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samedi 2 juin 2018

L’Italie est-elle en train de mourir ? Derrière les dernières élections, un pays qui a peur de disparaître.

Le plus bel endroit pour attendre la fin du monde ? 
Pour la première fois depuis 1919, l’Italie perd de la population. En 1946, les Italiennes donnaient le jour à trois enfants. L'an dernier, la moyenne est tombée à 1,34 enfant. Près d'un Italien sur quatre a plus de 65 ans et l'âge moyen dépasse désormais 45 ans.
La péninsule était déjà le pays le plus vieux d’Europe. Elle perd désormais 400 habitants par jour. Chaque année l’équivalent de villes comme Nîmes ou Caen qui disparait. 
Ce qui a évidemment des conséquences économiques. Ces vingt dernières années, l'Italie a perdu un travailleur sur trois âgé de 25 à 34 ans.
Et la crise entraînant la crise, les jeunes diplômés s’en vont… 
Jusque-là, l’immigration pouvait compenser le déficit de naissances. Mais c’est terminé et depuis 3 ans, plus de 250 000 étrangers ont ainsi quitté le pays. 
Les images de bateaux de migrants débarquant à Lampedusa ne correspondent pas à la réalité de l’immigration. C’est vers l’Europe du Nord que veulent aller les migrants. 
Malgré cette bombe démographique qui fait plus de morts que l’éruption du Vésuve à Pompéi, les électeurs italiens ont voté pour des partis, dont l’un, la Ligue, affirme vouloir expulser 500 000 immigrés, et l’autre, le Mouvement 5 étoiles, annonce qu’il va baisser l’âge du départ à la retraite. 
Paroles, paroles, paroles. Au rythme actuel, les italiens vont peut-être se retrouver entre eux, mais tout vieux, sans plus personne pour payer leurs retraites, ni pour les torcher et les aider à manger leurs compotes. 
Vieillissante, peut-être mourante, et en même temps… l’Italie reste, comme Fellini le faisait dire à un de ses acteurs dans Roma à propos dela ville éternelle: « L’endroit rêvé pour attendre la fin du monde ». 

mercredi 30 mars 2016

Brésil en crises : Rio ne répond plus…

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Opération "Lavage intégral" , vue par les caricaturistes

C’est la semaine, le mois de tous les dangers pour Dilma Rousseff. Tous les appuis de l’actuelle Présidente du Brésil fondent aussi sûrement que neige au soleil. Et au Brésil, il y très peu de neige et pas mal de soleil.
Le coup de grâce vient d’être porté par ses « alliés » de la coalition au pouvoir qui regroupe son parti, le PT, le Parti des Travailleurs, celui de l’ancien Président Lula, et plusieurs partis centristes.
Début mars, c’était d’abord le Président du Parlement, Edouardo Cunha, qui apprenant que malgré son immunité parlementaire il serait quand même prochainement jugé pour corruption, approuvait la procédure de destitution de la Présidente. La justice reproche en effet à Dilma Rousseff et à son parti d’avoir truqué les comptes publics pour gagner les dernières élections.
Depuis hier, c’est au tour du Vice-Président Michel Temer. Il annonce qu’il est prêt à exercer l’intérim en cas de destitution de Dilma Rousseff et son parti, le PMDB ( 69 députés, 7 ministres ) vient de  décider de quitter la coalition. La voie paraît donc être ouverte pour la destitution de la Présidente qui pour être prononcée doit être approuvée par 2/3 des députés. Ironie de l’histoire : Le PMDB est lui aussi éclaboussé par la corruption. On se demande d’ailleurs qui dans la classe politique va échapper à l’opération « Lava jato » - une expression utilisée pour le lavage automatique des voitures, quelque chose comme « opération Kärcher », engagée par la Justice fédérale, la police fédérale et la Cour Suprême. Un des symboles de cette nouvelle indépendance et pugnacité de la justice au Brésil, le « petit juge » de province, Sergio Moro, qui a été le premier à dévoiler les ramifications spectaculaires de la corruption. Et notamment l’importance des pots de vin versés par la première compagnie brésilienne, Petrobras, la société nationale du Pétrole. Sont également concernés les très nombreux groupes de travaux publics, qui ont copieusement arrosé par exemple pour obtenir les grands chantiers d’infrastructures, ceux de la Coupe du Monde ou même des Jeux Olympiques. Ce sont des dizaines de PDG, de députés et de ministres qui sont aujourd’hui poursuivis, mis en examen, emprisonnés.
Jusqu’à l’ancien Président Lula, dont on découvre qu’il est loin d’être un saint et que son passé d’ouvrier syndicaliste de la métallurgie n’était pas une garantie d’honnêteté et de vaccin contre le goût du luxe. Pour tenter de le sauver de la case prison, la Présidente Dilma Rousseff a maladroitement aggravé encore un peu plus son cas en tentant de le nommer chef de cabinet de la Présidence, équivalent de Premier ministre. Un tour de passe passe qui n’est pas passé, sa nomination a été retoquée.
Ses partisans, les sympathisants du Parti des Travailleurs, crient au complot politique, à un coup d’état, à une déstabilisation ourdie par la droite et les milieux d’affaire. Mais ils ne sont guère entendus, sauf à l’étranger, en France notamment, où certains, toujours sous le charme du merveilleux conte de fée tropical « Lula l’ouvrier devenu Président », relaient cette théorie du complot. Mais cela ne tient pas: Un temps inquiets par l’ancien syndicaliste, les milieux d’affaire ont été ravis et bien servis par la Présidence Lula. Ils ont formidablement profité de la croissance de l’économie qui a fait du Brésil la 7 ème économie mondiale, et intégré plus de 40 millions de brésiliens dans les classes moyennes, donc dans les circuits de consommation.
Les opposants sont eux aussi de plus en plus nombreux dans la rue, scandant cette phrase de Lula, du temps où il était de gauche : « Au Brésil, quand un pauvre vole, il va en prison ; quand un riche vole, il est nommé ministre ».
Tout cela sur fond d’une crise économique sans précédent : En deux ans, tous les clignotants sont passés au rouge: Récession, - 3, 8 % de croissance économique -, inflation, explosion du chômage. On se demande s’il y a encore un pilote à la tête du Brésil.
Pourtant cette crise brésilienne pourrait avoir un bon côté; Elle est le signe du formidable bond en avant vers la démocratie. On ne fera plus gober aux brésiliens n’importe quel bobard. Et ils ne se contenteront plus de carnaval, d’une Coupe du monde de « futebol », ni de Jeux Olympiques pour qu’on les arrête sur le chemin qui mène à un Brésil plus propre. Or l’un des principaux freins au développement du Brésil, dénoncé par la Banque Mondiale, le FMI, ou Transparency International, c’est justement la corruption, le manque d’efficacité d’une administration corrompue. Avec le « lava jato » qui est en cours, le Brésil est peut-être en train de franchir une étape décisive qui le fera sortir de cet état de géant au pied d’argile qu’il y a un siècle Georges Clémenceau décrivait ainsi : « Un pays d’avenir qui le restera longtemps ». Les brésiliens aujourd’hui ont envie que leur avenir de géant mondial devienne enfin leur présent.
Nous vivons une e-poque formidable !

jeudi 23 mai 2013

L’autruche française va-t-elle remplacer le coq gaulois ?




Il parait que nos « amis » européens aiment bien raconter la blague suivante : « Pourquoi le coq est-il l’animal symbole des français ? » 
Réponse: « Parce que c’est le seul animal qui continue à chanter même quand il a les pieds dans la merde. »  Qu’est-ce qu’on se marre… 
Comme si nous les français, étions prétentieux? Alors qu'en fait, nous sommes de grands incompris, victimes d’avoir raison avant tout le monde. C’est notre syndrome de Valmy… Vous savez lorsque notre jeune République était attaquée par les armées de tous les rois, ducs, et autres potentats qui voyaient d’un très mauvais œil, une Révolution qui appelait les peuples européens à se libérer. (Valmy...Je n'ai pas connu, j'étais pas né, mais c'est qu'on m'a enseigné dans les écoles de la République !)
Allez Mélenchon fait nous des tirades à la Danton ! : Comme en 1792, la France aujourd’hui montre la voie aux autres peuples asservis par les banquiers: L’avenir du travail passe par les 35 heures et la retraite à 60 ans. Notre service public « à la française » est le meilleur. Nos « acquis » sociaux sont intouchables, sinon c’est faire la part belle aux patrons. 
Et vas-y Marine, fais-nous du Pierre Poujade et Raymond Cartier, les pères du poujadisme et du cartiérisme, vous savez: Je préfère la Corrèze au Zambèze, et ma cousine à ma voisine: Les anglais sont perfides, les allemands égoistes, nos « cousins » du sud, sympas mais bordéliques… Oui à l’Europe mais à nos conditions et selon notre modèle qui de Pékin à Sao Paulo en passant par Berlin fait l’admiration du monde entier. Et 5 millions d'immigrés égalent cinq millions de chômeurs, c'est bien connu. 
Non mais ! On s’écoute parler, nous les français ? On se rend compte de notre suffisance, de notre arrogance ? Arriver à être en récession ou quasi, alors que, sauf peut-être dans une dizaine de pays du sud de l’Europe, l’heure est à la croissance, il faut le faire ! Même l’Afrique s’envole ! ( et comme diraient Le Pen, Père , fille et petite fille, l’Afrique, vous vous rendez compte ! )
Seuls au monde, seuls contre le reste du monde, nous enfouissons profondément notre tête dans le sable, en attendant que cela passe ; Et cela passera forcément, puisqu’après la pluie vient toujours le soleil, puisque après un cycle de baisse, vient la reprise. Et puis, continuons à freiner nos entreprises, qui pour l’essentiel sont des P.M.E, par des charges, impôts et prélèvements en tout genre, pour financer un secteur public trop important, et relancer l’économie par la consommation : Cela nous permettra de continuer à acheter écrans plats et tablettes- toutes importées-, cela mettra du beurre dans le riz quotidien des chinois et autres thailandais.
Continuons  à avoir peur de ce monde qui se transforme sans nous. La tête dans le sable de nos certitudes, comme le autruches face aux dangers … Après le coq gaulois, l’autruche française.
Nous vivons une e-poque formidable !


samedi 13 avril 2013

Et si après les « chocs », on essayait plus simplement le changement ?

Source:Videberg , Le Monde


Depuis près d’un an, nous vivons au rythme de « chocs » qu’on nous annonce à grand renfort de roulement de tambours médiatiques et qui se terminent en « pschitttt ». Une suggestion, comme ça, toute bête et toute naïve : Et si le gouvernement se contentait de travailler sur quelques réformes basiques. Une première liste ? Réforme de la justice, des retraites, de la protection sociale; Réforme de la fiscalité, du millefeuilles administratif; On peut continuer longtemps. Il y a fort affaire mais pourquoi attendre LA réforme fondamentale, définitive, qui à force d’être à l’étude, va rejoindre le cimetière déjà fort rempli des bonnes intentions qui restent lettre morte ?
Aujourd’hui nous sommes tous sous le choc de « l’affaire Cahuzac ». Cela rend-il vraiment plus impérieux qu’il y a un mois, la mise en place de mesures, de lois encadrant l’activité des élus, contrôlant leur honnêteté, empêchant les conflits d’intérêt ? Même si cette affaire n’avait pas éclaté, la « moralisation » aurait été tout autant nécessaire et elle devra continuer même après la loi la plus sophistiquée. C’est un combat et une vigilance qui ne peuvent cesser. Un peu comme pour les accidents de la route. Après les ceintures de sécurité obligatoires, puis les radars, le contrôle de l’alcoolémie, le nombre de morts sur les routes a été divisé par 3. Mais personne n’estime qu’il faut s’en contenter.
Le danger serait que la seule émotion soulevée par un fait, même grave, d’actualité détermine la politique du gouvernement. Aujourd’hui, la moralisation, demain la délinquance des jeunes, après-demain la canicule ? L’actualité qui nous tourmente tous au quotidien, celle de la crise, du chômage et de la déprime économique passe au second plan, en tout cas c’est l’impression que nous avons, et c’est pourtant là que se trouve le nerf de la guerre. N’est-il pas désespérant de nous entendre dire par le gouvernement qu’il est urgent d’attendre … 2014 pour espérer entrevoir, peut-être, enfin, ce n’est pas sûr, le début d’un commencement de lumière au bout du tunnel où nous avons l’impression de nous trouver. Tout cela est désespérant. Et le désespoir est mauvais conseiller.
Nous vivons une e-poque formidable.

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