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dimanche 8 avril 2018

Chaines info, terrorisme en Allemagne : Errare humanum est, perseverare diabolicum.


Sur Cnews vers 17 heures, c’est la piste terroriste !
Décidément nos media n’apprennent pas de leurs erreurs. Mais le plus diabolique est qu’ils persistent dans l’erreur. Ils ne peuvent résister à l’attraction du « breaking news », à la joie malsaine de l’attaque terroriste, à la répétition en boucle d’approximations, aux logorrhées d’experts auto-proclamés qui jouent avec nos peurs et cultivent nos angoisses. Et donc hier en milieu d’après-midi c’était parti : Nouvelle attaque terroriste en Allemagne. Et immédiatement le piège se refermait sur nous : Dans la demi-heure, nous avions droit à :
- La voiture-bélier est le modus operandi préconisé par Daesh.
- Si l’Allemagne est la cible c’est parce qu’elle a accueilli 1 million et demi de réfugiés.
- Que les loups solitaires ne sont pas si solitaires que ça.
- Que la taqqîya, la dissimulation rend de plus en plus difficile la prévention du passage à l’acte, etc….
Et puis, progressivement alors que la piste terroriste s’éloignait, que la police allemande appelait à la prudence, il fallait voir les mines déconfites des rédactions qui s’étaient préparées pour plusieurs heures de directs anxiogènes.
Finalement, le responsable est un amok, un déséquilibré lancé dans une dérive meurtrière et suicidaire, plus à rapprocher hélas du copilote du vol Germanwings qui en mars 2015 écrasa volontairement son avion avec 150 personnes à bord sur une montagne des Alpes de Haute-Provence. 
Horrible à écrire, mais heureusement qu’il n’était pas d’origine étrangère, ou qu’il ne venait pas de manger un kebab car qu’est-ce qu’on n’aurait pas conclu !
Le plus triste, le plus inquiétant est que malheureusement le terrorisme islamique n’a fini de nous frapper ou de tenter de nous frapper. Et de tels dérapages de nos media n’arrangent pas les choses. Ils contribuent à entretenir chez certains, jeunes et moins jeunes et pas forcément « d’origine étrangère », une fascination morbide pour cette idéologie mortifère qui hait notre société et ses valeurs.
Alors hier soir, et dans l’attente du prochain édito de Zemmour qui nous expliquera que de toute façon c’est la faute à Merkel et que cela ne se serait pas passé au temps de Chateaubriand, il ne nous restait plus qu’à regarder la chaîne franco-allemande ARTE. Et d’être captivé par un improbable documentaire sur Confucius.
Et c’était passionnant, car l’on sait bien que mieux comprendre la Chine c’est comprendre l’avenir du monde, notre avenir. Et cela permettait de conclure cet après-midi calamiteux pour le métier de journaliste avec une des innombrables maximes du philosophe chinois dont on va fêter le 2569 ème anniversaire en septembre prochain : « L'homme sage apprend de ses erreurs, l'homme plus sage encore apprend des erreurs des autres. ». Du coup on se sentait plus sage.

vendredi 26 janvier 2018

Arte, Onfray : La Guyane dans tous ses clichés !

ARTE: Moi avoir peur dans jungle !
Est-il besoin de dépénaliser le cannabis ? Quand on regarde la nouvelle série à succès d’Arte : « Maroni, les fantômes du fleuve » ou le dernier essai de Michel Onfray, « Nager avec les piranhas », on se dit que décidément l’abus de substances illicites ou même licites provoquent déjà des ravages. Ils ont dû forcer sur le tafia, les bouteilles de « tête marée », de rhum guyanais à 55°C, les auteurs de ces œuvres, dont la toile de fond est la Guyane et qui sont, comment dire…, hallucinantes ? Non consternantes.
Pauvre Guyane qui n’est que le prétexte, la toile de fond à tous les fantasmes des occidentaux, sur la « jungle », les « tribus », l’enfer vert, le vaudou…
Le feuilleton d’Arte, diffusé jeudi soir, qui a rencontré un franc succès, 4,9 % d’audience, 1million 400 000 spectateurs, est un polar dont l’action se situe en Guyane. Soit !
Deux héros, dont une policière envoyée de France qui accumule toutes les conneries, genre : Moi j’applique la procédure, même face au « capitaine », au chef d’un village de « noirs réfugiés ». Le témoin ne veut pas parler, je l’emmène au poste.
Là, on se pince: Ça se passerait en Alsace ou en Corse, elle ne procéderait pas comme ça.
Et puis il y a le vaudou, la sorcellerie, dont le personnage principal est le paresseux. Le paresseux ? C’est un singe, plutôt sympa, avec une drôle de bouille, et qui comme son nom l’indique semble paresser: Il ne se déplace que lentement et encore tous les 10 jours. Dans la série d’Arte, il devient un instrument maléfique, instrument de scènes de sado-masochisme exotique, mélangeant, vaudou, quimbois, sorcellerie : On a l’impression que les guyanais passent leur temps à boire du sang de singe et à pratiquer des rituels de sorcellerie ! Bien sûr en Guyane, il existe des croyances, des pratiques, on raconte des histoires de soukounyans, de maskililis. Mais sinon, c’est décevant, non ! Les guyanais ne passent par leur temps en rituels occultes.
C’est comme Michel Onfray, qui vient de publier « Nager avec les piranhas », un «carnet guyanais» publié après une brève visite en Guyane. Pour celui qui se veut anti-pensée unique, c’est un recueil d’âneries, dont le summum est : « Les étuis péniens des indiens guyanais ». Là, on se dit :  Le mec, il a dû passer son temps en Guyane à regarder des films X dans sa chambre d’hôtel. Ou alors, c’est un obsédé sexuel ! Parce qu’en Guyane, les indiens ne portent pas d’étuis péniens, ( ou alors, on l’espère, des capotes quand ils baisent) , ils portent le kalinbé, un pagne, souvent de couleur rouge, et dessous ils n’ont rien, comme on a rien sous un slip ou un bermuda.
Lui, il y a vu des étuis péniens. Peut-être a-t-il été fasciné par la bandaison des sexes des indiens. Mais il aurait pu se renseigner !
Ce n’est pas anecdotique. Comme pour les auteurs/réalisateurs de la série d’Arte.
Parce qu’en Guyane, tout, ou en tout cas presque tout, a été étudié. Par des sociologues, des ethnologues, des anthropologues, des géographes, des scientifiques ; Sur les indiens, on peut lire les travaux de Pierre et Françoise Grenand sur les Oyampis, et sur les Wayanas et les tribus « noirs réfugiés », les travaux de Jean Hurault, ou de Arthur Othily de l’ORSTOM. Et même, vous savez quoi, on peut écouter ce que disent ces indiens ou ces djukas, ou bonis qui ont fait des études, ont passé le bac, ou même fait Sciences Po’. C’est dingue, non ? Evidemment moins exotiques que les fantasmes des européens sur la jungle !
Comme on dit, en créole – guyanais - Tout’ jé a jé, mè fout roun bwa an tchou makak, a pa jé.
En gros, cela veut dire. C’est drôle un moment, mais ensuite, y’a des limites à l’enculage !
Les vrais problèmes de la Guyane, ce n’est pas la magie noire.
Hélas !


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