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mercredi 9 décembre 2020

Football, negro : cachez ce racisme que je ne saurais voir !

 


Donc un arbitre adjoint – roumain – s’est laissé aller à des propos racistes : negro pour désigner un entraîneur adjoint noir. Scandale, décision des joueurs des deux équipes de rentrer aux vestiaires, tempête médiatique, parions que l’UEFA finira par rivaliser de déclarations martiales contre le racisme et que cet arbitre n’arbitrera plus jamais un match, en tout cas international. Et ensuite, quoi ? 

Que des instances officielles, que des gouvernements, condamnent fermement le racisme, c’est indispensable, mais est-ce suffisant ? Pensons-nous que cette condamnation fera réellement changer les sentiments de cet arbitre roumain ? Et de ces très nombreux anonymes qui dans le fond parlent de la même manière, utilisent les mêmes mots, pensent la même chose. Non. La prochaine fois, les préjugés ne seront plus exprimés à voix haute, mais mis sous le tapis. Mais soulevons le tapis, justement, et commençons par nous-mêmes, nos proches, notre entourage, nos voisins, nos compatriotes. 

Les lois, les déclarations de bonnes intentions ont-elles vraiment fait disparaître les préjugés, l’intolérance, la peur de l’Autre ? On ne le dit plus à voix haute, mais dans le fond, c’est toujours : « les noirs sont comme ceci », « les juifs sont comme cela », « les arabes comme ça »…

Dans l’(excellent) film « Get out” le héros noir va passer le week-end chez les parents de sa girl-friend, blanche, blonde. Un beau petit couple, qui démontre que, comme l’annonçait Senghor, l’avenir est au métissage. Mais le week-end se transforme en cauchemar, les parents se révélant être des sortes de vampires, mais en plus d’affreux racistes, sous des dehors ouverts et souriants : Le père adore Obama : « si il avait pu faire un troisième mandat, on aurait voté pour lui ». Un ami évalue d’un air gourmand le physique du héros, et lui demande : « Vous êtes golfeur comme Tiger Woods ? »

Alors ? 

Alors, il faudra du temps pour que si ce n’est nous, en tout cas les prochaines générations se dégagent de tous ces pré-jugés, de ces clichés. Cela passe par l’éducation bien sûr, l’école, mais Il faudrait aussi que les media, les journalistes commencent à réfléchir à la manière d’en parler, de parler. 

Le producteur de musique, Michel Zecler, tabassé par des policiers est-il noir avant d’être un producteur de musique ? « Noire n’est pas mon métier », revendique l’actrice Aïssa Maiga, un peu un écho du : « On ne naît pas femme, on le devient » de Simone de Beauvoir.

Pour inspirer nos rédactions, relisons Félix Éboué. Vous savez Éboué, qui fût le premier à rallier De Gaulle en juin 1940, qui a fait basculer le Tchad puis l’Afrique Équatoriale du côté de la France libre, le premier compagnon de la Libération. Ses cendres furent transférées au Panthéon le 20 mai 1949, le premier noir à y être honoré, bien avant Alexandre Dumas, en 2002.

D’ailleurs Éboué, le guyanais, fût souvent le premier partout. Premier gouverneur noir de la Guadeloupe, il prononça ce discours à la jeunesse guadeloupéenne en 1937, lui qui était un fan de sport et de foot : « Jouer le jeu ». « Jouer le jeu, c’est piétiner les préjugés, tous les préjugés, et apprendre à baser l’échelle des valeurs uniquement sur les critères de l’esprit. »« Jouer le jeu, c’est, par la répudiation totale des préjugés, se libérer de ce qu’une expression moderne appelle le complexe d’infériorité. C’est aimer les hommes, tous les hommes, et se dire qu’ils sont tous bâtis selon la commune mesure humaine qui est faite de qualités et de défauts. »

Jouons le jeu !

vendredi 12 juillet 2019

Coupe d’Afrique des nations : Pas sur TF1 mais dans les rues !

Evidemment, il a fallu que des excités gâchent la fête !
Passons sur les « incidents », ou plutôt non, arrêtons-nous sur les violences qui ont terni les manifestations de joie des supporters après la qualification des équipes d’Algérie (et de Tunisie …) pour les demi-finales de la CAN, qui se déroule actuellement en Égypte. 
A Montpellier, une femme tuée par une voiture conduite par un connard qui croyait que manifester sa joie passait par rouler à toute berzingue au volant de sa voiture ; à Paris, pillages sur les Champs-Élysées ; comme d’habitude a-t-on envie de dire. 
Évidemment, cela ne fera que renforcer les préjugés - pas toujours exprimés à voix haute - sur « ces arabes qui envahissent nos rues, vandalisent des magasins ». Ce qui est très injuste, car les années et mois derniers ont démontré qu’en ce domaine, c’est un mal bien français. Plus aucune manifestation populaire ne se déroule sans violence. Comment fait-on pour pacifier les relations entre habitants de ce pays ? Rétablir un semblant de respect pour le bien d’autrui, le bien collectif ? Ne pas saccager les vélos, les trottinettes, casser les radars sur les routes, etc, etc… 
Passons également sur ces manifestations peut-être exagérées de fierté nationale pour des supporters qui très souvent n’ont que des liens très distendus avec le pays de leurs ancêtres. 
Sinon, tout cela était sympathique comme l’est la passion de français d’origine portugaise pour Ronaldo, ou d’origine espagnole pour le Real (ou le Barça). 
Et l’on ne peut que regretter que la CAN n’ait pas été retransmise sur des chaînes très grand public comme TF1. Quelques jours après les succès d’audience du mondial féminin, gageons que ces rencontres qui opposent des joueurs dont beaucoup évoluent dans nos clubs auraient également passionné les foules. 
Et pas uniquement dans les cafés et bars de Barbès.


jeudi 7 mars 2019

Mercredi des cendres, on ne joue jamais un match décisif

Mercredi, fin du carnaval, fin des illusions
Mais pourquoi Diable, Paris a-t-elle accepté de jouer un match aussi important, un … mercredi des cendres ?
Parce qu’il suffisait de demander aux brésiliens ou aux antillais de l’équipe pour savoir que mercredi des cendres c’est la fin du Carnaval. Le jour où l’on s’habille en noir et blanc, couleur du deuil et où l’on brûle Vaval, le Dieu du Carnaval. Et autour des brasiers, on pleure déjà : « La grande illusion du carnaval » Comme le dit la chanson (composée par Antônio Carlos Jobim, il y a 60 ans déjà !):
A felicidade do pobre parece / A grande ilusão do carnaval / A gente trabalha o ano inteiro/ Por um momento de sonho (… ) Pra tudo se acabar / Na quarta feira
Le bonheur du pauvre parait / La grande illusion du carnaval/ Les gens travaillent une année entière / Pour un moment de rêve (…) Pour que tout se termine / Le mercredi !
Eh ! oui mercredi des cendres, les rêves se dissipent, on ne va plus faire la fête ou courir le vidé, on va se coucher… Dommage de Thomas Tuchel ou le Président Nasser Al-Khelaïfi aient ignoré ce vieux principe carnavalesque. Mais il est vrai que l’un est allemand, l’autre qatari, pas martiniquais ni brésilien, alors…
Dommage que hier soir, les chroniqueurs de C à vous, ne soient pas non plus aller se coucher. Cela leur aurait évité d’être entrainés dans une consternante séquence, de devenir le prétexte à un pseudo « clash », complétement vide de sens, aussi vide que le poids électoral de l’intéressé responsable du « clash », le nommer serait lui faire trop d’honneur. Décidément les débats à la télé tournent de plus en plus aux parodies carnavalesques. Et chacun de mettre un masque et de jouer la colère, l’homme du peuple, la voix des sans voix… 
Dommage aussi nous ne soyons pas mieux préparés au mauvais temps économique qui pointe son nez. Cela fait des mois que les cassandres de Bercy ou d’ailleurs nous mettaient en garde, mais finalement c’est comme tous ceux qui crient en permanence : « Au loup ! » , on ne les croit plus. Hélas, comme pour le mercredi des cendres, cela risque d’être la fin de notre grande illusion, celle que la France qui passerait entre les gouttes... 
Mais, voilà mercredi est tombé le dernier rapport de l’OCDE : Et c’est la cata. Coup de frein mondial sur la croissance : Et en Europe, pas un pour sauver l’autre, la Grande-Bretagne ne sait plus dans quel état elle ère, l’Italie est en récession et l’Allemagne va y entrer. Et nous continuons à accuser les autres de tous nos maux : Les allemands... voilà les responsables ! Ils ont fait semblant d’abandonner leur deutschmark pour mieux nous asservir avec l’Euro. D’ailleurs, vous avez vu hier soir ? Qui est l’entraîneur du PSG ? Un allemand ! Tout est clair, non ?
Non, décidément, il ne faut rien prévoir pour un mercredi des cendres. Surtout pas jouer un match décisif. Seulement aller se coucher. 

samedi 14 juillet 2018

Mondial : Pourvu qu’ON gagne !

Une joie qui emporte tous les quartiers. Est-ce si mal ?

Il sera bien le temps de faire la gueule, lundi.
Il sera bien le temps de retrouver le chômage, la précarité, mardi.
Il sera bien le temps d’angoisser pour le découvert en banque, les impôts à payer, les factures en souffrance, mercredi.
Il sera bien le temps de … les attentats, le terrorisme, les incivilités, la guerre, les guerres, les migrants qui se noient, les frontières qui se ferment, qui s’ouvrent, les affrontements politiques, les divisions, les oppositions, jeudi, et tous les autres jours de la semaine et toutes les semaines des mois qui suivent, et tous les mois des années ensuite.
Mais en attendant ces lendemains qui déchanteront, ne nous privez pas de ce moment de bonheur, de cette joie qui nous emporte tous, partout en France, quel que soit notre ville, notre région, notre situation professionnelle, notre compte en banque (même s’il n’est pas dans le bleu), nos origines, notre religion, notre couleur (politique), notre couleur (de peau), notre âge, notre sexe (notre genre ?). 
Comme l’écrit un éditorialiste du quotidien allemand Tagesspiegel (*)  : « Il existe encore un monde où le mot « finale » ne signifie pas « mort ». Un monde où disparaissent les luttes de pouvoir politique, les problèmes du Brexit, les humeurs de Trump. Ce monde c’est celui de la Coupe du monde de foot. 
C'est juste un jeu. Un combat dont nous pouvons profiter de manière détendue (surtout lorsqu’on a été éliminé au round précédent). Et qui pourrait se terminer par une surprise, une victoire pour la petite Croatie avec ses grands joueurs. (…). La Croatie n'a jamais été championne du monde. Sa victoire serait un signe que tout le monde peut y arriver. Une victoire pour les petits. (…) De toute façon, la France est et restera la « grande nation ». 
Ami allemand, ok avec le raisonnement mais pas avec la conclusion. Tant pis pour le symbole de David battant Goliath, il faut qu’ON gagne ! 
Bien sûr nous le savons, il ne s’agit que d’une parenthèse. 
Bien sûr, nous le savons, panem e circenses, du pain et des jeux qu’on donne aux pauvres pour les distraire, nous savons que le sport comme la religion est l’ « opium du peuple », bla bla bla…. Nous savons tout cela.
Mais, franchement quelques heures de joie par procuration dans un monde pas si gai que ça, cela ne nous ferait pas de mal. Fiers d’être bleus ? Fiers d’être français ? Et sans faire de mal à personne, alors pourquoi bouder notre plaisir ? Et puis ce n’est qu’un jeu, non ? 
Alors oui, il faut qu’ON gagne. 

*(Ein Dank geht an Werner)

samedi 7 juillet 2018

Emmanuel Macron assistera au match des bleus : Aie ! Aie aie ?

Le Président en 1/2 finale: Est-ce une bonne idée ?
Le Président fait ce qu’il dit (enfin presque…) et donc : il avait annoncé que si l’équipe de France allait en demi-finale il se rendrait en Russie, il ira donc mardi à Saint-Pétersbourg pour encourager les bleus face à la Belgique. 
Cela part d’un bon sentiment. D’un vrai intérêt pour le foot, sans trop de calcul électoral, parce que dire comme il l’a fait qu’il était supporter de l’OM alors qu’on habite Paris, et que son ministre de l’intérieur et des cultes est lyonnais, c’est aimer prendre des coups. Et puis, il paraît que les français ne sont pas très nombreux à avoir cru à ce mondial en Russie –manque de foi en Didier Deschamps et en sa sélection ? Traumatisme bicentenaire de la Bérézina et de la retraite de Russie ?– donc un supporter de plus, ça ne devrait pas faire de mal. 
D’un autre côté un Président qui va assister à un match, on a envie de lui dire : Manu (Oui, parce que là, même Président on n’est pas à une cérémonie officielle, mais entre potos fans des bleus, donc on peut dire : Manu), Manu, tu crois vraiment que c’est une bonne idée. Tu ne risques pas d’être un peu le mistigri, le chat noir, d’apporter la scoumoune. Là on ne rigole plus, c’est du sérieux, on ne parle pas du pognon de dingue pour les dépenses sociales, ni du plan pauvreté, on parle de FOOT. Et aucune vidéo trash publiée par ta communicante Sibeth N’Diaye, ne pourra te sauver. L’Elysée a-t-elle consulté des voyants ou voyantes comme au temps de feu le Président Mitterrand ? A-t-on prévu des pattes de poulets ( pas de ceux qui ont été offerts pendant le Salon de l’agriculture, au fait que deviennent-elles ces poulettes, et combien leur entretien coûte-t-il au budget de la France ? Et pondent-elles de œufs pour les pti dèjs présidentiels ?), des grigris, des quimbois ( Christiane Taubira pourrait être de bon conseil  dans ce domaine) ? Parce qu’on trouve de multiples exemples par le passé où la venue d’un Président amène la scoumoune. Souvenons-nous de François Mitterrand venu à Kourou assister au lancement d’Ariane, un des rares qui ait raté, le lanceur avait dû être détruit. 
Ce serait un peu bête que la fusée bleue explose en plein décollage face aux diables rouges. 
Il faut mettre tous les atouts de leur côté. Peut-être pas aller jusqu’à fermer la frontière avec la Belgique, construire un mur comme Trump avec le Mexique, boycotter les produits belges (enfin pas Tintin, ni les frites, ni Stromae), mais renoncer à ce voyage. En prétextant par exemple que, non, Emmanuel Macron n’est pas le Président des riches, la preuve mardi il assistera à une rencontre amicale entre l’équipe de l’ASPTT d’Amiens, contre celle de l’Association sportive des cheminots de Saint-Denis. Et non pas à un match où le plus mal payé des joueurs gagne 500 smics par mois. 
Président ce serait un beau geste. Pour les bleus, pour la France. Et puis pour la côte de popularité car en cas de défaite, aie, aie ! A moins que la présence de Brigitte ne change tout…

mercredi 7 mars 2018

PSG : L’injonction à tous être derrière Paris.

Caramba! Encore raté !
Ouf ! c’est passé. Mal peut-être, mais c’est fait. Nous allons pouvoir passer à autre chose, parler d’autres choses, entendre autre chose que : Le PSG peut-il battre le Real ? Paris pourra-t-elle réussir sa remontada ? Résultat : Ce fût la remonta-nada, Waterloo-morne plaine, et même pas parce qu’il paraît qu’à Waterloo, sommé de se rendre Cambronne répondit aux anglais : Merde, ce qui fait que deux siècles plus tard on parle encore de lui. Alors que là on ne souvient plus déjà de personne.
Sauf de l’absent : - un seul être vous manque et tout est dépeuplé- Neymar, bien sûr, qui est convalescence. Enfin précisons : Le pied en l’air peut-être mais dans sa villa de Mangatariba. Un cadre - comment dire - digne d’un milliardaire comme Bernard Arnault, dont on est content d’apprendre qu’il est plus riche que l’an dernier de 18 % : Une villa hollywoodienne, saint-tropézienne, mais à la mode brésilienne. Une résidence généreuse : 1600 m2 (On se demande ce qu’il peut en faire, pense le jaloux dans son studio, et puis heureusement que c’est au Brésil, sinon bonjour le chauffage !), au milieu d’un domaine privé de 2500 hectares, avec forêt « vierge » privée, plages privées, on peut y accoster en bateau ou y atterrir en hélico, et surtout, gardes, barbelés, hypersécurisée ! Car on est au Brésil où l’on assassine dix fois plus que dans le 9-2 ou 9-3 ou 1-3, autant qu’en Afrique du sud, mais comme c’est sur fond de samba et de carnaval, on en parle moins à l’étranger.
Il paraît que Neymar s’est achetée une machine à produire 300 kilos de glaçons par heure, mais on ne sait pas si c’est pour sa rééducation ou pour ses fêtes. Et l’on ne sait pas trop si la défaite du PSG ne lui donnera pas l’envie d’aller voir ailleurs.
Mais revenons à Paris et à sa défaite. Ce n’est pas le fait d’être marseillais ou lyonnais ou strasbourgeois, que de se dire : Ouf ! on va pouvoir souffler. Car ces derniers jours, ces injonctions de « tous être derrière Paris » reprises par les médias en boucle, venant même des politiques, commençaient à être insupportables. Et relevant de la pensée magique.
Car en dehors des supporters dans le stade, hurler devant son poste de télé en partageant des pizzas et des bières, peut-il vraiment changer la physionomie d’un match ? Répéter « Ensemble on peut le faire » peut-il changer les faits ? Et les faits, c’est que, devenir un club de niveau mondial, ne se décrète pas, cela se construit. A moins de payer les arbitres (Et là le regard descend jusqu’au stade vélodrome), les clubs français ne sont pas encore à la hauteur des italiens, espagnols, allemands, anglais… Il va falloir encore beaucoup de centaines de millions pour que Paris devienne vraiment magique !











vendredi 4 août 2017

Pour 5 euros, tu as combien de Neymar ?

25 ans et déjà une biographie. A quand le tome 2 ? 

Neymar était attendu comme le messie. ( Ceci est un jeu de mots ). Et ça y est ! Il arrive, il est arrivé, il est là. A Paris, au PSG. Merci qui ? Merci Macron !
Car, c'est sûr, c’est encore un effet Macron. En quelques semaines, l’attractivité de notre pays a bondi: Les Jeux Olympiques 2024 ? A Paris ! Neymar ? Au PSG ! Les italiens ? A Saint-Nazaire. Non, là quand même il ne faut pas exagérer. Fincantieri ne fait pas rêver comme le Qatar.
Qatar ? Vous avez dit Qatar ? C’est pas ce micro-émirat pourri du fric du gaz et qui est mis au banc des nations par Trump, l’Arabie Saoudite, et autres émirats affiliés ? C’est pas eux qui sont accusés de tous les maux, de soutenir les djihadistes, d’avoir joué avec le feu de l’intégrisme musulman, de flirter avec le Grand Satan, l’Iran. Oublié tout ça: Pour 222 millions d’euros, l’argent n’a pas d’odeur.
Il paraît d’ailleurs que la star brésilienne que le PSG vient de piquer aux espagnols, va rapporter 30 millions d’euros à l’Etat chaque année, rien qu’en impôts et en charges sociales. Avec les autres recettes dérivées, en 10 ans, ça va financer la hausse du budget de l’armée. Ou la construction de nouvelles prisons. Ou de nouveaux équipements pour la police. Ou de nouveaux profs pour les classes dédoublées. Ou encore une hausse de 5 euros par mois pour les aides au logement de 500 000 étudiants.
Neymar: 25 ans. 30 millions d’euros de salaire par an. Mais dans le même temps, on trouve honteux la rémunération d’un grand chirurgien, 15 ans d’études supérieures, plus la responsabilité de tenir notre vie sous son scalpel. Et on applaudit Ruffin et les insoumis quand ils taclent ces salauds de Pinault ou Arnault, dont les choix stratégiques et le développement de leurs marques, créent des milliers d’emplois et rapportent des milliards aux caisses de l’Etat ? Ce n’est pas la même chose.
Non, c’est vrai. Ce n’est pas la même chose.

lundi 4 juillet 2016

Eurofoot : Jeudi, il faut que la France batte l’Allemagne, sinon...


Venger Séville 1982 et l'agression contre Battiston !
Ne boudons pas notre plaisir : Gagner 5-2 et aller en demi-finale de l’Euro de foot, c’est bien. C’est bien et c’est mieux que l’inverse : Filer à l’anglaise, se payer un Brexit. En plus 7 buts au total dans un match, cela rend les 90 minutes plutôt plaisantes. Et puis ces bleus là, ils sont plutôt sympas, non ? Et puis, dans la France du nord, qui depuis deux mois n’a plus vu ni le soleil ni la chaleur, cela fait chaud au cœur. Et puis après cette année calamiteuse sur tous les fronts, le terrorisme, l’économie, la politique, les grèves, les manifs, une victoire c’est bon pour le moral. Et puis, c’est vrai qu’après les ratés du début, le spectacle lamentable des heurts entre supporters russes et anglais (encore eux !), l’ambiance bon enfant et très bleu blanc rouge des victoires des bleus, ça fait chaud à la France.
Ceci dit, c’est pas pour dire, mais l’Islande… Ce n’est pas faire injure aux Islandais que de dire qu’en ce qui les concerne oui la taille ça compte : 330 000 habitants, en comptant, les bébés et les vieillards… des conditions climatiques, comment dire, qui ressemblent à un mois de janvier à Geoffroy-Guichard à Saint-Etienne ou au stade Bollaert à Lens, mais toute l’année. Bien sûr avec l’eau chaude des sources volcaniques on arrive à faire pousser des bananiers, mais ça ne vaut quand même pas le centre d’entraînement de Clairefontaine et les millions, dizaines de millions, centaines de millions qui financent le foot français.
Attention, comme dit Didier Deschamps, le sélectionneur, le « coach » comme on dit : « Tant qu’un match n’est pas gagné, il n’est pas gagné ».
Il est bien Didier Deschamps, il pratique le parler vrai. Pas à la Michel Rocard. Non parce que Michel Rocard, lui, son parler vrai, lui a coûté la Présidence de la République. Dans notre pays jusqu’à présent, ce n’est pas le plus honnête, mais le plus roublard, la plus malin, le plus « florentin » qui gagne. On appelle ça être « habile » en politique. La mort de Michel Rocard nous rappelle en creux tout ce que nos politiques d’aujourd’hui comme ceux d’hier ne sont pas.
Donc Didier Deschamps n’est pas Michel Rocard, mais plutôt une sorte de la Palice. Il enfonce des portes ouvertes. Comme avec une de ses dernières réflexions : « L’idéal est de bien commencer le match et de bien le finir ». Certes ! Espérons que ce sera le cas jeudi face aux allemands, dont on nous rappelle que nous ne les avons plus jamais battus depuis …1958. Vous vous rendez compte, 58 ans: Hollande, Merkel ou Sarkozy avaient à peine 4 ans ! C’est dire si ça remonte à loin. Seul peut-être Juppé pourrait éventuellement s’en souvenir.
Si Jeudi donc les bleus ne battent pas la Mannschaft, alors le contre coup risque d’être terrible !
Tout remontera : Mais quel est le sens de la danse de Pogba en deuxième semaine ?.. Et si X avait chanté la Marseillaise ?. Et si Benzema et Ben Arfa … ? Et l’on entendrait une Le Pen demander un décompte ethnique et religieux des bleus. Et l’on verrait un Mélenchon dénoncer les diktats de Merkel.
Alors pour nous éviter tant de psychodrames, qui par ricochet, vous affecteraient, car nous sommes n’est-ce pas, votre principal partenaire, bitte, liebe deutsche Freunde, jeudi, perdez ! Et c’est promis, on élira Didier Deschamps comme Président !
Nous vivons une e-poque formidable.

samedi 11 juin 2016

Euro 2016 : Brexit, indignés, grèves, attentats et Fan-zones: Alors on danse ?


Le foot pour tout oublier ?

Après la pluie, pardon : après le déluge, le soleil enfin, et un concert, un megashow sous la Tour Eiffel, Paris ville lumières, allez on danse.
Après les polémiques, les niques de Benzema et Cantona, le foot enfin, et un beau but, des larmes de vraie joie de Payet –Paillettes-, allez on danse.
L’euro chasse les infos. Jusqu’au 10 juillet, y’en aura plus que pour le foot. Ce n’est pas a-normal. Après tout c’est le sport le plus populaire. Mais c’est aussi ( surtout ?) du business. Et « on » nous bourre le crâne avec les bleus - tous supporters- tous ensemble- tous ensemble-, « on » fait monter la sauce, avec des suspens du style France-Roumanie, France-Albanie. C’est pas pour dire, ni pour mépriser l’Albanie, mais dans le genre, il y avait aussi France-Malte, ou France-Chypre, ou encore France-îles Féroë. A vaincre sans mérite, on triomphe sans gloire … « On » ? « On », ce sont ces grandes marques, ces grands médias qui achètent très cher les droits de diffuser la moindre image liée à la folie foot, et qui entendent bien maximiser leur retour sur investissement. Sous la Tour Eiffel mais devant Mac Do, allez, on danse.
Oubliée la crise de l’Euro. Au fait, où ça en est, la Grèce en faillite ? Et la reprise économique, partout en Europe ? Et les élections en Italie, avec le mouvement 5 étoiles qui risque de bloquer les velléités de réformes du premier Ministre Matteo Renzi. Le 19 juin, à Lille, on jouera France-Suisse. A Rome, on votera pour de deuxième tour d’élections municipales à haut risque. Allez, on danse.
Exit le possible Brexit. Le référendum en Grande-Bretagne, ce sera le 23 juin. Les sondages sont aussi indécis que le France-Roumanie pendant 88 minutes. Si les britanniques larguent les amarres, personne ne sait vraiment ce qu’en seront les conséquences. Une nouvelle chance pour l’Europe ? Genre : On largue les poids morts, les ceux qui trainent du pied, et on fait avancer la construction européenne. Ou bien, une catastrophe, avec Cameron comme capitaine, et comme icebergs la Chine, l’Inde, les Etas-Unis, la Russie sur lesquels nos petits pays dispersés viendront se fracasser. Comme sur le Titanic, allez, on danse.
Oubliées les élections en Espagne. Le 25 juin, sur la planète foot débuteront les 8 ème de finale. Et dans l’Espagne, de nouvelles élections qui risquent d’être tout aussi indécises que celles de décembre dernier. Bravo les indignés: Ils bloquent tout mais ne gagnent rien, si ce n’est peut-être de permettre l’avancée des nationalistes catalans qui, d’élections en élections, vont bien finir par détricoter l’Espagne. Mais l’Espagne n’a jamais existé sans Catalogne, ni Pays Basque… Allez, on danse.
Oublions les grévistes de Sud ou de la CGT qui rendent un peu aléatoire tout déplacement en France, oublions les poubelles qui s’amoncellent, oublions Air France, oublions la grève du 14 juin, oublions les 5 millions de chômeurs, allez, on danse .
Oublions, les réfugiés, les migrants : Combien arriveront sur les côtes italiennes, combien se noieront en Méditerranée pendant que nous jouerons au foot ? Allez on danse.
Et puis surtout y penser toujours, en parler, jamais: La menace de nouveaux attentats. Pendant, des mois, on nous a répété que nous étions en guerre. Que c’était obligatoire. Que nous étions une cible. Qu’il y aurait d’autres bombes, d’autres attaques. Tous ces stades, toutes ces fan-zones, tous ces déplacements, autant de cibles… Danser dans ces conditions, est-ce résister ou bien est-ce être inconscients.  Alors, on danse, vraiment ?
Nous vivons une e-poque formidable.

vendredi 3 juin 2016

Le zouave du Pont de l’Alma est-il politiquement correct ?

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Pour un Zizou du Pont de l'Alma

Nous avons tous les yeux et les objectifs pointés vers le zouave du pont de l’Alma, cette statue qui lorsqu’elle a les pieds dans l’eau nous indique que la Seine est en crue. Là, avec de l’eau à la taille, on sait que c’est grave, les caves du Louvre et du Musée d’Orsay menacées, les voies sur berge, le RER C fermés. Et puis que dans le reste de la région, nous avons vraiment la tête sous l’eau. Une sorte de grande saison des pluies, la chaleur en moins.
Mais les grèves en plus. Et là, chapeau pour les grévistes qui contre vents et marée, et galères climatiques, continuent vent debout leur grève, bloquant les TGV en Gare de Lyon, ou l’électricité à Saint-Nazaire. Les seuls qui semblent s’être noyés, ce sont les Nuit debout. Disparus de l’œil des médias. Il est vrai que sous tant d’eau la Place de République à Paris prend des allures de Place Saint-Marc à Venise en période d’acqua alta. Ces derniers jours à Paris, c’était Paris chaos ou KO, Paris bordel, Paris chienlit. Des passagers excédés qui descendent sur les voies de la ligne 4 du métro, des bus qui s’arrêtent au milieu du boulevard Magenta, un touriste japonais hagard qui comprend mal le mot « grève » « on strike » et qui tente de rallier la Gare du Nord, une passagère qui s’indigne de l’agressivité d’autres passagers : « on est tous dans le même bateau, ce n’est pas la peine de se mettre à se battre ». Y-a-t-il un pilote sur le bateau France ? On a l’impression que non. Dans ces dérèglements climatiques, sociaux, sociétaux, il ne manquait plus que Godzilla. Et nous avons eu Benzema et Cantona. Qui en ont profité pour enfoncer des portes ouvertes, en surfant sur une évidence: Il y a du racisme en France et des français racistes, pour régler des comptes personnels. C’est d’autant plus moche qu’au fond, c’est une réflexion qui est partagée par beaucoup : Si Benzema, comme Ben Arfa n’ont pas été sélectionnés, c’est parce qu’ils sont rebeus. Et l’on déplace les questions et les critiques sportives sur le plan sociétal, et là, on s’enfonce dans des débats aussi boueux que les eaux de la Seine autour du zouave du pont de l’Alma.
A ce propos, pourquoi un zouave ? Pourquoi un tel symbole ? Celui du colonialisme français, dans une de ses pires périodes, celui de la conquête de l’Algérie. Vite mobilisons-nous pour réclamer son remplacement. Christiane Taubira, vite, fais passer une loi à l’Assemblée ( Ah ! non, c’est vrai, elle n’est plus députée de la Guyane). Eric Cantona, vite, lance une souscription nationale, avec concert de Yannick Noah, vite mobilisons-nous pour remplacer le zouave par… , euh ! par quoi ? Par un footballeur black, blanc, beur. Troquons le zouave par Zizou, une statue en pied de celui qui in fine nous symbolise de la manière la plus positive qui soit, qui transcende nos divisions, Zinedine Zidane. Et quand tout ira mal, on ira jeter un coup d’œil au Zizou du Pont de l’Alma et l’on dira : Le Zizou a de l’eau jusqu’à la taille. Bon, allez vivement l’Euro qu’on puisse enfin se détourner de nos problèmes, avant le long tunnel politique qui nous attend, les primaires, les présidentielles.
Nous vivons une e-poque formidable

jeudi 11 février 2016

OL : Même avec son nouveau stade, Lyon ne fait vraiment pas des lumières.


Au Stade des Lumières, il ne manque plus qu'une équipe et un public !

Ce devait être la consécration : Non pas un stade, mais un complexe, unique en France, et même unique en Europe: Autour du stade, ultra moderne, « digitalisé », baptisé Stade des Lumières en attendant un sponsor (espérons que ce ne sera pas Justin Bridou ou Canard WC), un ensemble de boutiques, de restaurants, d’hôtels, une sorte de parc d’attractions et d’affaires tournant autour du foot. Car aujourd’hui, le business du foot ne se fait plus avec la seule billetterie mais avec tout le « merchandising » décliné autour de l’image d’une équipe. Maillots bien sûr, avec les numéros, les noms des stars du moment, et puis les casquettes, les écharpes, les mugs, et puis encore , les loges réservées à l’année où le business invite ses relations pour conclure des affaires devant un beau spectacle, celui d’une rencontre de foot. On pense bien sûr aux exemples réussis du Barça, avec ses soçios, et des loges que l’on se transmet de génération en génération, du Real, de Manchester, du Bayern etc…
C’était donc le rêve de Jean-Michel Aulas, le Président de l’OL depuis … pratiquement aussi longtemps que la reine en Angleterre, ou Paul Biya au Cameroun. Et sur le papier, c’était loin d’être idiot : L’OL avait accumulé un trésor de guerre, résultat d’années de saine gestion « à la lyonnaise », le Président Aulas avait réussi à mobiliser derrière son projet tous les acteurs de la Ville et de la région. Un arrêt du tram Rhône express desservant l’aéroport a été aménagé, comme également une bretelle d’autoroute et des parkings conséquents. Sauf que… il manque l’essentiel. Et l’essentiel reste une équipe qui gagne.
Parce que, et désolé pour les gones inconditionnels de l’OL, mais le maillot de Lacazette ou de Valbuena se vendent moins bien, c’est un euphémisme, que ceux de Messi, Ronaldo ou autre Eto’o. Entre investir dans le stade, et investir dans une équipe, il semble que Lyon ait vu trop gros.
Et puis, il faut aussi un public, et là un mois à peine après l’inauguration du stade, le président Aulas en est réduit à lancer des appels pour que le stade soit rempli. Et l’on se met à regretter l’ancien stade de Gerland, qui certes devait être modernisé, mais qui avait l’avantage d’être dans la ville, comme le sont les stades des très grandes équipes européennes, le Camp Nou à Barcelone, Santiago Bernabeu à Madrid, Old Trafford, pour le Manchester United, ou encore San Siro, surnommé « la scala du football ». Ces enceintes ont toutes en commun d’être très facilement accessibles, de faire partie du paysage urbain, d’avoir une histoire, une âme, d’être des mythes.
Beaucoup d’eau coulera sous le Pont Pasteur, qui relie au-dessus du Rhône, Gerland à la Confluence, avant qu’on se rende en pèlerinage à OL-Land, comme on le fait pour Old Trafford ou San Isidro.
La devise de Lyon n’est pas comme celle de Paris « Fluctuat nec mergitur » , « Battu par les flots mais ne sombre pas ». Hélas, car l’OL est en train de sombrer. Les coup de gueule de son Président qui accuse toujours  - c’est pas moi, c’est les autres - les arbitres, la pelouse, la météo, le public, les medias, pour expliquer les contre-performances  de son équipe pourront-il éviter le naufrage ? C’est un peu triste pour la carrière, la fin de carrière ?  de celui qui fût un très grand Président de Club. C’est aussi inquiétant pour les finances du Club, et au-delà pour les contribuables lyonnais qui sans en avoir été avertis, ont été entraînés par leurs élus, et leur maire, dans le cofinancement de ce projet peut-être un peu délirant.
Avoir de l’ambition, c’est bien, et Lyon en a souvent manqué. Mais garder le sens des réalités était une qualité très lyonnaise. Jusque là.
Nous vivons un e-poque formidable.

mardi 9 juin 2015

Manuel Valls à Berlin en avion : Lachez-lui les sneakers !


Valls à Berlin avec Platini
Ainsi le Premier Ministre a utilisé un avion officiel pour faire Poitiers – Berlin, assister à la finale de la ligue des champions, avant de revenir à Paris, à temps pour assister à la finale de Tennis de Roland-Garros. Et l’on ne parle plus que de ça.
Vous parlez d’une affaire!
D’accord, cela fait un peu « bobo », « petit marquis » ou « gauche caviar », et certaines explications a posteriori prêtent à rire : « Berlin, c’était pour préparer l’Euro 2016 ! ». Et puis, à un moment où tout le monde se sert la ceinture, où beaucoup doivent faire le choix entre se payer des prothèses dentaires ou les vacances en famille, ce n’est pas très malin.
Mais franchement: Est-ce là-dessus que nous allons juger de la qualité ou non de l’action du gouvernement ? Est-ce que cela permet de dire que Manuel Valls ne travaille pas, alors qu’évidemment, il ne s’arrête jamais ? 
Le flot – le flow ? – des réactions a submergé toutes les autres infos, beaucoup plus déterminantes pour notre avenir : Les migrants sans toit, les élections en Turquie, Loi Maceron : suite, etc.…
Si certaines réactions ont été drôles - avec une mention très bien pour le tweet de @NKM : «  Heureusement que Manuel Valls n’est pas supporter des AllBlacks », ou également ces autres tweets : « La prochaine fois, organisez le congrès du PS à Roland-Garros, comme ça c’est sûr, tout le monde y sera »- beaucoup d’autres sont à la fois démago et racistes.
Il y a  les « Manuel Valls soutient le Barça, évidemment il est né à Barcelone », sous-entendu, un Premier Ministre né en France, n’y serait pas allé. Comme si Manuel Valls était un « mauvais » français. Dans ce cas-là que dire de Balladur né en Turquie ? 
Il y aussi les: « Il voyage aux frais de l’Etat. Avec NOTRE argent. » Oui, certes. Comme des millions de fonctionnaires. Et vous vous voudriez quoi ? Que le Premier Ministre se rende à Berlin en auto-stop ? Au début de la Présidence Hollande, le gouvernement a bien essayé de voyager « normal », d’aller en train à Tulle, mais in fine, avec toute le dispositif de sécurité indispensable., cela coûtait encore plus cher.
Et puis, reconnaissons que nous avons progressé en ce qui concerne la transparence et le contrôle des dépenses des élus et des serviteurs de l’Etat. Ce n’est pas encore parfait, mais quand même, souvenez-vous : François Mitterrand entretenant une seconde famille aux frais de l’Etat. Ou les maires d’Angoulême ou de Nice, obligés de s’enfuir en Uruguay pour fuir la Justice. C’était il y a quoi ? Vingt ans ? Depuis, les lois ont été renforcées et les juges sont passés par là. L’ancien maire de Lyon Michel Noir en sait quelque chose, lui qui avait été poursuivi par le juge Courroye pour avoir envoyé le chauffeur de la mairie acheter un CD pour l’anniversaire d’une de ses filles.
Bien sûr, nous pouvons et devons faire mieux. Faire comme en Allemagne.
Je me souviens d’un voyage il y a 25 ans, avec le chancelier Helmut Kohl. Nous n’étions que deux ou trois journalistes. D’abord en hélicoptère depuis la chancellerie, puis en avion militaire de la Luftwaffe, entre différentes villes allemandes, nous avions voyagé au plus près du chancelier, de meetings en bains de foule jusqu’à tard le soir. Dans le vol du retour, Helmut Kohl s’était accordé une pause et nous avions partagé des saucisses et de la bière, à la bonne franquette. Eh! bien toutes nos consommations avaient été scrupuleusement notées par son secrétaire, pour être ensuite remboursées ainsi que nos frais de déplacement, à l’armée allemande.
A la même époque, la Présidente du Bundestag, Rita Süssmuth avait failli démissionner parce que la presse avait révélé qu’invitée un soir avec son mari à un concert, elle avait envoyé sa voiture de fonction chercher son mari à son domicile pour qu’il ne soit pas en retard. Détournement de la voiture de fonction : Monsieur Süssmuth aurait dû prendre un  taxi.
N’en déplaise aux Mélenchon, Montebourg et autres Philippot, nous ferions bien dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, de prendre exemple sur les allemands.
Un bémol : Même avec cette culture et ces pratiques vertueuses, cela n’empêche nullement les scandales, dérapages, corruption, détournements d’argent public. Comme en 1999, la découverte de « caisses noires «  de la CDU, qui conduisit à la démission d’Helmut Kohl. Ou plus tard, les questions sur les liens liant le Chancelier socialiste Gerard Schroeder et le géant russe du gaz, Gazprom.
La vie démocratique n’est jamais un long fleuve tranquille.
Nous vivons une e-poque formidable.

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