogans comme: « L’Europe est notre plus grand malheur » et cela va de la Grande-Bretagne du Brexit, de la Hongrie d’Orban, de l’Italie de la Ligue jusqu’à une Marion Maréchal Le Pen, on a de quoi se sentir vulnérables. Diviser pour régner, vieille tactique qui marche toujours. 
C’est comme pour le blocus contre l’Iran. Devenue aux yeux de Donald Trump et d’Israël, le plus grand danger pour la paix dans le monde. C’est vrai que leur nouvel grand ami, l’Arabie Saoudite, est un pays qui inspire confiance. Au fait Ben Laden il était d’où ? 
Nos sociétés sont obligées de plier bagage. Et au bout du compte, qui va récupérer les contrats européens en Iran ? Les Chinois. Qui va acheter son pétrole ? Les Chinois. Qui se contrefichent d’éventuelles sanctions américaines ? Les Chinois. 
Eux, ils sont 1 milliards 300 millions, mais ils parlent d’une seule voix. 
Trump ne connaît que la force - la puissance, gros, la puissance-. Et face à l’Amérique seuls les gros pèseront, la Chine, l’Inde bientôt, la Russie aussi. Désunie l’Europe ne sera plus maître de son destin. Et la Chine rit. Merci Donald! 

samedi 2 juin 2018

L’Italie est-elle en train de mourir ? Derrière les dernières élections, un pays qui a peur de disparaître.

Le plus bel endroit pour attendre la fin du monde ? 
Pour la première fois depuis 1919, l’Italie perd de la population. En 1946, les Italiennes donnaient le jour à trois enfants. L'an dernier, la moyenne est tombée à 1,34 enfant. Près d'un Italien sur quatre a plus de 65 ans et l'âge moyen dépasse désormais 45 ans.
La péninsule était déjà le pays le plus vieux d’Europe. Elle perd désormais 400 habitants par jour. Chaque année l’équivalent de villes comme Nîmes ou Caen qui disparait. 
Ce qui a évidemment des conséquences économiques. Ces vingt dernières années, l'Italie a perdu un travailleur sur trois âgé de 25 à 34 ans.
Et la crise entraînant la crise, les jeunes diplômés s’en vont… 
Jusque-là, l’immigration pouvait compenser le déficit de naissances. Mais c’est terminé et depuis 3 ans, plus de 250 000 étrangers ont ainsi quitté le pays. 
Les images de bateaux de migrants débarquant à Lampedusa ne correspondent pas à la réalité de l’immigration. C’est vers l’Europe du Nord que veulent aller les migrants. 
Malgré cette bombe démographique qui fait plus de morts que l’éruption du Vésuve à Pompéi, les électeurs italiens ont voté pour des partis, dont l’un, la Ligue, affirme vouloir expulser 500 000 immigrés, et l’autre, le Mouvement 5 étoiles, annonce qu’il va baisser l’âge du départ à la retraite. 
Paroles, paroles, paroles. Au rythme actuel, les italiens vont peut-être se retrouver entre eux, mais tout vieux, sans plus personne pour payer leurs retraites, ni pour les torcher et les aider à manger leurs compotes. 
Vieillissante, peut-être mourante, et en même temps… l’Italie reste, comme Fellini le faisait dire à un de ses acteurs dans Roma à propos dela ville éternelle: « L’endroit rêvé pour attendre la fin du monde »

jeudi 31 mai 2018

Spiderman, ce migrant que le monde entier nous envie: On n’en a pas fait un peu trop ?

Comment un média ivoirien plaisante sur notre emballement médiatique !
Zappons tous ces commentaires fielleux, fleurant bon le racisme, tous ces complotistes qui croient malgré toutes les évidences et tous les décodages que l’acte de Mamoudou Gassama est un fake, que la vidéo filmée par smartphone et qui a fait le tour du monde est un coup monté, une mise en scène, pour permettre aux sans-papiers d’être régularisés. 
Ce qu’a fait ce jeune homme, bien peu d’entre nous en auraient été capables, pas tellement sur le plan physique, quoique…, mais sur le plan du réflexe altruiste, de la détermination, de la prise de décision rapide. Tous ces pisse-froids qui trouvent quelque chose à y redire sont ceux qui lorsque quelqu’un est agressé dans une station de métro s’empressent de sortir leur smartphone ou alors de s’écarter prudemment. Mamoudou Gassama s’inscrit dans la lignée d’autres personnes exemplaires, comme par exemple le jeune Marin à Lyon il y a deux ans, grièvement blessé pour avoir pris la défense d’un couple harcelé parce qu’il s’embrassait. Aujourd’hui lourdement handicapé, son courage est aussi exemplaire. Et le Pape François qui l’a reçu à Rome, l’a cité en modèle.
Alors rien d’anormal à toutes ces félicitations pour M.Gassama.
Rien d’anormal non plus à ce que l’on régularise sa situation, qu’on l’aide sur le chemin de l’emploi, au lieu de l’envoyer en camp de rétention avant expulsion. 
Mais quel emballement médiatique ! Toutes ces émissions télés radios, qui lui ont couru après, jusqu’à faire des directs sur son entrée à la mairie, sa sortie de la caserne de pompiers : Un vrai marathon, qui comme il l’a déclaré lui-même, était épuisant, plus sans doute que son acte. 
Que même le Président de la République le félicite, un tweet par exemple, un coup de fil, parfait, mais le recevoir à l’Elysée, dans un salon doré, n’est-ce pas un peu trop ?  Mamoudou Gassama n’en demandait pas tant. 
Trop d’honneurs, tue l’honneur, et pas sûr donc qu’au bout du compte, cela aide à une meilleure compréhension du sort des migrants. 
Trop de communication tue la communication. Craignons que cela ne soit in fine pas très positif, perçu par beaucoup comme de la récupération politique. Et pas sûr que cela serve vraiment l’image du Président.

lundi 28 mai 2018

Salon Viva Tech : Vous avez du réseau ?

Le numérique va-t-il aggraver les inégalités ?  Qu'en penses-tu Pepper ? 

C’était la question que tout le monde posait au salon Viva Tech, cette grande messe des nouvelles technologies qui vient de s’achever à Paris : « Vous avez du réseau ? ».
Le comble : Pour cette vitrine de la France 3.0, de l’Intelligence Artificielle, de la robotique, de la « France is back », de la « start-up nation », les connections aux réseau(x) étaient submergées. 
Certes le succès était là : 100 000 visiteurs.  Entre exposants, start-upers, étudiants, une vraie marée populaire à faire pâlir d’envie Ruffin ou Mélenchon, - du moins une e-marée -  avec des VIP têtes d’affiche : Emmanuel Macron en bilingue, Zuckerberg, Xavier Niel, Paul Kagame, le président du Rwanda, qui veut faire de son pays le cœur de l’Afritech. 
Mais justement : Les : « Vous avez du réseau ? » permettaient de mesurer la distance qui sépare le déclaratif, le vœux pieu, de la réalité : Aujourd’hui, si t’as pas de connections très très haut débit, tu es dead 
Bien sûr on pense aux territoires perdus de la e-république, les laissés pour compte de la « fracture » numérique, la France des «territoires périphériques», Trifouilli les oies ou Gland-sur-Lignon. Mais cette fracture passe aussi dans nos agglomérations: Comme dans la banlieue de Lille, où un centre de séminaires superbement installé ne permet que des connections à 2 mbits/s. Bon, on ne va pas vous faire un cours de NTIC, mais disons qu’avec un tel débit, il vaut mieux envoyer ses mails par coursier ou pigeon voyageur. Ou encore dans les banlieues de Marseille ou d’Aix, où il manque souvent 100 mètres pour relier des quartiers à la fibre. 
Et c’est aussi Porte de Versailles, au cœur de la vitrine de la French Tech, où dès qu’il y a du monde, ça bug. 
Si l’on veut startuper, il faut que l’intendance suive. Et l’intendance ce sont des infrastructures qu’il faut en permanence améliorer. Ce n’est pas impossible : Regardez l’Estonie.
Bien sûr. C’est tout petit mais en 20 ans, ils sont passés de rien du tout à tout numérique partout. 
C’est le pays qui a créé Skype ; La e-démocratie avec des e-lections ; 
Et avec son plan 2020, tout le réseau national aura une vitesse de 30 Mbps, avec 60% des connexions à 100 Mbps ou plus. L’Estonie est une vraie start-up nation, alors que selon les derniers classements Akamai sur l’état de l’internet, nous ne sommes que 52 ème, loin derrière l’Estonie, donc, mais aussi l’Allemagne, le Danemark, l’Espagne etc, et aussi la Roumanie ou la Bulgarie…
La lutte contre les inégalités, contre une France à 2 vitesses passe aussi par là, par l’internet pour tous. Et il reste encore beaucoup à faire. 
N’est-ce pas Pepper ? Pepper c’est ce petit robot hyper sympa qui est capable de danser l’Afro Trap tout en répétant « My name is Pepper ». C’est le frère de Roméo, et cet humanoïde a été développé par des laboratoires français et européens avec des financements de la BPI France. Comme quoi, tout n’est peut-être pas encore perdu. 

samedi 26 mai 2018

Affaire Weinstein, Mariage princier, plan Banlieues : Le direct, degré zéro de l’information télé.

 
Regardez: Il ne se passe rien, mais c'est du breaking news !
Les direct – live – breaking news se succèdent et se ressemblent. 
Il ne se passe rien, on n’apprend rien, mais ça fait du temps d’antenne pour pas trop cher. 
En une semaine, il y d’abord eu les noces de la belle Meghan, l’heureuse gagnante du loto royal. Il paraît que la retransmission de ce superbe spectacle a battu des records d’audience, mais il était difficile d’y échapper. Sur toutes les chaînes, tous les plateaux, les directs depuis Windsor ont alterné avec des « experts » nous expliquant en quoi la monarchie était supérieure à la République, l’union entre un peuple et une famille royale ; Oubliant un peu vite que les anglais avaient été les premiers à couper la tête à leur roi, et que les Windsor étaient au trois-quarts allemands avant d’être anglais. Comme dirait Mélenchon (Si, si !) : En France nous ne sommes pas des sujets, mais des citoyens. 
Puis il y eu le direct pour l’annonce du plan banlieues depuis l’Elysée. Dès les premières minutes le président déclare : Il n’y aura pas de plan banlieues. On se dit : Bon, c’est terminé, A vous Cognacq-Jay. Eh ! bien non : Suit une heure et de min de direct où le Président occupe l’antenne dans une pose de télé prédicateur, micro en main, se baladant de droite à gauche et de gauche à droite, même les caméras avaient du mal à le suivre, elles qui normalement sont habituées à des Présidents scotchés à leurs pupitres. Une heure et demi résumable en 3 mn, mais une heure et demi d’antenne. C’est toujours ça de gagné, bien moins cher qu’envoyer des reporters sur les terrains de l’info. 
Et depuis deux jours c’est reparti avec les mêmes direct-live-breaking news depuis New York qui nous font vivre l’arrivée, la sortie, la rentrée, le départ de l’ancien producteur de cinéma Harvey Weinstein : « ouaye-stayne » ou « 20-chtin », chacun y va de sa prononciation. Où l’on ne voit rien, si ce n’est, mais est-ce une découverte, qu’aux Etats-Unis quand on a des couilles en or, et qu’on peut payer 10 millions de dollars de caution, on a beau être un porc, on ne passe pas par la case prison. Objection votre honneur. 
Bientôt les chaînes info n’auront plus qu’à se connecter en direct-live aux réseaux de caméras de surveillance urbaine. Il se passe toujours quelque chose dans nos rues, entre règlement de compte et incivilités, et en plus cela fera faire l’économie de journalistes.


dimanche 13 mai 2018

Et pendant ce temps-là tout le monde déteste la police ?

Désarmer la police, vraiment ? 
Agression samedi soir en plein cœur de Paris. Un mort. Un mort de trop, des blessés, des blessés de trop. Mais en quelques minutes, des policiers qui interviennent. 
C’est terrible, traumatisant. On se dit : Personne n’est à l’abri, nulle part. 
Et en même temps, on se dit : Bravo la police. 
Et quand on pense qu’il y en a qui leur balancent des cocktails molotovs en hurlant : « Tout le monde déteste la police ». 
Quand on pense qu’on les envoie à Notre-Dame-Des-Landes pour déloger les derniers zadistes qui répliquent à coups de paquets de fumier. 
Quand on pense qu’on est obligé de mobiliser 2000 policiers et gendarmes pour éviter la casse des soi-disant black blocks. 
Quand on pense à ces scènes le soir du 1° mai où Place de la Contrescarpe des « militants » armés de smartphones ou caméscopes filment des policiers qui essaient de maîtriser des casseurs, en s’approchant sous leurs nez, guettant la bavure et en hurlant : « Regardez-les, regardez comment « ils gazent » nos camarades ».
Quand on pense qu’on les envoie évacuer des facs, ou tenter de s’interposer entre les étudiants de Nanterre qui veulent passer leurs examens et ceux qui veulent les en empêcher. 
Alors on se dit qu’on a bien de la chance que policiers et gendarmes ne craquent pas, qu’ILS ne nous fassent pas de burnouts. Et on espère que ces mêmes policiers sur lesquels crachent ces « militants », seront là si par malheur un jour un fou furieux armé d’un couteau ne se jetait sur eux. Faudra-t-il un drame pour que ces jeunes et moins jeunes qui « détestent la police » se mettent à chanter avec Renaud : « J'ai embrassé un flic »

jeudi 10 mai 2018

En France en Mai fais ce qu’il te plaît : Pont, re-pont, pompon, pin-pon !

Et après Mai, il y aura Juin, l'avant grandes vacances...

En Mai, le mois est joli, et malgré les possibles saints de glace, on a envie de ne rien faire, de lézarder, de musarder. Et ça marche grâce à notre système assez unique de jours fériés qui ajoutés aux RTT nous permettent de faire des ponts, voire même des viaducs. Qui travaille ? Qui ne travaille pas ? On s’y perd. 
Remarquons que dans notre France si laïque on fait feu de toutes les fêtes religieuses chrétiennes pour déclencher un jour férié. Et c’est vraiment un prétexte parce que dans les très catholiques Italie ou Espagne, l’Ascension par exemple n’est pas férié. Le 8 mai non plus, mais il est vrai que le 8 mai 1945 il n’y avait pas grand-chose à fêter dans l’Espagne de Franco ou l’Italie post-Mussolini. Sur ce plan on pourrait peut-être remettre sur le tapis la question d’unifier les dates du souvenir de nos morts dans les conflits du passé. Giscard l’avait tenté en supprimant le 8 mai, rétabli en 1981 par Mitterrand. Il est vrai que cette date marque la victoire sur le nazisme. Sans doute, est-ce le 11 novembre qu’il faudrait remettre en question, après la célébration du centenaire de la fin de la Première guerre mondiale dans quelques mois. 
Dans ce domaine il y a deux France. Celles des salariés, des CDI, surtout dans les grandes entreprises, les banques ou la fonction publique bien sûr. Cette France profite à plein des ponts et viaducs. 
Pour les autres, les indépendants, les autoentrepreneurs, les uber, Mai est plutôt synonyme de comptabilité, d’impôts, d’URSAFF, de clients absents, de conseillers clientèles sur répondeur. Officiellement, selon l’INSEE, ces non-salariés seraient 10 % d’entre nous. En fait selon le Cabinet McKinsey, nous serions 5 fois plus, 13 millions de personnes pour lesquels il n’y a pas de congés payés d’avance, ni de RTT en retard. Et quant aux ponts se rajoutent les grèves, c’est le pompon et alors là : Pin-pon : Au secours !

Archives du blog