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vendredi 30 août 2019

Pendant ce temps-là en Guyane...

L'orpaillage clandestin, un fléau encore plus grave pour l'environnement
Les incendies en Amazonie, on n’en parle déjà presque plus. 
Il faut dire que beaucoup ont eu le sentiment de s’être fait enfumer. 
Non ! L’Amazonie n’est pas le poumon de la planète. Et en Afrique, les incendies sont bien pires. 
Et puis, même si le Président actuel du Brésil est - comme dire poliment - folklorique ? Fascisant ? émettre des idées comme « L’Amazonie appartient à l’humanité », ça passe mal dans un pays qui est loin d’être une république bananière.
Pendant ce temps-là, dimanche dernier, chez nous, en Guyane, la crique Bagot était encore souillée par l'orpaillage illégal, empoisonnée par cyanure et mercure. Vous ne connaissez pas la crique Bagot ? C’est bien dommage… La crique Bagot se jette dans la rivière Comté. Un petit coin de paradis pour les habitants de Cayenne. Le week-end, c’est une destination détente, on y va pêcher, déjeuner, se baigner. 
Mais la Guyane est mise à sac par les chercheurs d’or clandestins venus du Brésil. Les indiens ou les autres populations qui vivent sur les rivières et fleuves, qui en mangent les poissons, en boivent l’eau sont empoisonnés par la pollution. Ils sont bousculés par des milices violentes, armées, qui s’en prennent même aux gendarmes et aux militaires. 
Mettre fin à ce pillage, voilà le vrai combat pour la protection de l’Amazonie. 
Mais sans forcément vouloir la mettre sous cloche. 
Comme l’explique le sénateur de Guyane, Georges Patient : On a l’impression que, faute de mener ces combats écologiques dans l’hexagone, on utilise la Guyane. Maintenant, c’est Montagne d’Or (un projet de mine d’or légale, contestée par les écologistes) après, ce sera le pétrole. Mais alors que la situation économique continue de s’enliser, que va-t-on faire des 40.000 chômeurs 
Si les généreux donateurs comme LVMH qui avait annoncé vouloir verser 10 millions pour l’Amazonie, souhaitent réellement être utiles, qu’ils s’investissent en Guyane. Il existe même là-bas le parc national amazonien, qui protège la moitié de ce territoire, ce qui en fait, de fait, le plus grand parc naturel français. Et qui a besoin de moyens. 
Charité bien ordonnée commence par soi-même, non ? 

mardi 27 août 2019

Avis au c... qui m’a volé hier mon macbook, hier entre 12h35 et 12 h 40, dans un restau de la rue de Clignancourt Paris 18 : Rapporte le ce matin , sinon ...

C'est arrivé près de chez vous... 
Toi, espèce de c..., fils de p..., sous-m...- les mots ( pas les maux ) me manquent, j’ai été trop bien élevé, mais je vais aller enrichir mon vocabulaire d’insultes en relisant les échanges de tweets entre Booba et Kaaris , au moins ça servira à ça, et de toute façon TU vas te reconnaître -cet avertissement t’est adressé.
Hier donc, entre 12h35 et 12 h40, un petit malin - enfin petit et malin je ne sais pas , en tout cas quelqu’un qui a eu le bras baladeur et rapide, d’ailleurs le bras des voleurs, dans certains pays ..., mais, non, pas ce genre de pensées, résiste ! je ne mange pas de ce pain là- Donc hier, dans un petit restau, du début de la rue de Clignancourt Paris 18, fermé sur l’extérieur, pas en terrasse, nous nous étions assis pour déjeuner et pour travailler. Sur la table mon ordi, une bombe, qui coûte un bras - bras que dans certains pays pour les voleurs... non, encore une fois, même fou de rage, ne pas se laisser aller...- , un macbook pro touchbar 512Go SSD, sur lequel nous avons beaucoup de choses, des montages vidéos en cours, des dossiers ou des textes en cours, évidemment des tas de documents téléchargés, évidemment de la compta, évidemment des tas de comptes avec mots de passe. C’est pas un jouet pour se mater netflix ou des films de boule, mais un outil de travail. 
L’ordi était donc ouvert sur la table à côté de moi , avec un collaborateur, nous venions de regarder un site, un lien, des photos. Et puis d’un coup, plus rien sur la table. Là, on se dit, c’est une blague, David Copperfield sort de cette table, où est la caméra cachée, et puis, non, c’est bien un cauchemar, l’ordi a disparu. Il était là sur la table, à 30 cm de mon bras ( que dans certains pays... non, pas encore cette idée...), face à un mur, impossible de le prendre sans me passer sur le côté de l’épaule... 
L’espace d’un scillement, une belle journée de fin d’été se transforme en chemin de croix... 
D’abord, essayer de localiser le mac, puis essayer de le bloquer, puis de déclencher l’effacement à distance, puis ... changer les mots de passe - c’est dingue, le nombre de mots de passe que l’on peut créer...-, puis faire le point sur ce que l’on n’avait pas encore sauvegardé sur le cloud , et l’on se rend compte que l’on a été moins prudent qu’on ne le pensait. Puis la police, puis l’assurance, même si...Puis le sentiment qu’il ne nous reste que nos yeux pour pleurer, c’est dingue que l’on peut être addict ... totalement digitaldépendant...
Donc je te préviens, toi l’ordure, le... - voir les comptes de Booba-Kaaris pour compléter -, notre vengeance va être terrible. 
D’abord notre e-vengeance, Car tu ne le sais pas, mais nous à N7 Productions, nous ne sommes peut-être pas Xavier Niel ou Mathieu Pigasse, mais nous avons le bras long - Et le bras des voleurs dans certains pays... non, pas cette idée, encore ...-.Nous sommes en connexion directe avec Steve. Oui, Steve notre grand maître, l’immortel gourou de la secte des témoins de Apple. Eh ! bien nous l’avons mis au courant, il est très en colère, il a mis sur le coup tout ce que Cuppertino compte comme développeurs et hackers. Non seulement tous tes mac vont être bloqués, mais d’ignobles vers ( worms )vont t’attaquer toi et tes descendants pour 1000 générations.
Toujours pas décidé à rapporter l’ordi là où tu l’as volé ? 
Eh ! bien apprends également que les réseaux de N7 productions vont bien au-delà des mers. Et que nous avons mobilisé tout ce que la Caraïbe compte de jeteurs de piayes, quimboiseurs, houngans et ils sont en train d’en appeler aux loas les plus terribles qui puissent exister ! Car notre (jeune) société a été placée sous la protection d’Ogun Feray ! L’entends-tu qui chevauche déjà sabre au clair pour venir t‘occire ? 
Toujours pas convaincu ? 
Eh ! bien sache que nos réseaux serpentent également sous la canopée de la forêt amazonienne - qui ne brûle pas partout- jusqu’en Guyane. Et le chamane d’un village du Haut-Oyapock avec lequel nous avons échangé par whats’app est déjà en train d’appeler à la rescousse son ancêtre le jaguar. Et cela va être terrible. Si par hasard tu as réussi à échapper aux brigades du Tigre du ministre Castaner – ce qui paraît peu vraisemblable, à Paris, les voleurs comme toi sont retrouvés dans les 24 heures, ou pas...-tu ne pourras pas fuir la vengeance du jaguar. 
Alors, RENDS notre mac !
On rigole, mais c’est pas drôle, perte de temps, perte d’argent, sentiment d’impuissance, presque de viol ( désolé Marlène, c’est une manière de s’exprimer). 
Et avec cette leçon : Tout sauvegarder, tout assurer, sans jamais être sûr que cela puisse être efficace à 100 %.

dimanche 25 août 2019

A qui appartient l’Amazonie ? Bonne question, mais qui la pose et qui y répond ?

Notre maison brûle; Oui mais surtout en Afrique !
L’Amazonie a donc été invitée au G7. Habillé en géant vert, Emmanuel Macron en a fait son cheval de bataille sur le thème : Notre maison brûle ! 
Espérons que cette formidable image, lancée par Jacques Chirac, sera suivie d’un peu plus d’effets qu’à l’époque…en 2002 ! 
Les incendies en Amazonie sont effectivement dantesques, mais ils ne sont en rien un phénomène nouveau. Chaque année des dizaines de milliers d’hectares sont ainsi défrichés, ou plutôt nettoyés à la saison sèche, en utilisant la technique des indiens, celle de la culture sur brûlis, une technique que l’on retrouve aussi en Guyane, pour faire son « abattis » son champ de cultures vivrières. 
Évidemment, on est loin des techniques traditionnelles quand ce sont des incendies provoqués et attisés par les intérêts de l’agrobusiness, dont on sait à quel point ils sont liés au Président brésilien. On accuse donc Bolsonaro, comme si par sa seule Présidence il avait mis la forêt en feu. Mais accuse-t-on Justin Trudeau pour les incendies catastrophiques de 2017 et 2018 au Canada ? Ou Vladimir Poutine pour les incendies également catastrophiques en Sibérie ? 
Emportés par l’émotion, par la mauvaise conscience, le « sanglot de l’homme blanc », nous en oublions la réalité, rappelée par ces cartes publiées par la NASA. En ce moment, c’est l’Afrique centrale et de l’Est qui brûle, beaucoup plus que l’Amazonie. La pauvreté, ne serait-ce pas cela la principale menace pour notre planète ? 
Sommes-nous les mieux placés pour demander des comptes aux brésiliens sur leur manière de gérer leur forêt. Au nom de quoi ? Du droit d’ingérence écologique ?  Parce que l’Amazonie appartiendrait à l’humanité ? Comment refuser à ces pays la possibilité d’exploiter leurs ressources naturelles, alors que notre richesse actuelle est le résultat de bien pire. Par exemple, pendant 3 siècles, en colonisant les immenses terres vierges d’Amérique du nord, massacrant les indiens, décimant les bisons, défrichant les sols jusqu’à les transformer en poussière comme dans les années 1930 dans le fameux dustbowl en Oklahoma. Rendez les États-Unis et le Canada aux « peuples autochtones » ? 
Et puis « charité bien ordonnée commence par soi-même » et pour nous français, cela devrait commencer par la Guyane. A qui appartient ce territoire vaste comme le Portugal ? Et qui est « autochtone » en Guyane ? Les seuls indiens ? les populations noires marrons ? Les « créoles », les descendants d’esclaves déportés depuis l’Afrique, les nouveaux immigrants, venus d’Haïti, du Brésil voire même d’Asie ? Qui doit décider de mettre sous cloche ses ressources au nom de la conservation de la forêt ? et comment peut-on la protéger des appétits de pays infiniment plus peuplés comme le Brésil dont les clandestins viennent exploiter illégalement et sans respect de l’environnement, ses réserves en or ? 
Essayons d’abord de répondre à ces questions qui nous concernent au premier chef. Avant de demander des comptes à un Président brésilien, qui bien sûr, en dehors de ses rodomontades, démontre tous les jours qu’il n’est pas à la hauteur. C’est d’ailleurs ce que commencent à penser de plus en plus de brésiliens qui avaient voté pour lui par exaspération anti-élites, anti-corruption, anti-désordre. 
La démocratie, la bonne gouvernance, la corruption, le développement, la lutte contre la pauvreté et les inégalités croissantes : il est moins facile d’apporter des réponses à ces questions brûlantes. Et pourtant, elles sont en grande partie à l’origine des feux en Amazonie. 

lundi 12 mars 2018

Législatives : La Guyane en marche mais coupée du monde !

Emmanuel Macron et le nouveau député de la Guyane: Si pas le père Noël, qui et quoi alors ?

Le candidat En Marche a donc remporté les élections partielles en Guyane. Lénaïck Adam confirme sa victoire de juin dernier invalidée pour cause de listes électorales non signées. 
Jean-Luc Mélenchon qui avait beaucoup mouillé la chemise en venant soutenir Davy Rimane, apparenté France Insoumise, dénonce une élection à la « Corée du Nord ».  Dans les communes du « fleuve », le vainqueur, Lénaïck Adam a en effet obtenu jusqu’à 98 % des suffrages.
Cette comparaison est insultante pour la Guyane et montre qu’il ne suffit pas de faire un Paris Cayenne en business class pour comprendre les particularités électorales, sociales, culturelles de ce département vaste comme un sixième de la France. Et qui n’est ni Marseille, ni le Venezuela. Il faut faire un peu d’histoire.
La deuxième circonscription de la Guyane, l’Ouest guyanais, est en fait constituée de deux régions bien distinctes.
Le fleuve, le Maroni, où vivent les descendants des esclaves échappés des plantations, il y a 300 ans. A l’époque ils réussirent à former des tribus pratiquement indépendantes. Leur pays était avant tout le fleuve, partagée entre la France d’un côté et la Guyane Hollandaise, aujourd’hui Suriname de l’autre. Leurs tribus conservèrent beaucoup d’éléments de leur culture africaine d’origine. Ils créèrent une langue nouvelle, parlée aujourd’hui par beaucoup au Suriname, le sranan tongo, une langue très différente du créole guyanais ou antillais. On les appelle les bushinengés, les « noirs de la forêt » ou « noirs réfugiés ». Depuis vingt ans, leur poids a considérablement augmenté dans la société guyanaise: Emergence de nouvelles élites par le système éducatif, et en ce sens l’élection d’un « N’djuka », Lénaïck Adam, en est le symbole.  Mais surtout, arrivée massive de nombreux bushinengés fuyant la guerre civile et la pauvreté au Suriname. Il leur suffit souvent de simplement traverser le fleuve. A la maternité de Saint-Laurent du Maroni, l’immense majorité des femmes qui viennent accoucher sont surinamiennes et leurs enfants peuvent souvent bénéficier du « droit du sol », même si, contrairement à ce que pensent beaucoup, il n’est pas automatique.
En dehors de toutes considérations politiques, il n’est donc pas étonnant que Lénaïck Adam, premier candidat originaire de ces tribus, fasse le plein des voix chez lui.
Mais l’autre partie de la circonscription, qui commence aux portes de Cayenne, et regroupe les communes de la côte, les communes des « savanes », avec notamment Kourou, est socialement et culturellement bien différente. C’est la Guyane créole. Mais ce terme doit être compris non pas dans le sens antillais, c’est-à-dire blanc colon, comme la martiniquaise Joséphine, la première épouse de Napoléon, mais noir et métis. Toute la classe politique guyanaise en fait partie : De Christiane Taubira à l’actuel Président de région Rodolphe Alexandre, mais aussi Gaston Monnerville, président du Sénat, Félix Eboué, premier compagnon de la libération, du poète Léon-Gontran Damas ou de de l’écrivain René Maran, premier noir à obtenir le Prix Goncourt en …1921, pour « Batouala » ou « Roman nègre » !
Davy Rimane, le candidat France Insoumise, qui vient d’être battu, est lui-même un créole de Kourou. Et l’histoire de sa famille est celle d’une Guyane qui a été bouleversée par les 4O dernières années.
Jusque dans les années 60, les habitants des communes côtières pratiquaient une agriculture et un élevage extensifs, sur des terres sans vraie propriété, car la Guyane est immense. A l’abolition de l’esclavage, en 1848, les esclaves libérés ne furent pas contraints de rester travailler sur les plantations des békés, contrairement à ce qui se passa en Guadeloupe ou Martinique. Ils prirent leurs canots, remontèrent quelques kilomètres pour défricher un demi hectare ou un hectare pour y faire leur « abattis » et vivre ainsi entre cultures vivrières, chasse et pêche.  Ensuite sont venus l’or, exploités surtout par des immigrés des Antilles, et le bagne, avec pour un certain nombre de « créoles », des boulots de commerçants ou de fonctionnaires à Cayenne ou à Saint-Laurent.
Dans les années 60, l’arrivée du Centre spatial de Kourou a été un premier choc. En expropriant et achetant à bas prix des terres qui effectivement ne valaient pas grand-chose à l’époque, pour y implanter la base de lancement d'Ariane, le gouvernement français a suscité un ressentiment, un sentiment d’injustice qui perdure jusqu’à aujourd’hui.
Et puis il y a l’immigration d’une ampleur que l’on ne peut pas imaginer en métropole. En 30 ans la Guyane est passée de 50 000 à 200 000 habitants, C’est comme si la France de 50 millions d’habitants en avait aujourd’hui… 200 millions.  Les communes sont dépassées, les écoles submergées, le système de santé a explosé, et les infrastructures sont totalement sous dimensionnées. Il n’y a qu’un autre « département » dans la même situation catastrophique : Mayotte…
Tout un symbole d’ailleurs : Pour faire remonter les résultats électoraux, le gouvernement a été obligé de mettre en place en urgence un système de téléphone par satellite. Depuis plusieurs jours en effet la Guyane est coupée du web, internet et téléphone ne fonctionnent que par intermittence, le câble sous-marin qui la relie au reste du monde, ayant été accidentellement coupé. Il faudra plusieurs semaines pour le réparer.
Au pays d’Ariane, on croit rêver ou plutôt cauchemarder.
A la fin de l’année dernière, Emmanuel Macron avait prévenu qu’il n’était pas le Père Noël. Certes. Mais à défaut de cadeaux, il faudra un miracle, ou en tout cas, beaucoup, beaucoup, beaucoup de volonté et de financements pour que la Guyane ne soit plus française entièrement à part, mais à part entière.
« Désastre parlez-moi du désastre, parlez-m'en. » écrivait le poète Léon-Gontran Damas, un des pères de la négritude avec Césaire et Senghor. Il parlait de son éducation. Aujourd’hui cela s’applique à sa Guyane natale.





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