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vendredi 21 juin 2019

Toute pétition est-elle bonne à prendre ?

Bac 2019: Après l'épreuve, la pétition.
Que font les candidats au bac 2019 - du moins une partie d'entre eux - quand ils sortent d’une épreuve ? Ils pétitionnent ! Contre la privatisation de l’aéroport CDG ? Contre les vaches à hublot ? Non, ou plutôt pas seulement. Ils pétitionnent contre la difficulté des épreuves du bac. 
Aujourd’hui ce sont celles de mathématiques qui sont jugées trop difficiles. On ne va pas se mentir mais étudier la fonction f(x) = 7/2 - ½ (ex +e-x), j’ai passé l’âge. 
Et d’ailleurs je ne suis pas candidat à un diplôme obtenu il y a déjà un temps certain. Et c’est tant mieux parce qu’il n’est pas sûr que … mais passons et revenons à nos futurs bacheliers, futurs puisque épreuves difficiles ou pas, 80 ou 85 % obtiendront cet examen qui est dans notre pays le symbole du passage de l’enfance à l’âge adulte. 
Chez les Masais au Kenya, on circoncit les adolescents, sans anesthésie, et on les expulse hors du village. Ils ne peuvent rentrer qu’après avoir ramené la peau d’un lion. C’est l’« Emuratare ». Chez nous, c’est le bac.
Donc l’épreuve de maths est jugée trop difficile, pétition !
Mais le pompon, c’est l’épreuve de français de Lundi. Il était demandé de commenter une poésie d’Andrée Chedid. Et lorsqu’une partie des candidats ont découvert que Chedid était une femme, et non un homme, ils ont dénoncé le choix d’un auteur « inconnu ». Pétition ! 
Pauvres Louis Chedid (son fils), ou Matthieu Chedid (son petit-fils) aka M, ils ont dû se mettre à chanter « grand petit con », un des derniers titres de M.
On devrait le donner, le bac. Comme ça au moins la vraie sélection celle par l’argent, le milieu social et les relations éclaterait en plein jour.
On est là aux limites du système pétitionnaire voire même référendaire, qui a pris son envol avec le web, les réseaux, l’interactivité à tout va.
Remarquez, il paraît que chez les Masaïs aussi, l’Emuratare a dû évoluer. Il n’y a plus suffisamment de lions. Leur chasse est remplacée par des épreuves sportives.




vendredi 2 février 2018

Emmanuel Macron au Sénégal. Pas de booty shake avec Rihanna

Rihanna, twerk endiablé ou suppôt de Satan ? 

Y’a quand même des bons côtés au boulot de Président. D’abord on peut devenir copain avec des people et par exemple claquer la bise à Rihanna. L’été dernier, la belle barbadienne aux yeux verts avait été reçue à l’Elysée pour parler éducation. Elle ne fait pas que chanter, danser, ou sortir avec d’autres people si possibles milliardaires, elle est aussi Ambassadrice de bonne volonté du Partenariat mondial pour l’éducation. Et depuis - elle l’écrit sur tous les réseaux sociaux- Riri ne jure plus que par Emmanuel et Brigitte.
Autre bon côté du boulot de Président: On peut se programmer des visites officielles dans des pays où il fait beau quand chez nous en France, on n’a pas vu le soleil depuis 3 mois, et qu’on déprime.
Cette semaine, après la Tunisie, le Sénégal.
Bien sûr, Emmanuel Macron n’y va pas pour faire de la bronzette. Il va enchaîner discours sur discours, rencontres officielles, lutte contre la montée des eaux, bain de foule à Saint-Louis, serrages de main, même quand on a 40 ans, c’est épuisant.
Mais cherry on the cake, savez-vous qui il va retrouver à Dakar ? Riri, Rihanna, celle qui danse le booty shake comme personne, à damner un saint, à déradicaliser un islamiste. Mais problème justement. Un collectif regroupant une trentaine d’associations religieuses sous la bannière « Non à la franc-maçonnerie et à l’homosexualité » l’a déclarée « persona non grata » et menace de provoquer des troubles. Pas parce qu’elle twerke de manière endiablée, mais parce qu’elle serait franc-maçon, membre des illuminati. Et sa visite au Sénégal pour la Conférence du Partenariat mondial pour l’éducation pour l’éducation ne serait qu’une couverture pour cacher un grand complot visant à faire des jeunes sénégalais des disciples de satan.
Vous pensez que c’est un fake, une info du Gorafi ? Non c’est une menace sérieuse, ces activistes viennent même de réussir à faire annuler les 26 èmes Rencontres franc-maçons africaines et malgaches qui devaient se tenir le 2 février à Dakar. Et les homos semblent obséder ces intégristes autant que les franc-macs : Le fils du chef des Tidianes, une des confréries religieuses les plus importantes du Sénégal, a même déclaré : « Si j’en avais le pouvoir, je financerais des jeunes pour traquer les homosexuels, les découper et les enterrer».
Bien sûr le Sénégal reste le pays de la « teranga », de l’hospitalité. Bien sûr, c’est un pays plutôt démocratique, où l’on préfère le débat et les discussions jusqu’au bout de la nuit à la violence et au coup de force, bien sûr l’Islam au Sénégal a la réputation d’être plus tolérant, mais… La pauvreté qui ne recule pas, le sentiment que la majorité ne profite pas d’une relative croissance, le chômage des jeunes, des étudiants, tous les ingrédients sont là pour favoriser la montée de l’intégrisme. La campagne « Rihanna suppôt de Satan » qui en d’autres temps et d’autres lieux aurait prêté à rire, en est une nouvelle démonstration. Et cela est d’autant plus inquiétant au moment où dans le dispositif de la lutte contre l’Etat islamique au Sahel, le Sénégal et son armée sont appelés à jouer un rôle de plus en plus important, faisant du pays une cible pour les terroristes.
Finalement la rencontre Manu-Riri risque d’être moins booty shake qu’imaginée.




dimanche 26 avril 2015

Pourquoi sauver l’allemand ? Ca ne sert à rien, c’est élitiste, c’est moche : Raus, schnell, Gestapo!


Ne plus comprendre la langue de l'autre...
C’est une idée vieille comme… comme les réformes de l’enseignement. A chaque fois, on jette un nouvel apprentissage de langues à la trappe. A chaque fois, on nous explique que pour rendre l’enseignement plus démocratique, moins élitiste, il faut se concentrer sur le plus important, et aujourd’hui l’important, c’est l’anglais.
La dernière trouvaille: Supprimer les classes bilingues, notamment allemand. Et c’est vrai: Apprendre l’allemand ne sert à rien.
Cela ne sert à rien pour passer sa commande de double cheese, de nuggets, de burger; de hamburger. Il paraît qu’à Hambourg, ils en sont tout retournés. ( Burger-Hamburger: Ceci est de l’humour, de l’humour germaniste ! )
L’allemand ne sert à rien: Il vaut bien mieux baragouiner deux mots d’anglais: C’est le vrai kit de survie qui vous permet de vous débrouiller partout dans le monde, du Brésil jusqu’en Chine. Même en Allemagne d’ailleurs. «  Are you talking to me ? « (Ceci est encore de l’humour, re-LOL !)
Il y a longtemps, mais qui s’en souvient encore,  on faisait « français – latin – grec », c’était la voie royale. Pour dire de quelqu’un qu’il assurait dans ces études, on disait qu’il était « fort en thème ». Et cela voulait dire en thème latin (ou en version grecque). Mais c’était difficile et puis, c’étaient des « langues mortes ». Elles sont passées à la trappe, et il est sûr que cela a été extrêmement efficace pour hausser le niveau de l’apprentissage des langues dans notre système éducatif. Il suffit d’entendre des français parler anglais pour mesurer le chemin parcouru depuis Maurice Chevalier. (Ceci est encore de l’humour, re-LOL !)
Qu’importe que ces deux langues soient des langues de culture, qui nous apprennent d’où nous venons, d’où viennent nos mots de tous les jours, d’où viennent les valeurs de nos sociétés, les grands mythes qui ont structuré notre imaginaire avant qu’Hollywood à la sauce Peplum ou Disney ne nous reformate. Aujourd’hui, nous connaissons mieux les intrigues compliquées du Seigneur des Anneaux ou la filiation encore plus compliquée de Dark Vador, que les pérégrinations d’Ulysse en Méditerranée. Et nous ne sommes plus capables de comprendre les inscriptions aux frontons de tant d’églises, d’horloges, de châteaux. Mais qu’importe !

L’allemand, ça ne sert à rien: L’allemand est seulement la langue maternelle la plus parlée en Europe. L’Allemagne est simplement notre principal partenaire, peu de pays au monde ne sont autant liés pour le pire et le meilleur que nos deux pays. Pourtant, jamais l’allemand n’a été , chez nous, aussi peu étudié. Qu’importe: Les allemands eux apprennent notre langue, même si la tendance est à la baisse Ils viennent d’ailleurs étudier à l’ENA ou à Sciences Po, ce qui permet à la Chancellerie allemande, ou aux grandes entreprises allemandes de bien mieux nous connaître que nous ne les connaissons. Car apprendre une langue, c’est comprendre comment raisonne son interlocuteur.
Et puis, ne nous cachons pas derrière notre petit doigt, l’allemand chez nous a mauvaise réputation :
Ce serait une langue difficile… Comme si le chinois, le russe, l’arabe ou le hongrois s’apprenaient les doigts dans le nez. Et même l’anglais, si on veut vraiment l’apprendre, au-delà de quelques répliques comme « Fuck, fuck, fuck »
L’allemand, c’est moche, c’est guttural; Cela fait 70 ans que nous en sommes restés aux « Raus, schnell, Gestapo ». Hollande et Merkel ont beau se faire des câlins, cela n’y change rien. C’est à se demander comment les plus grands musiciens ont composé en allemand, qui était considérée comme LA langue de l’Opéra et des « Lieder ». C’est à se demander pourquoi avant guerre, il n’y avait pas d’intellectuels, d’écrivains, d’hommes politiques français, qui n’aient étudié l’allemand.  Aujourd’hui, qui serait capable d’aller comme De Gaulle en 1962 s’adresser en allemand au peuple allemand ?
Une langue gutturale ? Et pourquoi ne le dit-on pas de l’espagnol, avec son j, sa « jota » ?
Langue brutale ? « Raus, Gestapo ? ». Je me demande si le français des militaires pendant la guerre d’Algérie était doux aux oreilles des indépendantistes arrêtés ou torturés.
Supprimons l’allemand, supprimons les classes bilingues, les filières péniblement créées depuis 50 ans d’amitié franco-allemande, d’Office franco-allemand de la Jeunesse.  Comme si c’est cela qui freinait l’apprentissage de l’anglais par tous. Alors que l’on sait que plus on apprend de langues, plus on a des facilités à en apprendre de nouvelles.
Et puis, cultivons les clichés. Réduisons les allemands aux seuls bavarois : culottes de peau, femmes en dirndle, musique tyrolienne (oui on mélange tout), et fête de la bière !
Comment aimer ce que l’on ne connaît pas ? Nous ne connaissons plus l’Allemagne, alors comment construire un avenir commun ?
Nous n’arrêtons pas de déplorer que notre société soit déboussolée et au même moment, nous nous coupons de nos voisins, de nos racines. Cela au nom de l’accès du plus grand nombre à la culture. Selon un principe qui est : « Qui peut le moins, peut le moins ».
Je me souviens d’échanges avec Jacqueline de Romilly, une spécialiste du grec ancien qui vous faisait vivre Thucydide, comme si vous étiez à Athènes au temps de Périclès, c'est-à-dire bien avant Alexis Tsipras. Hollywood n'existait même pas, c'est dire ! 
A 90 ans, elle continuait d’expliquer la modernité de la Grèce antique à des lycéens « de banlieues »  et comme on dit : Elle les scotchait avec Aristophane, Eschyle, Euripide ou Homère ! Elle leur apprenait que ce dernier n’était pas un héros des Simpsons, mais le premier « slammeur »  européen ! (Ceci est encore de l’humour, re-re-LOL !)
Comme quoi, ce n’est peut-être pas la matière enseignée qui est en cause mais bien la qualité du pédagogue. 
Pédagogue, pas pédéraste, ni pédophile. Tiens voilà encore un exemple, où avoir quelques notions des racines des mots de notre langue, éviterait bien des confusions et des raccourcis.
Pour me consoler, je vais revoir « Der Himmel über Berlin » de Wim Wenders « Le ciel au-dessus de Berlin », traduit en français curieusement par les « Les ailes du désir » et qui commence par la chanson de l’enfance de Peter Handke : « Als das Kind Kind war, wußte es nicht, daß es Kind war … ». Quand l’enfant était un enfant, il ne savait pas qu’il était enfant : Un poème sur l’innocence de l’enfant, sur l’innocence perdue.
Finalement, quelle chance d’avoir appris cette langue inutile !
Nous vivons un e-poque formidable.


samedi 28 décembre 2013

Ski: Font ièch les hors-pisteurs !


Il neige. En quelques jours, plus d’un mètre, avec des températures très douces, et beaucoup de vent : Toutes les conditions sont donc réunies pour que « le manteau neigeux soit instable ». Un gardien de refuge, habitué de la montagne a même été pris dans une coulée. Et pourtant… Pourtant, vous trouvez toujours des petits ( et même des grands) cons qui se la jouent: « Sensations-Liberté-Adrénaline », et vont sciemment skier « hors piste », à leur risque et péril, certes, mais aussi au risque et péril des pisteurs et secouristes, qui vont leur venir en aide, au cas où.
C’est le syndrome « Man vs wild » « Glisse extrême ». Parce que nous vivons dans des environnements où le risque doit être zéro, où dés qu’un train déraille, un vélo tombe, un piéton glisse, c’est forcément la faute à… aux pouvoirs publiques, nous jouons à nous faire peur : Ouh ! je traverse hors des clous !  Et en montagne, cela veut dire, hors des pistes.
En 30 ans, la pratique du ski s’est fortement démocratisée même si elle reste quand même un luxe: équipement, forfait astronomique, frais de séjour qui grimpent avec l’altitude. Les techniques d’apprentissage ont également rendu le ski plus accessible: Matériel plus léger, skis plus larges paraboliques, hyperboliques, qui « skient » presque tous seuls sur des pistes dammées comme des boulevards. Résultat: En temps normal, nous sommes tous des champions, nous confondons souvent vitesse avec « je sais skier », montagne avec liberté. Dés que les conditions se compliquent, une piste gelée par exemple, du brouillard, de fortes chutes de neige, là il n’y a plus personne: Je ne contrôle plus ma trajectoire, je deviens un danger pour moi-même et aussi pour les autres. Il en va de même pour les courses en montagne, pour l’alpinisme. Beaucoup confondent la vraie montagne avec des murs d’escalade, et le ski avec de la glisse en zone urbaine.
Or, même si elle a été équipée, voire suréquipée, la montagne reste un environnement naturel sauvage, où l’homme n’est qu’un invité et c’est très bien ainsi. 
Lorsque dans les années 1960, l’Alpe d’Huez a ouvert le 3ème tronçon, le téléphérique du Pic Blanc, un panneau avait été installé devant lequel aujourd’hui les skieurs passent sans même y prêter attention : « Skieurs, attention ! Ici, commence le domaine de la Haute Montagne ». Apprendre à skier ce devrait être apprendre la montagne. Ses règles, son climat, ses sautes d’humeur. Les montagnards ont mis des siècles à adapter leur mode de vie à leur environnement. Où construire leurs chalets, leurs églises par exemple en tenant compte de coulées de neige, de chutes de pierres, de glissements de terrain  qui ne se produisaient que tous les vingt, cinquante ans, voire tous les siècles. Il a fallu la catastrophe du chalet de l’UCPA à Val d’Isère en 1970, 39 morts dans une avalanche « centenale »,  puis quelques semaines plus tard, celle du plateau d’Assy, 71 morts dans une coulée de boue qui a emporté un sanatorium pour enfants installé depuis…1929. pour que soit mise en place les zonages risque naturel montagne puis les plans de prévention de risques naturels.
« Que la montagne est belle » chantait Jean Ferrat. Mais il aurait pu ajouter qu’elle n’est pas seulement un paysage, mais aussi une culture de vie qui devrait s’apprendre, qui devrait être transmise. Et cela prend forcément plus de temps que d’apprendre à glisser. Dans ce domaine aussi, notre système d’éducation laisse à désirer.

Nous visons une e-poque formidable.

samedi 16 mars 2013

Harry Potter et le redoublement scolaire





Abracadabra ou plutôt Aresto Momentum comme dirait Albus Dumbledore pour freiner la chute d’Harry Potter dans le célèbre match de quidditch sur le terrain de sports de Pudlar.
Dans le monde magique d’Harry Potter, ça marche. Mais dans la vraie vie ? Peut-on décréter d’un coup de baguette magique la fin du redoublement scolaire ? C’est un peu comme lorsque chaque année on se réjouit de l’augmentation du nombre de bacheliers, alors que dans le même temps on constate la baisse du niveau scolaire ou l’augmentation du nombre de collégiens ne maîtrisant pas les fondamentaux à leur entrée en sixième.
Pourquoi le redoublement serait-il en soit une mauvaise solution ? Tous les collégiens ou lycéens fonctionnent-ils sur le même rythme de développement, de maturité ? Finalement le «traumatisme» du redoublement est-il plus celui de l’élève qui redouble ou bien plutôt celui des parents ou des enseignants ? Il en va du redoublement comme de l’enseignement professionnel, qui continue à être dévalorisé d’une manière générale ( « si tu ne travailles pas plus, tu vas terminer en L.E.P » ), alors qu’en Allemagne (encore et toujours), les filières professionnelles, les systèmes d’alternance, d’apprentissage, sont une des explications de la qualité du niveau technique et technologique des entreprises.
Aresto Redoublum, grâce à la loi sur la refondation de l’école actuellement votée par l’Assemblée, d’un coup de baguette magique il n’y aura donc plus de redoublement, tout le monde au même niveau et sur le modèle de développement et d’épanouissement… On y croit !
Au fait, moi je connais des collégiens qui ne lisaient pas une ligne et qui en découvrant Harry Potter, ont dévoré les milliers de pages des premiers romans. Comme quoi la magie, ça marche.
Nous vivons une e-poque formidable !

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