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jeudi 7 février 2019

Défense et illustration du service public de radio


Bien sûr pour un journaliste prendre la défense de ses consœurs-frères, c’est louche, c’est suspect. Ça fait au mieux corporatiste, au pire microcosme. Et par les temps – gilets jaunes- qui courent, ça le fait pas !
Donc la Cour des comptes dans un de ses rapports dont elle a le secret et le rôle, dénonce une nouvelle fois l’augmentation des dépenses publiques. Nous sommes en train de dépenser de l’argent que nous n’avons pas, de nous endetter pour plusieurs générations. Et la Cour des Comptes épingle notamment l’audiovisuel public et Radio France. Une aubaine pour beaucoup de commentateurs. Ah ! tous ces journalistes qui n’en foutent pas une rame. Et en plus qui se la jouent « de gauche » à nos frais. Allez hop on n’a qu’à fermer toutes ces chaînes, on économisera la redevance et ce sera autant d’argent pour nos retraites. 
Et puis, au hasard d’un zapping audio, vous tombez sur ... j’ai presque honte de l’avouer, car il s’agit d’un nom plus dangereux encore à prononcer que celui de Valdemort: Il vous classe tout de suite comme bobo, comme germanopratin, vous tombez sur ... France Culture. France Cul quoi !
C’est entre 9 h et 10 h, une heure d’émission, la « Fabrique de l’Histoire » sur ... les Escartons ...Vous ignorez ce que sont les Escartons ?  Eh ! bien écoutez (disponible aussi en podcast): On est sur de la radio en 3D. Du son comme au cinéma, vous entendez les pas qui crissent dans la neige, les bêlements des chèvres, le souffle du vent dans les mélèzes, le murmure d’un torrent. Vous (re)découvrez l’histoire, les gens, les âmes d’un territoire que vous connaissiez pourtant, ou que vous aviez cru connaître pourtant, les Escartons, ces vallées en équilibre entre France et Italie, entre nord et sud des Alpes, autour de Briançon. C’est beau, c’est bien, une heure qui vous rince la tête des débats sans queue ni tête qui ont remplacé la réflexion sur la plupart de nos médias, des hurlements des grande gueules, des injonctions permanentes à réagir, à se prononcer, à voter. Êtes-vous plutôt slips rouges ou caleçons bleus ? Potiron ou potimarron ? Caillettes aux épinards ou aux blettes ? ISF ou endettement ? On nous cache tout, on nous dit rien. Plus on apprend plus on ne sait rien. On nous informe vraiment sur rien…
Et puis voilà, respirez, vous êtes bien, vous êtes sur France Culture. 
Alors peut-être que ça coûte un peu d’argent, peut-être... et puis d’ailleurs pas tant que ça, c’est même ridicule par rapport à ce que coûte le fonctionnement de la Cour des comptes, mais qu’est-ce que ça fait du bien, qu’est-ce que c’est rare. Et puis si vous ajoutez, France Inter ou France Info qui de mois en mois attirent de plus en plus d’auditeurs, arrivant même à tailler des croupières à Europe 1 ou NRJ, on se dit finalement que nous avons bien de la chance de pouvoir encore nous payer un service public de radio.  

samedi 18 août 2018

Malheur aux barbus ! De Furax à Matteo Salvini.

Quelle est la signification de la barbe de Matteo Salvini ?
C’est dingue mais en quelques années la barbe a envahi les visages de la plupart des mâles de nos pays. Prenez une terrasse de café, un wagon de train, une équipe de foot, un clip de rappeurs, les glabres se comptent sur les doigts d’une seule main !
Encore tout récemment la barbe se portait plus chez les hidalgos (Pas Anne, bien sûr ! D’ailleurs les femmes n’ont pas de barbe ou alors si ma tante en avait ce serait mon oncle, enfin, non, aujourd’hui on ne peut plus blaguer comme ça, et d’ailleurs n’est-ce pas pour affirmer leur virilité à une époque où beaucoup d’hommes se demandent ce que cela veut encore dire, que de tant de mâles se barbent ?).
Mais la barbe hispanique n’est pas non plus la barbe des barbus, entendez des barbus islami (qu) stes. Qui elle aussi semble s’être multipliée. L’extension du domaine de la barbe est-elle pour autant un signe de l’expansion du salafisme ou de la religiosité ? Pas sûr : N’golo Kanté est musulman pratiquant tout en étant glabre alors qu’Olivier Giroud cultive une barbe qui fait la fortune des barbiers à la mode. 
Bien sûr, se mettre à porter la barbe n’est pas une décision neutre et il faudrait remonter au moins à la petite enfance voire même avant (?) pour en comprendre les origines, mais il y a des cas qui sont évidents, pour lesquels il n’est pas besoin d’avoir recours aux cellules d’aide psychologique.
En politique, par exemple, est-ce un hasard si début 2016 Emmanuel Macron avait essayé la barbe, enfin celle de 3 jours, la plus difficile à entretenir ? Quelques semaines plus tard, il se mettait En Marche. Eh ! oui, Hollande aurait dû se méfier de ce barbu d’un jour. D’ailleurs dans sa stratégie pour tenter de redevenir un candidat providentiel, l’ancien Président ne devrait-il pas tenter la barbe ? C’est ce qu’a fait son ancien Premier Ministre, Manuel Valls, mais pas sûr que cela lui attire les votes des catalans pour une éventuelle candidature à la mairie de Barcelone. 
En revanche il y en a un auquel la barbe a réussi, c’est Matteo Salvini, le leader de l’extrême-droite italienne, nouvel homme fort du gouvernement de nos amis, forcément amis, italiens. On ne peut pas le soupçonner de salafisme, ou alors il pratique la taqîya, cet art de la dissimulation préconisée par les mouvements terroristes, avec un tel talent que l’on pourrait le prendre pour un …fasciste. A méditer quand même car en matière de dissimulation et d’hypocrisie, il vient d’être pris la main dans le gâteau, faisant la fête le soir même de la catastrophe du viaduc de Gênes au milieu d’amis de son parti en Sicile. 
Et puis les modes passent aussi vite qu’elles sont arrivées. Ainsi les barbes, dans les années 50 (1950), avaient déjà eu leur moment de gloire avec « Malheur aux barbus » du génial feuilleton radiophonique « Signé Furax », de Pierre Dac et Francis Blanche. Une série que l’on peut (re) découvrir - beaucoup d’entre nous n’ayant pas eu la chance de l’avoir suivie à l’époque - grâce aux podcasts de France Culture (*). Le pitch : un horrible criminel nommé Furax s’en prend aux barbus qu’ils enlèvent par centaines. Les inspecteurs Black et White mènent l’enquête. Et puis les poils ont disparu pour laisser la place aux glabres épilés.
Malheur aux barbus. Les démagos devraient aussi y réfléchir, car après le flux viendra le reflux lorsque nous serons confrontés aux réalités des lendemains où l’on ne rase pas gratuit. 
En Grande-Bretagne où le Brexit paraît tellement mal emmanché que ses plus grands défenseurs comme le milliardaire Jim Ratcliffe, prennent la poudre d’escampette jusqu’à Monaco. 
En Pologne ou en Hongrie, qui vont rapidement devoir se souvenir que leur formidable modernisation en 30 ans est due avant tout aux transferts européens.
En Italie qui perd 200 000 habitants chaque année, et où la population en âge de travailler baisse dangereusement. Dans 20 ans, il risque de ne plus y avoir suffisamment de barbieri pour raser la barbe des barbus italiens. 
Sarà finita la commedia!


(*) Signé Furax sur France Culture :
  

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