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samedi 5 mars 2011

Zemmour, Guerlain, Galliano : Pète pas les plombs !


La dernière insulte à la mode ? : « Ta mère en Galliano , avec Zemmour, devant chez Guerlain ». Trois « affaires », qui toutes les trois ont à voir avec le racisme, et qui pourtant n’ont rien à voir les unes avec les autres.

John Galliano ? Ses propos, avec notamment un « j’aime Hitler » tenus dans un  café branché, alors qu’il était manifestement, et pas « à l’insu de son plein gré » dans un état second, voire tertiaire, sont racistes, antisémites, et surtout primaires, nulles, bêtes. Son employeur Dior l’a viré et c’est tant mieux. Il est parti en cure de «désintoxication » ? Il était temps ! Seul bémol, non sur le fond, indéfendable, mais sur la forme : Ses propos racistes ont été tenus non sur un plateau télé, mais dans un café et dans un cercle privé. Et cela pose quand même la question de la dérive «Big Brother» de notre société, où nous sommes tous en permanence filmés. Et le risque est que désormais les vrais racistes se tairont mais n’en penseront pas moins…
L’héritier Guerlain ? Invité pour parler de sa carrière de « nez », le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’en a pas eu, du nez, en ayant voulu faire de l’humour à trois balles, avec une phrase du style « Pour mettre au point ce parfum, j’ai travaillé comme un nègre… Si tant est qu’on puisse dire que les nègres travaillent ». C’est évidemment raciste, et surtout nul, bête, sénile. Très vite, l’intéressé a présenté ses excuses, comme France2 (Dommage quand même qu’Elise Lucet qui l’interviewait, et l’équipe du Journal de 13 heures n’aient pas eu la présence d’esprit de réagir aussitôt).Et le CSA a publié une mise en garde. Etait-il pour autant utile d’aller jeter ses flacons (vides) de parfums devant la boutique Guerlain ? La société n’est d’ailleurs plus la propriété de l’héritier de la marque.
Eric Zemmour ? N’étant pas un accro de l’émission d’Ardisson, j’ai découvert ses propos comme beaucoup par le buzz du net, donc avec déjà une oreille biaisée. Mais je comprends qu’il voulait dire quelque chose comme : « Il y a une «surreprésentation» des personnes issues de l’immigration parmi la population délinquante et notamment la population carcérale. D’où le réflexe de la police de contrôler au faciès ». Il ne pensait pas et ne disait pas que tous les arabes et tous les noirs sont des délinquants. Sa formulation était un raccourci, mais un raccourci maladroit, très incomplet. Ce qui est d’autant plus condamnable que le job d’Eric Zemmour est d’être éditorialiste, de savoir équilibrer un propos, de le mettre en perspective.
Zemmour est certainement un journaliste intelligent, cultivé dit-on, mais voilà où mène cette tendance de nos médias à vouloir faire réagir tout monde sur tout et n’importe quoi. Zemmour a une opinion sur tout, la bioéthique, les révolutions dans le monde arabe, le déficit commercial français, la tension en Corée du Nord, la sauvegarde des baleines du Pacifique. Mais derrière lui, les responsables sont ceux qui aux commandes des médias l’ont mis à toutes les sauces, cédant à l’appel du « show » au détriment du fond. Car omniprésence ne veut pas dire omniscience !
Fallait-il pour autant porter plainte contre lui, le traîner en justice ? Il me semble que non. Au contraire, il y un risque que cela desserve les discussion sur, non pas les problèmes, mais les questions de l’immigration, de l’intégration, de l’exclusion, du racisme.
Mais là où Eric Zemmour pète vraiment les plombs, c’est lorsque, furieux de sa condamnation, il se répand devant les députés UMP, en réclamant la suppression des lois qui encadrent notre très, très, très large liberté d’expression, et qui prévoient de sanctionner les propos diffamatoires, racistes, anti-sémites etc… Ces lois n’ont rien à voir avec une défense d’une pensée unique, ni du « politiquement correct ». Elles ont à voir avec la salubrité de toute démocratie, dans lesquelles la liberté et la liberté d’expression sont des droits inaliénables, MAIS… « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société, la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi ». Et c’est aussi vieux que la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789…
Trois « affaires » différentes donc, mais qui toutes les trois montrent une nouvelle fois à quel point nous sommes déboussolés. Rien n’est plus dangereux qu’une société qui ne croit plus à rien, qui a peur de tout et qui doute d’elle-même. Comparaison n’est pas raison, mais dans le pays qui dans les années 1920-1930 était le phare de la civilisation européenne, l’Allemagne, cela a donné le nazisme.
Nous vivons une e-poque formidable.

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