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dimanche 9 juillet 2017

Insoumis de Mélenchon: A Caracas, les gens ne vous disent pas merci !

A Caracas les gens aimeraient bien pouvoir révoquer le Président

« Le chemin qui est pris est celui du coup de force » :
Il y a bien un pays où cette dénonciation de Jean-Luc Mélenchon prend tout son sens. Un pays où l’Assemblée est attaquée par des bandes au service du pouvoir, où le Président refuse tout référendum révocatoire, où les opposants paient de leurs vies, par dizaines, leur volonté de ne pas se soumettre. Ce pays c’est le Vénézuela.
Jean-Luc Mélenchon - qui apparemment a été bouleversifié par ses voyages dans ce pays d’Amérique Latine - revolución-cumbia-mojito - y voyait un exemple, la troisième voie, anticapitaliste, socialiste, celle qu’il nous propose également pour la France.
Mais en fait de 3 ème voie, les gouvernements d’Hugo Chavez d’abord, Nicolas Maduro aujourd’hui ont déconstruit tout ce qui avait fait du Vénézuela un des pays les plus riches d’Amérique Latine, l’un des plus démocratiques aussi, malgré les inégalités, malgré la corruption. Du temps des dictatures en Argentine, au Brésil, au Chili, Caracas était le refuge de beaucoup d’exilés politiques.
Aujourd’hui, c’est le mouvement inverse: Les richesses nationales, le pétrole, ont été dilapidées avec démagogie et aveuglement idéologique. Les caisses sont vides mais la répression fait le plein. Et « les gens » pour reprendre les mots de Jean-Luc Mélenchon votent avec leurs pieds. Les cadres de l’industrie pétrolière nationale sont partis, les classes moyennes tentent d’émigrer. Quant aux plus pauvres, ils sont des milliers tous les jours à passer par les postes frontières de Colombie, comme à Cúcuta, pour essayer d’y vendre, qui une chaine en or, qui ses cheveux, qui son corps, contre des médicaments, du papier toilette, du riz.
Que Mélenchon ne reconnaisse même pas qu’il s’est trompé et que ces gouvernements révolutionnaires ne sont que tromperies, cela insulte les gens qui là-bas au Venezuela paient de leurs vies, le fait d’être insoumis.


vendredi 11 juillet 2014

Et à la fin c’est l’Allemagne qui gagne

Le christ du Corcovado aux couleurs allemandes ?
"Football is a simple game ; 22 men chase a ball for 90 minutes and at the end, the Germans always win. »
Tout le monde connaît la petite phrase de l'attaquant anglais Gary Lineker : « et à la fin, c'est l'Allemagne qui gagne." 
Cette fois-ci encore, cela a de bonnes chances de se vérifier…
Oui, bien sûr, certains annoncent que c’est l’Argentine qui va gagner. Il faut bien entretenir le suspens. Il est d’ailleurs curieux que les commentaires en France sur les résultats de la Mannschaft soient toujours accompagnés de remarques restrictives. Genre : « ok, ils ont gagné, mais parce qu’ils ont fait preuve de réalisme », sous-entendu : « Il leur manque le « jogo bonito », le beau jeu qui caractériserait le football brésilien et latino-américain. Avouons-le: Nous avons toujours du mal avec l’Allemagne et l’amitié franco-allemande lancée par De Gaulle et Adenauer cache mal les même vieux clichés sur les allemands: Ils sont lourdingues, un peu «panzer». En tennis quand Boris Becker gagnait, c’était Boris « boum-boum ». Et quand aujourd’hui Claudia Schiffer vante les mérites d’une auto « made in Germany », où elle se moque du cliché des allemands trop sérieux et conclut pour expliquer son choix :«normal ! c’est une allemande.. », certains internautes commentent : « C’est une pub nazi ».
Finalement, nous aimions bien l’Allemagne quand elle était un nain politique; Comme l’avait écrit François Mauriac: « j’aime tellement l’Allemagne que je préfère qu’il y en est deux » ou encore comme le chantait Patricia Kaas : « De quel côté du mur, la frontière nous rassure ». Cela nous arrangeait bien que l’Allemagne soit divisée en deux. Ressasser le passé: Certains médias se sont complu à diffuser et rediffuser le fameux France-Allemagne de 1982, histoire de bien entretenir cette petite musique anti-allemande.
Alors que comme dirait Didier Deschamps : «Quand t’es pas né, t’es pas né».
Et alors que cette équipe d’Allemagne non seulement joue bien mais est également sympathique, à l’image de l’Allemagne d’aujourd’hui, qui a tellement changé en 40 ans, avec tout cet éventail de joueurs de toutes origines.
Coup de sifflet final : Parions qu’il consacrera l’Allemagne. Mais que certains continueront à penser, comme cette autre phrase de Lineker : « Le problème avec les allemands , c’est qu’ils sont allemands ».

Playlist du blogodinho :
L’Orchestre « Allemand » de Nova Petropolis…
Il n’y a pas que le samba au Brésil !



lundi 18 mars 2013

Le pape François et les militaires argentins.


Ceci n'est pas le Pape donnant la communion au Général Videla !


A peine le nouveau Pape avait-il pris ses fonctions, que sont (ré)apparues des accusations concernant son attitude sous la dictature militaire argentine, à la fin des années 70. Pendant ces années « de plomb », comme au Chili, au Paraguay, en Uruguay, au Brésil, les militaires avaient pris le pouvoir, pourchassant notamment les militants d’extrême-gauche, avec force tortures, emprisonnements, disparitions.
Il est tentant de « casser » l’ambiance actuelle, un peu béate, autour du nouveau pape auquel on prête toutes les qualités. Mais il est dangereux de transposer à l’Argentine ce que l’on a connu en Europe avec les dictatures fascistes ou nazis. Et il est faux de voir en François 1° une sorte de Kurt Waldheim austral.
L’ancien Président autrichien avait été éclabloussé par les révélations sur son passé pendant la seconde guerre mondiale[1]. Il n’avait pas été un criminel, ou un nazi actif, mais ce que les autrichiens ou les allemands appellent un «Mitlaüfer»; pas exactement un collabo, mais quelqu’un qui «marche avec» le système.
Ce qui ressort des différentes enquêtes, livres, déclarations sur le passé de François 1° montrent qu’il n’a pas été un « Mitlaüfer ». Mais qu’il n’a pas été non plus un Dom Helder Camara, l’évêque brésilien, figure emblématique de la « Théologie de la Libération » ou un Oscar Romero assassiné par les escadrons de la mort en pleine messe dans sa Cathédrale à San Salvador. Une partie des critiques à l’égard du nouveau Pape viennent de ces milieux d’extrême gauche latino-américains, qui préconisaient la Révolution permanente, la multiplication des « Cuba » partout en en Amérique Latine. Plus personne n’y croit aujourd’hui.
Et puis d’autres attaques viennent en sous-main de l’actuel gouvernement argentin et du mouvement péroniste. Dans les années 1950, le général Perón est l’exemple même du « caudillo » démago ». Profitant de la prospérité de l’Argentine, grand producteur agricole au moment où l’Europe sortait de la seconde guerre mondiale, il « arrosait » les « descamisados », le prolétariat argentin, pour assurer à son pouvoir autoritaire et corrompu le soutien d’une clientèle de défavorisés. La nostalgie des années Perón paralyse encore la démocratie argentine. Et les Kirchner actuellement Président(e) n’ont jamais pardonné à l’ancien cardinal de Buenos-Aires ses attaques contre l’affairisme et la corruption qui les caractérisent.
Les déclarations du militant argentin des droits de l'homme Adolfo Pérez Esquivel, Prix Nobel de la paix 1980, me semblent plus crédibles, qui assure que le Pape n'avait eu « aucun lien avec la dictature".
Nous vivons une e-poque formidable !




[1] Cf « Le mystère Waldheim » de Luc Rosenzweig et Bernard Cohen , ed.Gallimard

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