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samedi 23 mai 2020

Déconfinement et port du masque: Comment pouvons- nous être aussi crades ?

Paris est une fête ? 
On ne va pas se mentir, le port du masque c’est un peu n’importe quoi.  
Mettons à part, les équipes médicales: pour elles, avec la blouse, la visière, la charlotte, c’est l’uniforme de travail. 
Mettons également à part et sur un piédestal toutes celles et ceux qui nous servent, nous livrent, dans des camions, dans des magasins, des pharmacies, sans savoir exactement jusqu’où il faut se protéger, où commence la parano hypocondriaque, ou bien au contraire, où commence l’imprudence. Chacun a bricolé au mieux, certains ont doublé le port du masque par la mise en place de parois en plastique (au siècle dernier on appelait ça des hygiaphones, non ?).
Non, là je pense au port du masque par les autres, nous tous, le grand public. 
Ah ! c’est sûr tout le monde s’y est mis, au masque. De toute façon, il y a une telle pression sociale, même dans les endroits ouverts, non confinés, que vous êtes obligés de l’arborer. Sinon, on vous regarde méchamment, genre : « tu vas me contaminer, tu es antisocial ». 
Tout le monde s’y est mis et le masque est même devenu un accessoire de mode.
Il y a les masques « technologiques », genre Guerre des Etoiles « Je suis ton père »
Il y a les masques en museau de souris ou en groin de cochon, cela donne un côté bestiaire à nos rues.
Il y a les faits mains, les customisés et là l’imagination est au pouvoir, l’efficacité sanitaire, c’est moins sûr. 
Il y a la version « black bloc » où le masque noir rejoint la capuche ou le casque. Pas sûr que ces tenues soient destinées à promouvoir les gestes barrière dans les prochaines manifs… Et d’ailleurs que vont devenir nos lois sur le port du voile ? Burqa avec masque et gants, est-ce devenu un geste barrière ? 
Mais les masques les plus répandus, ce sont ceux dits chirurgicaux, blancs à l’intérieur, bleus à l’extérieur, et dont on glisse les attaches derrière l’oreille. Là, on voit de tout : le négligemment accroché à une oreille, ou alors baissé sur le menton, ce qui permet de fumer si possible un pétard, c’est vrai que depuis qu’on a dit que la nicotine pouvait être aussi nuisible au covid qu’aux poumons, pourquoi adopter les gestes barrière anti-cancer ? 
On avait cru comprendre que tous ces masques après 4 heures devaient être soit lavés, soit jetés. Lavés ? Comment si nous français, qui sommes connus comme étant un des peuples les plus crades de la Terre, allions brusquement être propres ? Changer son masque tous les 4 heures, se laver les mains plusieurs fois par jour, alors qu’on ne change de slips qu’une fois par semaine ? Crades, crados, voilà ce que nous sommes à l’image de nos rues encore plus sales avec tous ces masques balancés un peu partout. 
Si déjà nous apprenions à être propres, il y a fort à parier que le covid comme les rats trouveraient un terrain moins propice. 
Si déjà nous nous lavions les mains, voire même soyons fous, les slips, si déjà nous apprenions à ne pas prendre les caniveaux ou les trottoirs pour des poubelles, alors le covid aurait servi à quelque chose.
Gageons que le covid va finir par s’apaiser voire disparaître. Sans doute. Espérons. 
Mais ce qui est sûr, c'est que pour notre propreté, c’est pas gagné !

1 commentaire:

Philippe Raybaudi a dit…

Bonjour Pierre
Je découvre votre blog car je viens de "tomber" incidemment (en cherchant tout autre chose) sur votre article de 2015 sur le "fameux" Tunnel du Chambon et la fermeture de la RD1091.
Je ne l'avais pas vu passer à l'époque tant nous avions tous le nez dans le guidon avec le Collectif de citoyens pour défendre nos vallées de l'Oisans et leurs habitants.
Je suis tout à fait en phase avec votre analyse concernant le masque anticovid et la saleté des gens qui est (malheureusement) fort répandue.
Quand je pense que nos cultures "modernes" occidentales nous enseignent de nous barbouiller les fesses avec du PQ plutôt que de se les laver (à chaque fois), pendant que dans de nombreuses régions du monde (dont certaines que nous qualifions de "pays en voie de développement") tout un chacun se lave systématiquement l'arrière train : Ça me rend perplexe !
Il faut dire que j'ai eu la chance de beaucoup voyager (comme on dit "les voyages forment la jeunesse") et que j'ai adopté depuis fort longtemps ces pratiques hygiéniques forts salutaires.
Je me rappelle une fois en janvier 1990 (dans la Roumanie tout juste post-Ceaușescu) d'une réflexion d'un bon camarade roumain (médecin de son état), à propos des crottes de chiens sur nos trottoirs, qui m'avait dit amusé : "La France est un beau pays, sans les français !". Ça m'avait moyennement fait rire, je l'avoue, mais combien il avait raison.
Voilà, aujourd'hui, avec cette pandémie qui aggrave la crise sociale et économique, qui est notre lot quotidien de braves gens depuis 40 ans, IL SERAIT GRAND TEMPS que les dormeurs se réveillent, reprennent leur destiné en mains, changent de comportement et chassent beaucoup des gens-foutres qui occupent des places à responsabilités...
Mais je rêve probablement !
Philippe Raybaudi

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