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mercredi 9 décembre 2020

Football, negro : cachez ce racisme que je ne saurais voir !

 


Donc un arbitre adjoint – roumain – s’est laissé aller à des propos racistes : negro pour désigner un entraîneur adjoint noir. Scandale, décision des joueurs des deux équipes de rentrer aux vestiaires, tempête médiatique, parions que l’UEFA finira par rivaliser de déclarations martiales contre le racisme et que cet arbitre n’arbitrera plus jamais un match, en tout cas international. Et ensuite, quoi ? 

Que des instances officielles, que des gouvernements, condamnent fermement le racisme, c’est indispensable, mais est-ce suffisant ? Pensons-nous que cette condamnation fera réellement changer les sentiments de cet arbitre roumain ? Et de ces très nombreux anonymes qui dans le fond parlent de la même manière, utilisent les mêmes mots, pensent la même chose. Non. La prochaine fois, les préjugés ne seront plus exprimés à voix haute, mais mis sous le tapis. Mais soulevons le tapis, justement, et commençons par nous-mêmes, nos proches, notre entourage, nos voisins, nos compatriotes. 

Les lois, les déclarations de bonnes intentions ont-elles vraiment fait disparaître les préjugés, l’intolérance, la peur de l’Autre ? On ne le dit plus à voix haute, mais dans le fond, c’est toujours : « les noirs sont comme ceci », « les juifs sont comme cela », « les arabes comme ça »…

Dans l’(excellent) film « Get out” le héros noir va passer le week-end chez les parents de sa girl-friend, blanche, blonde. Un beau petit couple, qui démontre que, comme l’annonçait Senghor, l’avenir est au métissage. Mais le week-end se transforme en cauchemar, les parents se révélant être des sortes de vampires, mais en plus d’affreux racistes, sous des dehors ouverts et souriants : Le père adore Obama : « si il avait pu faire un troisième mandat, on aurait voté pour lui ». Un ami évalue d’un air gourmand le physique du héros, et lui demande : « Vous êtes golfeur comme Tiger Woods ? »

Alors ? 

Alors, il faudra du temps pour que si ce n’est nous, en tout cas les prochaines générations se dégagent de tous ces pré-jugés, de ces clichés. Cela passe par l’éducation bien sûr, l’école, mais Il faudrait aussi que les media, les journalistes commencent à réfléchir à la manière d’en parler, de parler. 

Le producteur de musique, Michel Zecler, tabassé par des policiers est-il noir avant d’être un producteur de musique ? « Noire n’est pas mon métier », revendique l’actrice Aïssa Maiga, un peu un écho du : « On ne naît pas femme, on le devient » de Simone de Beauvoir.

Pour inspirer nos rédactions, relisons Félix Éboué. Vous savez Éboué, qui fût le premier à rallier De Gaulle en juin 1940, qui a fait basculer le Tchad puis l’Afrique Équatoriale du côté de la France libre, le premier compagnon de la Libération. Ses cendres furent transférées au Panthéon le 20 mai 1949, le premier noir à y être honoré, bien avant Alexandre Dumas, en 2002.

D’ailleurs Éboué, le guyanais, fût souvent le premier partout. Premier gouverneur noir de la Guadeloupe, il prononça ce discours à la jeunesse guadeloupéenne en 1937, lui qui était un fan de sport et de foot : « Jouer le jeu ». « Jouer le jeu, c’est piétiner les préjugés, tous les préjugés, et apprendre à baser l’échelle des valeurs uniquement sur les critères de l’esprit. »« Jouer le jeu, c’est, par la répudiation totale des préjugés, se libérer de ce qu’une expression moderne appelle le complexe d’infériorité. C’est aimer les hommes, tous les hommes, et se dire qu’ils sont tous bâtis selon la commune mesure humaine qui est faite de qualités et de défauts. »

Jouons le jeu !

samedi 23 mai 2020

Déconfinement et port du masque: Comment pouvons- nous être aussi crades ?

Paris est une fête ? 
On ne va pas se mentir, le port du masque c’est un peu n’importe quoi.  
Mettons à part, les équipes médicales: pour elles, avec la blouse, la visière, la charlotte, c’est l’uniforme de travail. 
Mettons également à part et sur un piédestal toutes celles et ceux qui nous servent, nous livrent, dans des camions, dans des magasins, des pharmacies, sans savoir exactement jusqu’où il faut se protéger, où commence la parano hypocondriaque, ou bien au contraire, où commence l’imprudence. Chacun a bricolé au mieux, certains ont doublé le port du masque par la mise en place de parois en plastique (au siècle dernier on appelait ça des hygiaphones, non ?).
Non, là je pense au port du masque par les autres, nous tous, le grand public. 
Ah ! c’est sûr tout le monde s’y est mis, au masque. De toute façon, il y a une telle pression sociale, même dans les endroits ouverts, non confinés, que vous êtes obligés de l’arborer. Sinon, on vous regarde méchamment, genre : « tu vas me contaminer, tu es antisocial ». 
Tout le monde s’y est mis et le masque est même devenu un accessoire de mode.
Il y a les masques « technologiques », genre Guerre des Etoiles « Je suis ton père »
Il y a les masques en museau de souris ou en groin de cochon, cela donne un côté bestiaire à nos rues.
Il y a les faits mains, les customisés et là l’imagination est au pouvoir, l’efficacité sanitaire, c’est moins sûr. 
Il y a la version « black bloc » où le masque noir rejoint la capuche ou le casque. Pas sûr que ces tenues soient destinées à promouvoir les gestes barrière dans les prochaines manifs… Et d’ailleurs que vont devenir nos lois sur le port du voile ? Burqa avec masque et gants, est-ce devenu un geste barrière ? 
Mais les masques les plus répandus, ce sont ceux dits chirurgicaux, blancs à l’intérieur, bleus à l’extérieur, et dont on glisse les attaches derrière l’oreille. Là, on voit de tout : le négligemment accroché à une oreille, ou alors baissé sur le menton, ce qui permet de fumer si possible un pétard, c’est vrai que depuis qu’on a dit que la nicotine pouvait être aussi nuisible au covid qu’aux poumons, pourquoi adopter les gestes barrière anti-cancer ? 
On avait cru comprendre que tous ces masques après 4 heures devaient être soit lavés, soit jetés. Lavés ? Comment si nous français, qui sommes connus comme étant un des peuples les plus crades de la Terre, allions brusquement être propres ? Changer son masque tous les 4 heures, se laver les mains plusieurs fois par jour, alors qu’on ne change de slips qu’une fois par semaine ? Crades, crados, voilà ce que nous sommes à l’image de nos rues encore plus sales avec tous ces masques balancés un peu partout. 
Si déjà nous apprenions à être propres, il y a fort à parier que le covid comme les rats trouveraient un terrain moins propice. 
Si déjà nous nous lavions les mains, voire même soyons fous, les slips, si déjà nous apprenions à ne pas prendre les caniveaux ou les trottoirs pour des poubelles, alors le covid aurait servi à quelque chose.
Gageons que le covid va finir par s’apaiser voire disparaître. Sans doute. Espérons. 
Mais ce qui est sûr, c'est que pour notre propreté, c’est pas gagné !

samedi 7 septembre 2019

Municipales : La bataille pour Paris se trompe de combat : Il faut brûler Paris !

Municipales à Paris: En fait rien ne change !
C’est LE grand non-dit : Plus personne n’en parle. En tout cas, aucun des candidats déclarés – ou pas encore déclarés – de la bataille pour la Mairie de Paris. Personne n’affiche dans son programme la volonté de brûler Paris. Au sens figuré bien sûr. Dynamiter son cadre étriqué, qui rend impossible un vrai aménagement. 
Paris ? 2 millions d’habitants sur les 67 millions de français. Et surtout à peine 1/5 ème des habitants d’Ile de France. Paris est restée dans ses frontières de 1870 ! Vingt arrondissements autrefois entourés de murailles, aujourd’hui par le périphérique. Ce n’est plus l’ancien monde, c’est le monde d’avant l’ancien monde. Et c’est encore une fois une exception française. 
Il n’y a pas une seule capitale ou métropole en Europe qui soit restée figée comme Paris. 
Londres ? Depuis 30 ans, le greater London, 10 millions d’habitants.
Madrid ? Transformée en Communauté de Madrid.
Berlin ? C’est un Land à part entier, huit fois plus vaste que Paris, forêts et lacs baignables – oui baignables ! - entrent jusqu’au coeur de la capitale allemande, le système de transports, la politique d’aménagement y sont pensés de manière globale et non pour le seul centre de la ville. 
Car à Paris, proposer des solutions municipales aux seuls privilégiés du cœur d’agglomération conduit à mettre en avant la plantation de légumes sur les toits du Parc des expositions de la Porte de Versailles, plutôt qu’un vrai maillage espaces verts, habitat, bureaux au niveau de l’ensemble de l’agglomération. Nous en sommes encore à essayer de rattraper notre retard pour la modernisation des lignes A ou B du RER, alors que c’est tout le système de transports de l’Île de France qui est à repenser. 
Le vrai combat pour Paris serait d’en faire exploser ses limites, de la faire entrer dans notre siècle. 
Mais cela signifierait, notamment pour l’actuelle Maire de Paris, le risque de perdre son Hôtel...

jeudi 4 juillet 2019

La ligne Paris-Rome coupée par une coulée de boue : Tout un symbole ?

Paris-Rome coupée par la boue : Et on est en 2019 !
La ligne de chemin de fer entre la France et l’Italie est coupée et pour plusieurs semaines. C’est un symbole. Mais un symbole de quoi ? 
Non de la relation détestable entre les gouvernements actuels en Italie et en France. Bien sûr entre Macron, Président, et Matteo Salvini, qui - rappelons-le- n’est pas ( encore ? ) Président , mais seulement ministre de l’intérieur - il y a plus que le Mont-Blanc qui les sépare. Un fossé, une faille idéologique. 
C’est triste parce que tout le monde aime les italiens - des frères latins ? 
C’est triste et inquiétant parce que la crise dans laquelle s’enfonce l’Italie ne pourra pas ne pas nous affecter : Baisse de sa population - c’est devenu le pays le plus « vieillissant » du monde - récession économique, fragilités bancaires. 
En fait Matteo Salvini est surtout une grande gueule : tragediante-comediante. Et quelque soient les futurs éclats de voix ( de voies ?), entre Paris et Rome, la ligne ne peut être coupée. C’est comme avec l’Allemagne, nous sommes liés. 
Si la coulée de boue qui a emporté la voie ferrée est un symbole, c’est bien celui de la nécessité d’ un renforcement de nos liens, et donc d’achever la construction du Lyon-Turin. 
Faut-il que la vallée de la Romanche, le col du Lautaret, la vallée de Chamonix soient encore plus asphyxiés pour que l’on accepte l’évidence : Le train et le fer-routage, charger les camions sur les trains, comme dans le tunnel sous la Manche, sont la bonne solution pour traverser les Alpes. C’est ce que font les suisses avec le tout nouveau tunnel du Gothard - lancé après le Lyon-Turin, il est en service depuis deux ans - et bientôt les autrichiens. Même Matteo Salvini est à fond pour, comme quoi… 
Au fait, le Stromboli est entré en éruption, violente. Ça aussi, c’est un symbole: Avec sa coalition bancale au pouvoir et son économie qui flanche, les italiens dansent sur un volcan…

mercredi 26 juin 2019

#Canicule ta mère ! Episode2: En cas de cagnard, appelez Mounir.

Mais non , nous ne sommes pas en campagne électorale !
Bon, on va pas se mentir : Il fait chaud. Le cagnard. 
Pour nos amis bretons et normands - qu’on embrasse ils échappent à la vague de chaleur, il paraît même qu’il pleut chez eux !- ce terme signifie un soleil qui tape dur. D’où l’expression : on ne fait pas la montée du Ventoux en plein cagnard. Vous avez l’image ? 
Remarquez, ceux qui pratiquent l’Alpe d’Huez en été ont très certainement en tête l’image de la fameuse route et ses 21 tournants, où à midi, en « plein cagnard », l’on dépasse des cyclistes, habillés en cycliste – lycra moule-bite- qui veulent absolument « faire l’Alpe d’Huez », comme des Hinault, Pinot ou Pantani ; sauf qu’ils n’en ont pas les mollets, qu’ils mettent quatre heures pour rejoindre la station, y arrivent avec des brûlures au second degré et ont besoin au minimum de 2 semaines de ré-hydratation au CHU de La Tronche à Grenoble. 
Donc quand il fait chaud, on lève le pied, on arrose nos plantes et on hydrate nos aînés. Et pas l’inverse. 
Heureusement qu’il y a le gouvernement, les media, les maires, pour nous le rappeler. 
Et même les candidats à la mairie. Comme Mounir Mahjoubi qui fait partie des au moins 101 candidats putatifs à la Mairie de Paris. Il poste sur twitter sa campagne « Aidons nous les uns les autres face à la #canicule » où on le voit faire du porte à porte et sur les portes closes, il postit son téléphone avec un petit mot gentil … Anne Hidalgo n’a qu’à bien se tenir. 
Voilà qui est rassurant : Si la canicule peut être mortelle pour les personnes fragiles, le ridicule, lui, ne tue pas !
Alors que prendre le RER, ces jours-ci, peut être fatal. Expérience très récente : Gare du Nord, RER B, 16 h. pas de clim. Quand les portes du wagon s’ouvrent, c’est comme si l’on entrait dans un sauna, mais sans les lacs finlandais à l’extérieur. Vous avez l’image ?
Les conseils de prévention c’est louable, des équipements dignes de nous, voyageurs sans voiture, ce serait mieux. D’ici à 2024 ?

dimanche 21 avril 2019

Notre-Dame… mais pas trop !

Une catastrophe qui nous a sidérés, mais aujourd'hui n'en fait-on pas un peu trop ? 
Bien sûr Lundi soir nous étions tous stupéfaits. En moins d’une heure, Notre-Dame qui flambe et sa flèche qui s’écroule dans le brasier. Elle qui était passée entre toutes les gouttes de notre Histoire. Consternation. 
Bien sûr que pour les catholiques, c’est un choc d’autant plus fort que l’on est en pleine semaine sainte. D’où les messes, les cloches qui sonnent à l’unisson, c’est bien normal. Et même d’une autre religion, même non croyant, même athée on peut s’y associer par sympathie. 
Bien sûr qu’il faut la reconstruire : Paris sans Notre-Dame, ce serait comme la France sans Notre-Dame, l’Europe sans Notre-Dame. Le skyline de la capitale n’est plus le même, sans cette flèche, ça fait bizarre.
Bien sûr qu’on ne va pas cracher ni sur les dons ni sur les donateurs, qui se sont bousculés pour financer la reconstruction. « Privilège de l’homme blanc » comme le dit –l’excellent- Pierre Haski sur France Inter ? Opération de com’ pour milliardaires qui pratiquent l’optimisation fiscale ? « 1 milliard d’un claquement de doigt » alors que des milliers de SDF dorment dans nos rues, et qu’ils sont de plus en plus nombreux malgré les promesses électorales de l’actuel Président ? N’est-ce pas tout mélanger ? Dans ce cas-là pourquoi entretenir Versailles ? Pourquoi restaurer Angkor ? Pourquoi avoir sauvé Abou Simbel en Egypte ? Que Pinault ou Arnaud soient mécènes, ça choque mais pas Bill Gates et Waren Buffet ? 
Notre-Dame sera reconstruite. L’émotion est là, l’argent est là. Mais toutes ces émissions spéciales, ce défilé de personnalités ou non qui se découvrent tous des âmes de Paul Claudel (Oui l’auteur du « Soulier de satin », celui qui trouva la foi à Notre-Dame en 1886 « en un instant mon cœur fût touché et je crus »près du second pilier à l'entrée du choeur à droite). Et qui tous se remettent à Victor Hugo. Le livre ou la comédie musicale. On commence à saturer. 
Alors Notre-Dame, oui … mais pas trop !

dimanche 5 août 2018

Paris : Imaginons les Places de demain. Et si on s’occupait des rues d’aujourd’hui ?

A gauche, Barbès. A droite, la nouvelle Place du Panthéon. Aux mêmes heures !
C’est une vaste opération lancée depuis 2015 par la Mairie de Paris. «Donner plus de place à celles et ceux qui ont envie de vivre dans une ville plus pacifiée, avec moins de voitures et moins de stress» selon les mots d'Anne Hidalgo. Sept grandes places parisiennes vont être « réinventées » : Bastille, Fêtes, Gambetta, Italie, Madeleine, Nation et Panthéon. Justement cette dernière vient d’être achevée. Achevée est bien le mot, car à la surprise générale, et après 3 ans de concertation populaire, le nouvel aménagement laisse rêveur : Certes les voitures qui squattaient les pieds du monument ont été enlevées, mais ça en moins d’une heure les camions fourrières de la Préfecture de police le font très bien. Sinon on se dit : tout ça pour ça ? Est-ce provisoire, dans le style aire d’autoroute, revisitée bois des Landes pour faire « green » ? Bien sûr les voisins, les Grands Hommes (hommes et femmes maintenant) auxquels la Patrie est reconnaissante, et qui reposent dans les cryptes du Panthéon ne vont pas protester, mais on pourrait s’occuper des vivants, des places, rues et avenues qui concentrent le plus de population : Bastille, Nation, République, ok, mais ne l’a-t-on pas déjà fait 36 fois ? Prenons - au hasard (?) - le boulevard Barbès. C’est populaire à souhait, une des plus fortes concentrations d’habitants de Paris, mais aussi de visiteurs qui viennent y faire leurs courses, et de touristes… Eh ! oui, car au pied de la Butte Montmartre, ils sont des dizaines de milliers chaque année qui après avoir réservé leurs chambres « with view on Le Sacré-Cœur » errent comme des âmes en peine, au milieu des papiers gras, des poubelles qui débordent, des pistes cyclables qui servent plutôt de voie de dégagement à une circulation embouteillée dès les premières heures du matin : « Plz, where is Montmartre », Le Sacré-Cœur, deuxième monument le plus visité après Notre-Dame, et avant Le Louvre et la Tour-Eiffel. 
Là il n’est même pas besoin de faire une concertation, tout a déjà été demandé, réclamé, pétitionné, discuté par les habitants, les commerçants, les associations du quartier, des quartiers : Barbès, Goutte d’Or, Château-Rouge. Aujourd’hui, rien qu’à l’énoncé de ces noms, beaucoup prennent peur, alors que… 
La piétonisation du quartier de la rue Déjean et du Marché du même nom : il y a les panneaux mais on l’attend toujours. Il faudrait doubler les trottoirs de l’avenue Barbès, aux heures de pointe beaucoup de piétons sont obligés de marcher sur la chaussée, quant aux pistes cyclables, mieux vaut avoir le cœur bien accroché et la sonnette impérative ! Le même je m’en foutisme (?) semblent se retrouver à la RATP. Le métro Château-Rouge vient de rouvrir après un an et demi de travaux. Avec un mini escalator qui a été calibré pour 3 pelés et 1 tondu. Pour les personnes handicapées, les personnes avec poussettes, les escaliers vertigineux sont un vrai défi. On devrait y tourner un prochain épisode de Wild ou de Mike Horn. Et personne n’a pensé à un ascenseur ? 
A Barbès aussi et dans bien des quartiers de Paris, on a déjà « envie de vivre dans une ville plus pacifiée ». Nul n’est besoin de « donner envie ». Alors la République (la Place) peut bien attendre, les citoyens eux, c’est moins sûr.



dimanche 13 mai 2018

Et pendant ce temps-là tout le monde déteste la police ?

Désarmer la police, vraiment ? 
Agression samedi soir en plein cœur de Paris. Un mort. Un mort de trop, des blessés, des blessés de trop. Mais en quelques minutes, des policiers qui interviennent. 
C’est terrible, traumatisant. On se dit : Personne n’est à l’abri, nulle part. 
Et en même temps, on se dit : Bravo la police. 
Et quand on pense qu’il y en a qui leur balancent des cocktails molotovs en hurlant : « Tout le monde déteste la police ». 
Quand on pense qu’on les envoie à Notre-Dame-Des-Landes pour déloger les derniers zadistes qui répliquent à coups de paquets de fumier. 
Quand on pense qu’on est obligé de mobiliser 2000 policiers et gendarmes pour éviter la casse des soi-disant black blocks. 
Quand on pense à ces scènes le soir du 1° mai où Place de la Contrescarpe des « militants » armés de smartphones ou caméscopes filment des policiers qui essaient de maîtriser des casseurs, en s’approchant sous leurs nez, guettant la bavure et en hurlant : « Regardez-les, regardez comment « ils gazent » nos camarades ».
Quand on pense qu’on les envoie évacuer des facs, ou tenter de s’interposer entre les étudiants de Nanterre qui veulent passer leurs examens et ceux qui veulent les en empêcher. 
Alors on se dit qu’on a bien de la chance que policiers et gendarmes ne craquent pas, qu’ILS ne nous fassent pas de burnouts. Et on espère que ces mêmes policiers sur lesquels crachent ces « militants », seront là si par malheur un jour un fou furieux armé d’un couteau ne se jetait sur eux. Faudra-t-il un drame pour que ces jeunes et moins jeunes qui « détestent la police » se mettent à chanter avec Renaud : « J'ai embrassé un flic »

vendredi 4 août 2017

Pour 5 euros, tu as combien de Neymar ?

25 ans et déjà une biographie. A quand le tome 2 ? 

Neymar était attendu comme le messie. ( Ceci est un jeu de mots ). Et ça y est ! Il arrive, il est arrivé, il est là. A Paris, au PSG. Merci qui ? Merci Macron !
Car, c'est sûr, c’est encore un effet Macron. En quelques semaines, l’attractivité de notre pays a bondi: Les Jeux Olympiques 2024 ? A Paris ! Neymar ? Au PSG ! Les italiens ? A Saint-Nazaire. Non, là quand même il ne faut pas exagérer. Fincantieri ne fait pas rêver comme le Qatar.
Qatar ? Vous avez dit Qatar ? C’est pas ce micro-émirat pourri du fric du gaz et qui est mis au banc des nations par Trump, l’Arabie Saoudite, et autres émirats affiliés ? C’est pas eux qui sont accusés de tous les maux, de soutenir les djihadistes, d’avoir joué avec le feu de l’intégrisme musulman, de flirter avec le Grand Satan, l’Iran. Oublié tout ça: Pour 222 millions d’euros, l’argent n’a pas d’odeur.
Il paraît d’ailleurs que la star brésilienne que le PSG vient de piquer aux espagnols, va rapporter 30 millions d’euros à l’Etat chaque année, rien qu’en impôts et en charges sociales. Avec les autres recettes dérivées, en 10 ans, ça va financer la hausse du budget de l’armée. Ou la construction de nouvelles prisons. Ou de nouveaux équipements pour la police. Ou de nouveaux profs pour les classes dédoublées. Ou encore une hausse de 5 euros par mois pour les aides au logement de 500 000 étudiants.
Neymar: 25 ans. 30 millions d’euros de salaire par an. Mais dans le même temps, on trouve honteux la rémunération d’un grand chirurgien, 15 ans d’études supérieures, plus la responsabilité de tenir notre vie sous son scalpel. Et on applaudit Ruffin et les insoumis quand ils taclent ces salauds de Pinault ou Arnault, dont les choix stratégiques et le développement de leurs marques, créent des milliers d’emplois et rapportent des milliards aux caisses de l’Etat ? Ce n’est pas la même chose.
Non, c’est vrai. Ce n’est pas la même chose.

jeudi 13 juillet 2017

J.O 2024 . Expo 2025 : Paris et le désert français.

Paris a-t-elle vraiment besoin des JO pour être attractive ? 

Paris aura les Jeux. Paris a gagné. Contre ? Contre personne. Car aucune autre ville n’était candidate, à part L.A. Les habitants de Budapest ou Hambourg avaient répondu: Non merci ! Les JO semblent porter la poisse aux villes organisatrices: Athènes ou Rio, tristes précédents avec endettement et explosion des budgets.
On nous dit que Paris 2024 (ou 2028, seul petit doute) ce sera différent. On peut en douter quand on voit notre dette et notre déficit budgétaire.
On nous dit que Paris 2024 boostera l’attractivité de notre capitale. Mais est-ce nécessaire quand on a déjà la Tour Eiffel et Notre-Dame ? L’enjeu n’est pas plus de touristes mais « mieux » de touristes, qu’ils restent plus longtemps, dépensent plus et sur tout le territoire.
Et puis pourquoi encore et toujours Paris ? Cela fait 70 ans que l’on dénonce Paris et le désert français *. La concentration de nos richesses à Paris et sa région a conduit à la naissance d’une hypercapitale où tout est plus cher. Nous l’acceptons avec une sorte de fatalisme historique « parce que c’est la capitale ». L’Etat continue à surinvestir à Paris et les conditions de vie continuent à y être de plus en plus difficiles. Les infrastructures peinent à suivre. RER à bout de souffle. Manque de transports banlieues banlieues. Même les aéroports : Il suffit d’y voir la pagaille pour ces départs en vacances.
Il faudrait décentraliser, conforter d’autres métropoles. On aurait pu proposer Marseille 2024, avec une organisation régionale, associant le grand Sud-Est. Pour l’Exposition Universelle 2025, on aurait pu choisir Toulouse ou Strasbourg. Non, c’est Saclay, c’est-à-dire Paris qui est proposée.
En 1992, l’Espagne avait choisi Barcelone pour les Jeux Olympiques, Séville pour l’Expo Universelle. Permettant de restructurer et de booster ces deux villes. Et cela a marché: Comparez aujourd’hui l’image de Barcelone à celle de Marseille. Y’a pas photo. Et c’est bien dommage. Cela devrait être le contraire.  



* Paris et le désert français du géographe Jean-François Gravier, publié en 1947

dimanche 30 octobre 2016

Paris c’est magique. A Stalingrad, c’est tragique.


Et c'est avec tant de détresse humaine que nous allons faire aimer Paris ?
« Paris je t’aime ». C’est le titre d’un film commandé par la Mairie de Paris, histoire de convaincre les touristes étrangers que décidément notre capitale est la plus belle ville du monde, ou presque. Et que c’est chez nous qu’il faut venir dépenser leur argent et non à Londres, à Milan, ou en Espagne, ce qui malheureusement le cas. Les chiffres dont nous nous gargarisons- La France première destination touristique du monde – cache une autre réalité : Des millions de touristes ne font que passer chez nous, ils n’y dorment pas, ils n’y achètent pas, ils ne dépensent pas…
Et puis, voilà que l’on on rendez-vous à la Rotonde au métro Stalingrad, dans le nord de Paris. En vingt ans, la place, les bords du bassin de la Villette ont été superbement aménagés. Bars, restaurants, cinémas, centre d’arts et d’expositions - le fameux 104 n’est pas loin -. Sur l’eau, pédalos, et bientôt baignade, puisque la mairie de Paris annonce l’ouverture de grands bassins ouverts au public. A partir de l’été 2017, on pourra se baigner dans une eau qui, nous dit-on est redevenue propre, en tout cas baignable.
Mais en sortant du métro Stalingrad ou Jaurès, ce n’est pas Paris plage, Paris festif, Paris magique, mais Paris tragique. Partout des tentes, des centaines de tentes - désolé Quechua, mais ton nom ne rime plus avec évasion, camping, randonnée, mais avec pauvreté, naufrage humanitaire. Partout des abris édifiés à la hâte, des points d’eau aménagés ici ou là, des pissotières, des dizaines de pissotières, plantés en rang d’oignons, de part et d’autre de rues ou d’avenues où l’on ne voit plus les terrasses des cafés ou les devantures des commerces. Avec leurs gilets jaune fluo et leurs balais verts, les employés de la Ville de Paris essaient bien d’évacuer les ordures, de remettre un peu de propreté. Mais ils paraissent bien seuls et désemparés face à cette vague. Ici et là, des équipes d’organisations humanitaires, médecins bénévoles, travailleurs sociaux, et l’on a honte de les voir se démener. Mais c’est comme s’ils tentaient de vider la mer avec une petite cuillère. On a honte de presser le pas pour aller à son rendez-vous. Et de détourner les yeux. C’est toute la misère de notre monde actuel qui est là, la jungle non plus de Calais mais de Stalingrad. Oh ! bien sûr, on l’a vue à la télé, mais là c’est sous nos yeux, tout autour de nous.
Le gouvernement a dit que le problème serait traité la semaine prochaine. Le premier ministre depuis l’Afrique où il est en déplacement, a confirmé que les migrants de Stalingrad seraient mis à l’abri, sur le mode de ce qui a été fait à Calais, jeudi.
Mais pourquoi pas tout de suite ? Chaque heure qui passe est une heure de plus de souffrances pour ces milliers de malheureux. Chaque heure qui passe est également insupportable pour tous les habitants du quartier qui quelque soit leur bonne volonté, sont totalement dépassés. Chaque heure qui passe est une insulte à l’image de Paris.
Et on se demande mais comment en est-on arrivé là ? Et est-ce que l’on voit des scènes comparables en Allemagne, à Londres, à Barcelone ? Qui pourtant accueillent beaucoup plus de migrants que chez nous ?
Valérie Pécresse peut bien annoncer des mesures pour relancer le tourisme en Ile de France, Anne Hidalgo faire tourner des films sur Paris je t’aime. Non, personne ne peut aimer Paris dans de telles conditions, ni les parisiens, ni les touristes.
Nous visons une e-poque formidable.

mardi 4 octobre 2016

Paris est-elle toujours autant magique pour Kim Kardashian


Kim Kardashian, bague à 4 millions, et poitrine 85 E

On s’était couchés avec Kim Kardashian : « Elle ose la tenue sans culotte ». Et on se réveille avec « Kim Kardashian agressée ». Au début on se dit: On lui a volé sa petite culotte. Ou encore: C’est une nouvelle agression d’un amateur de poitrines généreuses ( 85 E « naturelles » nous dit-on) ou de fessiers généreux. Ainsi, en pleine fashion week un ex-journaliste de la télévision ukrainienne avait tenté d'embrasser ses fesses.
Mais non, c’est une agression, une vraie et là il n’y a pas de quoi rire, pistolet sur la tempe, ligotée, dépouillée de ses bijoux, il y en aurait pour près de 10 millions, comme cette bague qu’elle portait toujours au doigt d’une valeur de 3 à 4 millions. Comment on le sait ? La photo est sur son compte twitter.
Anne Hidalgo a beau réagir avec un « C’est un fait très rare », sa force de frappe médiatique n’a rien à voir: 890 000 « followers », c’est bien. Mais c’est peanuts face aux 49 millions pour Kim Kardashian West. Un tweet vengeur de la star(lette) sur son agression et il vaudra mieux éteindre la Tour Eiffel, mettre en câle sèche les bateaux mouches en attendant le retour des touristes.
Et puis est-ce un « fait très rare » ? Ces derniers mois, une berline de l’ambassade saoudienne, un homme d’affaires qatari, une star de la chanson arabe, un car de touristes chinois, et bien sûr les attentats. Toutes ces agressions n’arrangent pas nos affaires mais celles de Londres par exemple, où les touristes restent déjà plus longtemps et dépensent beaucoup plus.
C’est vraiment manque de chance: Kim Kardashian affichait son plaisir de venir à Paris et son amitié avec par exemple Olivier Rousteing, le directeur artistique de Balmain, qui en a fait avec son mari, les ambassadeurs de sa griffe. Pour l’instant elle n’a pas encore tweeté mais cela va venir évidemment puisque la star(lette) ne passe jamais plus d’une journée ou d’une nuit sans le faire. Sa réaction sur les réseaux pourra faire et défaire la réputation de Paris, plus qu’un film « Paris est magique ». Ou qu’un séjour « Tapis rouge et Nuit blanche » comme celui organisé le week end dernier pour le Président du CIO, Thomas Bach. 
Ce qui est important c’est l’image, bien sûr, mais aujourd’hui ce que veulent les touristes, ce que nous voulons, c’est moins de la magie que d’être en sécurité, ou du moins avoir l’impression que nous le sommes.
Nous vivons une e-poque formidable.


lundi 19 septembre 2016

Climat, terrorisme: Notre maison brûle.


Lancer une fausse alerte attentat, c'est comme jouer avec des allumettes
Il n’y a pas que le changement climatique. Sans être forcément passés à la salade boulgour, aux toilettes sèches  et aux pulls faits mains, nous avons tous à peu près compris qu’entre les ours blanc, les baleines et nous, nous étions tous embarqués sur le même bateau, la Terre, qui semble moins bien flotter que l’Arche de Noé d’antan, si l’on en croit la Bible tout du moins.
On met en cause le changement climatique. Par exemple pour expliquer les feux de forêts qui ont dévasté les environs de Marseille à la fin de l’été. Mais l'on oublie que la politique de prévention et d’alertes mise en place depuis 40 ans, a porté ses fruits, et qu'en France, les incendies ont été réduits des trois quarts. On parle moins de l’urbanisation galopante ou de la pression immobilière. 
Et puis, il y a les pyromanes. Et avec les pyromanes, il y a un peu de vrai et beaucoup de fantasmes, de rumeurs, amplifiés aujourd’hui avec les réseaux sociaux. Autrefois, c’était les bergers, comme en Corse, qu’on mettait en cause, puis les promoteurs immobiliers, puis encore la mafia. Aujourd’hui certains voient la main de Daesh, comme du côté de Vitrolles, un individu –patibulaire mais presque comme disait Coluche – avait été arrêté après avoir failli être lynché parce que son comportement et son allure paraissaient « supects ». Fausse alerte.
Plus tard, pour un autre départ de feu, un adolescent a été arrêté.
15 ans, il a avoué: Il voulait jouer avec un briquet, et n’avait pas mesuré les conséquences de ses jeux. Résultat : 300 hectares partis en fumée près de Luminy, sans compter les blessés parmi les pompiers.
16 ans : C’est l’âge du lycéen qui a poignardé sauvagement une de ses anciennes copines. Pendant 24 heures, les chaines info avaient laissé courir l’ambiguité : « Attaque au couteau, dans un lycée de Villefranche-sur-Saône ». Et certains y ont aussitôt vu encore l’ombre des islamistes. Et puis, non, même pas. C’est un ado, sans histoire, qui ne regrette même pas son geste et a envoyé un texto à sa victime : « J’espère que tu es morte ».
18 ans ? Quel âge ont les petits malins, pardon, les petits cons, qui ont lancé une fausse alerte à l’attentat samedi après-midi à Paris. Apparemment, ce serait des hackers, des petits Mozart de l’informatique et de la console, des geeks qui biberonnent 20 heures sur 24 h aux jeux gore, aux séries trash, aux blagues swat, à l’ultra violence virtuelle.  Et on les imagine se marrant comme des baleines devant la peur sur la ville. Là aussi c’est jouer avec le feu, parce que lorsque le prochain attentat arrivera vraiment - et nous savons, que cela va arriver, forcément - combien d’entre nous croiront que c’est un fake. Et eux, se disent, paraît-il, «fiers de leur acte».
On en fait quoi de ces jeunes? De ces hackers, de ces pyromanes, de ces jeunes femmes qui déposent des bonbonnes de gaz, de ces ados qui prennent un couteau de cuisine pour tenter de faire des morts dans la rue ? La prévention est-elle plus difficile pour que pour les feux de forêts? C’est quoi la déradicalisation pour eux ? Qu’est-ce que nous avons raté pour que nos enfants en soient là ?
Nous vivions une e-poque formidable.

dimanche 11 septembre 2016

Piétonniser les voies sur berge à Paris: Faire notre bo-bonheur ?


Les quais asphyxiés, la voie sur berge pietonnisée: La bonne décision ?
Après la rive gauche, c’est donc la rive droite de la Seine qui va devenir piétonne.
Symboliquement, c’est fort. Les voies sur berge rive droite, la voie Georges Pompidou, c’est le symbole des années 70, 1970, qui ont fait tant de mal à tant de villes françaises, avec la construction d’autoroutes, de parkings, de tours au cœur des villes. C’étaient les années béton, les années tout automobile. Comme si nous voulions nous débarrasser de nos complexes, faire moderne, rompre avec cette France en retard par rapport aux autres grands pays développés. Nous le payons encore aujourd’hui : L’arrivée de l’autoroute Porte d’Aix ou devant la Major en plein cœur de Marseille : Il a fallu des dizaines d’années pour détruire ces horreurs;  Le tunnel sous Fourvière à Lyon : Faire passer toute l’Europe sur une autoroute au cœur de la deuxième agglomération de France, le maire de l’époque Louis Pradel trouvait que cela ferait Los Angeles:  Là aussi il va falloir encore une bonne vingtaine d’années pour s’en débarrasser; Et à Paris bien sûr, la destruction des Halles, la Tour Montparnasse et les voies sur berge, la fameuse Voie Gorges Pompidou.
Depuis quelques années, on revient en arrière, on tente de panser les plaies et redonner de la place aux piétons. Cela donne souvent des résultats heureux, de belles redécouvertes de nos centres urbains. Imaginerait-on Rue de la République à Lyon, Place de la Comédie à Montpellier, les quais de Bordeaux, le Vieux-Port à Marseille rendus aux voitures ? Et puis à Paris, les anciennes voies sur berge rive gauche devant le Musée d’Orsay. Elles ont été piétonnisées. A l’époque, leur transformation avait fait hurler, on prévoyait des bouchons monstrueux. Et puis ? Et puis, non. Aujourd’hui, qui s’en plaint ? Cafés, guinguettes, promeneurs, joggeurs, vélos ont remplacé les voitures.
Ce succès justifie-t-il la décision de la Mairie de Paris de faire la même chose, rive droite ?
Ce n’est  pas sûr. Plusieurs experts, plusieurs commissions ont émis des doutes, ont pondu des rapports défavorables. Car ce ne sont pas les quais, là où se trouvent les bouquinistes, les magasins, les théâtres qui seront transformés, mais l’autoroute en contrebas. Et la circulation, forcément, se reportera sur le quai du haut ou sur d’autres voies, comme le boulevard Saint-Germain ou la rue Réaumur. Pour quelques piétons heureux, cela va faire beaucoup de riverains embouteillés. Sans parler de tous ceux qui sont obligés de traverser le centre de la capitale, et pour lesquels il n’y a aucune solution de rechange, avant ? Avant dix ans, vingt ans ? Mais Anne Hidalgo semble n’en avoir cure. Représente-t-elle le progrès face aux conservatismes, au lobby automobile ? La aussi ce n’est pas sûr.
Ce que l’on peut craindre, c’est que nous soyons en train de tomber dans un autre excès, le tout-vélo, le tout piéton, qui fait de nos centres villes des zones musées, réservées à des « happy few ».
Ce que l’on peut redouter, c’est la victoire d’une idéologie verdâtre qui considère qu’il faut gêner les automobilistes pour les convaincre d’abandonner leurs voitures. En gros : « Nous ferons votre bonheur malgré vous ». C’est très élitiste, très « bo bo », très "bo-bonheur". Et tant pis pour les millions de banlieusards.
Ce que l’on peut regretter, c’est que les voix des franciliens ne soient pas plus entendues. Mais après tout un banlieusard, ça ne vote pas pour la Mairie de Paris.
Nous vivons une e-poque formidable.

vendredi 3 juin 2016

Le zouave du Pont de l’Alma est-il politiquement correct ?

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Pour un Zizou du Pont de l'Alma

Nous avons tous les yeux et les objectifs pointés vers le zouave du pont de l’Alma, cette statue qui lorsqu’elle a les pieds dans l’eau nous indique que la Seine est en crue. Là, avec de l’eau à la taille, on sait que c’est grave, les caves du Louvre et du Musée d’Orsay menacées, les voies sur berge, le RER C fermés. Et puis que dans le reste de la région, nous avons vraiment la tête sous l’eau. Une sorte de grande saison des pluies, la chaleur en moins.
Mais les grèves en plus. Et là, chapeau pour les grévistes qui contre vents et marée, et galères climatiques, continuent vent debout leur grève, bloquant les TGV en Gare de Lyon, ou l’électricité à Saint-Nazaire. Les seuls qui semblent s’être noyés, ce sont les Nuit debout. Disparus de l’œil des médias. Il est vrai que sous tant d’eau la Place de République à Paris prend des allures de Place Saint-Marc à Venise en période d’acqua alta. Ces derniers jours à Paris, c’était Paris chaos ou KO, Paris bordel, Paris chienlit. Des passagers excédés qui descendent sur les voies de la ligne 4 du métro, des bus qui s’arrêtent au milieu du boulevard Magenta, un touriste japonais hagard qui comprend mal le mot « grève » « on strike » et qui tente de rallier la Gare du Nord, une passagère qui s’indigne de l’agressivité d’autres passagers : « on est tous dans le même bateau, ce n’est pas la peine de se mettre à se battre ». Y-a-t-il un pilote sur le bateau France ? On a l’impression que non. Dans ces dérèglements climatiques, sociaux, sociétaux, il ne manquait plus que Godzilla. Et nous avons eu Benzema et Cantona. Qui en ont profité pour enfoncer des portes ouvertes, en surfant sur une évidence: Il y a du racisme en France et des français racistes, pour régler des comptes personnels. C’est d’autant plus moche qu’au fond, c’est une réflexion qui est partagée par beaucoup : Si Benzema, comme Ben Arfa n’ont pas été sélectionnés, c’est parce qu’ils sont rebeus. Et l’on déplace les questions et les critiques sportives sur le plan sociétal, et là, on s’enfonce dans des débats aussi boueux que les eaux de la Seine autour du zouave du pont de l’Alma.
A ce propos, pourquoi un zouave ? Pourquoi un tel symbole ? Celui du colonialisme français, dans une de ses pires périodes, celui de la conquête de l’Algérie. Vite mobilisons-nous pour réclamer son remplacement. Christiane Taubira, vite, fais passer une loi à l’Assemblée ( Ah ! non, c’est vrai, elle n’est plus députée de la Guyane). Eric Cantona, vite, lance une souscription nationale, avec concert de Yannick Noah, vite mobilisons-nous pour remplacer le zouave par… , euh ! par quoi ? Par un footballeur black, blanc, beur. Troquons le zouave par Zizou, une statue en pied de celui qui in fine nous symbolise de la manière la plus positive qui soit, qui transcende nos divisions, Zinedine Zidane. Et quand tout ira mal, on ira jeter un coup d’œil au Zizou du Pont de l’Alma et l’on dira : Le Zizou a de l’eau jusqu’à la taille. Bon, allez vivement l’Euro qu’on puisse enfin se détourner de nos problèmes, avant le long tunnel politique qui nous attend, les primaires, les présidentielles.
Nous vivons une e-poque formidable

vendredi 31 juillet 2015

Les régions, c’est comme le sexe : Il vaut mieux en avoir une petite mais laborieuse, qu’une grande mais paresseuse !


Tant qu'à faire, pourquoi s'arrêter à 13 régions ?

Sur le papier, cela paraît cohérent:
En diminuant le nombre de régions, on diminue la suradministration territoriale. Et l’on crée des régions qui seront compétitives au niveau européen.
Ah! l’Europe ! C’est vraiment une brave fille qui a bon dos. On peut la mettre à toutes les sauces, elle ne peut pas se défendre. C’est pratique pour faire passer n’importe quelle réforme, y compris celle-là, qui partait peut-être d’une bonne intention mais qui va se terminer en usine à gaz technocratique.
Et nous répétons tous bêtement comme des moutons ce slogan lancé par nos dirigeants: « Il faut que la France ait des régions qui soient compétitives au niveau européen; Comme en Allemagne ou en Espagne ».
Or c’est faux ! Et on se pince de voir qu’aucun journaliste, qu’aucun homme politique de droite comme de gauche ne rétablisse la vérité.
Regardez donc une carte des 16 Länder en Allemagne. Ou des 15 communautés autonomes espagnoles. Regardez leurs dimensions : En Allemagne, la Sarre, le Schleswig-Holstein, la Thuringe, la Saxe sont plus petits que le Limousin ou  la Basse-Normandie, sans parler des villes–Etats comme Hambourg, Brême ou Berlin. C’est la même chose en Espagne, où les communautés autonomes comme les Asturies, Murcie, la Rioja et même le pays Basque sont toutes petites.
Que l’on regroupe Basse et Haute Normandie, cela paraît logique. On peut peut-être rationnaliser ici ou là. Mais créer des super régions comme Midi-Pyrénées Languedoc-Roussillon : Qui peut croire que cela sera plus « efficace ». Et puis la logique économique et géographique pour Montpellier est le dialogue avec Marseille et Lyon. S’il faut ramener Toulouse là-dedans, ça promet beaucoup d’allers-retours.
Quant à Toulouse, n’est-ce pas avec Bordeaux qu’elle devrait développer ses synergies ?  Et puis pourquoi casser ce qui marchait. Comme l’Alsace, une des régions les plus prospères de France, et qui en plus a une vraie identité. Et on la dilue dans un vaste ensemble, alors qu’un certain nombre de législations, héritées de l’époque allemande, ne sont pas les mêmes qu’en Champagne-Ardennes et même qu’en Lorraine
L’argument de la taille et de l’efficacité économique ne tient pas.
Sinon, faisons une une suggestion : Regroupons Aquitaine, Poitou charentes Limousin , Midi –Pyrénées, ça fait une. Et puis Auvergne-Rhône-Alpes, Paca, ça fait deux, et en continuant ainsi on pourrait arriver à 4 ou 5 régions. Et puis si l’on regroupait encore ces 5 régions, on  en arriverait à une seule, histoire d’être concurrentiel face aux chinois. On l’appellerait comment ? France ?
Ce n’est pas pas leur taille qui rend les Länder allemands ou les provinces espagnoles dynamiques mais plus simplement, leurs compétences, leurs pouvoirs, leurs organisations : Et sur ce plan, pour l’instant, rien n’a été décidé pour les futures régions. C’est ce qu’on appelle mettre la charrue avant les bœufs.
Découper la carte de France avec des ciseaux à bout rond, tient plus du rêve d’énarque que de l’aménagement du territoire !
Nous vivons une e-poque formidable.

mercredi 9 avril 2014

Régions : Le mythe du nombre et de la taille !


Manuel Valls propose de réduire le nombre de régions de moitié. Et tous les commentateurs applaudissent, des commentateurs, qui pour la plupart sont dans leurs bureaux parisiens, et pour lesquels le grand reportage commence au périphérique.
C'est une vieille lune qui a l'apparence de la bonne idée et de la rationalité. Mais l'efficacité des régions est-elle vraiment une question de taille?  
Prenez les exemples de l'Espagne, de l'Allemagne, de l’Italie: Le Pays-Basque n'est pas très grand, ni la Galice. La Sarre, Hambourg, Brême, ou Berlin sont des micro "Länder". Et d'ailleurs, il y a vingt ans, l'Etat de Berlin a refusé de fusionner avec le Brandebourg. En Italie existent des régions comme le Trentin Haut-Adige, le Val d’Aoste, la Vénétie, Trieste, créées pour des raisons historiques, culturelles, géographiques. Même petites en taille et en population , elles sont plus efficaces que des régions beaucoup plus grandes, comme la Sicile.
Redécouper les régions françaises, c'est prendre le risque de faire capoter la nécessaire simplification du "millefeuille" administratif, c'est perdre 40 ans de construction régionale, qui a mis en place des réseaux , des organisations régionales de transports, de gestions des lycées etc... C'est s'embarquer dans des débats sans fin. Comment regrouper Aquitaine et Midi-Pyrénées et avec quelle métropole: Toulouse ou Bordeaux ? Et faut-il fusionner Franche-Comté et Bourgogne ? Auvergne et Limousin ? Et Nantes ? Doit-elle retourner en Bretagne?  Mais quid des Pays de Loire ? 
La vraie simplification, ce sont l’émergence de métropoles et la disparition des départements. Avec par exemple, en 2015, la naissance de Lyon-métropole, deuxième métropole de France après la région parisienne. Le département du Rhône aura alors presque disparu. Et puis, il y a la question du Grand-Paris qui pose celle de l’ïle–de-France… Voilà de vrais changements en cours, qui vont apporter simplification et rationalité. Mais on comprend que Manuel Valls n'en ait pas parlé: Après les dernières élections, toutes ces futures métropoles risquent de tomber « à droite », y compris Lyon de Gérard Collomb, et Paris d’Anne Hidalgo. Gênant…
La vraie simplification, c’est d’ailleurs la suppression annoncée par le Premier Minsitre de cette fameuse clause de "compétence générale" pour les collectivités territoriales. Gênant également de rappeler que sa suppression avait été décidée sous Nicolas Sarkozy mais rétablie par ... le précédent gouvernement: Nous avons donc perdu deux ans, au moins!
Dans le même temps, en Italie, en moins d’un mois, Matteo Renzi vient d’annoncer la disparition des 110 provinces, l’équivalent des départements. Cela lui a pris un mois, et c’est prévu pour le 1 janvier 2015.  L’Italie vient aussi d’annoncer su’elle tiendrait ses engagements en matière de réduction du déficit budgétaire, tout en annonçant de substantielles baisses d’impôts.
Alors, d’accord avec Manuel Valls : Fiers d’être français, mais pourquoi ce qui est possible au-delà des Alpes, doit attendre chez nous 2017, 2021 ou 2025 ?

lundi 31 mars 2014

"Et pourtant ne sombre pas" : Delanoë, seul recours pour François Hollande ?


« Fluctuat nec mergitur » Qui vogue mais ne sombre pas : La devise de la ville de Paris va s’imposer au remaniement gouvernemental annoncé. Parce que la défaite des socialistes aux municipales est un tsunami. Et que dans la tempête, il va falloir un sacré capitaine.
Sans jeu de mots, François Hollande aura-t-il une autre solution que Bertrand Delanoë ? 
L’ancien maire de Paris peut se prévaloir d’avoir su gagner la capitale sur la droite, en 2001, et de l’avoir transmise à sa successeur désignée. Il jouit d’une certaine popularité, surtout parmi les bourgeois «bohêmes», fonctionnaires, enseignants qui sont aujourd’hui l’électorat type du PS. Il ne fait pas peur aux plus modestes, qui, eux de toute façon, sont de moins en moins nombreux à voter dans les centres villes comme Paris puisqu’ils n'ont plus les moyens d'y habiter. Il a un petit côté "vert", avec Paris-Plage ou Vélib'. Tout en ayant gouverné avec les alliés des socialistes, on dit qu’il est autoritaire: Ce qui apparaît aujourd’hui comme un atout alors qu’il est reproché à Jean-Marc Ayrault, mollesse et manque d’autorité. Contrairement à Manuel Valls, il ne heurte pas la gauche du PS et ne ferait fuir ni Cécile Dufflot ni Christiane Taubira. Et puis contrairement à Valls, il n'est pas soupçonné d’arrières-pensées présidentielles pour 2017.
Les paris sont ouverts, mais parions que l’ancien maire de Paris a de bonnes chances de se retrouver à Matignon.
Sauf si… S’il refuse ! Car franchement qu’est-ce que pourra faire  le prochain gouvernement ? Il n’y aura que du sang et des larmes, puisque depuis deux ans le gouvernement n’a pas été capable de mener les réformes indispensables. On ne sait toujours rien des 50 milliards - au moins - d’économies qui vont faire très, très mal, alors que la courbe du chômage ne s’est pas inversée, et que le déficit budgétaire est bien au-dessus de ce qui avait été promis aux autres européens, qui, eux, ont fait de sacrés efforts depuis deux ans. Pour les prochaines élections européennes, ce sera d’ailleurs un boulevard de démagogie pour les anti-européens monomaniaques qui accuseront les diktats de Bruxelles, alors que ce sont les réalités économiques qui nous les imposent. 
Et puis il y aura le troisième tour de ces élections municipales, les métropoles : Puisque ce qui est programmé, c’est la fin de communes héritées du 19 ème siècle. A Lyon, Marseille, Lille, Strasbourg, Nantes, vont naître des «métropoles» qui toutes, ont de grandes chances de ne pas être dirigées par les maires socialistes des centres villes.
Y compris à Paris, où l’élection d’Anne Hidalgo risque de n’être qu’une victoire à la Pyrrhus : La ceinture rouge de Paris étant devenue une ceinture bleue, ce serait une nouvelle giffle que le Grand Paris échappe au maire de Paris.
Delanoë aura-t-il suffisamment d‘abnégation pour vouloir affronter tous ces lendemains qui déchantent ?
Nous vivons une e-poque formidable…


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