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jeudi 31 mai 2018

Spiderman, ce migrant que le monde entier nous envie: On n’en a pas fait un peu trop ?

Comment un média ivoirien plaisante sur notre emballement médiatique !
Zappons tous ces commentaires fielleux, fleurant bon le racisme, tous ces complotistes qui croient malgré toutes les évidences et tous les décodages que l’acte de Mamoudou Gassama est un fake, que la vidéo filmée par smartphone et qui a fait le tour du monde est un coup monté, une mise en scène, pour permettre aux sans-papiers d’être régularisés. 
Ce qu’a fait ce jeune homme, bien peu d’entre nous en auraient été capables, pas tellement sur le plan physique, quoique…, mais sur le plan du réflexe altruiste, de la détermination, de la prise de décision rapide. Tous ces pisse-froids qui trouvent quelque chose à y redire sont ceux qui lorsque quelqu’un est agressé dans une station de métro s’empressent de sortir leur smartphone ou alors de s’écarter prudemment. Mamoudou Gassama s’inscrit dans la lignée d’autres personnes exemplaires, comme par exemple le jeune Marin à Lyon il y a deux ans, grièvement blessé pour avoir pris la défense d’un couple harcelé parce qu’il s’embrassait. Aujourd’hui lourdement handicapé, son courage est aussi exemplaire. Et le Pape François qui l’a reçu à Rome, l’a cité en modèle.
Alors rien d’anormal à toutes ces félicitations pour M.Gassama.
Rien d’anormal non plus à ce que l’on régularise sa situation, qu’on l’aide sur le chemin de l’emploi, au lieu de l’envoyer en camp de rétention avant expulsion. 
Mais quel emballement médiatique ! Toutes ces émissions télés radios, qui lui ont couru après, jusqu’à faire des directs sur son entrée à la mairie, sa sortie de la caserne de pompiers : Un vrai marathon, qui comme il l’a déclaré lui-même, était épuisant, plus sans doute que son acte. 
Que même le Président de la République le félicite, un tweet par exemple, un coup de fil, parfait, mais le recevoir à l’Elysée, dans un salon doré, n’est-ce pas un peu trop ?  Mamoudou Gassama n’en demandait pas tant. 
Trop d’honneurs, tue l’honneur, et pas sûr donc qu’au bout du compte, cela aide à une meilleure compréhension du sort des migrants. 
Trop de communication tue la communication. Craignons que cela ne soit in fine pas très positif, perçu par beaucoup comme de la récupération politique. Et pas sûr que cela serve vraiment l’image du Président.

dimanche 21 juin 2015

#Sarkozy sur l’immigration: Aussi (peu) drôle qu’un #Dieudonné.


        
Fuite d'eau?
Comparer les milliers de migrants qui se noient au milieu de la Méditerranée à une fuite d’eau est … On manque de vocabulaire pour exprimer la consternation. D’ailleurs qu’est-ce qui est le plus consternant ? : L’humour à la Dieudonné ou à la Le Pen d’un ancien Président de la République qui patauge dans le caniveau ou les rires gras des spectateurs ?
Mais quelle mouche a donc piqué Sarkozy? Est-ce un signe de l’extension du domaine du moustique Tigre porteur de Chikungunya ou de la Dengue (dingue ?) ?
Tout le monde a bien compris que la campagne électorale, d’abord pour les primaires à droite, puis pour 2017, avait commencé. Tout le monde comprend la stratégie « d’assécher » le vote FN. Mais pourquoi en faire trop ? Politiquement en plus, c’est une erreur, cela permet au Président de la République d’avoir le beau rôle en appelant tout le monde à « la maîtrise ».
Tout cela alors que sous nous yeux, sous nos fenêtres, se déroule une vraie tragédie.
Ce sont des tragédies, ce que l’on voit depuis des mois, au milieu de notre belle Méditerranée qu’en temps normal les poètes aiment tant « voir danser au fond des golfes clairs », ce que l’on voit depuis des mois à Calais, ce que l’on voit depuis des semaines à Paris, boulevard de la Chapelle, ce que l’on voit depuis des jours à la frontière franco-italienne. 
C'est une tragédie, tant de vies humaines noyées devant nos caméras. 
C’est une tragédie qui donne envie de pleurer, pas de rire. Et c’est une honte pour notre pays, pour l’Europe, pour nous tous.
C’est une honte que notre gouvernement fasse preuve d’une telle impréparation: 10 000 places d’accueil annoncées par le Ministre de l’intérieur ? Mais l’Allemagne en a fait déjà 10 fois plus.
C’est une honte de laisser l’Italie ou la Grèce, seules face à cet afflux de réfugiés. Au lieu de s’attaquer à Nutella, c’est quand le sommet européen pour réellement intervenir tous ensembles, les 28 pays de l’Union ? Et l’on pourrait même d’ailleurs essayer de mobiliser aussi,  la Norvège, la Suisse, la Turquie…
C’est une honte aujourd’hui de ne pas reconnaître et assumer nos responsabilités, par exemple, en Libye, où ni Cameron, ni Sarkozy ne se sont préoccupés de l’ « après », l’après Kadhafi, exactement comme il y a 15 ans en Irak, le américains n’avaient pas prévu l’après Saddam. Nous avons foutu un beau bordel, alors le moins que nous puissions faire aujourd’hui ce serait de ne pas rigoler des incendies que nous avons allumés.
Contrairement aux propos obsessionnellement anti-arabes d’une Marine Le Pen, qui au moment du Printemps Tunisien, prévoyait une marée d’immigrants maghrébins, les réfugiés qui viennent se noyer au large de nos côtes, viennent du Soudan, d’Erythrée, de Syrie, d’Irak. Alors vous faîtes quoi ? Vous les renvoyez où ?
Il y a l’urgence. Une urgence humanitaire sur laquelle personne ne peut faire de l’humour. Et puis, il y a le court, moyen et long terme. Et là, ce n’est pas avec moins d’Europe, mais avec plus d’Europe que nous pourrons trouver des solutions, qui comporteront bien sûr des moyens de contrôle accrus, la lutte contre les trafiquants, et sans doute aller attaquer le mal à la source.
Il ne s’agit pas d’accueillir toute la misère du monde. Mais il s’agit face à l’urgence d’être fidèles à nos valeurs, à notre histoire, et justement, tiens, à l’héritage chrétien de l’Europe. Car il paraît qu’il fût un temps où les pauvres et les persécutés pouvaient frapper à la porte d’une église ou d’un couvent et y trouver protection et asile. Et aujourd’hui, que faisons-nous ? Nous fermons nos portes, nos fenêtres, nos cœurs, par peur de l’invasion, par peur du « grand remplacement ».
Tout cela ne donne pas envie de faire de l’humour.
Nous vivons une e-poque (pas si ) formidable.

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