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lundi 6 juillet 2015

Grèce : Hélas ! Ceci n’est pas un jeu de mots

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Oxi, c'est non. Nai, c'est oui. C'est quoi le message ?

Les Grecs ont voté non, mais comme dit l’autre: Vous pouvez répéter la question ?
C’est tellement clair que chez nous, tout le monde tire la couverture à soi, ce qui en période de fortes chaleurs n’est pas forcément recommandé. En plus il faut bien avouer qu’un peuple qui pour dire non utilise un mot qui s’écrit presque oui (oxi) , et pour dire oui, il prononce non ( nai), c’est perturbant ! Peut-être qu’eux-mêmes ne sont pas très clairs sur ce qui est oui, et ce qui est non. Ainsi il paraît que ce non est un oui à l’euro.
Il paraît aussi que ce vote est un triomphe de la démocratie, démocratie que les grecs auraient inventée il y a 2500 ans, enfin avec une interruption de 2460 ans !
Rappelons qu’ils ont aussi inventé la comédie, la tragédie, et la démagogie… La démagogie qui est une manière de manipuler le peuple en lui disant ce qu’il veut entendre, démagogie qui, selon Aristote est avec l’anarchie une des perversions de la démocratie ( sic : Wikipedia).
Et organiser un référendum pour demander si l’on accepte de baisser ses salaires et ses retraites, n’est-ce pas un peu démagogique, non ?
Certains disent qu’au contraire il n’y a pas plus démocratique qu’un référendum. Cela paraît être empreint de bon sens. Pourtant, si les allemands d’aujourd’hui restent très prudents sur cette manière de consulter le peuple, c’est parce qu’ils ont le souvenir des référendums de Hitler, que l’on ne peut pas vraiment qualifié de grand démocrate. Il y a  aussi les fameuses « votations » en Suisse avec l’exemple du refus des électeurs masculins d’accorder le droit de vote aux femmes jusqu’en 1971 ! Jusqu’au petit canton Appenzell, qui fit de la résistance jusqu’en 1990, où il fallut une décision fédérale, rarissime, pour imposer ce droit. Et pourtant qu’y avait-il de plus démocratique que de réunir sur une grande prairie tous les habitants d’un village pour leur demander leur avis ? Cela peut conduire à toutes les dérives, comme au meurtre collectif. C’est ce que décrit l’auteur suisse - justement - Friedrich Dürrenmatt dans « Le voyage de la vieille dame ». Une vieille milliardaire revient dans son village auquel elle propose de léguer toute sa fortune en l’échange de la mort d’un de ses anciens amants. Et très démocratiquement, les habitants choisissent la fortune !
On peut aussi se demander combien de temps nous aurions dû attendre pour abolir la peine de mort, si l’on nous avait posé la question par référendum en 1981.
Et puis à quoi serviraient les élections et la démocratie représentative si les personnes que l’on a élues pour le meilleur mais aussi pour le pire et chez nous pour cinq ans, se déchargeaient de leurs responsabilités en nous demandant notre avis tous les six mois?
Aujourd’hui, tous les démocrates sont unanimes pour dire: Il faut écouter le message du peuple grec. Mais de la même manière qu’on peut se demander quelle était la question, quel est ce message ?
Nous vivons une e-poque formidable.

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