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jeudi 10 août 2017

Attaque contre des militaires : Pléonasmes et lapalissades.

De l'art de parler à l'antenne pour ne rien dire.

Les militaires sont devenus des cibles. C’est ce que l’on nous répète depuis qu'une voiture a foncé sur des soldats à Levallois-Perret. Quelle surprise ! Des militaires «ciblés», n’est-ce pas un pléonasme ? N’est-ce pas ce que cela veut dire, nous sommes en guerre contre le terrorisme ?
Il y a une certaine indécence à « meubler » pendant des heures à l’antenne quand on n’a rien ou presque, à dire si ce n’est l’évidence. Des experts se succèdent, compensant l’absence d’informations par une surenchère de lapalissades, de fausses précisions: « C’est à 8 heures 3 mn, et 15 secondes précisément que la voiture a foncé sur un groupe de militaires ».  En quoi le fait que ce soit 15 secondes soit pertinent ? intéressant ? «C’est un acte délibéré»: Ah ! bon, ce ne sont pas les freins qui ont lâché ?
«C’est un acte honteux» déclare le maire de Levallois-Perret. Ça c’est sûr, qui peut dire le contraire ? « Levallois-Perret est une cible » répète-t-il en boucle ce qui lui permet d’occuper les media pendant 24 heures. Mais, il y a une semaine c’était la Tour Eiffel. Il y a deux semaines, c’était les Champs Elysées. Avant c’était Orly, Le Louvre, Notre-Dame. Il y a un an, c’était le père Hamel, égorgé dans son église de Saint-Etienne du Rouvray. Avant encore, Nice...
Evidemment il est plus rassurant d’expliquer qu’il y a une raison pour que tel groupe de personnes, tel bâtiment, telle ville, soit « ciblé ». Selon un plan articulé par un grand ordonnateur qui tirerait les ficelles depuis le désert irakien.
Hélas, il n’y aucune raison. En tout cas, aucune raison raisonnable, si ce n’est la haine de notre société, de nos valeurs. Sans devenir parano, nous sommes tous des cibles. Tout peut arriver, n’importe où, n’importe quand. Evidemment cela ne permet pas de tenir des heures à l’antenne.
Mais c’est ce que l’on appelle le terrorisme.

samedi 10 septembre 2016

Femmes terroristes: Ne les appelez pas pasionaria.

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La vraie pasionaria, Dolorès Ibarruri
Depuis quelques jours, nous découvrons – du moins les medias en boucle  semblent découvrir – que les femmes aussi peuvent être terroristes. Bientôt, sans doute, nous « découvrirons » que des enfants ou des ados peuvent l’être aussi. Et c’est épouvantable. En matière d’endoctrinement, de fanatisme, il n’y a malheureusement pas de limites.
Le terme employé depuis quelques jours pour qualifier cette jeune femme qui voulait faire un massacre aux bonbonnes de gaz près de Notre-Dame à Paris, c’est « pasionaria ». Eh ! Oh ! Confrères, consœurs, informer ce n’est pas répéter en boucle les mêmes bêtises, c’est aussi faire preuve d’un peu de culture. Alors retour sur la pasionaria et donc sur la guerre civile espagnole.
La pasionaria , du mot « pasión », c’est Dolorès Ibarruri, c’est cette fille d’ouvriers espagnols, cette militante communiste, qui pendant la guerre civile espagnole de 1936 à 1939, tenta de galvaniser les troupes républicaines face au putsch du Général Franco et à l’avancée des troupes fascistes, avec son cri « No pasaran ! «  Ils ne passeront pas ». C’est aussi cette femme âgée, qui après 40 ans d’exil à Moscou, fut la seule députée de 1936 à être réélue aux premières élections libres en Espagne en 1977. Et au soir de sa vie,  la Pasionaria retrouva d’ailleurs sa foi catholique jusqu’à devenir mystique, ce qui fût caché par le Parti Communiste espagnol
Evidemment, avec le temps, on a (re)découvert les aspects controversés de sa personnalité. Une fanatique, qui n’hésitait pas à faire éliminer tous ses opposants, un sous-marin totalement téléguidé par Moscou, un symbole fabriqué par la propagande soviétique. De là à faire un parallèle avec Daesh et les islamistes ? Sur la manipulation psychologique et la propagande, peut-être, mais attention à ne pas faire de contresens historique. Car en 1939, c’est bien le fascisme qui est l’ennemi principal, c’est le nazisme qui monte en Europe et il a bien fallu faire alliance avec l’Union soviétique pour vaincre l’Allemagne nazie. Que serions-nous devenu sans le sacrifice de centaines de milliers de militants communistes ?
Aujourd’hui, le fascisme c’est Daesh, et les poseuses de bombes sont des terroristes. Les qualifier de pasionaria est un dangereux raccourci, une insulte à la mémoire des millions de morts de la guerre civile espagnole, de la résistance au nazisme et au fascisme, et plus récemment aux « mères » argentines de la Place de Mai, manifestant pacifiquement à Buenos-Aires contre la dictature militaire qui avait fait disparaître leurs enfants. Ces mères-là, ces grands-mères pouvaient légitimement se réclamer du symbole de Dolorès Ibarruri.
Les terroristes à la bonbonne de gaz ne sont pas des « pasionarias », ce sont des folles dingues.
Nous vivons une e-poque formidable.

dimanche 27 mars 2016

Attentats: Panic room


Il y a 70 ans, déjà: Sur les plages d'Argelès, des barbelés pour contenir des migrants

C'est un peu tuant, pardon, un peu fatiguant, cette noria de donneurs de conseils, ce défilé d'experts qui nous répètent qu’ils nous « l'avaient bien dit » que « je l’avais annoncé il y a déjà 3 ans ». D’ailleurs, c’est fou le nombre d’experts terrorisme ou mieux d’experts Etat islamique qui se cachaient dans toutes les rédactions de France, de Navarre et de Belgique, et nous ne le savions pas. Pratiquement plus d’experts que de terroristes !
C’est un peu saoulant de s’entendre culpabilisés par tous ces Savonarole de pacotille qui non contents de nous annoncer le pire,  nous expliquent que si nous allons beaucoup souffrir c’est parce que nous avons beaucoup pêché, par naïveté. « Repentez-vous, il est encore temps » tweetent-ils  alors que nous sentons déjà le bûcher des vanités nous lécher la plante des pieds, comme autant de Jeanne d’Arc qui n’auraient pas été rachetées par Gérard de Villiers - non ! pas Gérard mais Philippe, c’est moins drôle -.
Y en marre de toutes ces Madame Irma qui nous annoncent les attentats à venir, aussi sûrement que neige en novembre, Noël en décembre. 
Et puis, il faudrait savoir: D’un côté on nous dit, « N’ayez pas peur », continuez à vivre normalement, sinon les terroristes auront gagné. Et de l’autre : « Nous sommes en guerre ». Et là on ne comprend plus. Si on est en guerre alors c’est tous aux abris, non ?
Evidemment qu’on a peur: Gare de Lyon, dans la cohue des départs pour Pâques, tous les barbus même sans barbe paraissent suspects. Et puis ce groupe-là, ils ont vraiment de gros sacs : Sont-ce vraiment des skis et des chaussures ?
Evidemment qu'on s’attendait, et qu’on s’attend à des attentats. Mais que devrions-nous faire ? Suspecter tous les Mohamed ou les Salima ? Si on gratte bien les discours des Robert, Marion et autres Marine, c’est bien ce que l’on nous propose. Avec des glissements progressifs vers la parano. Si lui n’est pas coupable, alors, c’est son frère, son père ou son cousin. Ils n'ont rien fait ?  Ils ne sont pas pratiquants ou croyants? Pas encore. Un jour ou l’autre, le kamikaze qui sommeille en tout arabe (et/ou musulman, tant qu’à faire, amalgamons, Dieu reconnaîtra les siens) ressortira; C’est dans leurs gènes, on vous dit. On croirait du copier-coller avec la littérature antisémite des années 1930. Faut-il avoir peur de tous les migrants ? Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde, non ? Dérouler des barbelés, construire des centres de rétention, construire de nouveaux Camp d’Argelès ou Camps des Milles,  au moment où nous inaugurons des mémoriaux pour nous souvenir du sort que nous avions réservé à ceux qui fuyaient le fascisme de Franco, de Mussolini ou d’Hitler.
Bien sûr que nous n’avons pas connu, mais ne faut-il pas connaître l’Histoire pour ne pas reproduire à l’avenir les erreurs et horreurs du passé. Les allemands appellent cela la Vergangenheitsbewältigung. Non ce n’est pas un gros mot, cela veut dire la « confrontation avec l’Histoire », maîtriser le passé, en tirer les leçons,  et cela fonde leur démocratie d’aujourd’hui.
Devons-nous écouter les sirènes qui nous conseillent de nous enfermer dans notre pré carré, dans notre maison France. Comme si c’était une sorte de panic room que l’on pouvait isoler du reste du monde. Quelle horreur: se retrouver coincés dans une France confinée, en attendant l’arrivée d’hypothétiques secours… Nous avons tous vu ça dans les films américains, et ça ne se passe pas bien. Car, même parfaitement conçues, ces panic room ont toutes un vice caché. Elles ne sont pas sûres à 100 % contrairement à ce que promettaient les fabricants. On nous aurait trompés ? Les y’a qu’à:  y’a qu’à faire ça, y’a qu’à prendre telle mesure, nous auraient donc menti ?  Les « avec nous au pouvoir, ça ne serait pas arrivé » ne seraient que des Tartarins ? En 1940 déjà, les ancêtres de Marine, Marion et autres Robert ou David avaient vendu à nos parents la ligne Maginot comme la défense absolue contre la barbarie nazie. On sait à quel point cela a été efficace !  Nous vivons une e-poque formidable.

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