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samedi 14 avril 2018

Au moment où Facebook est sur la sellette, l’Europe applique la protection des données personnelles.

Zuckerberg fait amende honorable. Peut-on y croire ? 

Le 25 mai prochain entre en vigueur le nouveau règlement européen sur la protection des données personnelles, le RGPD. Vous vous dîtes : Encore un règlement européen. Encore un diktat de Bruxelles. Y’en a marre de toutes ces réglementations. 
Mais en même temps, vous voyez à la télé, Mark Zuckerberg PDG de Facebook, venir, avec une mine d’enfant pris le doigt dans le pot de confitures, demander pardon pour ses fautes au Sénat américain. « Facebook a pêché, pardon, nous ne recommencerons plus, pardon d’avoir utilisé les données personnelles de dizaines de millions de nos adhérents ».
Seulement voilà, Facebook avec plus de 4 milliards de personnes est un Etat dans l’Etat, plus encore, et avec les autres monstres qui forment les GAFA (Google Amazon Facebook Apple), ils sont plus puissants que n’importe quel Etat. 
Et certains aux Etats-Unis commencent à parler de régulation. Et ils regardent du côté de l’Europe. Eh ! oui, car mine de rien, péniblement, en prenant le temps, l’Union Européenne à 27 (28), a adopté les premières mesures de protection du citoyen face à l’utilisation de ses données personnelles. A partir du 25 mai, toute entreprise, toute société qui a par exemple un fichier client devra vous demander l’autorisation d’utiliser vos données, vos coordonnées, et d’expliquer à quoi elles vont lui servir. De plus vous aurez le droit en permanence de demander des comptes si vous constatez que vos données ont été utilisées sans votre accord. Et pour les sociétés qui ne joueraient pas la transparence, les sanctions prévues seront très lourdes. Evidemment, il y a toujours des esprits chagrins qui dénoncent de nouvelles contraintes pour les petites sociétés. Mais de l’autre c’est une première. Un premier stop à Big brother. Et c’est une décision de l’Europe. 
Franchement, pensez-vous que la France toute seule aurait pu imposer cette réglementation ? Ou l’Italie ? Ou le Luxembourg ? Alors que unis, nous comptons. Nous sommes même la première puissance économique et commerciale du monde. Ensemble nous pouvons défendre nos intérêts. Et ce qui est vrai face à Facebook, peut l’être aussi pour régler des questions aussi importantes que les technologies de demain, les énergies de demain, l’agriculture, la pêche de demain, le réchauffement climatique, l’immigration, l’accueil de réfugiés chassés par les guerres ou les calamités naturelles. 
Et à ceux qui pensent que le repli sur nos frontières est la meilleure des défenses, répondez-leur :  Ligne Maginot en 1940. 

dimanche 8 janvier 2017

Twitter ramollit-il le cerveau ?


Descartes : Je pense donc je tweete !
Quand Donald Trump veut envoyer un oukaze à Ford, il tweete. Quand Obama veut faire ses adieux, il tweete ou il « post » sur Instagram.
Aujourd’hui, la communication passe par le dernier media apparu, pas seulement internet, mais au sein du web, les réseaux sociaux, et parmi les réseaux sociaux, ceux qui sont les plus rapides, les plus concis : Twitter, Instagram : 140 signes.  Ou mieux : Une photo et un hashtag.
Pas la peine de pointer du doigt les nouvelles technologies, ce ne sont que des technologies. Un peu comme l’électricité qui peut aussi bien servir à la chaise électrique qu’à nous éclairer. Tout dépend donc de l’usage que l’on en fait et là ça se complique. Contrairement à une idée reçue, il est beaucoup plus difficile de faire court que de s’épancher. Ça demande de la technique, du travail. Il y en a même qui tente d’en faire leur métier et on les appelle les journalistes.
Chez nos politiques, c’est un peu la panique. Autrefois, une seule chaîne de télé, les citoyens n’avaient pas vraiment le choix. Aujourd’hui un coup de zapette, un clic de souris et on passe chez Hanouna. Alors ils  s‘y mettent toutes et tous, à la petite phrase, aux « punchlines » qui feront le buzz, et c’est verglas et pluies verglaçantes toute l’année: Des dérapages :
Comme le tweet de Macron dans un avion l’emmenant aux Antilles et parlant d’expatriation.
Comme Vincent Peillon déclarant à la télé: « les juifs à qui on mettait des étoiles jaunes, c'est aujourd'hui un certain nombre de nos compatriotes musulmans ». 
Ou la déclaration du Président du Club de foot de Metz, sanctionné après des (graves) incidents lors d’une rencontre contre l’OL : « C’est comme si la justice sanctionnait le Bataclan ».
Ou encore: « Je suis gaulliste et de surcroit je suis chrétien », raccourci un peu surprenant de François Fillon sur TF1.
Tout le monde n’est pas De Gaulle qui alliait le fond et la forme, capable de détourner la langue française pour en faire des punchlines de génie, comme au moment du putsch d’Alger en avril 1961: « Ce pouvoir a une apparence: un quarteron de généraux en retraite. Il a une réalité: un groupe d'officiers, partisans, ambitieux et fanatiques ». Waou ! trop fort , d’autant plus que quarteron ne veut absolument pas dire quatre, mais métis. Qu’importe: En 140 signes, De Gaulle avait clashé et cassé les généraux ! Et d’ailleurs 24 heures plus tard, le putsch échouait.
Et puis ce n’est pas parce qu’on fait simple que l’on écrit simpliste. On peut être écrivain et écrire en moins de 140 signes : « On est heureux Nationale 7 », très belle contraction poétique de Charles Trénet chantant le route nationale qui mène aux vacances. Ou encore Marguerite Yourcenar: « Quoiqu’il arrive j’apprends. Je gagne à tout coup». Mais le plus fort « Je pense donc je suis ». Descartes twitto avant l’heure. Il est vrai qu’il y a 400 ans René le philosophe tournait 7 fois sa plûme dans son encrier avant de se mettre à écrire.
Nous vivons une e-poque formidable.

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