Paperblog

samedi 14 juillet 2018

Mondial : Pourvu qu’ON gagne !

Une joie qui emporte tous les quartiers. Est-ce si mal ?

Il sera bien le temps de faire la gueule, lundi.
Il sera bien le temps de retrouver le chômage, la précarité, mardi.
Il sera bien le temps d’angoisser pour le découvert en banque, les impôts à payer, les factures en souffrance, mercredi.
Il sera bien le temps de … les attentats, le terrorisme, les incivilités, la guerre, les guerres, les migrants qui se noient, les frontières qui se ferment, qui s’ouvrent, les affrontements politiques, les divisions, les oppositions, jeudi, et tous les autres jours de la semaine et toutes les semaines des mois qui suivent, et tous les mois des années ensuite.
Mais en attendant ces lendemains qui déchanteront, ne nous privez pas de ce moment de bonheur, de cette joie qui nous emporte tous, partout en France, quel que soit notre ville, notre région, notre situation professionnelle, notre compte en banque (même s’il n’est pas dans le bleu), nos origines, notre religion, notre couleur (politique), notre couleur (de peau), notre âge, notre sexe (notre genre ?). 
Comme l’écrit un éditorialiste du quotidien allemand Tagesspiegel (*)  : « Il existe encore un monde où le mot « finale » ne signifie pas « mort ». Un monde où disparaissent les luttes de pouvoir politique, les problèmes du Brexit, les humeurs de Trump. Ce monde c’est celui de la Coupe du monde de foot. 
C'est juste un jeu. Un combat dont nous pouvons profiter de manière détendue (surtout lorsqu’on a été éliminé au round précédent). Et qui pourrait se terminer par une surprise, une victoire pour la petite Croatie avec ses grands joueurs. (…). La Croatie n'a jamais été championne du monde. Sa victoire serait un signe que tout le monde peut y arriver. Une victoire pour les petits. (…) De toute façon, la France est et restera la « grande nation ». 
Ami allemand, ok avec le raisonnement mais pas avec la conclusion. Tant pis pour le symbole de David battant Goliath, il faut qu’ON gagne ! 
Bien sûr nous le savons, il ne s’agit que d’une parenthèse. 
Bien sûr, nous le savons, panem e circenses, du pain et des jeux qu’on donne aux pauvres pour les distraire, nous savons que le sport comme la religion est l’ « opium du peuple », bla bla bla…. Nous savons tout cela.
Mais, franchement quelques heures de joie par procuration dans un monde pas si gai que ça, cela ne nous ferait pas de mal. Fiers d’être bleus ? Fiers d’être français ? Et sans faire de mal à personne, alors pourquoi bouder notre plaisir ? Et puis ce n’est qu’un jeu, non ? 
Alors oui, il faut qu’ON gagne. 

*(Ein Dank geht an Werner)

samedi 7 juillet 2018

Emmanuel Macron assistera au match des bleus : Aie ! Aie aie ?

Le Président en 1/2 finale: Est-ce une bonne idée ?
Le Président fait ce qu’il dit (enfin presque…) et donc : il avait annoncé que si l’équipe de France allait en demi-finale il se rendrait en Russie, il ira donc mardi à Saint-Pétersbourg pour encourager les bleus face à la Belgique. 
Cela part d’un bon sentiment. D’un vrai intérêt pour le foot, sans trop de calcul électoral, parce que dire comme il l’a fait qu’il était supporter de l’OM alors qu’on habite Paris, et que son ministre de l’intérieur et des cultes est lyonnais, c’est aimer prendre des coups. Et puis, il paraît que les français ne sont pas très nombreux à avoir cru à ce mondial en Russie –manque de foi en Didier Deschamps et en sa sélection ? Traumatisme bicentenaire de la Bérézina et de la retraite de Russie ?– donc un supporter de plus, ça ne devrait pas faire de mal. 
D’un autre côté un Président qui va assister à un match, on a envie de lui dire : Manu (Oui, parce que là, même Président on n’est pas à une cérémonie officielle, mais entre potos fans des bleus, donc on peut dire : Manu), Manu, tu crois vraiment que c’est une bonne idée. Tu ne risques pas d’être un peu le mistigri, le chat noir, d’apporter la scoumoune. Là on ne rigole plus, c’est du sérieux, on ne parle pas du pognon de dingue pour les dépenses sociales, ni du plan pauvreté, on parle de FOOT. Et aucune vidéo trash publiée par ta communicante Sibeth N’Diaye, ne pourra te sauver. L’Elysée a-t-elle consulté des voyants ou voyantes comme au temps de feu le Président Mitterrand ? A-t-on prévu des pattes de poulets ( pas de ceux qui ont été offerts pendant le Salon de l’agriculture, au fait que deviennent-elles ces poulettes, et combien leur entretien coûte-t-il au budget de la France ? Et pondent-elles de œufs pour les pti dèjs présidentiels ?), des grigris, des quimbois ( Christiane Taubira pourrait être de bon conseil  dans ce domaine) ? Parce qu’on trouve de multiples exemples par le passé où la venue d’un Président amène la scoumoune. Souvenons-nous de François Mitterrand venu à Kourou assister au lancement d’Ariane, un des rares qui ait raté, le lanceur avait dû être détruit. 
Ce serait un peu bête que la fusée bleue explose en plein décollage face aux diables rouges. 
Il faut mettre tous les atouts de leur côté. Peut-être pas aller jusqu’à fermer la frontière avec la Belgique, construire un mur comme Trump avec le Mexique, boycotter les produits belges (enfin pas Tintin, ni les frites, ni Stromae), mais renoncer à ce voyage. En prétextant par exemple que, non, Emmanuel Macron n’est pas le Président des riches, la preuve mardi il assistera à une rencontre amicale entre l’équipe de l’ASPTT d’Amiens, contre celle de l’Association sportive des cheminots de Saint-Denis. Et non pas à un match où le plus mal payé des joueurs gagne 500 smics par mois. 
Président ce serait un beau geste. Pour les bleus, pour la France. Et puis pour la côte de popularité car en cas de défaite, aie, aie ! A moins que la présence de Brigitte ne change tout…

samedi 30 juin 2018

La Coupe du monde, parenthèse enchantée

Même au Kiezbiergarten à Paris, on se passionne pour la Coupe du Monde, même sans Mannschaft 

Est-ce l’effet Coupe du Monde ? 
L’arrivée de l’été -enfin- après des semaines de pluies, orages et giboulées, les cafés qui ouvrent leurs terrasses, les vêtements qui libèrent les corps et d’un coup le spectacle de la rue qui donne le sourire, la perspective des vacances – du moins pour les 60 % de français qui peuvent en prendre - sans doute, peut-être, un mélange de tout cela : Depuis quelques jours, il y a comme de la légèreté et de la gaieté dans l’air. 
On remonte une rue et de cafés en bars, on peut suivre au son les rebondissements d’un match : Ooohhh ! Aaaahhhh ! Noonnn ! On passe une tête : Il y a coup-franc ? C’est carton jaune ? Personne ne s’offusque, les barrières s’effacent. Il n’y a plus les fans de foot et les autres, les spécialistes qui discutent compo et les béotiens, il n’y a même plus vraiment de drapeaux. Tout le monde est bleu, bien sûr, mais on pleure pour la Tunisie, c’est dur quand même pour eux ; pour le Sénégal, se faire éliminer pour 2 cartons jaunes de différence ; on s’enflamme pour l’Uruguay, Cavani, la Céleste qui marque 5 buts et n’en encaisse aucun ; les Portugais qui passent tout juste, mais Ronaldo, Ronaldo ! On admire les diables rouges belges, la Nati suisse. Quant à l’Allemagne éliminée, on oublie très vite, et aussi les réactions de « Schadenfreude » de joie malsaine et méchante, qui de Mélenchon aux Brésiliens et aux Italiens se réjouissent du malheur de la Mannschaft. Et puis l’Argentine : Y penser toujours, en parler jamais. Elle se traîne, mais bon, Messi, Di Maria. Si par malheur ou par logique… mais chut !
Profitons encore de ce mondial russe qui est un succès : les russes font l’unanimité avec leur accueil, la beauté de leurs villes que le monde découvre. En plus Kazan ou Ekaterinbourg par 30 °C, c’est plus sympa que par – 30. Et cerise sur le prianik, même la Russie va en 8 ème de finale ! Et vous avez remarqué : Poutine brille par son silence. Il engrange. Il n’a rien à faire. Donald Trump s’en charge pour lui en s’attaquant à ses alliés et amis. 
Poutine ne cause pas, il avance ses pions. Comme en Syrie où il bombarde les « rebelles ». Et ils laissent les européens se diviser, nous qui jouons à chat pitre avec les bateaux de réfugiés. Triste car tout cela n’est pas un jeu et risque de mal se finir. 
La parenthèse enchantée va donc se refermer. Peut-être très vite, si les bleus …, mais chut ! … de toute façon, tout sera terminé le dimanche 15 juillet au plus tard, avec le coup de sifflet final. 
Ensuite retour aux réalités. 
A la grève de la SNCF, qui se termine ou pas en eau de boudin. Aux réformes en tous sens. Comme celle des retraites où l’on ne sait plus très bien à quelle sauce les veuves seront mangées ; à la réforme de l’apprentissage, à la réforme, c’est-à-dire à la réduction des APL, ou des contrats aidés. Au 80 km/h sur les routes. Au prélèvement à la source. 
Et comme le chantent les brésiliens avec Vinicius de Moraes, à propos du carnaval : Tristeza não tem fim Felicidade sim. Le bonheur des pauvres est la grande illusion du carnaval. La tristesse n’a pas de fin, le bonheur, si. 
En attendant : Que la grande illusion de cette parenthèse enchantée continue !


mercredi 20 juin 2018

Europe et migrants : E la nave va !

Dans le film "Et vogue le navire!", Fellini met en scène une Europe qui va sombrer. 
Et vogue le navire ! E la nave va ! En 1983, Federico Fellini signait un de ses derniers films, comme toujours superbe, baroque, bouillonnant, excessif, tellement italien - dans notre idée de l’Italie du moins - c’est-à-dire comediante-tragediante : Et vogue le navire
Au début du XX ème siècle, peu avant le déclenchement de la Première guerre mondiale, dans le port de Naples, un groupe de privilégiés, aristocrates, artistes, politiciens, divas, accompagnés d’un rhinocéros ! embarquent pour une croisière de quelques jours. Mais le navire ne va pas voguer comme prévu. Des réfugiés ( serbes) sont recueillis en mer. Un bateau de guerre (autrichien !) les stoppe et exige qu’on les rende. Un terroriste (!) finit par tout faire sauter. Et le navire sombre. 
Sommes-nous comme ces passagers de Vogue le navire ! Allons-nous tous couler dans un –joyeux- bordel ? 
Certains diront : C’est la faute de tous ces migrants qui nous menacent. D’autres penseront : C’est notre aveuglement et notre égoïsme. 
En tout cas, nous allons être vite fixés, car l’embarquement a commencé. 
En Italie, qui est avec le Japon, le pays dont la population est la plus âgée du monde, et qui perd chaque année 200 000 habitants : on verra vite si les italiens pourront se passer d’immigration. 
En Hongrie ou en Pologne qui semblent oublier les avantages d’une Europe qui a su se montrer solidaire – Vous vous souvenez de la peur du plombier polonais ? -. 
Aux Etats-Unis, qui veulent être « first », en oubliant qu’ils ne sont pas seuls au monde et que s’ils peuvent s’asseoir sur les intérêts du Luxembourg, et même sur ceux de la France ou de l’Allemagne, avec la Chine, cela devient vraiment plus compliqué. Et déjà leurs entreprises, leurs agriculteurs et les marchés financiers commencent à rire jaune 🤭😁.
Si ceux qui pensent que le bonheur de leurs peuples est dans le repli sur leur pré carré ou leur hexagone ont raison, nous le saurons donc très vite. 
S’ils ont tort, nous boirons tous la tasse. Espérons qu’alors leurs électeurs leur présenteront la note. Comme par exemple aux Etats-Unis pour les élections de mid-term en novembre. 
En attendant, un peu partout voguent les navires.

mercredi 13 juin 2018

Les dessous de la « love affair » entre Trump et Kim.

Meilleurs amis ? 😂😂😂

Et maintenant Donald Trump trouve que Kim Jong-Un est « very smart », très intelligent et qu’il est drôle, et il va même venir le voir aux Etats-Unis. Pour jouer au golf, ou pour discuter de la paix dans le monde et des droits de l’homme ?
On se pince. Notamment au Canada devenu le pire ennemi des américains. Il est vrai qu’avec ses 36 millions d’habitants, dont les ¾ habitent dans une bande de 150 kilomètres de large le long de la frontière des Etats-Unis, ce pays est une vraie menace pour l’économie américaine !  Et qu’il ne faut pas oublier la guerre de 1812. « N'est-ce pas vous qui avez brûlé la Maison-Blanche ?», a même lancé Donald Trump à Justin Trudeau. Reprocher aux canadiens l’invasion de Washington par les troupes anglaises il y a deux siècles, alors que le Canada n’existait pas encore, et que les ancêtres de Trudeau était plutôt au Québec, annexé par les anglais, c’est comme si le Mexique réclamait la Floride, le Texas, le Nouveau Mexique, la Californie aux américains ; Ou que les espagnols reprochent aux Etats-Unis la guerre et la perte de Cuba, de Porto-Rico et des Philippines. Ou les chinois, la canonnière du Yang Tsé. 
En Europe, au lieu de nous disputer pour savoir si le contrôle de nos frontières commence au col de Tende ou en Méditerranée, nous ferions mieux de nous préparer à assurer nous-mêmes notre avenir et de ne plus compter sur notre « allié » américain qui désormais préfère maltraiter ses amis pour traiter avec ses ennemis. Hélas, apparemment, il va nous falloir beaucoup d’humiliations pour que nous commencions à comprendre. 
Ah ! au fait, le secret de Kim aux yeux de Trump ?  Il n’a pas de pellicules ! 
C’est la seule explication plausible : On se souvient du geste du Président américain – entre paternaliste et humiliant- , époussetant l’épaule du costume du Président français, lors de leur dernière rencontre à Washington. Et deux jours après, vlan: Les sanctions !

lundi 11 juin 2018

Trump-vs Le Monde: Match très nul au G7

Le Canada, en guerre contre les Etats-Unis? Les Simpsons l'avaient imaginé, mais c'était pour rire!

« Soyons sérieux et dignes de nos peuples. Nous nous engageons et nous tenons ». 
Emmanuel Macron a bien raison : Après l’humiliant match-nul 1-1 France-Etats-Unis, il vaut mieux rester digne en partant au mondial de foot en Russie. Parce que l’équipe US de foot, ce n’est pas le Pérou. Dans tous les sens de l'expression - et d’ailleurs la rencontre France-Pérou, ce sera le 21 juin. On s’attendait à un score honorable, genre 7 à 0 pour les bleus. Eh ! bien non. Match nul, et même, il s’en est failli de 10 mn pour que les américains ne battent l’équipe de France. 
« Soyons sérieux ».
C’est comme pour le sommet du G7. Les 6, Macron en tête annonçaient au pire un communiqué final filandreux et bien diplo, avec des formules tellement alambiquées qu’on n’y comprend rien, mais c’est fait pour. Et là, d’un tweet, tacle de Donald Trump. Un mauvais tacle, bien vicieux, glissé. Qui mériterait au moins une pénalité, un carton rouge. Mais le problème c’est qu’il n’y a plus d’arbitre sur la scène internationale. 
La Russie rigole. A chaque croche-pied de Trump contre ses « alliés européens », c’est un peu plus de Crimée annexée, et le prix du pétrole qui grimpe. 
La Chine se frotte les mains. Et à 1 milliard 300 millions de chinois, cela fait beaucoup de mains qui se frottent. A chaque nouvel embargo contre l’Iran, c’est un peu plus de pétrole pas cher et un nouveau marché qui s’ouvre. 
Les canadiens croient vivre un mauvais épisode des « Simpsons » qui, c’était prémonitoire, imaginaient déjà une guerre entre le Canada et les Etats-Unis. Quant aux européens, il se demandent encore si c’est mieux d’être tout seul dans le vaste monde ou à 2, à 3, à 6, ou à 25… 
Et pendant ce temps-là, Donald Trump va faire ami-ami avec rocket-man, son ex-pire ennemi. Peut-être que dans 6 mois, le Président américain ira se recueillir au mausolée de l’ayatollah Khomeiny ? 
Décidément par les temps qui courent, avec Trump, mieux vaut être son ennemi que de ses amis. 
" Restons dignes ": Allez, bon mondial en Russie, que nous boycottons depuis 3 ans !


vendredi 8 juin 2018

G7 : L’Amérique et l’Europe sont dans un bateau. Trump pousse tout le monde à l’eau. Qu’est-ce qui reste ? La Chine.

G7 il y a un an: Déjà ils faisaient tous la gueule !

Avec Donald Trump, mieux vaut être son ennemi que de ses amis. «L’Amérique d’abord», le slogan flatte ses électeurs, et ses électeurs sont pour beaucoup l’Amérique profonde, pas celle des Clinton et Obama, celle qui considère que la Floride c’est déjà l’Amérique latine, New-York, c’est bobos et compagnie et San Francisco, Sodome et Gomorrhe. Alors pour cette Amérique-là, l’Europe…c’est quoi, c’est où ? L’Europe c’est combien de divisions ? Hélas, pour nous, l’Europe c’est peu de divisions (militaires) et beaucoup de divisions sur le plan politique. Quand on entend ici et là, les obsédés des « diktats » de Bruxelles, les partisans du «Tout sauf l’Union », les bonimenteurs qui se font élire sur des slogans comme: « L’Europe est notre plus grand malheur » et cela va de la Grande-Bretagne du Brexit, de la Hongrie d’Orban, de l’Italie de la Ligue jusqu’à une Marion Maréchal Le Pen, on a de quoi se sentir vulnérables. Diviser pour régner, vieille tactique qui marche toujours. 
C’est comme pour le blocus contre l’Iran. Devenue aux yeux de Donald Trump et d’Israël, le plus grand danger pour la paix dans le monde. C’est vrai que leur nouvel grand ami, l’Arabie Saoudite, est un pays qui inspire confiance. Au fait Ben Laden il était d’où ? 
Nos sociétés sont obligées de plier bagage. Et au bout du compte, qui va récupérer les contrats européens en Iran ? Les Chinois. Qui va acheter son pétrole ? Les Chinois. Qui se contrefichent d’éventuelles sanctions américaines ? Les Chinois. 
Eux, ils sont 1 milliards 300 millions, mais ils parlent d’une seule voix. 
Trump ne connaît que la force - la puissance, gros, la puissance-. Et face à l’Amérique seuls les gros pèseront, la Chine, l’Inde bientôt, la Russie aussi. Désunie l’Europe ne sera plus maître de son destin. Et la Chine rit. Merci Donald! 

samedi 2 juin 2018

L’Italie est-elle en train de mourir ? Derrière les dernières élections, un pays qui a peur de disparaître.

Le plus bel endroit pour attendre la fin du monde ? 
Pour la première fois depuis 1919, l’Italie perd de la population. En 1946, les Italiennes donnaient le jour à trois enfants. L'an dernier, la moyenne est tombée à 1,34 enfant. Près d'un Italien sur quatre a plus de 65 ans et l'âge moyen dépasse désormais 45 ans.
La péninsule était déjà le pays le plus vieux d’Europe. Elle perd désormais 400 habitants par jour. Chaque année l’équivalent de villes comme Nîmes ou Caen qui disparait. 
Ce qui a évidemment des conséquences économiques. Ces vingt dernières années, l'Italie a perdu un travailleur sur trois âgé de 25 à 34 ans.
Et la crise entraînant la crise, les jeunes diplômés s’en vont… 
Jusque-là, l’immigration pouvait compenser le déficit de naissances. Mais c’est terminé et depuis 3 ans, plus de 250 000 étrangers ont ainsi quitté le pays. 
Les images de bateaux de migrants débarquant à Lampedusa ne correspondent pas à la réalité de l’immigration. C’est vers l’Europe du Nord que veulent aller les migrants. 
Malgré cette bombe démographique qui fait plus de morts que l’éruption du Vésuve à Pompéi, les électeurs italiens ont voté pour des partis, dont l’un, la Ligue, affirme vouloir expulser 500 000 immigrés, et l’autre, le Mouvement 5 étoiles, annonce qu’il va baisser l’âge du départ à la retraite. 
Paroles, paroles, paroles. Au rythme actuel, les italiens vont peut-être se retrouver entre eux, mais tout vieux, sans plus personne pour payer leurs retraites, ni pour les torcher et les aider à manger leurs compotes. 
Vieillissante, peut-être mourante, et en même temps… l’Italie reste, comme Fellini le faisait dire à un de ses acteurs dans Roma à propos dela ville éternelle: « L’endroit rêvé pour attendre la fin du monde »

jeudi 31 mai 2018

Spiderman, ce migrant que le monde entier nous envie: On n’en a pas fait un peu trop ?

Comment un média ivoirien plaisante sur notre emballement médiatique !
Zappons tous ces commentaires fielleux, fleurant bon le racisme, tous ces complotistes qui croient malgré toutes les évidences et tous les décodages que l’acte de Mamoudou Gassama est un fake, que la vidéo filmée par smartphone et qui a fait le tour du monde est un coup monté, une mise en scène, pour permettre aux sans-papiers d’être régularisés. 
Ce qu’a fait ce jeune homme, bien peu d’entre nous en auraient été capables, pas tellement sur le plan physique, quoique…, mais sur le plan du réflexe altruiste, de la détermination, de la prise de décision rapide. Tous ces pisse-froids qui trouvent quelque chose à y redire sont ceux qui lorsque quelqu’un est agressé dans une station de métro s’empressent de sortir leur smartphone ou alors de s’écarter prudemment. Mamoudou Gassama s’inscrit dans la lignée d’autres personnes exemplaires, comme par exemple le jeune Marin à Lyon il y a deux ans, grièvement blessé pour avoir pris la défense d’un couple harcelé parce qu’il s’embrassait. Aujourd’hui lourdement handicapé, son courage est aussi exemplaire. Et le Pape François qui l’a reçu à Rome, l’a cité en modèle.
Alors rien d’anormal à toutes ces félicitations pour M.Gassama.
Rien d’anormal non plus à ce que l’on régularise sa situation, qu’on l’aide sur le chemin de l’emploi, au lieu de l’envoyer en camp de rétention avant expulsion. 
Mais quel emballement médiatique ! Toutes ces émissions télés radios, qui lui ont couru après, jusqu’à faire des directs sur son entrée à la mairie, sa sortie de la caserne de pompiers : Un vrai marathon, qui comme il l’a déclaré lui-même, était épuisant, plus sans doute que son acte. 
Que même le Président de la République le félicite, un tweet par exemple, un coup de fil, parfait, mais le recevoir à l’Elysée, dans un salon doré, n’est-ce pas un peu trop ?  Mamoudou Gassama n’en demandait pas tant. 
Trop d’honneurs, tue l’honneur, et pas sûr donc qu’au bout du compte, cela aide à une meilleure compréhension du sort des migrants. 
Trop de communication tue la communication. Craignons que cela ne soit in fine pas très positif, perçu par beaucoup comme de la récupération politique. Et pas sûr que cela serve vraiment l’image du Président.

lundi 28 mai 2018

Salon Viva Tech : Vous avez du réseau ?

Le numérique va-t-il aggraver les inégalités ?  Qu'en penses-tu Pepper ? 

C’était la question que tout le monde posait au salon Viva Tech, cette grande messe des nouvelles technologies qui vient de s’achever à Paris : « Vous avez du réseau ? ».
Le comble : Pour cette vitrine de la France 3.0, de l’Intelligence Artificielle, de la robotique, de la « France is back », de la « start-up nation », les connections aux réseau(x) étaient submergées. 
Certes le succès était là : 100 000 visiteurs.  Entre exposants, start-upers, étudiants, une vraie marée populaire à faire pâlir d’envie Ruffin ou Mélenchon, - du moins une e-marée -  avec des VIP têtes d’affiche : Emmanuel Macron en bilingue, Zuckerberg, Xavier Niel, Paul Kagame, le président du Rwanda, qui veut faire de son pays le cœur de l’Afritech. 
Mais justement : Les : « Vous avez du réseau ? » permettaient de mesurer la distance qui sépare le déclaratif, le vœux pieu, de la réalité : Aujourd’hui, si t’as pas de connections très très haut débit, tu es dead 
Bien sûr on pense aux territoires perdus de la e-république, les laissés pour compte de la « fracture » numérique, la France des «territoires périphériques», Trifouilli les oies ou Gland-sur-Lignon. Mais cette fracture passe aussi dans nos agglomérations: Comme dans la banlieue de Lille, où un centre de séminaires superbement installé ne permet que des connections à 2 mbits/s. Bon, on ne va pas vous faire un cours de NTIC, mais disons qu’avec un tel débit, il vaut mieux envoyer ses mails par coursier ou pigeon voyageur. Ou encore dans les banlieues de Marseille ou d’Aix, où il manque souvent 100 mètres pour relier des quartiers à la fibre. 
Et c’est aussi Porte de Versailles, au cœur de la vitrine de la French Tech, où dès qu’il y a du monde, ça bug. 
Si l’on veut startuper, il faut que l’intendance suive. Et l’intendance ce sont des infrastructures qu’il faut en permanence améliorer. Ce n’est pas impossible : Regardez l’Estonie.
Bien sûr. C’est tout petit mais en 20 ans, ils sont passés de rien du tout à tout numérique partout. 
C’est le pays qui a créé Skype ; La e-démocratie avec des e-lections ; 
Et avec son plan 2020, tout le réseau national aura une vitesse de 30 Mbps, avec 60% des connexions à 100 Mbps ou plus. L’Estonie est une vraie start-up nation, alors que selon les derniers classements Akamai sur l’état de l’internet, nous ne sommes que 52 ème, loin derrière l’Estonie, donc, mais aussi l’Allemagne, le Danemark, l’Espagne etc, et aussi la Roumanie ou la Bulgarie…
La lutte contre les inégalités, contre une France à 2 vitesses passe aussi par là, par l’internet pour tous. Et il reste encore beaucoup à faire. 
N’est-ce pas Pepper ? Pepper c’est ce petit robot hyper sympa qui est capable de danser l’Afro Trap tout en répétant « My name is Pepper ». C’est le frère de Roméo, et cet humanoïde a été développé par des laboratoires français et européens avec des financements de la BPI France. Comme quoi, tout n’est peut-être pas encore perdu. 

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