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lundi 4 juillet 2016

Eurofoot : Jeudi, il faut que la France batte l’Allemagne, sinon...


Venger Séville 1982 et l'agression contre Battiston !
Ne boudons pas notre plaisir : Gagner 5-2 et aller en demi-finale de l’Euro de foot, c’est bien. C’est bien et c’est mieux que l’inverse : Filer à l’anglaise, se payer un Brexit. En plus 7 buts au total dans un match, cela rend les 90 minutes plutôt plaisantes. Et puis ces bleus là, ils sont plutôt sympas, non ? Et puis, dans la France du nord, qui depuis deux mois n’a plus vu ni le soleil ni la chaleur, cela fait chaud au cœur. Et puis après cette année calamiteuse sur tous les fronts, le terrorisme, l’économie, la politique, les grèves, les manifs, une victoire c’est bon pour le moral. Et puis, c’est vrai qu’après les ratés du début, le spectacle lamentable des heurts entre supporters russes et anglais (encore eux !), l’ambiance bon enfant et très bleu blanc rouge des victoires des bleus, ça fait chaud à la France.
Ceci dit, c’est pas pour dire, mais l’Islande… Ce n’est pas faire injure aux Islandais que de dire qu’en ce qui les concerne oui la taille ça compte : 330 000 habitants, en comptant, les bébés et les vieillards… des conditions climatiques, comment dire, qui ressemblent à un mois de janvier à Geoffroy-Guichard à Saint-Etienne ou au stade Bollaert à Lens, mais toute l’année. Bien sûr avec l’eau chaude des sources volcaniques on arrive à faire pousser des bananiers, mais ça ne vaut quand même pas le centre d’entraînement de Clairefontaine et les millions, dizaines de millions, centaines de millions qui financent le foot français.
Attention, comme dit Didier Deschamps, le sélectionneur, le « coach » comme on dit : « Tant qu’un match n’est pas gagné, il n’est pas gagné ».
Il est bien Didier Deschamps, il pratique le parler vrai. Pas à la Michel Rocard. Non parce que Michel Rocard, lui, son parler vrai, lui a coûté la Présidence de la République. Dans notre pays jusqu’à présent, ce n’est pas le plus honnête, mais le plus roublard, la plus malin, le plus « florentin » qui gagne. On appelle ça être « habile » en politique. La mort de Michel Rocard nous rappelle en creux tout ce que nos politiques d’aujourd’hui comme ceux d’hier ne sont pas.
Donc Didier Deschamps n’est pas Michel Rocard, mais plutôt une sorte de la Palice. Il enfonce des portes ouvertes. Comme avec une de ses dernières réflexions : « L’idéal est de bien commencer le match et de bien le finir ». Certes ! Espérons que ce sera le cas jeudi face aux allemands, dont on nous rappelle que nous ne les avons plus jamais battus depuis …1958. Vous vous rendez compte, 58 ans: Hollande, Merkel ou Sarkozy avaient à peine 4 ans ! C’est dire si ça remonte à loin. Seul peut-être Juppé pourrait éventuellement s’en souvenir.
Si Jeudi donc les bleus ne battent pas la Mannschaft, alors le contre coup risque d’être terrible !
Tout remontera : Mais quel est le sens de la danse de Pogba en deuxième semaine ?.. Et si X avait chanté la Marseillaise ?. Et si Benzema et Ben Arfa … ? Et l’on entendrait une Le Pen demander un décompte ethnique et religieux des bleus. Et l’on verrait un Mélenchon dénoncer les diktats de Merkel.
Alors pour nous éviter tant de psychodrames, qui par ricochet, vous affecteraient, car nous sommes n’est-ce pas, votre principal partenaire, bitte, liebe deutsche Freunde, jeudi, perdez ! Et c’est promis, on élira Didier Deschamps comme Président !
Nous vivons une e-poque formidable.

samedi 11 juin 2016

Euro 2016 : Brexit, indignés, grèves, attentats et Fan-zones: Alors on danse ?


Le foot pour tout oublier ?

Après la pluie, pardon : après le déluge, le soleil enfin, et un concert, un megashow sous la Tour Eiffel, Paris ville lumières, allez on danse.
Après les polémiques, les niques de Benzema et Cantona, le foot enfin, et un beau but, des larmes de vraie joie de Payet –Paillettes-, allez on danse.
L’euro chasse les infos. Jusqu’au 10 juillet, y’en aura plus que pour le foot. Ce n’est pas a-normal. Après tout c’est le sport le plus populaire. Mais c’est aussi ( surtout ?) du business. Et « on » nous bourre le crâne avec les bleus - tous supporters- tous ensemble- tous ensemble-, « on » fait monter la sauce, avec des suspens du style France-Roumanie, France-Albanie. C’est pas pour dire, ni pour mépriser l’Albanie, mais dans le genre, il y avait aussi France-Malte, ou France-Chypre, ou encore France-îles Féroë. A vaincre sans mérite, on triomphe sans gloire … « On » ? « On », ce sont ces grandes marques, ces grands médias qui achètent très cher les droits de diffuser la moindre image liée à la folie foot, et qui entendent bien maximiser leur retour sur investissement. Sous la Tour Eiffel mais devant Mac Do, allez, on danse.
Oubliée la crise de l’Euro. Au fait, où ça en est, la Grèce en faillite ? Et la reprise économique, partout en Europe ? Et les élections en Italie, avec le mouvement 5 étoiles qui risque de bloquer les velléités de réformes du premier Ministre Matteo Renzi. Le 19 juin, à Lille, on jouera France-Suisse. A Rome, on votera pour de deuxième tour d’élections municipales à haut risque. Allez, on danse.
Exit le possible Brexit. Le référendum en Grande-Bretagne, ce sera le 23 juin. Les sondages sont aussi indécis que le France-Roumanie pendant 88 minutes. Si les britanniques larguent les amarres, personne ne sait vraiment ce qu’en seront les conséquences. Une nouvelle chance pour l’Europe ? Genre : On largue les poids morts, les ceux qui trainent du pied, et on fait avancer la construction européenne. Ou bien, une catastrophe, avec Cameron comme capitaine, et comme icebergs la Chine, l’Inde, les Etas-Unis, la Russie sur lesquels nos petits pays dispersés viendront se fracasser. Comme sur le Titanic, allez, on danse.
Oubliées les élections en Espagne. Le 25 juin, sur la planète foot débuteront les 8 ème de finale. Et dans l’Espagne, de nouvelles élections qui risquent d’être tout aussi indécises que celles de décembre dernier. Bravo les indignés: Ils bloquent tout mais ne gagnent rien, si ce n’est peut-être de permettre l’avancée des nationalistes catalans qui, d’élections en élections, vont bien finir par détricoter l’Espagne. Mais l’Espagne n’a jamais existé sans Catalogne, ni Pays Basque… Allez, on danse.
Oublions les grévistes de Sud ou de la CGT qui rendent un peu aléatoire tout déplacement en France, oublions les poubelles qui s’amoncellent, oublions Air France, oublions la grève du 14 juin, oublions les 5 millions de chômeurs, allez, on danse .
Oublions, les réfugiés, les migrants : Combien arriveront sur les côtes italiennes, combien se noieront en Méditerranée pendant que nous jouerons au foot ? Allez on danse.
Et puis surtout y penser toujours, en parler, jamais: La menace de nouveaux attentats. Pendant, des mois, on nous a répété que nous étions en guerre. Que c’était obligatoire. Que nous étions une cible. Qu’il y aurait d’autres bombes, d’autres attaques. Tous ces stades, toutes ces fan-zones, tous ces déplacements, autant de cibles… Danser dans ces conditions, est-ce résister ou bien est-ce être inconscients.  Alors, on danse, vraiment ?
Nous vivons une e-poque formidable.

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