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lundi 3 juin 2019

Mais qu’est-ce qui ne va pas ( n’allait pas ?) avec Laurent Wauquiez

Et sur l’impétueux Wauquiez on relit l’enquête de Fabrice Veysseyre-Redon

Mettons de côté les idées politiques, les affinités partisanes, les sympathies électorales. 
Oublions un temps les petites phrases assassines, maladroites, mal à droite, très à droite, tellement à droite qu’on pouvait parfois se demander s’il y croyait vraiment ou s’il tentait de doubler Les Le Pen et consorts sur la droite. Alors que, on ne double jamais sur la droite, sauf en Grande-Bretagne. Mais on voit où ça les conduit, à Nigel Farage et au Brexit no deal qui va leur faire - et nous faire - très, très mal. 
Bouchons-nous le nez sur les boules puantes mal balancées. Ces fuites de son cours à l’EM Lyon où il dézinguait ennemis et amis à tout va…pas très habile. 
En dehors de tout ça, même si ça fait beaucoup, qu’est-ce qui ne va pas avec Laurent Wauquiez ? Pourquoi est-il si peu populaire ? Pourquoi n’imprime-t-il pas ? Il a la carrure physique d’un Chirac, une allure de gendre idéal, une tête bien pleine, normale Sup, l’ENA, il aime Houellebecq, il a un ancrage local : 
La Haute-Loire où il a su se faire adopter par feu Jacques Barrot, qui découvrit mais trop tard que son poulain n’était ni chrétien-démocrate, ni pro-européen comme lui. 
Le Puy-en-Velay, une ville conquise sur la gauche, mais où tout le monde, même ses adversaires mis sur la touche et souvent brutalement, reconnaissent son dynamisme, sa bonne gestion. Puy de Lumières - copié sur Michel Noir à Lyon il y a 30 ans - qui met en lumières cette superbe ville entre puy de volcans et cathédrale, attire les touristes et redonne de la fierté à toute une région. 
Mais le succès en politique n’a rien à voir avec les qualités humaines ou intellectuelles. Sinon Donald Trump …
Si tout cela n’avait pas in fine de possibles conséquences sur notre vie démocratique, on pourrait rire de voir, comme dit-on ? le bal des faux culs depuis l’annonce de sa démission. 
Il y a d’abord ses « amis » et « alliés » républicains. Tous louent la dignité de son départ. Mais tous sont très emm… Car qui va s’y coller ? Remonter un parti comme les Républicains, voilà une tâche plus compliquée que capitaine de bateau de croisière à Venise. Venise où vous avez vu, on a frôlé la grosse catastrophe, gondoles contre paquebot, c’est le Paquebot qui finit dans les quais. Certains pourraient y voir une allégorie du naufrage de la droite et pas seulement qu’en France, mais en Italie, en Espagne etc…
Et puis il y a les rapaces, les voraces, les hyènes qui se ruent sur le cadavre encore chaud, en se disant : Il y encore de la chair fraîche à se mettre sous la dent .Et qui a-t-on- revu dès l’annonce de la démission Marion Maréchal, ex-Le Pen ? 
Et puis la tête de tous ces journalistes, experts, analystes, chroniqueurs ! Les mêmes qui nous annonçaient un effet Bellamy aux européennes, une abstention record, bref qui avaient tout faux, analysaient « de sources sûres » que Wauquiez allait s’accrocher. Alors qu'il a raccroché.
Les prochaines présidentielles, c’est loin. 3 ans avant celle de 2017, qui aurait parié un euro sur Macron ? Et puis en 2022, Marine Le Pen perdra une nouvelle fois face à Macron et alors en 2027… 
En 2027, Laurent Wauquiez aura 52 ans. 

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Et sur l’impétueux Wauquiez on relit l’enquête de Fabrice Veysseyre-Redon et l'interview de l'auteur sur https://youtu.be/0PcdKOLjjW8

mardi 7 février 2017

Comment perdre une élection – suite: La non tentation de Venise.


En 1993 : Nos comportements expliquent la mauvaise réputation qui nous est faite...
François Fillon a été bon. Objectivement. Ce qui ne veut pas dire grand-chose.
Car on peut essayer d’analyser les postures, décortiquer les mots, in fine notre subjectivité forge notre opinion sur les discours des candidats aux Présidentielles. Et après tout ce n’est pas anormal: Avoir des opinions, c’est être citoyen.
Donc François Fillon déminant le « Penelope Gate » a été mauvais pour ses détracteurs, mais bon pour ses supporters et toutes celles et ceux qui craignaient que plan B ne rime avec Berezina.
Tout cela sera-t-il suffisant pour éviter la défaite ? Et si elle perd une élection qui paraissait gagnée d’avance, quelles conclusions devra en tirer la droite ? Qu’elle a été victime d’un complot regroupant les énarques, les medias, les juges, et des tas d’autres encore ? Ou bien, qu’elle a été victime du diable. Car comme disaient déjà les romains « Errare humanum est, perseverare diabolicum » « L'erreur est humaine, l'entêtement est diabolique »
François Fillon a-t-il raison de s’entêter, de ne pas céder à la « Tentation de Venise »? En attendant la réponse qui tombera le Dimanche 23 avril 2017 vers 20 heures, la droite éliminée ou pas du second tour, il n’est pas inintéressant de relire ce – beau-livre d’Alain Juppé.
L’ancien Premier ministre raconte sa tentation de lâcher prise, de fuir dans une  des villes les plus magiques du monde, Venise, mais conclut, « tout compte fait, ma passion du politique est toujours plus forte que ma tentation de Venise.».
C’était en 1993. Presqu’un quart de siècle, et il n’est pas inintéressant de relire quelques lignes de la préface du livre.
« Y-a-t-il une espèce animale plus décriée que l’homo politicus ?
Incompétents, inutiles, menteurs, voleurs … Voilà quelques-uns des épithètes qu’on nous décerne volontiers.(…)
D’où vient ce divorce entre les Français et leurs élus ?
Pouvoir excessif de l’argent ? Oui.(…)
Pouvoir incontrôlé des medias ? Oui (…)
Mais… En vérité, nos comportements expliquent, pour beaucoup, la mauvaise réputation qui nous est faite.

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