La réalité augmentée plus belle que la réalité ? |
Ça y est : Il est arrivé. Non pas le Tour de France, ni
l’homme politique miracle. Non, Le jeu événement. Le jeu dont on tout le monde
parle, dont tous les medias parlent. Une opération marketing réussi de mains de
maître. Comment relancer une marque sur le déclin et en faire l’objet de tous
les désirs, une folie mondiale ? Quel suspens ! Quel teasing ! Tout
y est, avec l’annonce du lancement imminent. Ce devait être jeudi dernier. Faux
espoir, déception, frustration, donc désir exacerbé : Des « gamers »
en colère se sont même indignés sur twitter que le jeu soit déjà lancé en
Allemagne, en Grande-Bretagne, mais pas dans la 5 ème puissance mondiale (
sic )
Mais depuis dimanche matin, à l’heure du jour du Seigneur - y a-t-il un rapport ? - ça y
est : Le Pokemon Go est là, téléchargeable en version française.
Et donc, une fois inscrit dans le club très ouvert (des
dizaines, voire des centaines de millions de joueurs sur la planète) des
dresseurs de Pokemon, il est possible de les voir autour de soi, c’est
dingue : Pikachu est dans la
cuisine, Salamech se trouve sous le kiosque devant la Mairie. Vite sortir dans
la rue - en faisant gaffe aux voitures, quand même ! - et foncer jusqu’au
premier Pokemon stop pour essayer d’en attraper un.
Tout cela n’a aucun n’intérêt, nous sommes bien d’accord.
Si ce n’est de remplir les caisses de Nitendo, au Japon
l’action de la société a fait un bond de 24 %, du jamais vu pour cette
compagnie depuis…1983. En quelques semaines les actionnaires ont gagné plus de
6 milliards d’euros ! Triomphe aussi pour l’éditeur, la startup Niantic,
rachetée d’ailleurs pas Google…
Ensuite le jeu aurait un effet bénéfique sur la santé, puisqu’il
oblige les joueurs, leurs smartphones en main, à courir un peu partout pour
tenter de débusquer les créatures virtuelles. Il paraît que cela a fait
augmenter de 37 % voire même 50 % l’activité physique. A quand une épreuve de
chasse aux Pokemons au JO ?
Et puis, dans les pays où elle a été lancée, l’application Pokemon Go est plus utilisée que Tinder
ou Twitter. La chasse aux Pikachu,
Carapuce, Bulbizarre est passée devant les sites de rencontres de proximité.
Parce qu’elle propose une nouveauté: Elle est la première à utiliser à grande
échelle et de manière très simple, la réalité augmentée. Le joueur voit autour
de lui et en se déplaçant des Pokemons.Et c'est assez bluffant.
Pour les annonceurs, le marketing, le placement de produits,
la pub, mais aussi l’information, cela ouvre de formidables possibles. Cela annonce
de nouveaux bouleversements dans le modèle économique d’internet. Déjà aux
Etats-Unis, des chaîne de restaurants ont réussi à faire bondir de 75 % leur
fréquentation, parce qu’ils se situaient près d’un Pokemon Stop, et on attire des Pokemons
en achetant auprès de l’éditeur des Pokemon
Lure…
Les esprits chagrins vont dire que cela va détourner un plus
de la lecture de Marcel Proust. Quoique: Adapter le texte à la réalité
augmentée, ce serait un beau défi, non ? Se balader à Cabourg avec des
extraits de la « Recherche du Temps perdu » défilant dans son
smartphone… Redécouvrir la Syrie - quand elle sera en paix, le plus tôt serait
le mieux - en lisant, le long du
fleuve et des norias de Hama - reconstruite - "Un jardin sur l’Oronte ".
Et puis, ce qui est sûr, c’est qu’il vaut mieux jouer à la
chasse aux Pokemons qu’à tous ces
jeux de guerre où la virtualité est aussi violente que les vidéos de Daesh. A
force de passer des heures devant toutes ces horreurs, cela influence forcément
les esprits dérangés. Et l’actualité nous a tragiquement montré qu’ils étaient
nombreux parmi nous.
Pour contrer le lavage de cerveau par Daesh, le Pokémon
Go ?
Nous vivons une e-poque formidable.
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