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dimanche 29 novembre 2015

Russie, Syrie, Front national : Toute honte bue.

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Et un mois plus tard, Le Pen ? Toute honte bue...
Si les événements n’étaient pas aussi dramatiques, avec des centaines de milliers de morts en Syrie, des millions de déplacés, de réfugiés, la guerre, les guerres, le terrorisme jusque dans nos bras, on pourrait en rire. On devrait même en rire. On devrait même éclater de rire jusqu’à en avoir honte des revirements et contradictions de la politique de nos dirigeants, de notre pays.
Toute honte bue, nous avons repris le chemin du Kremlin. Et en quelques jours, Vladimir Poutine est devenu un indispensable allié. Depuis longtemps, les allemands (toujours ajouter : nos amis allemands ) ont donné un nom à ce genre de revirement : La Real Politik, très en vogue au temps de Bismarck. L’on savait que pour être diplomate, il fallait avoir l’échine souple, mais à ce point-là ! Nos dirigeants vont pouvoir bientôt se produire au cirque Gruss et renouveler le numéro de la femme serpent! Que Poutine ait une conception quelque peu stalinienne de la démocratie, cela n’est pas nouveau. Nous le savions déjà depuis au moins… La Tchétchénie et « l’ordre règne à Grozny ». Alors, franchement était-ce bien utile de taper de nos petits poings sur la table, de décréter un embargo contre la Russie, ce qui pénalise d’abord nos producteurs de fruits, légumes, viandes, de priver la marine russe de nos beaux bateaux de guerre, ce qui nous a coûté une petite fortune ? Et tout ça pour les vendre à qui ? A l’Egypte, un  allié aussi fiable et stable et démocrate que disons… nos autres clients et alliés, le Qatar et l’Arabie Saoudite.
Toute honte bue, nous voilà également de nouveau sur le chemin de Damas. Que Assad ait une conception « poutinienne » de la démocratie, voilà qui n’est pas nouveau. Alors, était-ce bien la peine de promettre aide, armes et bombardements à une opposition syrienne aussi unie que les différentes milices qui se partagent la Libye ? Etait-ce prudent de jurer la main sur le cœur, « jamais avec Assad », pour maintenant laisser tomber cette petite phrase: « Jamais sans la participation de l’armée syrienne. »
Toute honte bue, 30 %? 40 % ? des électeurs s’apprêtent à voter Front National. Vous vous rendez compte : Le Front national… les héritiers des terroristes de l’OAS, du putsch d’Alger, des quarterons de généraux en retraite, les filles des anti-gaullistes jusqu’à la haine, les petites-filles des blagues anti-sémites, des détails de l’Histoire, de ceux qui préfèraient l’Etat français et Travail-Famille-Patrie, à la République et Liberté-Egalité-Fraternité. C’est bien la peine d’entonner en chœur la Marseillaise pour une semaine plus tard fouler du pied les valeurs de ceux qui ont écrit notre hymne national.
Si Dimanche prochain, les urnes confirmaient ces sondages, ce serait une deuxième victoire pour les terroristes, pour les ennemis de nos libertés, des valeurs de la France éternelle. Toute honte bue.
Nous vivons une e-poque formidable.

lundi 16 novembre 2015

#attentatsparis : La vie reprend et c’est terrible .



Depuis Vendredi soir, nous sommes tous sous le choc, et nous y allons tous de notre commentaire, de notre analyse, de notre philosophie que nous voulons exprimer et partager et les réseaux sociaux en sont pleins. C’est parfois un peu naïf, parfois excessif, mais cela répond sans doute au besoin de partager nos émotions avec d’autres, avec d’autres compatriotes. Sans aucune consigne officielle la Marseillaise ou le drapeau français sont devenus des points de ralliement, des éléments de reconnaissance. Et c’est terrible qu’il ait fallu tant de morts, tant de sang pour que nous retrouvions cela. Il y a encore quelques mois, chanter l’hymne national était ringard, presque honteux, c’est aujourd’hui un moyen de nous reconnaître, unis, d’exprimer notre solidarité, notre attachement à nos valeurs, à notre pays. Et les messages que le monde entier nous envoie, nous renvoient l’image de ce que signifient Paris et la France dans l’Histoire du monde.
C’est impressionnant, même si cela ne réconforte en rien quand on réalise le nombre de vies fauchées comme ça, pour rien, par une douce soirée d’automne qui aurait dû être festive. Et il arrive un moment où nous sommes saturés par les infos en continu, par tous ces experts, analystes, psychologues, politiques qui viennent débiter le plus souvent des évidences sur un ton grave et en boucle. Cette manière de décortiquer les comment et pourquoi et ki et kès est indispensable bien sûr, mais à la longue, on a besoin de déconnecter, de revenir à la vie.
Parmi tous les reportages, les émissions et éditions spéciales, Libération se détache sans faire de sensationnel ou d’exclusif, mais en mettant un nom, un visage sur les victimes. « Qui sont les victimes », raconte  des vies, des vies commes les notres, avec leurs hauts, leurs bas, leurs espoirs, leurs amitiés, leur boulot, leur chômage, nous aurions pu les connaître, ils auraient pu être nos amis, nos frères, nos enfants, nous connaissions peut-être certains d’entre eux, ou quelqu’un qui connaissait quelqu’un, et puis voilà, un mari qui ne retrouvera pas sa jeune femme enceinte, des enfants dont les parents ne rentreront pas, un chargé de production qui ne reprendra pas son poste, un avocat qui ne réouvrira plus ses dossiers, un chômeur qui ne s’actualisera plus sur le site de Pôle-emploi.
Ce matin le retour à la vie « normale » laisse un goût amer, une immense tristesse.


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