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lundi 21 octobre 2019

Brexit, Catalogne: Respecter la volonté des peuples.

Respecter la volonté du peuple: Mais que veut le peuple ? Et c'est qui le peuple ? 
Les peuples sont de retour. Il faut respecter la volonté populaire.
C’est ce que l’on entend partout.
Il y a 3 ans, les britanniques ont voté. Un Oui au Brexit à 52 % des suffrages exprimés. Ce n’est pas une majorité des électeurs, mais c’est la majorité. Donc on respecte. Mais jusqu’à quand ? Qui a décidé que le peuple n'avait pas le droit de changer d’avis ? Faut-il organiser un référendum pour décider pendant combien de temps il n’est pas possible de changer d’avis ? Et puis ensuite à qui le tour ? L’Ecosse ? L’Irlande du Nord ? Des siècles de Royaume-Uni que l’on désunit en quelques mois.
C’est comme en Catalogne. Les nationalistes catalans décrivent leur situation comme pire qu’au moment de la dictature de Franco, et leur culture comme écrasée par Madrid. Mais à Barcelone aujourd’hui, on peine à trouver des inscriptions officielles en espagnol. Tout est en catalan, unilingue. Les enfants sont scolarisés uniquement en catalan. Les sondages semblent montrer qu’il n’y a pas une majorité pour l’indépendance. Mais il est devenu pratiquement impossible d’exprimer des opinions anti-indépendantistes. Partout ces injonctions :« Parla catalá !». 
Il y a 500 ans l’Espagne moderne était née de l’alliance entre la Castille et l’Aragon, et elle n’a jamais existé sans Catalogne. Mais qui va pouvoir empêcher que l’Espagne ne se délite si le désir de vivre ensemble disparaît.
Aujourd’hui, partout en Europe, ce qui nous différencie nous semble plus important que ce qui nous unit. Nous ne voulons plus payer pour nos voisins : la Catalogne pour l’Andalousie, la Lombardie pour la Campanie, bientôt pourquoi pas l’île de France pour le Limousin ou la Corse. 
Retour 1000 ans en arrière où l’on vivait entre soi, entre villages d’une même vallée et où l’étranger commençait derrière la montagne. 
Et pendant ce temps-là, les milliards de chinois, indiens, américains et russes se frottent les mains de nous voir si désunis. 

dimanche 18 août 2019

Economie, géopolitique, sommet du G7: C’est la merde !

Avis de sale temps pour le G7 à Biarritz !
On ne va pas se mentir, mais la situation internationale est comme cette fin d’été sur le nord, l’est, l’ouest, le centre de la France : Pourrie. 
Le Brexit ? Les anglais eux-mêmes naviguent à vue. Or si l’Angleterre prend l’eau, c’est nous qui boirons la tasse. 
L’Italie : on ne sait plus qui gouverne. Matteo Salvini depuis son ministère de l’intérieur veut lancer une nouvelle marche sur Rome. Les italiens vont certainement devoir retourner aux urnes. Pour la xième fois. Et pendant ce temps-là, l’économie se grippe. Or quand l’Italie se grippe, c’est nous qui prenons froid.
Jusqu’à présent la France pouvait compter sur l’Allemagne. Mais depuis qu’Angela Merkel a gagné les élections sans les gagner, elle dirige d’une main de moins en moins de fer une coalition bancale. Mais qui pour succéder à Merkel ? Et quid de l’économie ? La guerre entre Trump et la Chine produit ses effets. La croissance chinoise ralentit. Et puis Hong-Kong ... Un battement d'aile du papillon et les exportations allemandes marquent le pas. Et quand l’Allemagne tousse, c’est nous qui prenons froid. 
C’est comme en Espagne, où 3 mois après la victoire du socialiste Pedro Sanchez, impossible de former un gouvernement. Pendant ce temps-là, l’Espagne se détricote, jetez un coup d’œil du côté de Barcelone : Or quand l’Espagne tousse…
Et puis Trump qui veut faire plier les mollahs de Téhéran. Comme si c’était des partenaires BTP d’un de ses chantiers à New York ! Il ferait mieux de s’occuper des indices de l’économie américaine qui virent au rouge les uns après les autres.
Et puis l’Inde de plus en plus nationaliste qui montre les muscles face à un Pakistan qui gonfle ses pectoraux. 
Et puis Daesh : les attentats continuent en Irak, en Afghanistan, au Nigéria, au Mali. Quant à la Lybie…
Et puis l’Argentine qui fait faillite, encore et toujours. 
Et puis, et puis : Quelque soit la météo, il va faire un temps de merde à Biarritz au sommet du G7. 

lundi 24 juin 2019

Canicule ta mère !

C'est l'été et il fait chaud: Comme c'est bizarre...
Bon, désolé pour la grossièreté, c’était pour attirer votre attention. Et ça a marché. 
C’est ma technique « Booba » à moi, le clash permanent, la provoc, la forme pour faire passer un fond qui n’en a pas beaucoup, de fond. 
Comme cette canicule annoncée. Les médias n’en font-ils pas un peu trop avec toutes ces alertes canicules qui tournent en boucle, prenant la place occupée cet hiver par les gilets jaunes ? Avec tous ces envoyés spéciaux déployés sur les fronts chauds : Ehpad, fontaines, piscines et autres chantiers Btp. Et avec la répétition en boucles de conseils auxquels - c’est vrai - nous n’aurions pas pensé : en cas de chaleur, restez au frais et buvez ! 
On nous annonce des chaleurs tropicales avec des pointes à 40 °C. Je ne sais pas où ils sont allés chercher ça, mais toute personne connaissant les pays tropicaux, sait bien que les températures y dépassent rarement les 35°C. Il y a 5 siècles, Christophe Colomb découvrant les Antilles décrit dans son journal les températures comme y étant aussi agréables qu’ « un printemps en Andalousie ». Mais depuis, les européens, anglais et français ont élaboré la climatologie à leur image. Les climats tempérés étant ceux de Londres ou de Paris, c’est-à-dire moches et tristes toute l’année ou presque. 
Températures andalouses ou castillanes seraient donc plus justes. Car, effectivement en été, à l’intérieur de l’Espagne, les températures sont non pas tropicales mais… sahariennes. Les madrilènes ont un dicton : « Madrid : 9 mois d’hiver, 3 mois d’enfer ».
Et vous savez quoi, les espagnols vivent avec, depuis des siècles. Ils en ont même fait un art de vivre, l’art de la sieste et de ne rien faire entre midi et 16 heures. Et orchata et gaspacho
Et vous savez quoi, nous sommes même des millions à nous ruer en Espagne pour y passer nos vacances. 
Canicule en deçà des Pyrénées, températures estivales au-delà. Cherchez l’erreur !


lundi 29 avril 2019

Elections en Espagne #28A : Victoria pirrica ? Victoire à la Pyrrhus ?

Le dernier jeu proposé par La Vanguardia: Le pactomètre, composez votre coalition !
Ce qui est formidable avec les élections d’hier en Espagne, c’est que, en France, tout le monde crie victoire !
Les socialistes, Anne Hidalgo, dans un tweet, la France insoumise ? Ils voient dans la victoire de Pedro Sanchez, le leader du PSOE, le signe que les socialistes sont de retour . 
L’extrême-droite ? Elle voie avec l’entrée aux Cortès d’un parti d’extrême-droite, pour la première fois depuis la fin de la dictature franquiste, une confirmation que la vague populiste touche même les pays qui semblaient jusque là résistants. 
Pourtant avec 10 %,l’extrême-droite de Vox fait une contre-performance. On l’attendait à 12 ou 14 %, et elle n‘a finalement pas complétement profité de la débandade de la droite traditionnelle, coulée depuis plus d’un an par les affaires de corruption à répétition. 
Podemos? Là-aussi, la poussée de l’extrême gauche a fait long feu, il est loin l’époque des « Nuits debout » Puerta del Sol. Leur score ne permettra pas aux socialistes de constituer une coalition majoritaire.
Alors si Pedro Sanchez a bien fait regagner aux socialistes des scores perdus depuis une dizaines d’années, son succès risque fort des ressembler à une victoire à la Pyrrhus. Il annonce vouloir gouverner tout seul, mais il faut dire qu’il n’a pas le choix. 
Voilà l’Espagne revenue à la situation qui avait provoqué les élections anticipées : Pas de majorité, pas de stabilité, des gouvernements obligés de passer sous les fourches caudines des petits partis nationalistes qui d’élections en élections grignotent un peu plus l’unité espagnole. 
Combien de mois pourra-t-il tenir ? Arrivera-t-il à transformer l’essai ou bien cela se terminera-t-il par de nouvelles élections anticipées ? 
Dans cette situation, la proportionnelle est-elle vraiment un avantage ?
Vérité en-deça des Pyrénées, erreur au-delà ? 

vendredi 15 février 2019

Europe : Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois.

Europe: C'est le bordel un peu partout, même chez ceux qui la quitte !
Si l’on compare notre situation avec celle de la plupart des autres pays européens, on peut se dire qu’en France, jusque-là, tout va bien. 
Commençons par la Grande-Bretagne. Mais quelle mouche les a piqués il y a 3 ans avec le Brexit ? Bon, d’accord, la sortie de l’Europe n’a été approuvée que par une MINORITÉ ( ?) de britanniques. Oui parce que pour tous ceux qui réclament à cor et à cri le respect des décisions du peuple et la prise en compte du vote blanc, rappelons que le Brexit n’a été approuvé que par 51,9 % des votants, qui n’étaient que 72,2 %, donc avec 27,8 % d’abstention… Seule une minorité de britanniques a donc souhaité le Brexit. Mais passons, puisque c’est fait, le Royaume-Uni largue les amarres. Il en paie déjà les conséquences, sur le plan économique, dans la confusion politique la plus totale, et avec la perspective que la paix entre l’Irlande du nord et l’Irlande soit remise en question. Bravo, well done ! On peut citer Shakespeare, William : « La peste soit de l'opinion ! Un homme peut la porter dans les deux sens, à l'endroit et à l'envers, comme un pourpoint de cuir. » Ecrit il y a 400 ans, mais toujours d’actualité. 
Et en Italie ?  Deuxième trimestre de décroissance pour la deuxième puissance industrielle d’Europe… Et la population qui continue à vieillir, et les jeunes qui continuent à partir, l’Italie perd chaque année des habitants, et va bientôt passer sous les 60 millions. 
Et l’Allemagne ? Le moteur économique du continent est en panne, 0 % de croissance, et puis Merkel qui s’en va, on sait qui on quitte, on ne sait pas trop qui on va retrouver, sans doute la fin de la grande coalition.
La vertueuse Suède ? Il a fallu 6 mois pour arriver à former un gouvernement entre sociaux-démocrates, verts, et centre-droit depuis les élections de septembre dernier et la montée de l’extrême-droite, merci la proportionnelle. Une coalition majoritaire mathématiquement, mais pas politiquement. Comme en Lettonie. Comme aux Pays-Bas. Où à la fragilité politique commence à s’ajouter le ralentissement économique. Comme en Belgique, mais là on a envie de dire, comme d’habitude, où les nationalistes du N-VA viennent de faire chuter le gouvernement, par peur de se voir doubler sur leur extrême-droite, par des encore plus nationalistes, le Vlaams Belang. 
C’est pas mieux en Espagne où Pedro Sanchez gouvernait depuis un an sans majorité, profitant de l’abstention bienveillante des nationalistes catalans. Mais là c’est terminé, et les espagnols devront sans nul doute retourner voter moins de 3 ans après les dernières élections qui n’avaient pas permis de dégager une majorité stable, et qui s’étaient tenues 180 jours après celles de 2015, qui n’avaient pas non plus permis de dégager une majorité.
Tout ça alors que les nuages commencent vraiment à s’accumuler au niveau mondial, des ratés dans l’économie américaine, la Chine qui ralentit, la Russie, l’Iran, la Syrie, l’Etat islamique au Sahel, etc…Pour se rassurer, on peut conclure avec encore Shakespeare: « Tout nuage n'enfante pas une tempête. » 


mercredi 4 octobre 2017

Espagne-Catalogne: D’un discours royal, l’autre

Guernica de Picasso à Madrid: Valencien? Catalan ? espagnol ?
En Espagne, on s’en souvient comme du 23F. Le 23 Février 1981, un groupe de militaires prend en otages les députés réunis aux Cortés. Leur chef Antonio Tejero veut renverser la toute jeune démocratie espagnole.
Après la mort du dictateur Franco en 1975, Juan-Carlos avait été officiellement couronné roi. Mais en quelques mois, à la surprise générale, il va permettre le changement de régime, des élections libres, la reconnaissance des autonomies. Ce soir-là, à la télévision et à la radio, lui, le roi, chef des armées s’adresse aux militaires et leur ordonne de rentrer dans les casernes. Ce soir-là incontestablement, il sauve la démocratie.
La légitimité de la Monarchie espagnole vient de là. Même si les anglais ont coupé la tête de leur roi, bien avant les français, 400 ans de monarchie ont créé des liens étroits entre l’identité de la Grande-Bretagne et la Monarchie. En Espagne, ce n’est pas le cas. En 1931, les espagnols avaient proclamé la République. Puis après une guerre civile épouvantable, Franco avait certes rétabli la royauté, mais sans roi, le grand-père du roi actuel, Comte de Barcelone d'ailleurs, ayant préféré l’opposition et l’exil à la dictature.
Mais depuis le 23F, les générations ont changé. Beaucoup d’espagnols, et en premier les catalans, ne se sentent plus liés par ce passé tragique.
Aussi le discours du roi Philippe hier ne sera-t-il pas le pendant du discours de son père il y a 36 ans. On voit mal aujourd’hui qui pourrait sauver l’Espagne.
C’est un peu triste. Et inquiétant bien en-deça des Pyrénées. L’heure semble être à l’égoïsme sacré, Barcelone ne veut plus payer pour Séville, Milan pour la Sicile, Paris pour la Corse ou l’Outre-Mer, Berlin pour la Grèce, et pourquoi devrais-je payer des impôts pour entretenir des chômeurs ? Comme aux Etats-Unis où les électeurs de Trump ont voté pour moins d’Etat fédéral.

C’est quoi vivre ensemble ?

vendredi 29 septembre 2017

Divorce à la catalane : L’Europe va-t-elle se fracasser à Barcelone ?

Adieu l'Espagne, Fin de l'Europe ? 
Quand on aime l’Espagne ET la Catalogne, on ne peut être que déchiré, consterné et triste par la le référendum organisé Dimanche par Barcelone.
Le résultat est connu d’avance. Ce sera Oui. Evidemment puisque ceux qui sont contre l’indépendance n’iront pas voter alors qu’ils sont sans doute majoritaires.
Et le gouvernement catalan l’a déjà annoncé : Quelque soit la participation, il proclamera l’indépendance.
Dans ce divorce, tout a mal tourné.
A Barcelone gouverne une coalition hétéroclite rassemblant : Des ultra gauches qui sont de toute façon contre tout, des dirigeants traînant pas mal de casseroles et d’affaires de corruption et qui voient dans cette fuite vers l’indépendance un moyen d’échapper à la justice, des nationalistes qui considèrent que pour rétablir la culture catalane à sa juste place, il faut forcément passer par un rééquilibrage: Imposer, comme c’est déjà le cas aujourd’hui, le catalan comme seule langue dans l’éducation, comme seule langue d’affichage dans les rues - Tous les panneaux bilingues ont été enlevées des rues de Barcelone, jusqu’à l’aéroport où l’espagnol « castillan » vient en 3 ème position derrière l’anglais.
A Madrid, malheureusement, la situation politique est la pire pour gérer cette crise: Le gouvernement de droite ne doit sa survie qu’aux divisions de l’opposition, les insoumis espagnols détestant autant le Parti socialiste que le parti conservateur. Quant à Mariano Rajoy, le Président du gouvernement, il manque de charisme, de crédibilité, son parti et lui-même étant régulièrement éclaboussés par des affaires de corruption.
Les nationalistes catalans estiment que la Catalogne a été conquise par l’Espagne. Mais historiquement l’Espagne a-t-elle jamais existé sans la Catalogne ? C’est bien l’alliance entre Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon, comte de Barcelone, qui a fondé l’Espagne moderne il y a 500 ans. L’Espagne sans la Catalogne n’existe pas. Ou alors la France sans l’Occitanie, la Bretagne, le Pays Basque, la Savoie, la Corse bien sûr. Et l’Italie ? Et la Belgique ? Et, et...
Il est dommage qu’à la Sorbonne, Emmanuel Macron ait sauté par dessus cette question dans ces propositions pour l’Europe de demain. Bien sûr la France est mal placée pour dire quoique ce soit aux espagnols: Historiquement nos initiatives ont toujours été catastrophiques: Depuis Napoléon jusqu’à la politique de neutralité du gouvernement Blum pendant la guerre civile espagnole.
Mais aider les espagnols à éviter un divorce qui casserait la vaisselle et les meubles jusqu’à Bruxelles, c’est cela l’urgence européenne. Cela permettrait de définir ce qu’est l’Union européenne: Une prison des peuples ou bien une volonté de vivre ensemble. Pourquoi devrions nous vivre ensemble alors que les espagnols n’y arriveraient pas ? A cette question, Emmanuel Macron n’a pas répondu et c’est pourtant La question qui sous-tend la construction européenne.
   

dimanche 20 août 2017

Attentats: Et pourquoi la Tour Eiffel n’est jamais éclairée aux couleurs de l’Afrique ?

La Tour Eiffel aux couleurs de l'Afrique: Non, c'est un  fake !

A chaque attentat qui endeuille notre pays ou les pays amis, la mairie de Paris éteint la Tour Eiffel, ou l’allume aux couleurs du pays concerné. Et malheureusement tout dernièrement aux couleurs de l’Espagne et de Barcelone endeuillées.
La Tour Eiffel étant devenue un symbole de la France, c’est un message de solidarité qui est ainsi envoyé en une image dans le monde entier.
Mais on peut s’interroger sur les choix de non-éclairages.
Quelques jours avant l’horreur de Barcelone et ses 13 morts, un attentat a fait 19 morts à Ouagadougou, Burkina Fasso. Au même moment, 3 attentats suicide au Nigeria: 28 morts. Et il en est ainsi chaque semaine au Cameroun, au Tchad, au Niger. Depuis 2009, la guerre menée par Boko Haram a fait 20 000 morts, oui 20 000 morts ! dont 2000 au Cameroun. Sans compter les personnes dites « déplacées »: 2,6 millions.
Alors bien sûr, on peut appliquer la « loi » morts/kilomètres - c’est un raccourci utilisé dans les écoles de journalisme pour mettre en évidence que nous sommes plus sensibles à ce qui se passe près de chez nous et que donc 1 mort chez nous « pèse » autant que 1000 morts à 1000 kilomètres. Sauf que ça ce n’est qu’un raccourci, une caricature. Et que c’était avant, avant que l’explosion des communications, des transports, d’internet ne nous fasse comprendre que nous sommes tous sur le même bateau. Le battement d’aile d’un papillon à Hong Kong peut faire chuter la bourse à New York et ruiner des épargnants à Paris.
Et là en l’occurrence, ce n’est un papillon qui bat des ailes, ce sont des assassins fanatiques qui au nom de la même idéologie islamiste, enlèvent, violent, tuent, massacrent, et ces morts là-bas annoncent d’autres morts chez nous.
Anne Hidalgo serait bien inspirée d’éclairer la Tour Eiffel aux couleurs du Burkina, du Cameroun ou du Nigeria. Cela montrerait que nous éprouvons autant de chagrin et de compassion pour les morts de Ouagadougou que pour ceux des ramblas. Cela montrerait aussi que nous avons bien compris que nos intérêts sont liés. Et que la guerre contre le terrorisme passe aussi, d’abord ( ?) par l’Afrique.


mardi 9 mai 2017

Economie, Europe, euro, brexit : One swallow doesn’t make a summer * mais est-ce qu’un corbeau annonce l’hiver ?

Quitter l'Europe n'était peut-être pas une si bonne idée !     
Décidément  Emmanuel Macron a dû naitre coiffé ( ou dans une version plus « potos au café », Macron a le c... bordé de nouilles ) : Car pour l’économie mondiale l’heure n’est plus à la crise. Même en Europe et même dans la zone euro, c’est reprise et baisse du chômage.
Bien sûr, il y a les champions traditionnels, aussi agaçants qu’un premier de la classe: Les allemands. Mais même chez eux, cela change : Après des années de cure d’austérité et de réduction des dépenses – Depuis le financement de la réunification, les allemands notamment les seniors se sont beaucoup serrés la ceinture - l’heure est à la hausse des salaires, à la hausse des dépenses des ménages et des dépenses publiques. Eh ! oui car quand on n’est plus endetté, quand le budget est en équilibre, on peut se mettre à dépenser. C’est l’étape qu’en France nous avions voulu sauter.
Mais il y aussi l’Autriche, les Pays-Bas, l’Irlande, et même l’Espagne: Depuis 16 mois, jusqu’à 3,2% de croissance, avec une baisse continue du chômage qui reste cependant encore parmi les plus élevés d’Europe.
Une hirondelle ne fait pas le printemps*, mais en économie aussi, l’optimisme favorise l'investissement, la consommation donc la croissance.
En revanche, des corbeaux peuvent-ils annoncer l’hiver ? Du côté de Londres, ils sont plus nombreux à tournoyer au-dessus de la City.
Ralentissement de la croissance, baisse de la Livre, renchérissement des importations, accélération de l’inflation: Les premières conséquences d’un Brexit à peine enclenché, qui n’annoncent pas les  lendemains qui chantent prédits par certain(e)s. Sans compter ce que les Britanniques vont devoir rembourser à l’Europe : On parle de 100 milliards d’euros.
Et puis, il y a l’Irlande : Rétablir des frontières plus strictes repose la question de l’Irlande du Nord et de la République d’Irlande qui avait été gommée par l’intégration européenne.

En définitive, en ce printemps, l’Europe n’apparaît pas comme une si mauvaise idée que ça.
Nous vivons une e-poque formidable !

jeudi 1 septembre 2016

L’Espagne sans gouvernement: Dernier Tango à Madrid


Qui veut m'épouser ? L'impopularité de Mariano Rajoy n'aide pas à sortir l'Espagne de l'impasse
Caramba, encore raté. Ratée la formation d’un gouvernement en Espagne. Même si les élections du 26 juin dernier ont placé le Parti Populaire en tête, et largement, il lui a manqué 6 voix au Parlement pour obtenir la majorité.  Mariano Rajoy, le Président sortant du gouvernement a beau avoir fini par accepter les conditions, notamment la lutte contre la corruption, du nouveau parti centriste « Ciudadanos », il a beau avoir passé un accord avec le petit parti nationaliste des îles Canaries, c’est raté. Il faut dire que sa personnalité, très impopulaire, n’aide pas à dénouer la situation. Et, sauf intervention divine, on voit mal comment les espagnols éviteront de nouvelles élections, les 3 èmes en un an, et en plus pour Noël, rien que ça !
Les espagnols en ont plutôt marre. Désabusés, et non plus indignés.
Il y a deux ans encore, nous nous pâmions tous devant ce mouvement citoyen, cet exemple de démocratie participative, los « indignados » qui depuis la Plaza de Mayo à Madrid allaient révolutionner la démocratie, faire « bouger les lignes ». Deux élections plus tard, en Espagne on en est où ? Nul part. A force d’être sans concession avec le système, le système est bloqué. A force de croire que l’on réinventera la démocratie parce que vos parents ont été trop cons pour le faire, on fait le jeu des extrêmes et des populistes de tout bord. Et en Espagne, ils ne s’appellent pas Front national, mais partis nationalistes catalans ou basques.
En fait ce n’est pas nouveau. Et cela pendait au nez d’un système électoral à la proportionnelle qui a donné un poids de plus en plus important aux petits partis, sans lesquels pas de majorité possible à Madrid. C’est le paradoxe de la démocratie espagnole. Il y a 40 ans, elle redonnait libertés et – larges – autonomies aux provinces. Aujourd’hui c’est contre elle que se retournent les nationalistes, négociant d’élections en élections leurs soutiens au coalition gouvernementale contre toujours plus d’autonomie.
En apparence, leurs revendications sont fondées, justifiées, aussi belles que celles des « indignés ». Et aujourd’hui, au Pays basque, la police est basque, béret compris, les impôts sont prélevés par le gouvernement basque, tout est écrit en basque, de même qu’en Catalogne, tout est écrit en catalan. Les panneaux de circulation en « castillan » (en espagnol) ont été éliminés, parfois même jusqu’à l’absurde. L’argument des nationalistes est qu’il faut compenser la longue domination du « castillan », pour redonner une chance à des vieilles cultures longtemps opprimées… Mais derrière ces « Parla Catala » ou « Euskal Herria », il y a aussi un  doigt, allez même plusieurs doigts d’égoïsme local. « Y’en a marre de payer pour ces paresseux d’andalous  et ces fonctionnaires de Madrid » entend-on souvent à Figueras ou à Durango ; Un peu comme en Italie on entend, « Y’en marre de payer pour ces paresseux de napolitains », ou en Flandres « Y’en a marre de payer pour ces assistés de wallons ».
Or la richesse de la Catalogne ou du Pays Basque s’est construite en grande partie sur l’exploitation d’une main d’œuvre bon marché, « immigrée » du sud de l’Espagne pour venir travailler dans les usines de Barcelone ou de Bilbao. Leurs entreprises profitent aussi d’un marché de 40 millions de consommateurs espagnols.
Et puis historiquement, que serait l’Espagne moderne sans ces provinces du nord, d’où est partie la « reconquête » il y a cinq cents ans ? Les fameux rois catholiques, Isabelle et Ferdinand, n’étaient-ils pas l’alliance entre la Castille avec l’Aragon, province dont faisait partie la Catalogne. Détricoter l’Espagne serait vraiment une bien mauvaise nouvelle…
La bonne nouvelle, c’est que l’économie espagnole va bien, avec une vraie reprise et un taux de croissance à nous faire pâlir d’envie. Même sans gouvernement. Ou bien est-ce  grâce à l’absence de gouvernement ?
Nous visons une e-poque formidable.

samedi 11 juin 2016

Euro 2016 : Brexit, indignés, grèves, attentats et Fan-zones: Alors on danse ?


Le foot pour tout oublier ?

Après la pluie, pardon : après le déluge, le soleil enfin, et un concert, un megashow sous la Tour Eiffel, Paris ville lumières, allez on danse.
Après les polémiques, les niques de Benzema et Cantona, le foot enfin, et un beau but, des larmes de vraie joie de Payet –Paillettes-, allez on danse.
L’euro chasse les infos. Jusqu’au 10 juillet, y’en aura plus que pour le foot. Ce n’est pas a-normal. Après tout c’est le sport le plus populaire. Mais c’est aussi ( surtout ?) du business. Et « on » nous bourre le crâne avec les bleus - tous supporters- tous ensemble- tous ensemble-, « on » fait monter la sauce, avec des suspens du style France-Roumanie, France-Albanie. C’est pas pour dire, ni pour mépriser l’Albanie, mais dans le genre, il y avait aussi France-Malte, ou France-Chypre, ou encore France-îles Féroë. A vaincre sans mérite, on triomphe sans gloire … « On » ? « On », ce sont ces grandes marques, ces grands médias qui achètent très cher les droits de diffuser la moindre image liée à la folie foot, et qui entendent bien maximiser leur retour sur investissement. Sous la Tour Eiffel mais devant Mac Do, allez, on danse.
Oubliée la crise de l’Euro. Au fait, où ça en est, la Grèce en faillite ? Et la reprise économique, partout en Europe ? Et les élections en Italie, avec le mouvement 5 étoiles qui risque de bloquer les velléités de réformes du premier Ministre Matteo Renzi. Le 19 juin, à Lille, on jouera France-Suisse. A Rome, on votera pour de deuxième tour d’élections municipales à haut risque. Allez, on danse.
Exit le possible Brexit. Le référendum en Grande-Bretagne, ce sera le 23 juin. Les sondages sont aussi indécis que le France-Roumanie pendant 88 minutes. Si les britanniques larguent les amarres, personne ne sait vraiment ce qu’en seront les conséquences. Une nouvelle chance pour l’Europe ? Genre : On largue les poids morts, les ceux qui trainent du pied, et on fait avancer la construction européenne. Ou bien, une catastrophe, avec Cameron comme capitaine, et comme icebergs la Chine, l’Inde, les Etas-Unis, la Russie sur lesquels nos petits pays dispersés viendront se fracasser. Comme sur le Titanic, allez, on danse.
Oubliées les élections en Espagne. Le 25 juin, sur la planète foot débuteront les 8 ème de finale. Et dans l’Espagne, de nouvelles élections qui risquent d’être tout aussi indécises que celles de décembre dernier. Bravo les indignés: Ils bloquent tout mais ne gagnent rien, si ce n’est peut-être de permettre l’avancée des nationalistes catalans qui, d’élections en élections, vont bien finir par détricoter l’Espagne. Mais l’Espagne n’a jamais existé sans Catalogne, ni Pays Basque… Allez, on danse.
Oublions les grévistes de Sud ou de la CGT qui rendent un peu aléatoire tout déplacement en France, oublions les poubelles qui s’amoncellent, oublions Air France, oublions la grève du 14 juin, oublions les 5 millions de chômeurs, allez, on danse .
Oublions, les réfugiés, les migrants : Combien arriveront sur les côtes italiennes, combien se noieront en Méditerranée pendant que nous jouerons au foot ? Allez on danse.
Et puis surtout y penser toujours, en parler, jamais: La menace de nouveaux attentats. Pendant, des mois, on nous a répété que nous étions en guerre. Que c’était obligatoire. Que nous étions une cible. Qu’il y aurait d’autres bombes, d’autres attaques. Tous ces stades, toutes ces fan-zones, tous ces déplacements, autant de cibles… Danser dans ces conditions, est-ce résister ou bien est-ce être inconscients.  Alors, on danse, vraiment ?
Nous vivons une e-poque formidable.

lundi 28 septembre 2015

#Catalogne indépendante: Le pire n’est jamais certain

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Isabelle de Castille épouse Ferdinand, roi d'Aragon, comte de Barcelone

C’était fin 1992, à Bratislava.
Vaclav Havel, le Président de ce qui était encore la Tchéco-slovaquie effectuait sa dernière et ultime visite pour tenter d’empêcher la scission du pays.
Fin 1989, la « Révolution de velours »avait mis fin à 40 ans de dictature communiste, et l’avenir semblait radieux pour le pays qui se transforma en « République fédérale tchèque et slovaque ».
Mais, deux ans plus tard, le parti d’un ancien responsable communiste Vladimir Meciar arrive en tête des élections régionales. Certes il n’a pas la majorité des voix,  mais avec 35 % des suffrages, il peut gouverner. Il décide de demander et de proclamer l’indépendance. Sans référendum, qu’il aurait sans doute perdu.
De la part de Meciar, il y a sans doute plus de calculs politiques personnels qu’une vraie revendication nationaliste: Il n’apprécie guère le changement venu de Prague, et puis ne vaut-il pas mieux être le premier à Bratislava que le second à Prague. On sait cela depuis les romains !
Vaclav Havel eut beau rappeler que ce qui séparait slovaques et tchèques était moins important que ce qui les rapprochait. Au conseil des ministres du gouvernement fédéral  à Prague, chacun parlait sa langue et tout le monde se comprenait. Et il ne servit à rien de rappeler que le général Stefanik, co-fondateur de la Tchécoslovaquie était slovaque. Comme Dubcek, le héros du bref Printemps de Prague, en 1968.
Vladimir Meciar joua la carte de la dignité nationale slovaque outragée, de l’insupportable tutelle tchèque et de l’arrogance de Prague.
Ce soir-là, dans sa voiture qui le ramenait au château qui était encore la résidence officielle du Président fédéral à Bratislava, Vaclav Havel était fatigué. Son cortège venait une nouvelle fois d’être arrêté par des manifestants agressifs et violents, il avait une nouvelle fois tenté de discuter, de dialoguer, mais en vain. Remontant dans sa voiture, alors que le soir tombait, il nous dit d’une voix lasse ; « Voilà, nous allons nous séparer. C’est idiot, nous avons tellement de choses en commun. Mais que faire ? Nous n’allons pas nous battre. Le divorce se fera à l’amiable mais avec tristesse. Vous feriez mieux de vous inquiéter de ce qui va se passer en Yougoslavie. Là l’explosion risque d’être violente »
Quelques mois plus tard, le 1er janvier 1993, la Slovaquie devenait indépendante. Et pour la Yougoslavie, on sait à quel point Vaclav Havel avait vu juste.
Et aujourd’hui ? Eh ! bien contre toute prévision, la petite Slovaquie, moins riche, moins « attractive » a priori que la riche « Tchéquie » et sa belle capitale, Prague, est un modèle de réussite avec une économie florissante. A  l’opposé, la Tchéquie semble stagner.
Finalement le pire ne s’est pas produit pour la Slovaquie.
Il y a beaucoup de similitudes, même si comparaison n’est pas raison, avec la situation actuelle en Catalogne. Avec notamment un courant indépendantiste qui mélange de réelles revendications culturelles avec beaucoup d’opportunisme et de calculs politiques, ainsi qu’une dose de populisme et d’égoïsme, voire même de xénophobie.
La Catalogne a déjà obtenu une très large autonomie. Depuis 30 ans pour donner une majorité aux Cortes de Madrid, il faut souvent l’appui des députés de la Catalogne et/ou du Pays Basque, qui donc à chaque fois, ont monnayé leur appui contre plus de pouvoirs autonomes.
Sur le plan linguistique par exemple, le gouvernement catalan mène ce qu’il appelle la politique « d’immersion linguistique » qui impose le catalan comme seule langue d’enseignement, cela même si vos parents ne sont pas catalans, ce qui est le cas d’un quart des habitants de Catalogne. Pour les nationalistes, il s’agit de « corriger positivement une situation historique d’inégalité face au castillan ». Un résultat qui conduit à des situations parfois absurdes où des enfants de familles originaires du reste de l’Espagne n’ont pas le droit à des cours de remise à niveau en « Castillan », ce que nous appelons nous, « l’espagnol ».
En fait se manifeste aussi parmi ces votes indépendantistes catalans ce même égoïsme que l’on retrouve  chez certains italiens du nord, ou certains flamands : « Nous sommes la province la plus riche, nous ne voulons pas payer pour les autres ».
En oubliant un peu vite , que les industriels catalans, ceux qui ont leur loges de « socios » au Barça, et qui vont fumer le cigare dans des clubs aussi sélects qu’à Londres, ont été bien contents pendant des décennies d’exploiter une main d’œuvre bon marché venue d’Andalousie ou d’Estrémadure. Comment calculer ce que la richesse de la Catalogne doit au reste des espagnols ?
Et puis comment démêler la Catalogne du reste de l’Espagne, alors que l’Espagne moderne est justement née d’une reconquête venue des provinces du nord, Pays Basque, Asturies, Navarre, Aragon, et Catalogne. Ce sont les comtes de Barcelone qui sont devenus Rois d’Aragon, il y a près de 1000 ans. Et c’est bien l’alliance entre ce Royaume d’Aragon, comprenant le comté de Barcelone, avec le royaume de Castille qui a fondé l’Espagne moderne il y a 500 ans. Le symbole de cette Espagne moderne en étant ces fameux « Rois catholiques »: Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon.
Comment démêler les fils d’une culture catalane qui s’exprime aussi en castillan ? Jeter aux orties ce bilinguisme de fait, avec ces journaux comme la Vanguardia, le grand quotidien  de Barcelone ? Avec ces intellectuels, ces écrivains.
Faudra-t-il que Manuel Vazquez Montalban réécrive ses romans  en catalan pour donner plus de catalanité à son héros Pepe Carvalho * ? Ils sont encore nombreux, même s’ils ne sont pas les plus bruyants, à apprécier leur double culture, à apprécier le fait de partager une langue mondiale, le castillan – espagnol, et d’exprimer la crainte qu’à l’avenir la Catalogne ne s’enferme dans une« cultureta », une petite culture refermée sur elle-même.
Mais comme en Slovaquie, peut-être que le divorce catalan ne se fera pas, ou s’il se fait, qu’il ne sera pas une catastrophe. Mais ce sera quand même triste pour tous ceux qui aiment l’Espagne, avec ses  diversités, ses variantes, ses contradictions.
Et ce n’est certainement pas un bon signal pour l’Europe, dont l’un des principes avaient été justement de surmonter les petits égoïsmes nationaux pour le bien commun. La solidarité, n’est-ce pas cela qui cimente notre « vivre ensemble « ?
Nous vivons une e-poque formidable.

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*Pepe Carvalho est un personnage de fiction créé par l'écrivain Manuel Vázquez Montalbán. Ancien policier, après une vie politique assez tourmentée, il devient détective privé à Barcelone. Et ses enquêtes sont ponctuées par des pauses gastronomiques, où il se mijote des recettes catalanes avec ses copains des quartiers populaires de Barcelone. Plus catalan que lui, tu meurs, et pourtant, c’est écrit et décrit en langue castillane.

lundi 17 août 2015

Croissance : France : 0 - Espagne : 3.

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Croisance: La France fait tâche! (source: Les Echos-Eurostat)


0 . Zéro. C’est généralement la note que l’on met aux cancres de la classe. Et donc, c’est officiel ! Nous sommes les cancres de la classe européenne. Croissance de notre économie, nulle. Nous faisons moins bien que l’Italie, le Portugal, la Grèce (la Grèce ???) . Quant à l’Espagne, sur laquelle nos « experts », sans parler de la droite de la droite et de la gauche de la gauche, tombaient à bras raccourci en vantant les mérites des indignés et autres « podemos » qui allaient ouvrir une troisième voie qui niquerait les banques et le grand capital, eh !bien : Caramba ! Encore raté ; L’Espagne explose ses performances économiques et sa croissance n’a jamais été aussi forte depuis … 1977 !
Bien sûr, tous ces chiffres nous saoulent: Déjà, les statistiques grecques… truquées pendant 30 ans, ce n’est pas aujourd’hui que l’on va les prendre pour argent comptant. Quoique… Avec ce qui se passe dans le monde, jamais les îles grecques n’ont été aussi attirantes, et la saison touristique qui fait vivre le pays, s’annonce brillante. Tsipras ou pas, Grexit ou pas, comme le disait une ancienne publicité de l’office du tourisme : « La mer a un pays : La Grèce » et cela fait 2000 ans que ça dure !
Chez nous, on n’y comprend plus rien: Avec une croissance zéro, on aurait pu imaginer un appel à la mobilisation générale. Mais non : Le gouvernement est content et voit même la reprise: « L’indice X a augmenté de 0,3 %, le facteur Y a frémi de 0,2 %, si l’on compare aux prévisions saisonnières rapportées sur un an, ça fait 0 ,8 ». Ca y est : La crise est derrière nous, et sous entendu: La réélection est devant… Hollande.
En fait, nous savons tous bien que les mesures que l’on nous annonce depuis des années se sont transformées en mesurettes. Libéraliser les lignes de bus ne va pas faire sensiblement baisser le chômage. De même que regrouper l’Alsace, la Lorraine et Champagne-Ardennes, ne boostera pas l’emploi à Châlons-en-Champagne ! Nous savons bien que finalement allemands, autrichiens, danois, suédois, irlandais, et même portugais, italiens et espagnols ont eu raison de se serrer la ceinture, se réformer, se désendetter. Nous savons bien que ce n’est pas faire du « french bashing » ou du « Hollande bashing » que de s’inquiéter de notre perte de compétitivité. Tiens !: Où est donc passé le fameux « choc de simplification » qui devait booster notre économie, et qui ressemble plus à une marée en Méditerranée qu’aux marées d’équinoxe au Mont Saint-Michel.
Nous savons tout cela. Mais l’été a été plutôt beau - sauf au-dessus de Paris-Plage où comme d’hab il a plutôt flotté - alors profitons-en.
Il sera bien temps cet automne de s’inquiéter, si par malheur, au niveau mondial, les taux d’intérêt se remettaient à monter. Nous serions alors étranglés ! Contrairement à tous nos voisins qui eux se sont désendettés.
Allez, vous piquerez bien une dernière tête dans la grande bleue ?
Nous vivons une e-poque formidable.


vendredi 31 juillet 2015

Les régions, c’est comme le sexe : Il vaut mieux en avoir une petite mais laborieuse, qu’une grande mais paresseuse !


Tant qu'à faire, pourquoi s'arrêter à 13 régions ?

Sur le papier, cela paraît cohérent:
En diminuant le nombre de régions, on diminue la suradministration territoriale. Et l’on crée des régions qui seront compétitives au niveau européen.
Ah! l’Europe ! C’est vraiment une brave fille qui a bon dos. On peut la mettre à toutes les sauces, elle ne peut pas se défendre. C’est pratique pour faire passer n’importe quelle réforme, y compris celle-là, qui partait peut-être d’une bonne intention mais qui va se terminer en usine à gaz technocratique.
Et nous répétons tous bêtement comme des moutons ce slogan lancé par nos dirigeants: « Il faut que la France ait des régions qui soient compétitives au niveau européen; Comme en Allemagne ou en Espagne ».
Or c’est faux ! Et on se pince de voir qu’aucun journaliste, qu’aucun homme politique de droite comme de gauche ne rétablisse la vérité.
Regardez donc une carte des 16 Länder en Allemagne. Ou des 15 communautés autonomes espagnoles. Regardez leurs dimensions : En Allemagne, la Sarre, le Schleswig-Holstein, la Thuringe, la Saxe sont plus petits que le Limousin ou  la Basse-Normandie, sans parler des villes–Etats comme Hambourg, Brême ou Berlin. C’est la même chose en Espagne, où les communautés autonomes comme les Asturies, Murcie, la Rioja et même le pays Basque sont toutes petites.
Que l’on regroupe Basse et Haute Normandie, cela paraît logique. On peut peut-être rationnaliser ici ou là. Mais créer des super régions comme Midi-Pyrénées Languedoc-Roussillon : Qui peut croire que cela sera plus « efficace ». Et puis la logique économique et géographique pour Montpellier est le dialogue avec Marseille et Lyon. S’il faut ramener Toulouse là-dedans, ça promet beaucoup d’allers-retours.
Quant à Toulouse, n’est-ce pas avec Bordeaux qu’elle devrait développer ses synergies ?  Et puis pourquoi casser ce qui marchait. Comme l’Alsace, une des régions les plus prospères de France, et qui en plus a une vraie identité. Et on la dilue dans un vaste ensemble, alors qu’un certain nombre de législations, héritées de l’époque allemande, ne sont pas les mêmes qu’en Champagne-Ardennes et même qu’en Lorraine
L’argument de la taille et de l’efficacité économique ne tient pas.
Sinon, faisons une une suggestion : Regroupons Aquitaine, Poitou charentes Limousin , Midi –Pyrénées, ça fait une. Et puis Auvergne-Rhône-Alpes, Paca, ça fait deux, et en continuant ainsi on pourrait arriver à 4 ou 5 régions. Et puis si l’on regroupait encore ces 5 régions, on  en arriverait à une seule, histoire d’être concurrentiel face aux chinois. On l’appellerait comment ? France ?
Ce n’est pas pas leur taille qui rend les Länder allemands ou les provinces espagnoles dynamiques mais plus simplement, leurs compétences, leurs pouvoirs, leurs organisations : Et sur ce plan, pour l’instant, rien n’a été décidé pour les futures régions. C’est ce qu’on appelle mettre la charrue avant les bœufs.
Découper la carte de France avec des ciseaux à bout rond, tient plus du rêve d’énarque que de l’aménagement du territoire !
Nous vivons une e-poque formidable.

jeudi 2 mai 2013

Wahnsinnig[ ! Pourquoi, finalement, j’adore les allemands !!!!


Wahnsinnig[1] ! Pourquoi, finalement, j’adore les allemands !

Ils sont incroyables ! Non, vous avez vu ça ? Après le Borussia Dortmund qui élimine le Real Madrid ( dommage, j’aimais bien  le Real), c’est le Bayern Munich qui corrige le Barça (dommage, la meilleure équipe d’Europe ?)
Alors on fait quoi ? On brûle Angela Merkel en place de grève ? On reconstruit la ligne Maginot ? Il y a dix ans, vingt ans, le football allemand fonctionnait comme un rouleau compresseur, mais, disions-nous, sans panache, sans « fun ». L’Allemagne, boum, boum, quoi ! Et voilà qu’aujourd’hui, à leur solidité , les allemands ajoutent la classe.
Eh ! oui, ils sont étonnants les allemands. Ils prennent leur temps, mais ils sont capables d’évoluer, de remettre en question leur manière de fonctionner tout en conservant leurs fondamentaux.
C’est comme en économie.
Il y a vingt ans, des tas de gens très intelligents chez nous - des énarques, c’est dire, si ce sont des gens intelligents (LOL !) - ne pariaient pas un deutschmark, pardon, un euro, sur la capacité des allemands à adapter leur société aux réalités contemporaines. On les croyait englués dans un système social protecteur mais archaique, embourbés dans une réunification coûteuse. Et voilà, qu’à l’allemande, c’est-à-dire , tranquillement, en mettant tout le monde autour de la table des négociations, ils sont arrivés à faire sauter des blocages pourtant centenaires. 
Prenez par exemple une loi sociale comme l’heure d’ouverture des magasins et des restaurants,  le « Ladenschlussgesetz », plus ancienne que nos lois sociales de 1945, puisqu’elle remontait aux années… 1870, au chancelier Bismarck, et qui transformait en désert les villes allemandes après 13 heures le Samedi. Eh ! bien, cette loi centenaire a été amendée, et aujourd’hui - demandez aux alsaciens - alors qu’il y a vingt ans les allemands se précipitaient à Strasbourg pour faire leurs courses, aujourd’hui, c’est le contraire : Les strasbourgeois se ruent à Kehl, de l’autre côté du Rhin, pour faire leurs courses ou aller au restaurant.
Ne nous y trompons pas: Si aujourd’hui tout semble réussir à l’Allemagne, cela n’a pas été une partie de plaisir.
Cela a signifié pour beaucoup outre-Rhin, et notamment pour les femmes, d’accepter des conditions de travail plus précaires, du temps partiel, l’âge de la retraite repoussé à 65, voire 67 ans. Mais tout en préservant leur système de protection sociale ou de santé. Rien à voir avec ce qu’avait pu faire une Margareth Thatcher en Grande-Bretagne.
Alors ?
Alors au lieu d’accuser les allemands d’être responsables de nos malheurs, nous ferions mieux de prendre de la graine. Et de nous dire que nous sommes chanceux d’avoir comme amis les allemands. Car même si leurs succès leur donnent une certaine fierté, voire un soupçon d’arrogance, la plupart des allemands savent bien qu’ils n’ont pas d’avenir sans l’Europe et sans la France.
Face à cette Allemagne à laquelle tout semble réussir, jusqu’au football, il n’y a qu’une seule politique : Montrer que nous aussi, nous sommes capables de nous réformer. Cela nous permettrait de mieux défendre nos couleurs.
Chiche !
Nous vivons une e-poque formidable !



[1] Wahnsinnig : Génial

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