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lundi 20 juillet 2020

Incendie cathédrale de Nantes : media, toute honte bue !

Pas d'amalgame...
Ça pourrait faire rire, mais dans le fond c’est consternant. 
Sur une chaîne tout infos, on est en boucle depuis 48 heures sur l’incendie dans la Cathédrale de Nantes. On est averti qu’un homme sort du Commissariat de Police, où est entendu depuis 48 heures, un « présumé » innocent, innocent certes, mais si la police l’entend depuis 2 jours, il n’y a pas de fumée sans feu, hein ?
Il serait noir, donc hop ! nos confrères se jettent sur le premier noir qui passe, un peu éberlué, de voir autant de micros (Europe 1, LCI etc…) se tendre vers lui. Il en reste bouche bée, jusqu’au moment où les journalistes réalisent qu’il n’a rien à voir, et qu’il n’y a rien à voir, et qu’il n’est pas la personne interrogée pendant 2 jours. Retour en plateau - allez je balance c’était sur CNews - gêne du présentateur. 
Voilà à quoi conduisent deux jours de parano médiatique. 
L’incendie de Nantes ? « Pas d’amalgame », répètent en boucle les media. Sous-entendu, amalgame avec les intégristes musulmans, les barbus. 
Personne ne les nomme nommément, mais tout le monde y pense. Comme Philippe de Villiers qui déclara : « La décivilisation est en marche. Pendant le confinement les églises étaient fermées. Maintenant elles brûlent. ». Et toutes ces chroniqueuses/eurs de dire : « S‘attaquer à notre patrimoine, c’est s’attaquer à l’identité de la France ». Attaquer ? Mais qui ? Des barbus ? Alors dîtes-le ! 
Et puis on parle d’un rwandais. Pas de chance, les rwandais sont cathos et très croyants. Cela ne cadre pas avec le grand complot : Après Sainte Sophie à Istanbul, reconvertie de musée en mosquée, l’incendie de nos cathédrales. Pour faire place à des mosquées sans doute. Le grand remplacement est en marche. Dommage que Zemmour soit en vacances, il aurait pu en rajouter une couche.
Aujourd’hui, le pauvre rwandais est innocenté. Il paraît qu’il est terrorisé par ce qui lui est tombé dessus. On évoque à nouveau la piste de l’accident, l’installation électrique… On verra. 
Mais on attend les excuses de toutes ces chroniqueuse/eurs qui ont dit autant de conneries pendant 48 heures - et en plus elles/ils sont payé(e)s pour ça !
Quoique la police et la justice trouvent et prouvent, il en restera toujours quelque chose : « On » s’en prend à notre patrimoine. Et derrière le « on » il y aurait toutes celles/ceux qui ne s’appellent pas Corinne. 
Nous vivons une e-poque formidable. Et parano…

dimanche 13 octobre 2019

Dupont de Ligonnès et médias: Tourner sa langue 7 fois dans sa bouche.

Priorité au direct: Priorité aux boulettes !
Ce n’est pas une « boulette » de la police, ni un « incroyable cafouillage » de la justice, mais bien la conséquence logique de la course au scoop des médias d’aujourd’hui. « On a arrêté Dupont de Ligonnès ». 
L’info en continu, les infos qui coulent sur les réseaux à la vitesse d’un tweet, d’un snap, d’un insta, nous affolent. Internet va plus vite que nos neurones, ce qui est normal, nous ne sommes pas des robots ; mais nous ne prenons plus le temps de vérifier, d’aller chercher à la source, de remettre en perspective. Ce qui est la définition même du journalisme. Aujourd’hui, les médias sautent sur tout ce qui bouge. Or à l’heure d’internet, tout bouge en permanence : « Priorité au direct » ! Il faut meubler l’antenne, et c’est un défilé permanent de chroniqueurs, d’experts, auxquels l’on demande « à chaud » d’analyser, d’extrapoler. C’est la porte ouverte au grand n’importe quoi. 
Ceci dit, dans l’emballement au sujet de Dupont de Ligonnès, les médias ont une excuse : L’AFP. Même si son « fil » n’est pas parole d’évangile, l’Agence France Presse reste une source d’infos plutôt fiable, qui pratique le « fact-checking », la vérification des faits. Ses centaines de journalistes travaillent dans l’ombre, à l’abri des lumières des plateaux de télé. 
Mais jeudi ils ont fait une boulette. Leurs dépêches sur twitter ont donné du crédit aux infos tirées de « sources policières »(?). Très vite la Justice demandait de rester prudent. Mais trop tard, les chaîne infos étaient déjà parties en roue libre ! 
La morale de ce cafouillage ? 
D’abord espérons que les mêmes qui se sont abattus comme des rapaces voraces sur le quartier de ce retraité interpellé par erreur, iront présenter leurs excuses. 
Ensuite, nous devrions méditer cette maxime qu’on nous inculquait autrefois : Il faut apprendre à tourner sa langue 7 fois dans sa bouche. Surtout avant de se répandre sur internet !

lundi 1 octobre 2018

Pour en finir avec …les clashs

Têtes à clash ou têtes à claques ? 
C’était quoi, c’étai(en)t qui le dernier clash ? Charles Consigny ? Yann Moix ? Qui déclarait que les policiers n’ont pas de couilles ? Eric Zemmour ? Qui rebaptisait Hapsatou, Corinne ? Laurent Wauquiez qui clashait le Premier Ministre Edouard Philippe : « Vous avez un problème avec les chiffres » et l’autre de lui retourner : « Et vous, vous avez un problème avec la réalité ». T’as vu la punchline ? KC ! Dans ta gueule !
Bon, pour être honnête, entre Wauquiez et Philippe le clash reste soft. Rappelons-le : il y a moins de deux ans, ils étaient encore camarades de parti. Aujourd‘hui ils veulent nous faire croire qu’ils sont Booba et Kaaris, alors qu’on ne les a pas vu se frapper à coups de flacons de parfum, juste nous endormir en 3 heures d’émission, dont on a retenu que quelques petites phrases, ce clash. Repris en extrait, en boucle. 
Voilà ce que devient l’information: Pour exister, il faut qu’il y ait de la reprise. Terminées les grand-messes où tout le monde suivait la même émission au même moment. Aujourd’hui, nous regardons à la carte, en replay, et en tranches, souvent sur Facebook, Twitter ou Instagram. Et pour capter notre attention au milieu du tsunami de sollicitations que nous recevons, les media se sentent obligés d’être racoleurs. 
Autrefois les titres courts qui claquaient, qui provoquaient étaient l’panage de la seule presse, dont les journaux « sérieux » disaient autrefois qu’elle était de caniveau, anglaise ou allemande, comme le Sun ou Bild. Aujourd’hui, tous les media s’y sont mis. C’est la dictature, l’envers de la médaille de l’info en continu. Tout est mis sur le même niveau. Tout devient «énorme», «historique». Un clash chasse l’autre. Et comme les clashs doivent claquer, pour exister, les politiques, journalistes, artistes se transforment en têtes à claques. 
Tout cela n’ayant qu’une seule et même finalité. Faire du buzz. Et faire vendre. Et ça marche. Qui connaissait le rappeur qui chante « Massacrez les bébés blancs » ? En dehors de sa mère et de sa voisine ? Personne. Et aujourd’hui il est le sujet de débats sur BFM ou LCI. 
Et ça marche. Le dernier livre de Zemmour est classé n°1 des ventes devant « Les prénoms épicennes » d’Amélie Nothomb, pourtant beau titre, belle plume. Stupeur et tremblements ! 


Demain : Pour en finir avec le buzz ( le bad buzz)


jeudi 27 septembre 2018

Pour en finir avec …la disruption !

Karl Marx était-il disruptif sans le savoir ? 

Ah ! si Karl Marx avait connu le mot disruptif… il aurait été « content manager » ou professeur de marketing ou publicitaire ou même Président de la République. 
Ainsi pendant sa campagne, Emmanuel Macron avait présenté son programme comme disruptif. Et il a été élu. L’aurait-il été s’il s’était présenté comme révolutionnaire ou simplement réformateur ? 
Aujourd’hui les PDG des grandes entreprises expliquent qu’ils vont disrupter leurs secteurs. Les media lancent des « concepts » d’émissions disruptifs. Des invités ou des chroniqueurs comme Charles Consigny ou Eric Zemmour sont présentés comme disruptifs. 
Si l’on regarde dans le dico, on lit que le premier sens de disruption signifie "rupture" ou "fracture". Très utilisée en géologie. Et c’est là que les gourous du marketing interviennent et notamment le Président d’une des plus grandes agences mondiales de pub. Il est le premier à avoir publié un livre définitif sur la disruption. Et en 1992, de manière très classique et peu disruptive, il a même pris la précaution de déposer la marque. 
Même si l’on ne comprend pas trop ce que veut dire disrupter, c’est-à-dire  "fracasser » la grande distribution ou la vente de pizza, tout le monde emploie le terme. Bien sûr, on va vous expliquer que la « disruption » est un concept novateur, qui décrit une « stratégie d’innovation par la remise en question des formes généralement pratiquées sur un marché, pour accoucher d’une « vision », créatrice de produits ou de services radicalement innovants » (cf Jean-Marie Dru, le publicitaire mentionné plus haut). C’est un peu du charabia pour simplement expliquer que tout bouleversement technologique - et internet, le web, le numérique, la réalité virtuelle, l’intelligence artificielle etc… en sont - , modifie en profondeur les habitudes de pensée, les relations aux autres, les modes de production. C’est aussi bête que la découverte du feu, de l’imprimerie, ou du chemin de fer.
Mais soyez crédibles, dîtes disruption, et non bouleversement ou révolution. Car force est de constater que le marketing et les médias ont imposé ce mot qui peut être désormais utilisé dans n'importe quel contexte au lieu de "changer" ou "transformer".
Comme toute mode, celle de la disruption passera, et l’on en reviendra aux fondamentaux. Et l’on redécouvrira qu’avant d’être « disruptif », de « penser différemment », il faudrait commencer par penser.

lundi 24 septembre 2018

Pour en finir avec …le storytelling

Le Petit Chaperon Rouge: Quel storytelling !
Faute d’avoir de nouvelles idées, nous avons des concepts. « C’est quoi ton concept, coco ? ». En cherchant dans le dico, à concept on trouve « idée générale ». Mais essayez donc de vendre en annonçant : « L’idée générale, c’est… ». Alors qu’avec « concept » vous faîtes a priori sérieux. Et si en plus votre concept s’habille derrière une expression en anglais, ou plutôt en américain business, alors là, vous devenez crédible. Le but, c’est de faire croire que vous avez inventé l’eau tiède ou le fil à couper le beurre. Bien sûr que c’est faux : vous proposez simplement d’utiliser une vieille recette qui a fait ses preuves, et que vous rhabillez au goût du jour. Mais ce ne serait pas vendeur. Alors annoncez un concept, en anglais. 
Ainsi pour « storytelling ». En matière de communication, de communication par la vidéo, c’est incontournable. Pas besoin d’avoir étudié à Oxford, ou à Harvard, pour traduire ce que cela veut dire. Raconter une histoire. Dit en français, c’est moins « impactant ». Raconter une histoire, cela fait professeur des écoles. Raconter des histoires, cela aussi peut prêter à confusion : « Raconte pas d’histoires ! ».
Alors que storytelling, cela fait 3.0, jeune, innovant, adapté aux réseaux sociaux et aux nouveaux media. 
Et ne dîtes pas que c’est vieux comme l’humanité, comme les récits de déluge et d’Arche de Noé, comme Platon et la caverne. Les grecs anciens, quels formidables conteurs, quels storytellers. 
Et les contes et légendes ? Le Petit Chaperon Rouge, pour mettre en garde contre la pédophilie, Cendrillon, contre la maltraitance ?  Les frères Grimm ou Charles Perrault aujourd’hui, seraient les rois du digital marketing.
Le storytelling, c’est vieux comme le fait de savoir raconter une histoire pour expliquer quelque chose, pour faire passer un message. Mais surtout ne l’avouez jamais. Vous ne racontez pas d’histoires, vous faîtes du storytelling.

Demain : Pour en finir avec ... la disruption.

dimanche 8 avril 2018

Chaines info, terrorisme en Allemagne : Errare humanum est, perseverare diabolicum.


Sur Cnews vers 17 heures, c’est la piste terroriste !
Décidément nos media n’apprennent pas de leurs erreurs. Mais le plus diabolique est qu’ils persistent dans l’erreur. Ils ne peuvent résister à l’attraction du « breaking news », à la joie malsaine de l’attaque terroriste, à la répétition en boucle d’approximations, aux logorrhées d’experts auto-proclamés qui jouent avec nos peurs et cultivent nos angoisses. Et donc hier en milieu d’après-midi c’était parti : Nouvelle attaque terroriste en Allemagne. Et immédiatement le piège se refermait sur nous : Dans la demi-heure, nous avions droit à :
- La voiture-bélier est le modus operandi préconisé par Daesh.
- Si l’Allemagne est la cible c’est parce qu’elle a accueilli 1 million et demi de réfugiés.
- Que les loups solitaires ne sont pas si solitaires que ça.
- Que la taqqîya, la dissimulation rend de plus en plus difficile la prévention du passage à l’acte, etc….
Et puis, progressivement alors que la piste terroriste s’éloignait, que la police allemande appelait à la prudence, il fallait voir les mines déconfites des rédactions qui s’étaient préparées pour plusieurs heures de directs anxiogènes.
Finalement, le responsable est un amok, un déséquilibré lancé dans une dérive meurtrière et suicidaire, plus à rapprocher hélas du copilote du vol Germanwings qui en mars 2015 écrasa volontairement son avion avec 150 personnes à bord sur une montagne des Alpes de Haute-Provence. 
Horrible à écrire, mais heureusement qu’il n’était pas d’origine étrangère, ou qu’il ne venait pas de manger un kebab car qu’est-ce qu’on n’aurait pas conclu !
Le plus triste, le plus inquiétant est que malheureusement le terrorisme islamique n’a fini de nous frapper ou de tenter de nous frapper. Et de tels dérapages de nos media n’arrangent pas les choses. Ils contribuent à entretenir chez certains, jeunes et moins jeunes et pas forcément « d’origine étrangère », une fascination morbide pour cette idéologie mortifère qui hait notre société et ses valeurs.
Alors hier soir, et dans l’attente du prochain édito de Zemmour qui nous expliquera que de toute façon c’est la faute à Merkel et que cela ne se serait pas passé au temps de Chateaubriand, il ne nous restait plus qu’à regarder la chaîne franco-allemande ARTE. Et d’être captivé par un improbable documentaire sur Confucius.
Et c’était passionnant, car l’on sait bien que mieux comprendre la Chine c’est comprendre l’avenir du monde, notre avenir. Et cela permettait de conclure cet après-midi calamiteux pour le métier de journaliste avec une des innombrables maximes du philosophe chinois dont on va fêter le 2569 ème anniversaire en septembre prochain : « L'homme sage apprend de ses erreurs, l'homme plus sage encore apprend des erreurs des autres. ». Du coup on se sentait plus sage.

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