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mardi 31 décembre 2019

Vœux présidentiels : Macron peut-il faire bouger les lignes ? Ok boomer !


Qui attend quelque chose de l'allocution présidentielle ?
Macron peut-il faire bouger les lignes ? Depuis 24 heures, les journalistes font semblant de se poser cette question, histoire de créer un ( faux ) suspens, histoire de meubler les heures (heurts ?)  qui nous séparent de 2020. 
Mais à question à la con (si, si !) , réponse à la con. 
Donc :
Ce soir à 20 h20, aussitôt terminés les vœux présidentiels – ce sera vers 20 h20, car on nous annonce un discours court, mais comme Emmanuel Macron ne sait pas faire court, ce ne sera pas 10 mn, mais 15 ou 20mn - , les français descendront dans les rues en masse pour chanter les louanges du Président. Les cloches des églises se mettront à sonner, la Tour Eiffel dansera sur ses pieds, la classe politique unanime saluera la nouvelle ère qui s’ouvrira ce soir, Mélenchon verra dans Manu le nouveau Bolivar, Ruffin confiera que son admiration pour le Président de la République remonte à plus de 20 ans, lorsqu’il étudiait à la Providence - ce collège bourge catho d’Amiens - où il avait croisé le jeune Macron de 4 ans son cadet ! Jérôme Gonzalez en larmes présentera les excuses des gilets jaunes, Philippe Martinez appellera à la fin de la grève, les trains se remettront à rouler, les métros à circuler jusqu’au bout de la nuit . Tu parles ! Ok boomer.
Évidemment que cette allocution ne servira à rien. Mais, c’est un exercice obligatoire , même si inutile et convenue ; convenues comme le seront toutes les réactions. 
Les marcheurs trouveront que le Président a été jupitérien, tous les autres n’auront pas suffisamment de fiel pour brocarder le Président des riches qui n’entend pas le mécontentement populaire . 
Nous commencerons donc 2020, comme nous avons terminé 2019 : à pied. 
Ok boomer !

dimanche 8 septembre 2019

Iran, climat,Trump : Que reste-t-il du G7 d’Emmanuel Macron ?

A défaut de dominer le monde, la France sait recevoir, ça c'est sûr !
Souvenez-vous: C’était il y a quoi ? Même pas 15 jours. Les commentatrices/teurs les plus anti-Macron ( si, si, ça existe ! ) s’extasiaient: Quel talent ce Président ! En 2 promenades sur la plage de Biarritz et une réception à l’Hôtel du Palais, il avait remis la France à sa place dans le monde. Peut-être pas en première place, mais en tout cas, dans le carré de tête. La France habile, diplomate, capable de réconcilier les positions irréconciliables. Un peu comme en 1938 à Munich... Euh ! non, là, mauvaise comparaison, mais passons. 
Donc à Biarritz, le coup de maître, qui a bluffé tous les commentatrices/teurs : L’arrivée surprise du ministre des affaires étrangères iranien. Bien sûr, il n’a vu personne, à peine l’aéroport. Enfin si : il a vu les français qu’il avait déjà vus deux jours avant à Paris. Mais l’on guettait la réaction des américains, le tweet vengeur de Donald Trump, qui aurait douché tous les espoirs, genre : « Melania, fais ta valise, on rentre à Washington ». Et puis, rien ! Alors, alléluia ! tout le monde d’imaginer déjà un sommet de Paris, où l’on verrait Trump embrasser le Président Rohani. Chapeau Macron, France is back. 
Et puis. 
Et puis rien. Au contraire : L’Iran annonce la mise en route de centrifugeuses avancées pour augmenter son stock d’uranium enrichi. Les États-Unis durcissent encore leurs pressions pour empêcher toute exportation clandestine de pétrole par Téhéran. Et à la frontière entre le Liban et Israël, où sévit le Hezbollah, marionnette des iraniens, les « incidents » se multiplient.
Bref, la seule chose qui va nous éviter une guerre, c’est sans doute qu’en période électorale, ce n’est pas terrible pour un Président américain d’en déclencher une, de guerre.
Que reste-t-il du G7 de Biarritz ? Peut-être la découverte par Melania Trump des vins français ( dixit son mari en conférence de presse) Remarquez, rien que ça, ça ne serait pas si mal. Cheers !

vendredi 30 août 2019

Pendant ce temps-là en Guyane...

L'orpaillage clandestin, un fléau encore plus grave pour l'environnement
Les incendies en Amazonie, on n’en parle déjà presque plus. 
Il faut dire que beaucoup ont eu le sentiment de s’être fait enfumer. 
Non ! L’Amazonie n’est pas le poumon de la planète. Et en Afrique, les incendies sont bien pires. 
Et puis, même si le Président actuel du Brésil est - comme dire poliment - folklorique ? Fascisant ? émettre des idées comme « L’Amazonie appartient à l’humanité », ça passe mal dans un pays qui est loin d’être une république bananière.
Pendant ce temps-là, dimanche dernier, chez nous, en Guyane, la crique Bagot était encore souillée par l'orpaillage illégal, empoisonnée par cyanure et mercure. Vous ne connaissez pas la crique Bagot ? C’est bien dommage… La crique Bagot se jette dans la rivière Comté. Un petit coin de paradis pour les habitants de Cayenne. Le week-end, c’est une destination détente, on y va pêcher, déjeuner, se baigner. 
Mais la Guyane est mise à sac par les chercheurs d’or clandestins venus du Brésil. Les indiens ou les autres populations qui vivent sur les rivières et fleuves, qui en mangent les poissons, en boivent l’eau sont empoisonnés par la pollution. Ils sont bousculés par des milices violentes, armées, qui s’en prennent même aux gendarmes et aux militaires. 
Mettre fin à ce pillage, voilà le vrai combat pour la protection de l’Amazonie. 
Mais sans forcément vouloir la mettre sous cloche. 
Comme l’explique le sénateur de Guyane, Georges Patient : On a l’impression que, faute de mener ces combats écologiques dans l’hexagone, on utilise la Guyane. Maintenant, c’est Montagne d’Or (un projet de mine d’or légale, contestée par les écologistes) après, ce sera le pétrole. Mais alors que la situation économique continue de s’enliser, que va-t-on faire des 40.000 chômeurs ? 
Si les généreux donateurs comme LVMH qui avait annoncé vouloir verser 10 millions pour l’Amazonie, souhaitent réellement être utiles, qu’ils s’investissent en Guyane. Il existe même là-bas le parc national amazonien, qui protège la moitié de ce territoire, ce qui en fait, de fait, le plus grand parc naturel français. Et qui a besoin de moyens. 
Charité bien ordonnée commence par soi-même, non ? 

jeudi 11 juillet 2019

LREM : Comment tout faire pour tenter le diable et ne pas gagner une élection.

La République en Marche peut-elle perdre Paris ?
La République en Marche et son marcheur en chef, le Président, font-ils exprès de tout faire pour perdre des élections qui sur le papier, ne paraissent pourtant pas trop difficiles à gagner. 
Comme si, pas encore remis de la divine surprise de leurs victoires d’il y a deux ans, les marcheurs tentaient le diable pour voir s’ils auront de la chance une nouvelle fois. 
Ainsi, le dernier épisode de qui veut gagner la Mairie de Paris : Pourquoi choisir Benjamin Griveaux, qui semble le moins bien placé pour battre Anne Hidalgo, alors que la mairie de Paris, avec son électorat très start-up nation, semble prenable ? On dit que c’est un ami du Président. Certes, c’est une bonne référence sur un CV pour solliciter un job dans une grande société, mais devant les électeurs ? 
C’est comme pour Nathalie Loiseau , certainement quelqu’un de très bien, mais était-elle la personne la plus charismatique, la manager d’équipe, genre Yannick Noah pour la Coupe Davis pour diriger une campagne emblématique des chantiers du Président, de sa volonté de faire bouger l’Europe ? Le résultat des européennes, pas vraiment une défaite, mais pas non plus une victoire, apporte la réponse : Non. Et il y a bien eu erreur de casting. 
C’est comme pour la consternante polémique au sujet des frais de bouche de de Rugy lorsqu’il était Président de l’Assemblée Nationale. Les accusations émanent évidemment de personnes mal intentionnées, mais elles reposent semble-t-il sur des faits, des dîners, qui paraissent déplacés et dont on espère qu’il pourra en apporter toutes les justifications. 
Il paraît que le Président garde toute sa confiance en son ministre. Certes. Mais cela ne peut qu’écorner un peu plus son image de modernisateur et moralisateur de la vie politique. 
A croire qu’il aime jouer à tenter le diable. Et en ce qui concerne les prochaines présidentielles, le diable s’habille en Le Pen ou en Maréchal.

mercredi 16 janvier 2019

Emmanuel Macron : On achève bien les chevaux !

Emmanuel Macron, Marathon man !
Trop fort ! 7 heures de stand-up devant six cents maires de Normandie. Panique à bord des chaînes infos qui avaient programmé des lives. Elles s'attendaient à une ou deux heures de retransmission, mais là, 7 heures d'antenne, sans pub ! Bonjour le manque à gagner. Et puis tous ces experts, chroniqueurs, analystes qui avaient été mobilisés pour réagir à la parole présidentielle, et qui les uns et les autres ont dû se rabattre sur des belotes, des pokers ( strip pokers ? En tout cas le Président lui a fini par tomber la veste, s'il avait continué 2 heures de plus, on se demande en quelle tenue il aurait terminé !) Oups, redevenons sérieux : En tout cas, vers 11 heures du soir, ils n'étaient plus que 2 ou 3 à répéter les yeux un peu exorbités : Du jamais vu, du jamais vu ! Et puis comment résumer 7 heures de débat en 1mn30 ? Même avec des flopées de stagiaires, ressortir 5 phrases marquantes, compliqué !
A un moment on s'est dit : Il a fait un pari avec Brigitte : Je tiens 7 heures sans pause pipi !  Nous voilà rassurés sur la prostate présidentielle. Ou encore avec Jean-Luc (Mélenchon) : « Tu vas voir, je vais faire mieux que Fidel Castro mais sans verre de rhum !». Ou encore avec Marine : « On se retrouve pour l'after ?»
On se serait cru dans un remake normand de « on achève bien les chevaux ! » vous savez ce film extraordinaire devenu culte de Sidney Pollackmettant en scène ces marathons de danse organisés pendant la grande crise aux Etats-Unis exploitant la misère des millions de chômeurs en leur promettant une récompense s'ils gagnaient ces épreuves inhumaines. Sauf que hier, il n'y avait pas Jane Fonda (Marianne, peut-être ?)et que la crise en France n'est quand même pas comparable à la crise de 1929 aux Etats-Unis. A moins que ...
A moins que nos amis anglais ne s'enfoncent encore plus dans le brouillard. Pendant que Macron tombait la veste, aux Communes Theresa May s'en prenait une, de veste. La voilà habillée pour plusieurs hivers ... Winter is coming !La crise arrive sous la forme d'un hard Brexit qui serait une très mauvaise affaire pour les anglais d'abord, pour nous par ricochet. 
Et puis si aux Etats-Unis, Trump continue sur la même pente, à déclarer la guerre économique à tout le monde, à commencer par ses alliés, son administration ou la Banque centrale, c'est moins de nos ronds-points gilets jaunes que de l'Ouest que risquent de venir les vents mauvais. 
2019, remake de 1929 ?


 

mardi 1 janvier 2019

Communication d’Emmanuel Macron : En progrès, mais …

Voeux du Président: Debout, plus court, moins de philo. Sur la forme c'était mieux. Non ? 
Vous avez vu ? IL a lu mes conseils… Qui IL ? Le Président ! Si, si. Il n’y a pas d’autres explications, car souvenez-vous l’année dernière - en 2018 – que d’allocutions, discours, interviews calamiteux. Ainsi qui avait eu cette idée pour le moins zarbi de le faire réagir aux premières poussées des gilets jaunes, aux demandes sur le prix des carburants depuis le porte-avions Charles De Gaulle ?  Avec des rafales en toile de fond, des avions qui consomment sensiblement plus que 10 litres au 100 ! C’est bien de cajoler nos forces armées dont on mesure tous les jours l’engagement pour nous protéger des menaces qui continuent à nous menacer, mais pas à ce moment-là !  
Et puis il faut éviter les directs. Pour « cadrer » son temps de parole, et éviter les saillies philosophiques qu’affectionne – semble-t-il – particulièrement l’ancien collaborateur de Paul Ricoeur. Oui, parce qu’on dit « Emmanuel Macron, banquier », mais il ne l’a été que 2 ans. Alors qu’il a été beaucoup plus longtemps plongé dans le travail de Paul Ricoeur, un des plus grands philosophes français de la fin du XXème siècle. 
Evidemment il est plus sexy de vendre Macron, « Président des banquiers », plutôt que « Macron Président de l’herméneutique » ( ?). «C’est seulement dans un conflit des herméneutiques rivales que nous apercevons quelque chose de l’être interprété» est-il écrit en accueil du site du fonds Ricoeur, une pensée en action. Pour être franc, on ne percute pas immédiatement, il faudrait sans doute un Fabrice Lucchini, pour nous rendre plus intelligents et nous décortiquer ces textes, mais on sent que c’est du lourd. 
D’où sans doute la tentation d’Emmanuel Macron de nous infliger des grandes envolées sur l’épistémologie. On sent qu’il est toujours à deux doigts d’une rechute. On craint le pire pour la lettre qu’il annonce vouloir nous envoyer. Une lettre ? Est-ce une si bonne idée ? Déjà avec le prix du timbre qui augmente, une lettre pour chacun des français, on va encore dire qu’IL se goberge avec notre argent. 
Et puis Emmanuel Macron devrait s’inspirer des démagos qui font le buzz ces derniers mois. Comme Trump, qui communique par tweets. C’est bien car ça oblige à aller droit au but. Ce qui n’exclue pas la philosophie : « Je pense donc je suis ». N’est-ce pas un tweet formidable ? Bon, d’accord, ce n’est pas du Trump, mais du Descartes. Mais cela fait 4 siècles qu’on commente cette phrase. 

dimanche 30 décembre 2018

Derniers conseils en com’ avant la fin (du mandat ? du monde ? non, de l’année !)

Faire peuple et campagne surtout quand on est un grand bourgeois: Ça marche depuis toujours !
Monsieur le Président, vous êtes sur le point d’enregistrer votre message de fin d’année, vos voeux pour 2019. C’est peut-être déjà fait. Ce serait dommage, car alors vous ne tiendriez pas compte de mes conseils avisés. 
Je répète les 3 principes à suivre pour que l’on se remette à écouter les messages présidentiels :
1- Faire court 2- Faire simple (mais pas simpliste) 3- Du concret pas de philo. 
Ensuite il y a le fond. 
Pas le contenu du discours (franchement que pourriez-vous nous dire qui ne soit pas mal interprété ou qui ne vous revienne pas en pleine gueule comme un boomerang ?) mais le fond, au sens de décor. 
Bien sûr, évitez l’ambiance feu de cheminée avec Brigitte à vos côtés. C’est du déjà vu, et l’on sait que ça s’est mal terminé pour le Président de la République de l’époque Valéry Giscard d’Estaing.
Evitez aussi l’ambiance De Gaulle, genre salle des fêtes de l’Elysée, avec dorures, tentures et rideaux. D’abord, elle est en réparation (la salle des fêtes). Ensuite il n’est peut-être pas utile de rappeler que les travaux, certes indispensables, vont coûter 500 000 euros. Ça ferait encore dire : Il se goberge avec notre argent. Comme si vous alliez emporter avec vous les rideaux, la vaisselle ou les petites cuillères quand vous quitterez le Palais présidentiel !
Saint-Tropez où vous passez des vacances ? Mauvais plan, tout comme la montagne : ça fait Président des riches. Le Touquet, idem… La Lanterne, ça fait Versailles. Brégançon ? Même en cette saison, on vous ressortirait la piscine. 
C’est bête que vous ne fassiez pas comme vos prédécesseurs : L’Île Maurice ou la Mamounia à Marrakech, aux frais de la Princesse, c’est-à-dire aux nôtres. Curieux. A l’époque, on ne trouvait pas que ça faisait banquier.
Sinon, il reste le genre campagne française, avec un village blotti autour de son église. Ça aussi c’est du déjà vu. En 1981, ça avait marché… Mais il est vrai qu’en 81, vous n’étiez encore qu’un bébé. Et les gilets de sécurité n’étaient pas encore obligatoires dans le coffre des voitures.


mardi 11 décembre 2018

Conseils en com’ (suite) à Emmanuel Macron : Président encore un effort !

C'est vrai que le côté "premier de la classe", ça peut énerver.
Vous avez vu ? Ou entendu, hier soir ? Apparemment oui, puisque nous étions 23 millions suspendus aux lèvres du Président de la République. Plus que pour la finale du Mondial ! 
Et alors ? Vous n’avez rien remarqué : Il a suivi mes conseils. Il avait –sans nul doute - lu mon blog d’hier, et mes 3 conseils en com’. Le Président a fait plus court, plus simple, et plus concret avec juste ce qu’il faut de storytelling.
Résultat: Pour une fois, il a été plutôt écouté.  Bien sûr, il y aura toujours les frustrés du Grand Soir, qui appellent encore à l’insurrection populaire, mais il semblerait bien que l’on puisse entrevoir le début du commencement d’un bout d’amorce de discussions. Ouf ! Noël approchant...
Mais s’il y a du mieux, la prestation du Président est encore loin d’être parfaite. Et là encore nous ne parlons que de la forme. 
Sauf votre respect, Président, qu’est-ce que vous jouez mal ! Si vous voulez toucher notre cœur en nous confiant que vous êtes sincèrement désolé que certaines de vos paroles aient pu blesser, il faut y mettre plus de cœur, justement. Un peu comme Gérard Philippe dans les stances du Cid. – Pour celles et ceux qui comme moi n’ont pas eu la chance de voir jouer ce sommet du théâtre français, vite un petit coup d’internet. Youtube pour ne pas citer un GAFA (!). Et là on est transportés, on y croit : « Je demeure immobile et mon âme abattue cède au coup qui me tue ». On sait bien que Gérard Philippe n’est pas un chevalier espagnol du Moyen-Age écartelé entre son devoir et son amour. Mais on y croit. Sans atteindre de tel sommet, vous avez encore des progrès à faire. 
Et là on ne comprend pas. On nous avait raconté que le jeune Emmanuel avait suivi des cours de théâtre donnés par une professeure prénommée Brigitte ? On nous aurait menti ? Même par rapport à d’autre politiques, vous êtes encore très, très loin des performances, d’un Le Pen quand il appelle Jeanne (d’Arc) à bouter les arabes hors de France ou d’un Mélenchon quand il fait rempart de son corps pour bouter un juge hors de son bureau. Ces deux-là, c’est du niveau César ou Oscar. 
Alors un nouveau conseil : Reprenez les cours de théâtre. Par exemple, avec un coach choisi parmi les nombreux talents que comptent les scènes françaises. Il y a des monstres comme Depardieu, capable de tout jouer depuis Jean Valjean jusqu’à Christophe Colomb, ou alors Clavier, c’est un peu comparable, entre les bronzés, Astérix et Napoléon. Mais pourquoi pas Line Renaud ? Elle est formidable, elle plaît à toutes les générations, elle vient du Nord, mais est passée par Vegas et en plus elle faisait partie de votre fanclub de la première heure. 
Je plaisante, je plaisante, mais mine de rien, être capable de montrer un peu plus d’empathie, de se déboutonner pour prouver que l’on n’est pas seulement un technocrate froid comme un algorithme boursier, cela devrait se révéler utile dans les semaines qui viennent. 


jeudi 27 septembre 2018

Pour en finir avec …la disruption !

Karl Marx était-il disruptif sans le savoir ? 

Ah ! si Karl Marx avait connu le mot disruptif… il aurait été « content manager » ou professeur de marketing ou publicitaire ou même Président de la République. 
Ainsi pendant sa campagne, Emmanuel Macron avait présenté son programme comme disruptif. Et il a été élu. L’aurait-il été s’il s’était présenté comme révolutionnaire ou simplement réformateur ? 
Aujourd’hui les PDG des grandes entreprises expliquent qu’ils vont disrupter leurs secteurs. Les media lancent des « concepts » d’émissions disruptifs. Des invités ou des chroniqueurs comme Charles Consigny ou Eric Zemmour sont présentés comme disruptifs. 
Si l’on regarde dans le dico, on lit que le premier sens de disruption signifie "rupture" ou "fracture". Très utilisée en géologie. Et c’est là que les gourous du marketing interviennent et notamment le Président d’une des plus grandes agences mondiales de pub. Il est le premier à avoir publié un livre définitif sur la disruption. Et en 1992, de manière très classique et peu disruptive, il a même pris la précaution de déposer la marque. 
Même si l’on ne comprend pas trop ce que veut dire disrupter, c’est-à-dire  "fracasser » la grande distribution ou la vente de pizza, tout le monde emploie le terme. Bien sûr, on va vous expliquer que la « disruption » est un concept novateur, qui décrit une « stratégie d’innovation par la remise en question des formes généralement pratiquées sur un marché, pour accoucher d’une « vision », créatrice de produits ou de services radicalement innovants » (cf Jean-Marie Dru, le publicitaire mentionné plus haut). C’est un peu du charabia pour simplement expliquer que tout bouleversement technologique - et internet, le web, le numérique, la réalité virtuelle, l’intelligence artificielle etc… en sont - , modifie en profondeur les habitudes de pensée, les relations aux autres, les modes de production. C’est aussi bête que la découverte du feu, de l’imprimerie, ou du chemin de fer.
Mais soyez crédibles, dîtes disruption, et non bouleversement ou révolution. Car force est de constater que le marketing et les médias ont imposé ce mot qui peut être désormais utilisé dans n'importe quel contexte au lieu de "changer" ou "transformer".
Comme toute mode, celle de la disruption passera, et l’on en reviendra aux fondamentaux. Et l’on redécouvrira qu’avant d’être « disruptif », de « penser différemment », il faudrait commencer par penser.

mardi 11 septembre 2018

Emmanuel Macron : ATD Quart Monde et en même temps Richard Ferrand.

Le Président chez AtD: On verra dans 3 jours si cette visite a servi à quelque chose.
En cette rentrée de septembre, le Président envoie des signaux contradictoires qui empêchent de savoir si l’on est en marche et si oui, vers quoi.
Prenez la nomination – élection de Richard Ferrand comme Président de l’Assemblée Nationale. Bon, sur le papier c’est un poste important. En fait, ce poste est plus prestigieux qu’important, et l’Hôtel de Lassay, la résidence du Président de l’Assemblée, c’est beaucoup mieux qu’un appart de fonction Quai Branly ou un immeuble de bureaux au Mans. On dit que cette élection était souhaitée par Emmanuel Macron pour récompenser un fidèle. Mais ce ne sont que des on dit, parce que ce qui agace beaucoup de journalistes, c’est que pour l’instant, le petit cercle ayant accès aux confidences présidentielles, c’est terminé, comme d’ailleurs les « fuites » émanant de tels ou tels collaborateurs. 
Mais admettons. Est-ce si choquant ? Vous vouliez quoi ? Que le Président ne s’entoure que de personnes qu’il ne connaîtrait pas, avec lesquelles il n’aurait jamais travaillé ? Qu’il évite soigneusement de faire appel à des fidèles ? 
Donc Richard Ferrand. Mais en même temps espérons qu’Emmanuel Macron est sûr de son coup. Parce que si au moment où l’Assemblée se prépare à débattre de réformes compliquées, Richard Ferrand devait trainer l’histoire de l’immeuble des Mutuelles de Bretagne, comme des boulets, ce serait vraiment une bêtise. 
Bien sûr le parquet de Brest a classé l’affaire sans suite. Mais Anticor ayant déposé une nouvelle plainte, une nouvelle instruction a été ouverte. On appelle ça, une épée de Damoclès. C’est sans doute injuste, tout le monde devant être présumé innocent, mais cela n’empêche pas les commentaires, genre : Ah ! c’est beau ce nouveau monde qui ressemble tant à l’ancien. Et on récompense les copains, voir les coquins. Président des riches, va !
Et puis on apprend qu’au même moment, Emmanuel Macron passait l’après-midi dans un centre d’hébergement d’ATD Quart-Monde. Auprès des plus pauvres. Histoire de s’afficher ? Pas du tout. Sans prévenir les media, pas de petites phrases, ni d’éléments de langage. Il est allé rencontrer, discuter. Dans 3 jours, doit être annoncé un plan de lutte contre la pauvreté. On verra bien alors si cette visite a été d’une quelconque utilité. 
Macron-Ferrand, Macron-AtD Quart Monde : Lequel est le bon ? 

lundi 11 juin 2018

Trump-vs Le Monde: Match très nul au G7

Le Canada, en guerre contre les Etats-Unis? Les Simpsons l'avaient imaginé, mais c'était pour rire!

« Soyons sérieux et dignes de nos peuples. Nous nous engageons et nous tenons ». 
Emmanuel Macron a bien raison : Après l’humiliant match-nul 1-1 France-Etats-Unis, il vaut mieux rester digne en partant au mondial de foot en Russie. Parce que l’équipe US de foot, ce n’est pas le Pérou. Dans tous les sens de l'expression - et d’ailleurs la rencontre France-Pérou, ce sera le 21 juin. On s’attendait à un score honorable, genre 7 à 0 pour les bleus. Eh ! bien non. Match nul, et même, il s’en est failli de 10 mn pour que les américains ne battent l’équipe de France. 
« Soyons sérieux ».
C’est comme pour le sommet du G7. Les 6, Macron en tête annonçaient au pire un communiqué final filandreux et bien diplo, avec des formules tellement alambiquées qu’on n’y comprend rien, mais c’est fait pour. Et là, d’un tweet, tacle de Donald Trump. Un mauvais tacle, bien vicieux, glissé. Qui mériterait au moins une pénalité, un carton rouge. Mais le problème c’est qu’il n’y a plus d’arbitre sur la scène internationale. 
La Russie rigole. A chaque croche-pied de Trump contre ses « alliés européens », c’est un peu plus de Crimée annexée, et le prix du pétrole qui grimpe. 
La Chine se frotte les mains. Et à 1 milliard 300 millions de chinois, cela fait beaucoup de mains qui se frottent. A chaque nouvel embargo contre l’Iran, c’est un peu plus de pétrole pas cher et un nouveau marché qui s’ouvre. 
Les canadiens croient vivre un mauvais épisode des « Simpsons » qui, c’était prémonitoire, imaginaient déjà une guerre entre le Canada et les Etats-Unis. Quant aux européens, il se demandent encore si c’est mieux d’être tout seul dans le vaste monde ou à 2, à 3, à 6, ou à 25… 
Et pendant ce temps-là, Donald Trump va faire ami-ami avec rocket-man, son ex-pire ennemi. Peut-être que dans 6 mois, le Président américain ira se recueillir au mausolée de l’ayatollah Khomeiny ? 
Décidément par les temps qui courent, avec Trump, mieux vaut être son ennemi que de ses amis. 
" Restons dignes ": Allez, bon mondial en Russie, que nous boycottons depuis 3 ans !


jeudi 31 mai 2018

Spiderman, ce migrant que le monde entier nous envie: On n’en a pas fait un peu trop ?

Comment un média ivoirien plaisante sur notre emballement médiatique !
Zappons tous ces commentaires fielleux, fleurant bon le racisme, tous ces complotistes qui croient malgré toutes les évidences et tous les décodages que l’acte de Mamoudou Gassama est un fake, que la vidéo filmée par smartphone et qui a fait le tour du monde est un coup monté, une mise en scène, pour permettre aux sans-papiers d’être régularisés. 
Ce qu’a fait ce jeune homme, bien peu d’entre nous en auraient été capables, pas tellement sur le plan physique, quoique…, mais sur le plan du réflexe altruiste, de la détermination, de la prise de décision rapide. Tous ces pisse-froids qui trouvent quelque chose à y redire sont ceux qui lorsque quelqu’un est agressé dans une station de métro s’empressent de sortir leur smartphone ou alors de s’écarter prudemment. Mamoudou Gassama s’inscrit dans la lignée d’autres personnes exemplaires, comme par exemple le jeune Marin à Lyon il y a deux ans, grièvement blessé pour avoir pris la défense d’un couple harcelé parce qu’il s’embrassait. Aujourd’hui lourdement handicapé, son courage est aussi exemplaire. Et le Pape François qui l’a reçu à Rome, l’a cité en modèle.
Alors rien d’anormal à toutes ces félicitations pour M.Gassama.
Rien d’anormal non plus à ce que l’on régularise sa situation, qu’on l’aide sur le chemin de l’emploi, au lieu de l’envoyer en camp de rétention avant expulsion. 
Mais quel emballement médiatique ! Toutes ces émissions télés radios, qui lui ont couru après, jusqu’à faire des directs sur son entrée à la mairie, sa sortie de la caserne de pompiers : Un vrai marathon, qui comme il l’a déclaré lui-même, était épuisant, plus sans doute que son acte. 
Que même le Président de la République le félicite, un tweet par exemple, un coup de fil, parfait, mais le recevoir à l’Elysée, dans un salon doré, n’est-ce pas un peu trop ?  Mamoudou Gassama n’en demandait pas tant. 
Trop d’honneurs, tue l’honneur, et pas sûr donc qu’au bout du compte, cela aide à une meilleure compréhension du sort des migrants. 
Trop de communication tue la communication. Craignons que cela ne soit in fine pas très positif, perçu par beaucoup comme de la récupération politique. Et pas sûr que cela serve vraiment l’image du Président.

lundi 16 avril 2018

Hier soir : Règlement de comptes à OK Chaillot.

Emmanuel Macron, invité de "Des racines et des Ailes" ? 
Finalement, nous n’avons pas été déçus. De ne pas regarder hier soir la totalité de l’interview, non pardon du match de boxe entre Macron – Plenel – Bourdin. Boxe ? Même pas, car la boxe est pratiquée avec des règles précises, gants, arbitre, on l’appelle le « noble art ». Hier soir ce n’était même pas de la savate française, peut-être un combat de chiens, genre roquets. Nous étions toujours à l’école primaire de Berd’huis dans l’Orne, mais dans la cour de récréation avec nos confrères en sales gosses qui jouent à qui pisse le plus loin, les cutters n’étaient pas loin. 2 heures 40 de bouillie, dont heureusement, il est possible de lire un peu partout les 5 à 6 moments principaux, les 2 ou 3 annonces : Merci à celles et ceux dans les rédactions à qui est incombé le devoir d’en faire la synthèse.
Et puis, ce décor : On sait : La France est un beau pays, Paris est magique, notre patrimoine fait l’admiration du monde entier, mais ne peut-on pas faire plus simple ? Certes le Palais de Chaillot c’était nouveau, peut-être est-ce cela le nouveau monde. On est passé des ors de l’Elysée ou de Versailles, au style années 30 (1930). Avec la Tour Eiffel scintillante en fond, ce qui était assez perturbant… par moment on se croyait plus dans « Des Racines et des Ailes » que dans une interview politique. 
Finalement la principale info, c’est qu’Emmanuel Macron est intelligent. Qu’il est un excellent débatteur, qu’il connaît tous ses dossiers sans notes, qu’il a réponse à tout, on aurait même pu lui demander le prix du lait ou d’un aller-retour Paris-Lyon avec une carte jeune en heures pleines. Mais ça on le savait déjà. 
En revanche, par exemple, que l’on soit plutôt pour ou contre les frappes représailles sur la Syrie, on aurait aimé que nos coqs, pardon nos 2 confrères, demandent au Président quelles preuves il avait de la responsabilité du dictateur Assad dans la dernière attaque chimique. Il les a certainement. Mais lesquelles ? Une fiole de sucre comme Colin Powell devant l’ONU en 2003 pour justifier l’intervention en Irak ? 
C’est là où on mesure ce qui nous sépare – encore- de la presse anglo-saxonne, non courtisane face au pouvoir et pugnace dans ses questions. Apparemment nous continuons à confondre pugnacité et agressivité. 

dimanche 18 mars 2018

Nouvelle vague de froid : C’est la réponse de Poutine aux sanctions de Theresa May.

Froid ? Comme les sanctions, Poutine connaît pas !

Quel temps de chien ! Il pleut, il neige ; Les cochers transis sur leur siège, Ont le nez bleu. (En cette semaine de la langue française, ceci est un hommage au poète Théophile Gautier… culture !). On avait cru que c’était le printemps avant l’heure et bim ! Le Paris-Moscou a débarqué sans crier gare (du nord). Dommage que la grève de 2 jours tous les 3 jours n’ait pas encore commencé.
Trop fort Poutine ! Car c’est lui, Конечно, qui est derrière tout ça pour fêter sa réélection. Theresa May le menace depuis Westminster, avec son air de nurse anglaise, pas marrante, et autour d’elle, tous les députés font « yeah ! yeah ! » quand elle annonce les sanctions à l’égard de la Russie. 2 jours après, toute l’Europe de l’Ouest grelotte. Et la nature qui commençait à pointer son nez risque d’en perdre ses bourgeons : Pénurie de fruits et légumes ce printemps ? Ils auront l’air malin les anglais cet été s’ils n’ont plus de petits pois pour accompagner leurs rosbifs.
Décidément le maître du Kremlin n’en a rien à faire de nos sanctions, d’autant que même si ce n’est pas forcément pour 2018, en tout cas en 2019 ou 2020, les prix du pétrole et du gaz vont remonter. Et puis, s’il lui prenait l’envie de nous couper notre approvisionnement, là, nous serions mal.
On le sait, la France a exprimé sa totale solidarité avec la Grande-Bretagne et pour bien montrer qu’il n’était pas content, le Président Macron a snobé le stand Russie au salon du Livre. Alors que la Russie était l’invitée d’honneur du salon cette année. Il paraît que cela a fait pleurer Poutine. Non, on plaisante, car ce dernier ne lit pas beaucoup de littérature en dehors des rapports de ses services secrets. En revanche, cela a consterné les écrivains russes dont beaucoup n’ont vraiment rien à voir avec Poutine. La prochaine étape c’est quoi ? Theresa May gèle les avoirs des oligarques russes installés à Londres ? En cette période de Brexit, cela serait hasardeux et parions qu’alors, en toute solidarité européenne, il se trouverait quelques métropoles pour leur faire la danse du ventre. Venez donc acheter un hôtel particulier à l’ombre des bulbes dorées de notre nouvel cathédrale orthodoxe de Paris. C’est bien triste mais encore une fois cela démontre que si tous les européens continuent à croire que séparés ils pèsent encore dans le concert des nations, il se trompent. « L’Union fait la force » dit-on souvent depuis le poète latin Esope. Mais apparemment un peu partout en Europe nous avons tendance à oublier cette loi de la géopolitique.


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