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dimanche 24 mars 2013

Sarkozy mis en examen: Une bonne chose ?



L’ancien Président de la République a donc été mis en examen dans le cadre de l’affaire Bettencourt. Ce peut être in fine une bonne chose. Car de deux choses l’une :
Soit au bout de l’instruction, ou même d’un éventuel procès, le dossier se révélera insuffisant pour mettre en cause Nicolas Sarkozy, et alors, fin de l’histoire.
Soit l’ancien Président a effectivement profité de la milliardaire pour financer illégalement ses campagnes politiques et alors il est normal qu’il soit sanctionné.
Dans les deux cas, l’image de la Justice et celle du monde politique en sortiront grandies. Cela signifiera en effet que nul n’est au-dessus des lois et que la Justice travaille dans la plus grande indépendance.
Qui pourrait alors ne pas s’en réjouir ?
Il y a trop longtemps que le « microcosme », hommes politiques, journalistes, juges, sont mis dans le même sac dans l’esprit du grand public sur le thème « tous pourris » « tous copains et coquins » « Justice à deux vitesses » ; Des idées largement entretenues par les démagos de tous bords et dangereuses pour la démocratie. A terme, toutes ces procédures engagées à l’encontre de responsables de tous bords, démontreront que ce n’est pas vrai : Elles et eux aussi doivent rendre des comptes. Ils sont des justiciables comme les autres
Bien sûr, nous aurions pu rêver d’un monde idéal où tous nos élus et tous nos dirigeants auraient été des femmes et des hommes parfaits. Mais reconnaissons qu’en vingt ou trente ans d’immenses progrès ont été réalisés dans le sens d’une plus grande transparence démocratique.
Bien sûr se pose toujours la question du « Qui jugent les juges ? ». En théorie le Peuple, au nom duquel la justice est rendue, mais il n’existe pas chez nous d’élection de Procureurs, comme aux Etats-Unis. Est-ce si mal ?
Bien sûr, l’action politique ne doit pas non plus être paralysée par la multiplication des actions en justice. Mais on en est encore loin dans notre pays!
Il reste maintenant à la Justice à montrer qu’elle est, elle aussi, à la hauteur de cette exigence. On peut notamment s’inquiéter de la lenteur de procédures qui peuvent parfois s’étaler sur des années et des années. Mais là, on aborde le problème de la réforme de notre système judiciaire, le rôle du juge d’instruction, et les moyens financiers dont ils disposent.
Nous vivons une e-poque formidable

2 commentaires:

Fabien a dit…

D'accord sur la justice en général. Et il y a beaucoup de progrès à faire, pas seulement du côté des moyens... Je pense que dans une affaire aussi médiatique, le juge pourrait, devrait pouvoir venir motiver ses décisions en public. Sinon, il s'expose naturellement aux critiques... notamment de la défense, qui peut livrer des éléments sans risque de contradiction. Par contre je ne suis pas d'accord sur l'idée du gagnant / gagnant dans cette décision... de deux choses l'une soit les éléments en la possession du juge sont "graves et concordants", dans ce cas, en toute logique, Sarkozy sera condamné et l'indépendance de la justice pourra être louée. Soit il est blanchi et on pourrait vraiment se poser la question de l'utilité de cette mise en examen par le juge Gentil. Ainsi que de l'instrumentalisation de toute cette affaire depuis le début.

Pierre Thivolet a dit…

D'accord, mais dans le cas où Nicolas Sarkozy est blanchi, ne pensez-vous pas qu'il en sortira encore plus "blanc", et alors, l'instrumentalisation de l'affaire ne pèsera plus très lourd, et créera même une sorte de jurisprudence qui incitera alors les juges à agir avec une plus grande prudence. La question est aussi posée du concept de "mise en examen tout en respectant la présomption d'innocence", qui est un peu factice car "mise en examen" reste perçue dans le grand public comme un début de culpabilité, avec l'idée "Il n'y a pas de fumée sans feu". il y a là peut-être la nécesité de faire évaluer cette procédure.

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