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jeudi 27 juin 2013

Cahuzac à l’Assemblée, Strauss-Kahn au Sénat: "J'me tire"


source: hervebaudry.blog.lemonde.fr



Pincez-moi, je rêve! j’hallucine, je cauchemarde… 
Ainsi donc, roulement de tambours ( oui, on fait rouler les tambours pour les grandes occasions à l’Assemblée ou au Sénat, ce sont les ors de la République, quoi !), la commission d’enquête parlementaire et son fringant Président, de Courson, allaient montrer leurs griffes. Enfin ! Nous allions voir ce que nous allions voir: La démocratie française en action, le Sénat américain n'avait qu'à bien se tenir. Et le tout diffusé en direct, histoire de bien montrer que le menteur allait devoir rendre des comptes, non mais ! 
En fait de tigre, on n’a même pas vu un chat, ni même un chaton. En tout cas, tout a fait « pschiiiittttt » selon l’expression consacrée par l’ancien Président Jacques Chirac. « Pschiiiiitttt ! circulez il n’y a rien à voir, ni à entendre ».  L’ancien ministre, qui avait juré les yeux dans les yeux qu’il n’avait jamais eu de comptes en Suisse, avant de reconnaître la main sur le cœur, qu’il était effondré de ne plus s’en être souvenu, là il nous a fait le coup de « je respecte trop la justice pour trahir le secret de l’instruction ». 
Pour ceux, qui comme moi, ne savaient pas à quoi pouvait ressembler le trou noir, le néant, le rien, le nul, Cahuzac devant la commission parlementaire, nous en a donné une idée assez juste !
Au même moment, et là, cela devient surréaliste, il y avait DSK devant le Sénat pour donner un cours d’économie sur « banques et évasion fiscale ». En le voyant et en l’écoutant, beaucoup d’entre nous avaient sans doute l’esprit ailleurs, l’esprit mal tourné. Mais là aussi, on croyait rêver: Quelle mouche avait donc piqué les sénateurs ? Ils n’ont trouvé personne d’autres ? Moi, je peux leur en donner des dizaines de noms, d’économistes brillants et compétents.
Mais la journée n'était pas finie: voilà-t-y pas que le ministre de l’Education nationale annonce 10 000 embauches supplémentaires ! Alors que tout le monde nous répète, Cour des Comptes en tête, mais aussi tous les rapports, toutes les études, que nous n'avons plus un rond,  que le problème n’est pas le nombre d’enseignants, mais leur formation, leur rémunération, leur parcours professionnel. Quand dans le même temps, les hôpitaux doivent fermer des services, ne plus remplacer le personnel déjà débordé. quand dans les prisons, qui n’ont jamais été aussi remplies, on est obligé de mettre des matelas par terre pour "accueillir" les nouveaux détenus... 
Alors brusquement on ne se pince plus, on rit nerveusement. Un rire qui se fige en entendant Arnaud Montebourg accuser la commission de Bruxelles d’être responsable de la montée du Front National! Non, mais ce n'est pas possible, ils ont pris quelque chose , ils sont autant "chargés" que les cyclistes du Tour de France .... Ce n’est pas à Bruxelles que nos hommes politiques doivent chercher les raisons de leur discrédit, c'est chez nous, avec ce spectacle lamentable qu'ils nous offrent (façon de parler parce que c’est nous qui payons).
Et là on n’a plus du tout envie de rire. Et là, brusquement on a envie de partir, et on envie ceux qui ont la chance de pouvoir partir. Et l’on comprend, même si on le déplore, tous ces jeunes qui fredonnent avec le rappeur Maître Gim’s(1).
« J'me tire dans un endroit où j'serai pas le suspect
après j’changerai de nom comme Cassius Clay » .
 Nous vivons une e-poque formidable        

(1)"J'me tire, Maître Gim's" http://www.youtube.com/watch?v=F_rEHfLgdcY
ok, il ne parle pas de Cahuzac, mais comme il chante: "c'est pour la rîme", et sa chanson n'est pas si mal tournée, non ?

dimanche 23 juin 2013

Elections à Villeneuve-sur-Lot : Jouer à se faire peur!



Dimanche les électeurs de Villeneuve-sur-Lot doivent choisir entre un candidat UMP et un candidat FN. Et tous les médias organisent des « spéciales » avec des titres accrocheurs du style : « Le Front National va-t-il gagner un troisième siège de député ? »
C’est une mauvaise question, jouant avec le spectre d’une extrême-droite arrivant au pouvoir. Or, le mauvais score des socialistes au premier tour doit évidemment beaucoup au choc Cahuzac. Difficile de remonter la pente en quelques semaines après l’explosion en plein vol de la personnalité qui dominait autant la vie politique locale.
Non, j’en fais le pari, le FN ne gagnera pas et le candidat UMP sera élu. ..
Bien sûr, il est consternant que le vote FN continue à être aussi important, non seulement à Villeneuve-sur-Lot mais aussi partout en France. Mais il ne sert à rien de croire que la bonne stratégie est de dire, selon la - mauvaise - formule attribuée à Laurent Fabius, que « le Front National pose parfois de bonnes questions, mais y apportent de mauvaises réponses ».
Les réponses du FN sont mauvaises, souvent même surréalistes ( Et l’on sort de l’Euro, et l’on construit de nouvelles lignes Maginot le long de nos frontières etc…), mais les questions qu’il pose, le sont tout autant. Prenez l’exemple de l’immigration, qui dans le fatras idéologique du FN serait la source de tous nos maux ; responsable du chômage, avec des équations comme « 4 millions d’immigrés égalent 4 millions de chômeurs », ou encore « les immigrés profitent de notre système social notamment avec leurs familles nombreuses qui pèsent sur nos comptes sociaux ». C’est tout l’inverse : Les immigrés paient plus en cotisations ou impôts qu’ils ne coûtent. Heureusement qu’ils sont là pour payer la retraite des Le Pen !
Et puis, tant pis si aux premiers tours 20 ou 25 % des électeurs votent pour l’extrême-droite. Le vote pour le Front National est un vote perdu, qui ne fera pas bouger notre société. Car fort heureusement nos institutions, notre système électoral, empêchent qu’il accède au pouvoir. Voter utile, c’est voter pour des partis qui reconnaissent nos valeurs communes républicaines, et qui sont les seuls à pouvoir un jour gouverner réellement. Bien sûr, nos femmes et hommes politiques nous donnent souvent l’impression d’être une bande de bras cassés, certains sont corrompus, d’autres cramponnés à leurs avantages. Ils manquent de visions d’avenir, de charisme. Tout cela est vrai, triste, désespérant, mais comme le disait Churchill «La démocratie est un mauvais système, mais c’est le mojns mauvais des systèmes ». On ne discute pas avec les ennemis de la démocratie, ni avec leurs électeurs. Il faut leur répéter encore et toujours : Tant que vous votez pour l’extrême-droite, vous votez cul-de-sac. Revenez dans le giron des partis républicains, et là nous pourrons discuter…
Nous vivons une e-poque formidable !

mercredi 3 avril 2013

Affaire Cahuzac: Le syndrome Richard Nixon ?


Nixon: Je ne suis pas un escroc

Tout le monde se préparait pour le fameux choc de simplification, annoncée jeudi dernier par François Hollande. Ce devait être l’arme ultime de la boîte à outils gouvernementale. Et là caramba, encore raté ! On a bien eu un choc, mais le choc Cahuzac.
Même s’ils s’en trouvent qui disent « je le savais, je m’en doutais ». évidemment, nous sommes tous estomaqués. Et tout est en train d’être dit et écrit.
Evidemment l’on se souvient des grandes déclarations moralistes et donneuses de leçon de François Hollande, candidat qui avait tant impressionné les journalistes avec son anaphore « Moi président » : « Moi président de la République, il y aura un code de déontologie pour les ministres, qui ne pourraient pas rentrer dans un conflit d'intérêts». Alors ?
Alors, tout sauf « notre démocratie est malade ». Au contraire, elle fonctionne, et elle progresse et c’est tant mieux. Une telle affaire ne serait même pas sortie il y a 20 ou 30 ans.
Tout sauf la « démonstration de la complicité du monde politique et médiatique ». Aux Etats-Unis, qui vont loin dans ce genre d’exercice, cela a donné certes le Watergate, les mensonges de Nixon et sa démission, mais aussi des années d’audition et de procédures souvent sordides contre Clinton dans l’affaire Lewinsky.
Tout sauf les dérives populistes et démagos, les « tous pourris ». Mettre tout le monde dans le même sac. Par exemple Eric Woerth. Pour l’instant, rien n’a encore été trouvé et prouvé par la justice, c’est donc procéder par amalgame, nier la présomption d’innocence. Même si bien sûr, que l’ancien ministre du budget n’ait pas vu de problèmes dans le fait que sa femme exerce le métier de gestionnaire de fortunes, paraît incompréhensible, même si cela n’est pas répréhensible. Ce n’est pas sale, gérer des fortunes, il en faut et ça rapporte, et ce serait idiot de laisser ce travail à des anglo-saxons ou des luxembourgeois. La discussion suivante, imaginaire, paraît pourtant relever du simple bon sens: « Ecoute ma chérie, le temps où je suis ministre, il faudrait peut-être que tu prennes un congé sabbatique, que tu enseignes la finance ou la fiscalité à HEC ou ESCP » Ou bien au contraire : « Chéri, mon boulot de gestionnaire nous rapporte gros, donc, tant pis pour ton portefeuille de ministre, ou alors les anciens combattants ou l’économie numérique ». Apparemment nos hommes politiques n’en sont pas encore là. Il faudrait peut-être importer l’exemple américain de l’audition des ministres pressentis, devant une commission parlementaire.  
D’un mal, on peut faire un bien et de l’affaire Cahuzac, tirer les leçons pour améliorer nos institutions. Cela tomberait pile poil dans la fameuse loi sur la moralisation de la vie politique que François Hollande nous avait promis dans sa période anaphorique du « Moi président »… par référendum si nécessaire avait-il ajouté. Là c’est sûr il obtiendrait un «
Oui» franc et massif !
Nous vivons une e-poque formidable


mercredi 20 mars 2013

Cahuzac et Woerth : Même (in)justice(s) ?

Evidemment, si c'est vrai, ça la fout mal!


Jérôme Cahuzac est donc obligé de démissionner, un peu dans les mêmes circonstances (*) que, il y a trois ans, un autre ministre du Budget, Eric Woerth.
Décidément, ce portefeuille doit porter la poisse: A croire que s’attaquer aux portefeuilles, ceux des contribuables, lutter contre l’évasion fiscale jusqu’aux fins fonds des alpages helvètes, c’est s’exposer à de violents retours de flammes, avec suspicion(s) et rumeur(s). « Ce ne sont que des rumeurs, mais… » dit-on dans les rues de Villeneuve-sur-Lot, la ville dont Jérôme Cahuzac était le maire. Mais… quoi ? Blanchiement de fraude fiscale … Je ne sais pas si Jérôme Cahuzac a, ou a eu, des comptes en Suisse. Je dois même avouer ma naïveté: Vu de loin, comme ça, comme nous tous, vulgaires pékins, j’ai quelques difficultés à imaginer le ministre démissionnaire comme un richissime exilé fiscal. Et je ne connais pas  d’ «indics» comme ceux qui alimentent certains confrères journalistes. ( Pourtant, j’aimerais bien connaître des gorges profondes…).
La justice passera, comme l’on dit,.
Mais au fait, dans les affaires concernant Eric Woerth, on en est où ? Coupable, pas coupable ? Ressortait-il de chez les Bettancourt avec des enveloppes pleines de billets ? Et dans l’affaire de la vente de l’hippodrome de Compiègne, avait-il été coupable de prise illégale d'intérêts ? De trafic d’influence ? Jusqu’à présent, rien: Pas de fumée, ni blanche, ni noire. Et même, des décisions de justice qui concluent plutôt à l’absence de feu. Pourtant à l’époque, que d’insultes, de la part des amis politiques de Jérôme Cahuzac, contre le pauvre (?) Eric Woerth. Sa carrière ministérielle en fût stoppée comme l’est aujourd’hui celle de  Jérome Cahuzac. Est-ce juste? Injuste ? Et dans ce cas, qui réparera cette injustice ? «Pan sur le bec» écrivait le Canard Enchaîné, quand il se trompait. Et chez Mediapart, on écrit quoi ?
Pendant ce temps, le prochain budget n’est pas bouclé, nos déficits s’enfoncent, le chômage s’envole comme les promesses hasardeuses sur le «changement c’est maintenant», le «retour à la retraite à 60 ans», et «demain, on rasera gratis».
Nous vivons une e-poque formidable !

(*) Pour Woerth, ce fût après le Budget, le Travail, puis une « absence de reconduction » à l’occasion du remaniement ministériel de novembre 2010

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