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mardi 2 mai 2017

Touche pas à mon euro. Hands off from our euro

L'euro : un atout, un rempart, pas une faiblesse, ni un handicap.

C’est une rengaine reprise par les politiques de tout bord et pas seulement par les extrêmes: La faute à l’Europe, à Bruxelles, à l’euro ! 
Vous n’arrivez pas à trouver du boulot ? C’est la faute à l’Europe.
Les charges salariales, le RSI, l’URSAFF, les normes sanitaires, les radars tatillons, c’est la faute à Bruxelles et à ses « diktats ».
Des migrants squattent à nouveau les trottoirs et les rues près de Stalingrad ou La Chapelle à Paris ? C’est la faute à Schengen.
Nous n’arrivons pas à terminer le mois ? C’est la faute à l’euro.
Bruxelles, l’Europe, l’euro :  C’est bien pratique pour nos dirigeants politiques qui se défaussent de leurs responsabilités et de leur incapacité à nous adapter au XXI ème siècle, comme le font tous nos voisins.
Si l’Europe pouvait parler, elle nous dirait que TOUS les autres pays (ou presque) connaissent croissance et baisse du chômage. Même l’Espagne.
Et que personne n’a imposé à la France d’avoir la fiscalité qu’elle a, qui plombe l’activité des PME et des TPE.
Que si le prix de la baguette a augmenté, c’est surtout parce qu’en France, les charges sur les salaires sont parmi les plus élevées d’Europe. 
Que si les loyers sont nettement plus chers à Paris qu’à Berlin ou Bruxelles, ce n’est pas l’euro, mais le manque de logements chez nous !
L’euro nous a apporté stabilité monétaire et stabilité des prix. Mais nous n’y croyons pas.
Oubliée l’époque – sous Giscard – où l’inflation était à 2 chiffres. On appelait ça, la valse des étiquettes. Oubliées les dévaluations du Franc, tous les étés, c’était le même cinéma, la Banque de France suppliant la Bundesbank de « sauver » le franc.
Et puis n’a-t-on pas fini par l’aimer cette monnaie, ces pièces dont une face commune représente notre Europe, ce petit bout de continent qui tente de tirer son épingle du jeu dans le concert des superpuissances qui s’annonce.
L’union fait la force, alors : Touche pas à mon euro.




dimanche 12 avril 2015

En quoi la guerre des Le Pen nous intéresse-t-elle ?

c'était en avril: 1983, nous avions le Franc et les dévaluations!

C’est la haine au FN. La fille contre le père, la petite-fille contre la tante. Et tous les commentateurs d’y aller de leurs comparaisons :
Il y a la version psy pour les nuls : C’est le meurtre du père.
Il y a la version, j’étale ma culture antique: Ce sont les Atrides à Saint-Cloud.
Il y a le genre branché séries US : C’est « House of Cards sur Seine ».
Franchement, on s’en tape, non ? Que Jean-Marie soit mis sur la touche, quelle importance ?
Car, même avec lui, même avec sa relecture de l’histoire de la seconde guerre mondiale, même avec son éloge de Vichy et de Pétain, même avec son passé Algérie française, même avec ses amitiés avec l’extrême-droite, OAS, avec ceux qui faillirent renverser la République en organisant un putsch – vous vous rendez compte : Il s’en est fallu d’un cheveu, surtout d’un homme, De Gaulle, pour que notre République dont nous sommes si fiers, ne soit balayée par un « quarteron » de généraux, et que la France, patrie des droits de l’Homme, ne soit reléguée au rang d’une dictature à la Franco, aux Colonels grecs, à la Pinochet - . Eh ! bien malgré tout ça, il y a 25 % des électeurs qui votent pour le FN. Et parmi eux, forcément, d’anciens gaullistes: Il paraît qu’à Colombey-les-deux-Eglises, le Général se retourne dans sa tombe.
Bien sûr que Marine Le Pen n’est pas Hitler: D’abord, c’est une femme ( ?LOL !). 
Ensuite le FN n’obtient que 25 ou 28 % des voix, alors qu’en 1933, Hitler et le parti nazi avaient été élus avec 33 % des voix – Oui, il n’est pas nécessaire d’être majoritaire pour instaurer une dictature , il suffit que les autres soient divisés et pas droits dans leurs bottes. Quoi ? Le FN atteint 40 % dans le Vaucluse ou l’Aisne ? Ah ! Oui, quand même.
Non, plus sérieusement, on ne la voit en train de déclarer la guerre à la Russie, d’autant qu’elle trouve Poutine plutôt sympa. On ne la voit pas comme Hitler, déclencher une guerre mondiale.
En revanche, ce que l’on peut imaginer, c’est un glissement progressif de notre pays vers le repli sur soi. C’est le syndrome d’Astérix: Seuls contre le reste du monde qui est méchant, contre les allemands et les diktats de Bruxelles, les grandes invasions barbares venues de l’Est et du Sud, les chinois qui vont tous nous bouffer. Vite envoyons le Charles De Gaulle stopper les barcasses chargées de migrants, vite remettons la ligne Maginot en service – elle avait été tellement efficace pour stopper les troupes allemandes! – rétablissons le Franc – c’était tellement mieux avant l’Euro : On dévaluait tous les étés, on suppliait la Bundesbank de venir au secours du Franc, et pour éviter la fuite des capitaux hors de France, on nous interdisait de voyager avec plus de 1000 francs, 2000 francs. Ah ! Oui, c’était le bon temps. Allez un petit effort ! Tous avec le béret basque, la baguette sous le bras, et les fromages qui puent, et l’avenir de notre pays sera de n’être qu’une sorte de conservatoire des Arts et Traditions populaires de la vieille Europe, de la France de Ratatouille et autres clichés à la Disney, et les touristes du monde entier viendront nous jeter des cacahuètes.
Avec ou sans le père, c’est cela que propose le FN : Nous recroqueviller, refuser le XXI ème siècle, nous fermer à ce monde qui, oui, change tellement vite. C’est bien de cela dont il faudrait parler, dont il faudrait s’inquiéter. Et non pas de savoir si Jean-Marie déjeune toujours avec Marine le Dimanche à Saint-Cloud.
Nous vivons un e-poque formidable.

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