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samedi 9 mars 2019

Tomorrowland à l’Alpe d’Huez : Mon Dieu que la montagne est poubelle !

La montagne transformée en décor comme du carton-pâte
Vous aviez peut-être envie d’aller faire un tour en montagne ces prochains jours ? Eh! bien évitez l’Oisans et sa station phare l’Alpe d’Huez: La station  accueille en effet la première édition hivernale de Tomorrowland. Elle est même privatisée: Si vous vouliez aller juste faire une journée de ski sans passer par les forfaits ski, spectacles, hébergement du festival, vous n’êtes pas les bienvenus. Tomorrowland ? Le festival créé à Boom en Belgique depuis 2005 et qui est devenu l’évènement techno incontournable: 400 000 festivaliers l’an dernier, avec des décors incroyables et les plus grands DJ. Et une chaîne Youtube à plusieurs millions d'abonnés.
Et donc Tomorrowland Winter du 9 au 16 mars à l’Alpe d’Huez. Une première, 25 000 festivaliers attendus et paraît-il 35 000 sur la liste d’attente. Une semaine de folie avec des scènes gigantesques qu’il a fallu amener par camions par la route aux 21 tournants qui monte de Bourg d’Oisans, jusqu’à même 3330 mètres, le sommet du Pic Blanc. 
Si l’on croit les déclarations des responsables de la station, de directeurs de grands hôtels : C'est génial, pour la fréquentation avec une nouvelle clientèle internationale, prête à dépenser pour faire la fête, c’est formidable pour la notoriété internationale de la station. Même Laurent Wauquiez a décidé d’accorder 400 000 euros de subvention. Pour encourager les « acteurs des musiques actuelles » explique le Président de la région Auvergne Rhône-Alpes.
Un argument qui sonne comme une blague - belge: Manu et Michiel Beers, les deux frères belges propriétaires de l’évènement qui est devenue une entreprise employant jusqu’à 12 000 personnes et génère des dizaines de millions d’euros de revenus, ont-ils vraiment besoin de subventions !
Bien sûr, on peut comprendre la fuite en avant des responsables de stations qui cherchent de nouvelles activités, de nouveaux développements pour contrer le raccourcissement des saisons de ski, lié à l’inévitable diminution de l’enneigement et surtout à la concurrence de nouvelles destinations ensoleillées. Mais ces évènements «contre nature», contre l’environnement naturel, sont-ils la solution ? Pas sûr: Malgré la multiplication d’événements festifs, la baisse de la pratique du ski en France est régulière depuis 2012. 
Mais au lieu de proposer la ville, l'urbain à la montagne, c’est l’authenticité qui pourrait attirer: La montagne, les montagnards.
Quand on monte au Pic Blanc par ce téléphérique vertigineux, un câble porteur de 2200 mètres, sans pylône, il y a (avait) cet avertissement : « Skieurs, attention ! Ici commence le domaine de la Haute Montagne » … 
Avec Tomorrowland, la Haute montagne, environnement fragile où les hommes ne sont que des invités d’une nature qui peut être hostile, où la beauté des paysages ne peut être obtenue qu'après une certaine dose d'efforts, n’est plus qu’un décor à la Disneyland. Pourtant - sans vouloir faire injure aux plaines de Flandres autour de Boom - que la montagne est belle entre Grandes Rousses, massifs de la Meije et des Ecrins… 
Pas sûr que les festivaliers de Tomorrowland Winter en voient grand-chose. 


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